Étiquette : Colonisation

La naissance de l’Algérie

La Fabrique de l’Histoire revient sur la naissance de l’Algérie et son histoire au cours de quatre émissions.

A propos des restitutions d’objets culturels

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La Fabrique de l’Histoire a consacré quatre émissions à ce sujet d’actualité :

 

Une bande dessinée intéressante en troisième

Ousmane Dioum vit sur  la langue de Barbarie, une presqu’île qui sépare l’Atlantique de la côte sénégalaise. Pour protéger sa soeur des lois tribales , il va s’engager dans l’armée française ? Jean Gadoix est un habile braconnier de la commune de Roche-Vialard, dans le département de la Haute-Loire. Mais victime d’un accident, son père ne peut plus travailler et pour sauver la ferme familiale, sa soeur Joséphine accepte de travailler à la mine, et  d’être payée deux fois moins qu’un homme ?
À des milliers de kilomètres de distance l’un de l’autre, Ousmane et Jean ne se doutent  pas que le cours de l’histoire va bientôt les rapprocher et les emporter dans son flot tumultueux, car le XXe siècle vient d’entrer dans sa quatorzième année.
Cette bande dessinée très réussie aborde le thème de la Première Guerre mondiale, mais aussi la colonisation et l’émancipation des femmes.

Sexe et colonisation

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Spécialiste du fait colonial et de l’immigration en France, l’historien Pascal Blanchard a publié Sexe, race et colonies,  un ouvrage visant à donner  au grand public une autre vision du passé colonial. Cette somme a également pour but d’inciter une nouvelle génération de chercheurs à travailler sur le passé colonial à partir des images ou par le prisme du genre et de la sexualité.
Voici un extrait d’un entretien qu’il a donné au journal Libération.

Pourquoi avoir fait le choix de publier 1200 images de corps colonisés, dominés, sexualisés, érotisés ? N’est-ce pas trop ?
« L’abondance d’images doit interroger. Cela souligne qu’elles ne sont pas anecdotiques mais qu’elles font partie d’un système à grande échelle. Quand on pense à la prostitution dans les colonies, personne n’imagine à quel point ce système a été pensé, médiatisé et organisé par les Etats colonisateurs eux-mêmes. Ceux qui pensent que la sexualité a été une aventure périphérique au système colonial se trompent : elle est au centre même de la colonisation. La cartographie est aussi très signifiante : sur les atlas, les terres à conquérir sont toujours représentées en allégorie par des femmes nues pour symboliser l’Amérique, l’Afrique ou les îles du Pacifique. La nudité fait partie du «marketing» de l’expédition coloniale, et façonne l’identité même des femmes indigènes. Au temps des conquêtes à partir de la fin du XVe siècle, les images qui circulent évoquent un paradis terrestre peuplé de bons sauvages aux corps offerts et nus. Ils font partie de la nature. Du décorum. 
Plus tard, le paradis terrestre se transformera en paradis sexuel. Les Occidentaux partiront dans les colonies avec le sentiment que tout leur est permis. Là-bas, il n’y a pas d’interdit, tous les verrous moraux sautent : abus, viol, pédophilie. La plupart des images que nous publions retracent cette histoire, elles ont été cachées, marginalisées ou oubliées par la suite : 80 % de ce qui est dans le livre ne figure dans aucun musée. »

(…)

N’avez-vous pas peur qu’on vous adresse le reproche de publier des images érotiques de femmes colonisées sous couvert de science ?
« Bien sûr, ce reproche sera fait. C’est le même débat qui a été fait quand on a montré des images de la Shoah pour la première fois. Fallait-il les montrer ? Mais pour vraiment comprendre ce passé, il faut en montrer l’indicible. Sans quoi, on ne peut déconstruire. Comprendre, sinon, montrer cette notion de «safari», de culture-monde, de puissance du porno-colonial ? On a par exemple beaucoup hésité à publier les images où les soldats japonais mettaient des bambous dans le sexe des femmes chinoises qui avaient été violées et tuées. Mais on a décidé de les montrer, car ces images faisaient alors partie d’un discours d’humiliation. Le visible fait discours. Cela démontre non seulement qu’ils l’ont fait, mais en plus qu’ils l’ont photographié et reproduit pour humilier. Sur la centaine de chercheurs qui ont travaillé sur ce livre, l’apport des images a très souvent obligé et conduit à penser autrement certains objets d’étude. L’image oblige à nuancer, accentuer certaines approches, évite de généraliser, incite à souligner les différences entre empires, entre aires géographiques. La nature des images oblige aussi à parler des vecteurs de diffusion, des publics cibles ou des types de messages en fonction des supports. L’image n’est pas seulement l’illustration de ce qui s’est passé, elle est aussi dans ce récit la construction en parallèle d’un fantôme. Les montrer, c’est aussi obliger ceux qui ne veulent pas voir ce passé à le regarder en face. »

1er décembre 1944 : le massacre de Thiaroye

Le 1er décembre 1944, des dizaines de soldats africains appelés « tirailleurs » ont été exécutés par l’armée française dans le camp de Thiaroye, au Sénégal. Ces hommes, qui ont combattu pour la France en 1940 et ont été fait prisonniers des nazis, réclamaient le paiement de leur solde. Selon la version officielle, la répression a fait suite à une mutinerie. Cette thèse est contestée par l’historienne Armelle Mabon, maître de conférences à l’Université Bretagne Sud. Elle dénonce un mensonge d’Etat et un crime de masse prémédité. Invitée du « Monde Afrique », elle revient sur ce massacre.

Le chai à vin du port de Rouen

 

Dans le cadre d’un projet interdisciplinaire (maths, physique, SVT et histoire – géo), mes quatrièmes vont travailler sur le chai à vin du port de Rouen.

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Le chai relais, dessiné par l’architecte Pierre Maurice Lefebvre pour la Chambre de Commerce de Rouen, fut inauguré en 1950.

 

A cette époque il s’agissait du plus grand chai à vin d’Europe. À l’intérieur, disposées en croix et sur trois étages, les 250 cuves pouvaient recevoir jusqu’à 100 000 hectolitres de vin. Elles étaient desservies par des passerelles et  raccordées par canalisation en cuivre rouge aux postes de déchargement du quai de la Seine, et du bassin Saint-Gervais.
Construit pour recevoir le « vin en vrac » des pinardiers d’Afrique du Nord et plus particulièrement d’Algérie, le chai  assurait la réception, le stockage et le rechargement des vins sur des transporteurs reliant la région parisienne (navires, wagons-réservoirs,  camions – citerne, chalands…).

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Ce bâtiment, désaffecté depuis les années 80, est aujourd’hui muré, après avoir été pillé et vandalisé, notamment en raison des tuyauteries en cuivre qu’il renfermait.

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Vous trouverez beaucoup d’information sur le lieu sur ce site et notamment la reproduction d’une ancienne brochure du Port autonome.

Fiche séquence : « Conquêtes et sociétés coloniales »

 

Les vidéos utilisées sont les suivantes :

Les affiches proposées en ouverture :

 

Les reconstitutions des discours à l’Assemblée en 1885 :