Catégorie : Education civique

Nouveau progrès du droit des femmes en Tunisie

Jeudi 14 septembre, le président de la République tunisienne a abrogé la circulaire administrative de 1973 interdisant le mariage de Tunisiennes avec des non-musulmans.
Ce texte invoquait la « sauvegarde de l’originalité islamique de la famille tunisienne » et donc la nécessité d’« éloigner tous les côtés négatifs de l’Occident ».
Le chef de l’État avait aussi annoncé le 13 août son souhait d’instaurer l’égalité successorale entre hommes et femmes mais ce dossier reste ouvert, car il se heurte à de nombreuses oppositions au sein de la société tunisienne.
En 1956 la Tunisie avait aboli la polygamie, institué le divorce judiciaire (se substituant à la répudiation), fixé un âge minimum pour le mariage (15 ans pour les femmes, devenu plus tard 18 ans) et exigé le consentement des deux époux lors du mariage.
L’abrogation de la circulaire intervient peu de temps après l’adoption d’autres mesures favorables aux femmes en Tunisie.

Négligence ou volonté ?

Dans une tribune, rendue publique mercredi 6 septembre, syndicats et associations s’inquiètent des répercussions de la réforme du droit du travail sur les droits des femmes, rappelant que l’égalité femmes-hommes a été choisie comme la grande cause nationale du quinquennat.
Après avoir examiné les 159 pages et les 36 mesures contenues dans les ordonnances, une cinquantaine d’organisations féministes, de partis politiques de gauche et de syndicats dénoncent qui a des conséquences particulières pour les femmes.
En premier lieu, les militantes dénoncent un rétropédalage du gouvernement concernant les mesures servant de garde-fou au respect de l’égalité professionnelle. Une fois les ordonnances approuvées, le droit d’expertise consacré à l’égalité entre les femmes et les hommes – instauré en 2015 pour aider les élus du personnel et les syndicats à identifier les sources des inégalités – sera cofinancé par les comités d’entreprise. Jusque-là, le financement de cette « vigie » du droit des femmes incombait au seul employeur.
D’autre part, la nouvelle réforme du travail prévoit que les employeurs ne seront plus sanctionnés en cas de non-respect de la loi Roudy, adoptée en 1983. Or ce texte impose une négociation annuelle baptisée « égalité professionnelle qualité de vie au travail » et oblige l’entreprise à fournir des données aux salariés sur les inégalités professionnelles entre les femmes et les hommes.
Au-delà de l’absence de sanctions en cas de refus d’ouvrir des négociations et de fournir ces données, les ordonnances prévoient qu’un accord d’entreprise permette aux employeurs de passer d’une négociation annuelle à une négociation quadriennale, et de choisir les données sur l’égalité à transmettre ou non.
Les signataires de la tribune mettent également en lumière que les femmes seront en situation de faiblesse pour négocier les « droits familiaux », comme les congés pour enfant malade, l’allongement du congé maternité ou encore les mesures de protection des femmes enceintes. Ces protections sont renvoyées à l’accord d’entreprise, où le rapport de force est bien moins favorable, notamment dans les plus petites, dans lesquelles les femmes sont majoritaires.
Autre objet d’inquiétude : la disparition du CHSCT (le comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail), qui permet de prévenir les violences sexuelles au travail. « Vingt pour cent des femmes déclarent avoir déjà subi du harcèlement sexuel sur leur lieu de travail. Nous commencions à avoir une prise en compte des risques psychosociaux du harcèlement, notamment par le biais de la prévention, cela va passer à la trappe », déplore la syndicaliste Sophie Binet.

D’après un article du Monde.fr

Un nouveau recul de la laïcité en Turquie

Un nouveau projet de loi inquiète les défenseurs de la laïcité en Turquie. Le gouvernement envisage d’autoriser les religieux à célébrer les mariages civils. Le texte, qui devrait être soumis au vote parlementaire à la rentrée, entend accorder aux muftis, employés par le Département des affaires religieuses, le droit de diriger eux aussi les mariages. Les raisons avancées par les autorités sont d’ordre pratique, afin de rendre les mariages officiels plus aisés et les accélérer soi-disant.

Le Premier amendement n’est plus ce qu’il était…

Le gouvernement américain cherche à se procurer des informations sur tous les visiteurs d’un site Internet critique envers Donald Trump. Un mandat a été présenté par le ministère de la justice le 17 juillet à Dreamhost, entreprise hébergeant le site disruptj20.org (« perturbez le 20 janvier »), créé pour organiser les manifestations en marge de la cérémonie d’investiture du 45e président américain.
Cette demande concerne 1,3 million d’internautes s’étant rendus sur le site et a pour but d’obtenir leur adresse IP ainsi que le jour et l’heure de leur visite. Cette adresse IP pouvant permettre au gouvernement d’obtenir l’identité de l’internaute qui l’utilise. Dreamhost a contesté cette demande devant la justice et a rendu publique cette procédure.

D’après un article du Monde.fr