Étiquette : Bourgeoisies commerce traite et esclavage au XVIIIe siècle

Deux belles surprises

En corrigeant la traditionnelle lettre écrite de Bordeaux au XVIIIe siècle que je demande aux élèves de quatrième de rédiger dans le cadre du chapitre « Bourgeoisie, commerce et traite au XVIIIe siècle », je suis tombé sur deux travaux qui se détachaient des autres. Dans le premier, l’élève, aidée de sa grande soeur, a imaginé qu’il rencontrait Montesquieu. Pour la seconde lettre, il y en avait en fait trois puisque l’élève a chois de la rédiger également en anglais et en espagnol (j’avais proposé aux volontaire de rédiger tout ou partie de la lettre en anglais puisque le voyageur devait être anglais normalement).

Mes séquences : Bourgeoisie, commerce, traite et esclavage au XVIIIe siècle

Cours Bourgeoisie et traite

Dans cette séquence, la page façon papier ancien sera utilisée pour rédiger l’exercice proposé dans le manuel sur la visite de Bordeaux au XVIIIe siècle. Cela fait plusieurs année que je le fais et cela fonctionne bien.

J’y ajoute ces documents complémentaires :

Les Drôles d’Histoire

J’ai déjà parlé ici du travail extraordinaire de Stéphane Tamaillon sur sa chaîne « Drôles d’Histoire ». Je remets toutefois ces deux vidéos qui peuvent être utiles aux élèves de troisième.

Ou celle-ci, pour les quatrièmes :

Et enfin celle-là, en sixième (ma femme trouve Cro – Magnon « beau gosse »…):

Récit de la vie d’un esclave par des élèves de quatrième

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« N’Gola habitait paisiblement dans un village côtier remplit de pêcheurs et il en était lui-même un. En allant pêcher en bord de mer, il aperçut des bateaux inconnus au large. Quelques minutes plus tard, d’autres bateaux, plus petits, accostèrent et des hommes à la peau blanche se dirigèrent vers le village.
Une fois là-bas, ils furent accueillis à bras ouverts et pourtant ces hommes armés de fusils capturèrent tous les habitants, y compris N’Gola.
Il fut embarqué sur l’un des navires, un négrier français commandé par le capitaine Eugène et le second Yolite. La Marie – Séraphique vogua ensuite en direction de Saint-Domingue. N’Gola fut enfermé dans l’entrepont, un espace réduit situé sous le pont, avec ses congénères. Ils étaient enferrés deux par deux et ils avaient les chevilles attachées. N’Gola avait été séparé de ses sœurs et il voyait tous les jours des amis être maltraités, torturés, noyés. Au bout de plusieurs semaines, comme il n’y avait plus beaucoup de nourriture, N’Gola se battait avec ses anciens amis pour survivre.
Enfin, après un voyage épouvantable, le navire arriva à Saint-Domingue. Autour de lui, N’Gola vit des marchands blancs vendant des esclaves africains à la chaîne contre des produits tropicaux. Après quelques heures d’attente sous le soleil, ce fut son tour. Pour le faire briller, on l’enduisit d’une huile qui faisait luire sa peau noir d’ébène sous le soleil. Il fut remarqué par un riche planteur qui possédait de nombreux champs de canne à sucre, car il était grand et fort. On l’enchaîna de nouveau et on l’emmena vers sa nouvelle vie.
Dans la plantation de canne à sucre, N’Gola, devenu Michel, travailla durement et sans arrêt, ne se reposant que le dimanche pour aller à l’église, le lieu de la religion qu’on l’avait forcé à adopter. Il n’était nourri que de bouillie et d’un demi-litre d’eau par jour. Quand il ne travaillait pas assez ou assez vite, il était fouetté.
Un jour qu’il était assoiffé , il voulut boire dans la rivière, mais l’eau n’était pas propre. Il mourut deux jours plus tard, déshydraté en raison des problèmes intestinaux causés par l’eau de la rivière.« 

Ce texte est le fruit d’un travail collectif de huit élèves. Comme ils avaient terminé en avance les activités obligatoires et fait une activité bonus, je leur ai proposé d’écrire cette histoire en collaborant. Ils ont fait ce travail en une séance.