Catégorie : Education civique

Un sujet d’actualité au collège aussi

Je suis très gêné avec la règle, non écrite (ce qui est un comble) en vigueur au collège interdisant le port de la jupe « trop » courte (et il y a deux ans de la jupe tout court !), du short, des décolletés et des tee-shirts laissant voir le ventre et enfin des pantalon à trou. En éducation civique, j’explique que la loi doit être écrite pour être valable, ce qui est donc un premier problème quand le règlement intérieur ne parle que de « tenue correcte ». Le second est que ces interdictions visent (j’espère visaient depuis que j’ai fait la remarque) explicitement les filles, ce qui est contraire au principe d’égalité devant la loi, que j’enseigne également.  Pour les faire passer, on explique aux filles que c’est pour leur bien, pour les protéger des remarques et attouchements. Cette après-midi, comme le sujet revenait dans l’une de mes troisièmes, une fille a déclaré : « c’est injuste, monsieur, c’est nous que l’on prive de liberté alors que c’est les garçons qu’il faudrait éduquer ». Je lui ai répondu que j’étais d’accord avec elle, mais ensuite ? Que pouvons-nous faire, en effet, au sein du collège, pour que les garçons arrêtent de mal se comporter ? J’ai envie de lancer cette classe sur ce thème, en EMC, pour élaborer un projet.
Reste le problème des adultes dans les établissement ou dans les ministères, qui semblent avoir souvent une vision sexiste de la tenue féminine. Comme si laisser voir un bout de cuisse ou de ventre, notamment à 14 ans, relevait d’une intention et n’était pas « normal »…

Fraternité ? … Pardon, mais je ne vois pas ce que vous voulez dire !

Un groupe de pays riches, dont la France, représentant 13% de la population mondiale a pré-acheté la moitié des futures doses de vaccins contre le Covid-19 selon l’ONG Oxfam, qui dénonce cela dans un rapport. La logique égoïste de ces pays est de s’approvisionner par précaution auprès de multiples fabricants concurrents, dans l’espoir qu’au moins l’un de leurs vaccins se révèle efficace.
Les pays accapareurs sont les Etats-Unis, le Royaume-Uni, le Japon, les Etats membres de l’UE, ainsi que l’Australie, Hong Kong, la Suisse et Israël. Les 49% de doses restants ont été promis à des pays en développement dont l’Inde, le Bangladesh, la Chine, le Brésil, l’Indonésie et le Mexique, toujours selon l’ONG qui souligne la difficulté qu’aura une partie de la population mondiale à trouver des vaccins dans la période initiale, alors qu’un dispositif de mutualisation internationale appelé Covax, soutenu par l’Organisation mondiale de la Santé, estpar ailleurs boycotté par Washington et manque de financements.

Le vrai et le faux sur le port du masque

C’est un article des Décodeurs à lire ici. Utile pour lutter contre la désinformation.
Ce qui est vrai :
Le port prolongé du masque peut entraîner un certain nombre de problèmes, allant des manifestations dermatologiques mineures (rougeurs, acné) à des effets plus incommodants (maux de tête et, dans de plus rares cas, troubles de la concentration). Les yeux peuvent également être exposés à des effets secondaires non désirés comme l’infection oculaire, avec des irritations des paupières ou des conjonctivites, surtout quand le masque est mal porté ou trop longtemps.

Ce qui est faux :
Le masque ne favorise pas la prolifération des microbes. La thèse du bouillon de culture microbien ne tient tout simplement pas car la température du masque est environ à 25 °C, alors que celle du corps est de 37 °C. Les bactéries et virus qui infectent l’homme se multiplient beaucoup mieux à 37 °C qu’à 25 °C. Les masques chargés de gouttelettes expirées ne constituent pas un bon bouillon de culture.
Les masques ne font pas chuter le taux d’oxygène dans le sang. Pour cela, il faudrait que le masque soit hermétiquement collé à notre peau. Ce que limite les masques de protection, c’est seulement l’entrée de molécules plus grandes que l’oxygène. Les masques, notamment chirurgicaux, sont conçus pour être portés pendant une durée de plusieurs heures par les professionnels de santé, sans entraver leurs capacités à travailler ni altérer leurs capacités respiratoires, évidemment.
Les masques ne provoquent pas d’intoxications au CO2. Respirer son propre C02, c’est ce qu’on fait en permanence : quand on expire, les bronches sont remplies de l’air que nous avons déjà respiré. Avec un masque, on rajoute certes quelques millilitres, mais cela ne change strictement rien à la physiologie respiratoire.

S’habiller normalement ? Ah, oui, évidemment, il veut dire « toujours en noir »… Ouf !

Il a réussi à énerver ma femme… Dans le collège où j’enseigne, j’ai réussi à faire changer le discours du principal, qui stigmatisait trop les filles dans son discours de rentrée à propos de la « tenue correcte exigée ». Mais les propos du ministre pose aussi problème car il faudrait définir une normalité universelle et non pas dépendante de des goûts, de l’âge ou de l’idéologie de quelqu’un, fusse-t-il ministre ! Ce que je pense impossible. Quant au bon sens, c’est une expression vaine que je voudrais voir bannie de notre vocabulaire.

Vous connaissez le délit « d’atteinte au moral de l’armée » ?

En Algérie, où le pouvoir dictatorial multiplie les arrestations et les procès contre les opposants au régime, cela existe… Karim Tabbou, l’une des figures du Hirak, le mouvement de contestation, est en effet jugé en appel pour « atteinte au moral de l’armée » . Et aujourd’hui, le journaliste Khaled Drareni a été condamné en appel à deux ans de prison ferme pour « incitation à un attroupement non armé et atteinte à l’intégrité du territoire national ». Ce régime ne sait plus quoi inventer pour se maintenir en place et n’a décidément aucune limite !