Catégorie : Seconde

Un travail interdisciplinaire intéressant

Dans l’exemple de travail interdisciplinaire présenté ici, des professeurs de lettres, d’Histoire-Géographie et de SES du lycée Alcide d’Orbigny ont décidé de travailler sur le récit autobiographique « Les années » d’Annie Ernaux en accompagnement personnalisée.
Ce travail ressemble un peu à l’EPI que nous avons mis en place, ma collègue de lettres et moi-même, en 3e et au travail qu’elle a mené avec les mêmes élèves, en début d’année, sur la présentation d’un objet familiale « ancien ».

Voici deux exemples du travail mené par les élèves de seconde du lycée Alcide d’Orbigny :

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Objet : téléphone Nokia A2628s

Le téléphone est robuste, avec peu de fonctionnalités : appeler et sauvegarder quelques contacts. L’écran est a cristaux liquides, pas de rétro-éclairage. Oubliez toutes les applications, musique et appareils photos. Il faut utiliser son walkman pour écouter Manu Chao, Mc Solaar ou encore Yannick Noah. Ici il n’y a qu’une sonnerie et qu’une batterie, increvable ayant une autonomie de quatre jours.
Un homme d’une trentaine d’année l’achète , environ 500 francs, le passage a l’Euro est en cours. « La pointe de la technologie », lui dit le vendeur. Dans la rue, une pancarte avec Zinedine Zidane, le même téléphone à la main, surplombe le centre commercial. L’homme appelle immédiatement sa femme, le téléphone est réputé comme élégant et raffiné. L’objet vaut donc la peine de sacrifier la moitié d’un salaire. L’homme reçu un appel le prévenant de l’attentat du 11 septembre. Un cellulaire « a la mode » durant l’année 2001, rattrapé par les téléphones à clapet puis les tactiles. Le portable reste enfermé dans un tiroir jusqu’à ce qu’il soit donné à un enfant pour qu’il fasse semblant de recevoir des appels.

Germain

Un vieux cahier d’écolier abîmé par les années, des pages jaunies qui sentent le vieux, une écriture très soignée à la plume noire, sûrement due à la rigidité de l’enseignement de l’époque. Des dessins de géographie, des calculs écrits tous petits, des schémas de science, toutes les matières sont présentes. Et d’autres que nous n’étudions plus aujourd’hui : les notes de musique, l’agriculture, le « travail manuel », le dessin, la récitation. En haut de chaque page, la date, « mercredi 29 mai 1901 » suivie de la maxime du jour, une sorte de leçon de moral, souvent orientée sur l’éducation scolaire et le travail de l’élève : « L’instruction est la nourriture de l’âme comme le pain est la nourriture du corps » ou encore « La paresse est un grand défaut ». L’écriture rouge appartient à l’enseignant qui annote de petites corrections, rajoutant des « n » et supprimant des « s » en signant sa vérification exigeante du cours du jour. La vieille couverte qui referme ce travail est verte, abîmée par les années. L’élève soigné qui tient ce carnet est proche de ses quatorze ans. Ses seules préoccupations sont l’école, la famille et les amis. Mais se doute-t-il que treize ans plus tard il partira sûrement à la guerre en tant que soldat de la Première Guerre mondiale ? Ses préoccupations ne seront plus alors de tenir ce carnet propre mais de survivre.

Anna

Un livre pour affronter les examens

Ce qui suit est un extrait d’un article plus long rédigé sur le blog de ma femme, qui prépare une intervention sur les gestes mentaux.

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« Keep calm et réussis tes exams est le titre d’un livre, édité en janvier 2016 chez Eyrolles, écrit par Audrey Akoun (psychothérapeute) et Isabelle Pailleau (psychologue).
(…)
C’est (encore) mon mari qui m’a sauvée : par son blog, il a reçu ce livre : Keep calm et réussis tes examens. Après avoir rempli le lave-vaisselle, il me le montre, l’ouvre et me lit « Nous allons aborder les cinq gestes mentaux dans les chapitres qui suivent, mais nous n’allons pas pour autant faire de toi un expert d’Antoine de La Garanderie, ce n’est pas le but ».

Un livre dans lequel on parle de gestes mentaux et dans lequel on peut lire une phrase écrite en langage « normal » ? Fais voir.

Zou, je l’ai lu. Bilan :
– le ton, adapté aux jeunes (et à leurs parents dans des encadrées réservés) est très sympa. J’ai même ri. En vrai, avec du son qui sortait de ma gorge ;
– la mise en page, les illustrations, sont à l’avenant. D’ailleurs, les illustrations servent le propos, en résumant le chapitre précédent, en réactivant les points essentiels ;
– le contenu est structuré, clair et reprend les références classiques de la recherche. C’est lisible facilement, rapidement, et des exemples d’exercices, de remédiations, des références numériques sont proposées.

Ce bouquin est vraiment très agréable. Il ne cherche pas à se poser comme référence scientifique, mais à s’emparer des résultats connus et récents de la recherche pour mettre à plat les méthodes de travail des gamins, la nature du soutien des parents. Il balaie divers champs : les gestes mentaux, les neurosciences (pour ses bases), le rapport au corps. Je ne l’ai trouvé ennuyeux à aucun moment, et on a envie de tourner la page, à chaque fois. C’est une bonne base de réflexion pour les élèves, les étudiants et leurs parents, et un résumé assez efficace pour les enseignants.

Je suis moins convaincue par la toute dernière partie, qui vante les mérites des cartes mentales et du « sketchnoting », qui ne sont pas des outils efficaces pour tout le monde ; mais il est clair que les deux auteurs en sont fans, et c’est logique qu’elles les promeuvent. C’est un passage assez court de toute façon.

Pour poursuivre la découverte, je suis allée faire un tour sur leur site, La Fabrique à Bonheurs, dont le titre m’a autant attirée que repoussée… J’y ai trouvé surtout l’éventail des ateliers et des formations proposées, et un blog que je vais examiner plus attentivement, même s’il ne m’a pas bouleversée dans un premier temps.

En tout cas, le bouquin, il vaut le détour, en particulier pour les ados. Pour les plus jeunes (avant la quatrième, je dirais), c’est sans doute compliqué.« 

Une expérience intéressante au lycée

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Elle est l’oeuvre d’un professeur de français qui tente de redonner le goût de la politique et de l’engagement aux élèves de son lycée au travers d’ateliers. C’est à lire ici (même si plus de texte et moins de photos auraient été judicieux).

Une COP21 pas pour de rire !

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Le vendredi 4 décembre, une classe de Seconde à projet du Lycée François Villon des Mureaux a organisé sa COP21.
Les élèves, qui se préparaient à l’événement depuis la rentrée, ont reproduit les principales étapes de la conférence du Bourget sur le climat. Les membres de chaque délégation ont pris place en assemblée générale. Après une brève allocution des organisateurs (trois élèves de 1ère ont accepté de jouer les rôles de Laurent Fabius, Laurence Tubiana et Ban Ki Moon), les présidents des délégations ont prononcé leurs discours d’ouverture.
Six délégations étatiques étaient en effet représentées : la Chine, l’Inde, les États-Unis, le Mexique (et les autres pays en voie de développement), les Maldives (et le groupe des AOSIS, l’alliance des petits États insulaires) et l’Union européenne. Deux autres délégations regroupaient quant à elles les ONG environnementales et les lobbyistes de l’industrie pétrolière.
Après la séance d’ouverture, les délégués se sont rendus dans deux salles de négociation : un premier groupe de contact travaillant sur l’atténuation et un second sur l’adaptation. Les élèves s’étaient préparés en amont : ils avaient constitué des alliances, affûté leurs arguments et travaillé à un brouillon d’accord, comportant une trentaine d’amendements.
Dans chaque salle, un facilitateur organisait la discussion. La prise de parole a été organisée, le vouvoiement et le respect de rigueur. Les élèves se sont prêtés facilement au jeu de la négociation : les amendements les plus simples ont été validés, puis votés en séance plénière.

Pour en savoir plus et voir quelques photos de cet évènement, suivez ce lien.

Demain… Enfin, non, dimanche !

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Je devrais aller voir ce film en avant-première le dimanche 29 novembre prochain. Ce n’est pas moi qui en ai eu l’idée et je ne suis pas sûr d’adhérer au postulat du film, mais il va peut-être me servir en classe, qui sait ? D’autant qu’un dossier pédagogique est disponible ici.

« Alors que l’humanité est menacée par l’effondrement des écosystèmes, Cyril, Mélanie, Alexandre, Laurent, Raphäel et Antoine, tous trentenaires, partent explorer le monde en quête de solutions capables de sauver leurs enfants et, à travers eux, la nouvelle génération. A partir des expériences les plus abouties dans tous les domaines (agriculture, énergie, habitat, économie, éducation, démocratie…), ils vont tenter de reconstituer le puzzle qui permettra de construire une autre histoire de l’avenir. »

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Le film a fait l’objet d’un complément sous forme de documentaire, en version adulte et enfant.

Maths et histoire (2)

Ce matin, nouvel atelier consacré à un projet associant mathématiques et histoire, en seconde cette fois.

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Dans ce projet ambitieux, professeurs de mathématiques et d’histoire travaillent en interdisciplinarité sur différentes parties des programmes. Dans l’emploi du temps de la classe, une heure d’histoire succède à une heure de maths et le professeur d’histoire n’a pas cours durant l’heure de maths et inversement. De cette façon, ils leur est possible de co-animer une séance mais aussi de travailler chacun de leur côté quand ils ne travaillent pas un des thèmes ci-dessus. Cela me semble une excellente façon de positionner le travail en EPI l’année prochaine au collège. Ainsi les EPI peuvent ne pas avoir lieu toutes les semaines, mais seulement le temps nécessaire. Chaque professeur reste maître de son emploi du temps. Il n’y a donc pas, dans ce cas de figure, « d’heures données et perdues » comme le craignent de nombreux collègues.

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La collègue de mathématiques nous a présenté brièvement le travail sur la perspective et la cartographie avant de commenter plus longuement celui sur la démonstration.

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Même si ce travail s’adresse à des secondes, je vais voir avec mes collègues de mathématiques si certains aspects ne peuvent pas être repris au collège (c’est l’avantage de répéter le même programme d’histoire de la 6e à la terminale !)

Cette expérience a fait l’objet d’un article détaillé dans la revue Repères de l’IREM, n°86 de  janvier 2012. Et voici les diapositives montrées lors de l’atelier.