Catégorie : Seconde

Le projet probable de réforme du lycée général

Le projet de réforme du bac et du lycée, porté par la mission pilotée par Pierre Mathiot, l’ex-direc­teur de Sciences Po Lille, semble se définir peu à peu, même si le rapport ne sera rendu au ministre que fin janvier.
Pour remplacer les trois voies actuel­les du lycée général (S, L, ES), neuf parcours se dessinent : des binômes de dis­ciplines dites «majeures» pourraient être proposés aux élèves, comme autant de nouvelles filières: maths-physique­chimie, maths-sciences de la vie et de la terre, sciences de l’ingénieur­physique-chimie, maths-informatique, maths – sciences économiques et sociales (SES), SES – histoire-géographie, lettres­ – langues, lettres – arts, lettres-philoso­phie. Cela n’est pas sans rappeler les filières qui existaient avant la réforme de 1993.
L’élève devrait choisir, outre ces deux disciplines constituant les «majeures», deux à trois disciplines «mineures». Il pourrait cependant suivre la même discipline en majeure et en mineure, sous forme d’un enseignement renforcé.
Tous les lycéens seraient par ailleurs amenés à suivre un tronc commun de disciplines :
– en pre­mière, les mathématiques, les lettres, la langue vivante 1, l’histoire-géographie, l’éducation physique et sportive.
– En ter­minale, la philosophie, l’histoire-géo­graphie, la langue vivante l et l’éducation physique et sportive.
La spécialisation de l’élève serait pro­gressive de la seconde à la terminale, avec des volumes horaires amenés à 27 heures de cours hebdomadaires. On passera d’une seconde à peu près inchangée par rapport à l’actuelle à une spécialisation croissante en première et terminale dès 2019. Les horaires seraient de 15 heures de tronc commun en première et 10 heures de spécialisation. Puis, en terminale, 10 heures de tronc commun et 15 heures de spécialisation.
L’organisation des enseignements devrait se faire en semestre. En seconde , le tronc commun devrait alors absorber tout l’horaire au premier semestre pour laisser la place au second semestre aux enseignements choisi par les élèves. La généralisation de cette organisation semestrielle amenant de facto l’annualisation des enseignements et donc du temps de travail des enseignants.
Le principe de quatre épreu­ves au bac en terminale semble retenu, avec deux écrits concernant les deux disciplines de la majeure» choisie par l’élève, un grand oral et une épreuve de philoso­phie. Le deuxième groupe d’épreuves du bac, appelé rattrapage, pourrait être remplacé, dans un souci d’économie, par le seul exa­men du livret scolaire des élèves tangents.

D’après un article du Figaro du 8 janvier.

Les attendus en licence d’histoire ou de géographie : l’apparition des compétences dans le supérieur et au lycée ?

Extrait du document officiel qui recense la liste des compétences que les étudiants devront détenir pour entrer dans une filière universitaire.

« Il est attendu des candidats en licence Mention Histoire :
– de savoir mobiliser des compétences en matière d’expression écrite et orale afin de pouvoir argumenter un raisonnement. Cette mention suppose en effet des qualités dans la compréhension fine de textes de toute nature et de solides capacités d’expression, à l’écrit comme à l’oral, afin de pouvoir analyser, argumenter, construire un raisonnement, synthétiser, produire et traiter des contenus diversifiés.
– De disposer d’un bon niveau dans au moins une langue étrangère (niveau B). Cette mention comporte en effet obligatoirement des enseignements de langues vivantes. La maîtrise d’au moins une langue au niveau baccalauréat est donc indispensable.
– d’être intéressé par la démarche scientifique. Cette mention suppose la capacité à comprendre et produire des raisonnements logiques et argumentés à partir de données et de concepts issus de différentes disciplines.
– de faire preuve de curiosité intellectuelle et plus particulièrement pour les sciences humaines. La licence Histoire a pour objet en effet l’étude et la compréhension du phénomène humain, dans toute sa richesse, sa temporalité, sa spatialité, sa diversité et sa complexité.
– de pouvoir travailler de façon autonome et organiser son travail. Cet attendu marque l’importance, pour la formation, de la capacité du candidat à travailler de façon autonome. Comme beaucoup de formations universitaires, la formation en licence d’histoire laisse en effet une place substantielle à l’organisation et au travail personnel.
– D’avoir un intérêt pour la recherche documentaire. La formation en histoire requiert en effet l’analyse combinée de nombreuses sources historiques qu’il faut pouvoir comprendre et mettre en perspective.
– D’avoir un intérêt pour les questions historiques, politiques, économiques et sociales. L’intérêt pour l’histoire est bien évidemment essentiel. Mais l’histoire ne peut cependant être étudiée indépendamment des réalités politiques, économiques et sociales.« 

Pour la licence de géographie et aménagement, il faut remplacer le dernier point par :
« – Avoir un intérêt pour les questions de société, les problématiques environnementales, l’aménagement et l’occupation des espaces. L’intérêt pour la géographie est bien évidemment essentiel, mais la Licence Géographie et Aménagement impose également, de par sa transdisciplinarité, une curiosité pour l’environnement, l’aménagement des territoires et le lien social qui font appel à des notions relevant du droit, des sciences de la vie et de la terre, de la sociologie et du numérique.« 

Je mets le document en intégralité ci-dessous en ce qui concerne les autres licences :

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Adaptations pédagogiques

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J’ai découvert ce site proposant des pistes de réflexion et des outils pour venir en aide aux élèves à profils particuliers. Il contient beaucoup de choses et semble appeler à grandir.

Un travail interdisciplinaire intéressant

Dans l’exemple de travail interdisciplinaire présenté ici, des professeurs de lettres, d’Histoire-Géographie et de SES du lycée Alcide d’Orbigny ont décidé de travailler sur le récit autobiographique « Les années » d’Annie Ernaux en accompagnement personnalisée.
Ce travail ressemble un peu à l’EPI que nous avons mis en place, ma collègue de lettres et moi-même, en 3e et au travail qu’elle a mené avec les mêmes élèves, en début d’année, sur la présentation d’un objet familiale « ancien ».

Voici deux exemples du travail mené par les élèves de seconde du lycée Alcide d’Orbigny :

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Objet : téléphone Nokia A2628s

Le téléphone est robuste, avec peu de fonctionnalités : appeler et sauvegarder quelques contacts. L’écran est a cristaux liquides, pas de rétro-éclairage. Oubliez toutes les applications, musique et appareils photos. Il faut utiliser son walkman pour écouter Manu Chao, Mc Solaar ou encore Yannick Noah. Ici il n’y a qu’une sonnerie et qu’une batterie, increvable ayant une autonomie de quatre jours.
Un homme d’une trentaine d’année l’achète , environ 500 francs, le passage a l’Euro est en cours. « La pointe de la technologie », lui dit le vendeur. Dans la rue, une pancarte avec Zinedine Zidane, le même téléphone à la main, surplombe le centre commercial. L’homme appelle immédiatement sa femme, le téléphone est réputé comme élégant et raffiné. L’objet vaut donc la peine de sacrifier la moitié d’un salaire. L’homme reçu un appel le prévenant de l’attentat du 11 septembre. Un cellulaire « a la mode » durant l’année 2001, rattrapé par les téléphones à clapet puis les tactiles. Le portable reste enfermé dans un tiroir jusqu’à ce qu’il soit donné à un enfant pour qu’il fasse semblant de recevoir des appels.

Germain

Un vieux cahier d’écolier abîmé par les années, des pages jaunies qui sentent le vieux, une écriture très soignée à la plume noire, sûrement due à la rigidité de l’enseignement de l’époque. Des dessins de géographie, des calculs écrits tous petits, des schémas de science, toutes les matières sont présentes. Et d’autres que nous n’étudions plus aujourd’hui : les notes de musique, l’agriculture, le « travail manuel », le dessin, la récitation. En haut de chaque page, la date, « mercredi 29 mai 1901 » suivie de la maxime du jour, une sorte de leçon de moral, souvent orientée sur l’éducation scolaire et le travail de l’élève : « L’instruction est la nourriture de l’âme comme le pain est la nourriture du corps » ou encore « La paresse est un grand défaut ». L’écriture rouge appartient à l’enseignant qui annote de petites corrections, rajoutant des « n » et supprimant des « s » en signant sa vérification exigeante du cours du jour. La vieille couverte qui referme ce travail est verte, abîmée par les années. L’élève soigné qui tient ce carnet est proche de ses quatorze ans. Ses seules préoccupations sont l’école, la famille et les amis. Mais se doute-t-il que treize ans plus tard il partira sûrement à la guerre en tant que soldat de la Première Guerre mondiale ? Ses préoccupations ne seront plus alors de tenir ce carnet propre mais de survivre.

Anna

Un livre pour affronter les examens

Ce qui suit est un extrait d’un article plus long rédigé sur le blog de ma femme, qui prépare une intervention sur les gestes mentaux.

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« Keep calm et réussis tes exams est le titre d’un livre, édité en janvier 2016 chez Eyrolles, écrit par Audrey Akoun (psychothérapeute) et Isabelle Pailleau (psychologue).
(…)
C’est (encore) mon mari qui m’a sauvée : par son blog, il a reçu ce livre : Keep calm et réussis tes examens. Après avoir rempli le lave-vaisselle, il me le montre, l’ouvre et me lit « Nous allons aborder les cinq gestes mentaux dans les chapitres qui suivent, mais nous n’allons pas pour autant faire de toi un expert d’Antoine de La Garanderie, ce n’est pas le but ».

Un livre dans lequel on parle de gestes mentaux et dans lequel on peut lire une phrase écrite en langage « normal » ? Fais voir.

Zou, je l’ai lu. Bilan :
– le ton, adapté aux jeunes (et à leurs parents dans des encadrées réservés) est très sympa. J’ai même ri. En vrai, avec du son qui sortait de ma gorge ;
– la mise en page, les illustrations, sont à l’avenant. D’ailleurs, les illustrations servent le propos, en résumant le chapitre précédent, en réactivant les points essentiels ;
– le contenu est structuré, clair et reprend les références classiques de la recherche. C’est lisible facilement, rapidement, et des exemples d’exercices, de remédiations, des références numériques sont proposées.

Ce bouquin est vraiment très agréable. Il ne cherche pas à se poser comme référence scientifique, mais à s’emparer des résultats connus et récents de la recherche pour mettre à plat les méthodes de travail des gamins, la nature du soutien des parents. Il balaie divers champs : les gestes mentaux, les neurosciences (pour ses bases), le rapport au corps. Je ne l’ai trouvé ennuyeux à aucun moment, et on a envie de tourner la page, à chaque fois. C’est une bonne base de réflexion pour les élèves, les étudiants et leurs parents, et un résumé assez efficace pour les enseignants.

Je suis moins convaincue par la toute dernière partie, qui vante les mérites des cartes mentales et du « sketchnoting », qui ne sont pas des outils efficaces pour tout le monde ; mais il est clair que les deux auteurs en sont fans, et c’est logique qu’elles les promeuvent. C’est un passage assez court de toute façon.

Pour poursuivre la découverte, je suis allée faire un tour sur leur site, La Fabrique à Bonheurs, dont le titre m’a autant attirée que repoussée… J’y ai trouvé surtout l’éventail des ateliers et des formations proposées, et un blog que je vais examiner plus attentivement, même s’il ne m’a pas bouleversée dans un premier temps.

En tout cas, le bouquin, il vaut le détour, en particulier pour les ados. Pour les plus jeunes (avant la quatrième, je dirais), c’est sans doute compliqué.«