Catégorie : Première ES

Oui, d’accord, mais ensuite ?

« L’encyclopédisme des programmes, reconnu des différents acteurs, rend les enseignements difficiles : il les contraint à un rythme soutenu (les prescriptions horaires pour le traitement des différentes questions sont jugées impossibles) et il réduit les possibilités de proposer aux élèves des pratiques de classe variées, des exercices fréquents pour fixer leurs apprentissages et construire leurs compétences. La dimension cyclique qui caractérise la discipline, depuis l’école primaire jusqu’au lycée, entraîne l’étude, à plusieurs reprises, des mêmes époques et des mêmes faits historiques : ce phénomène de répétition peut lasser les élèves qui n’en perçoivent pas la logique d’approfondissement et les changements de perspective.
L’universalisme du programme de seconde semble accepté par tous les acteurs mais on peut s’interroger sur les conditions de sa mise en œuvre. L’étude nécessaire des changements d’échelle propose aux élèves des approches variées et distanciées ; elle conduit cependant à des focales parfois très restreintes (ainsi en géographie, une étude de cas sur la plateforme de Roissy) ou trop ambitieuses (par exemple, en histoire, « Socialisme, communisme et syndicalisme en Allemagne depuis 1875»). Du reste, l’introduction d’éléments de la recherche, la priorité donnée aux thématiques au détriment de la chronologie peut entrer en contradiction avec la nécessité de transmettre une formation historique fondamentale à tous les élèves. Si les programmes doivent définir des contenus explicites, les approches doivent se dégager de tout caractère prescriptif et gagner en souplesse : pourquoi, par exemple, devoir aborder les totalitarismes du XXe siècle dans une perspective nécessairement comparatiste ?
Les programmes de géographie gagneraient à se dégager de l’inspiration des programmes de l’enseignement supérieur pour proposer des approches plus concrètes des territoires (région, France).
Tous les acteurs conviennent que la nature et le format des épreuves actuelles (épreuve de composition, analyse d’un ou deux documents et croquis en géographie) doivent être maintenus. Leur orientation et leur formulation doivent néanmoins être infléchies afin qu’en soit rehaussée l’ambition. De fait, la composition, dont les sujets relèvent souvent d’une entrée de chapitre abordée en cours, confine fréquemment à l’attente apparente d’une simple restitution de connaissances sans problématisation et sans réflexion argumentée. L’analyse de documents pourrait plus explicitement mobiliser les connaissances relatives aux documents proposés. L’élaboration du croquis pourrait également s’appuyer sur un corpus de documents statistiques que les élèves exploiteraient afin de nourrir leur travail.
L’élévation des exigences des épreuves doit évidemment être envisagée dès les pratiques de classe : aussi requiert-elle des exercices plus fréquents, et donc davantage de temps et de souplesse pour aborder les contenus de programme. L’on ne pourra atteindre cet objectif qu’en révisant les dimensions de ces derniers, qui constituent paradoxalement un frein aujourd’hui à une véritable préparation des élèves aux exigences fondamentales de l’examen. »
 

Dans sa « Note d’analyses et de propositions » le Conseil supérieur des programmes (CSP) présente à la fois une analyse critique des programmes actuels de lycée (il serait temps…) et leur recadrage dans le futur nouveau lycée. Le CSP va même jusqu’à donner des indications précises sur les enseignants qui pourront exercer dans tel ou tel enseignement de spécialité ou option et en fixe même la répartition horaire, comme s’il pouvait décider en la matière.
Il annonce des révisions de programmes ainsi que des changements dans les épreuves du bac. L’objectif annoncé est « l’élévation réelle du niveau des acquis de l’ensemble des élèves« , ce qui me donne envie de rire…
En histoire-géo, le CSP critique à juste titre l’encyclopédisme des programmes qui  » réduit les possibilités de proposer aux élèves des pratiques de classe variées« . Il semble rejeter aussi (enfin ?) « la dimension cyclique qui caractérise la discipline, depuis l’école primaire jusqu’au lycée qui entraîne l’étude, à plusieurs reprises, des mêmes époques et des mêmes faits historiques : ce phénomène de répétition peut lasser les élèves qui n’en perçoivent pas la logique d’approfondissement et les changements de perspective » (j’espère que le CSP ne vient pas seulement de s’en rendre compte !).
Bonne remarque donc, mais la suite vient tout gâcher :  » l’introduction d’éléments de la recherche, la priorité donnée aux thématiques au détriment de la chronologie peut entrer en contradiction avec la nécessité de transmettre une formation historique fondamentale« . Me voilà rassurer, le CSP ne veut pas trop innover !
Le CSP souhaite enfin garder les épreuves du bac même si elles ne servent pas à mesurer les compétences des élèves, mais seulement leur encyclopédisme . Je remarque que le CSP emploie pourtant l’expression  » construire leurs compétences » à propos des élèves, mais il ne semble pas à une contradiction près.

Le rapport sur la réforme du lycée

Il est à consulter ci-dessous :

bac_2021_rapport_Mathiot

C’est le 14 février que seront présentées, en conseil des ministres, les grandes lignes de la réforme. Entre-temps, une concertation éclair de trois semaines avec les représentants du monde éducatif devrait être organisée.
A la rentrée 2018, une nouveauté est déjà annoncés en classe de seconde : un « test de positionnement » en début d’année, portant notamment sur l’expression écrite et orale en français.

Le projet probable de réforme du lycée général

Le projet de réforme du bac et du lycée, porté par la mission pilotée par Pierre Mathiot, l’ex-direc­teur de Sciences Po Lille, semble se définir peu à peu, même si le rapport ne sera rendu au ministre que fin janvier.
Pour remplacer les trois voies actuel­les du lycée général (S, L, ES), neuf parcours se dessinent : des binômes de dis­ciplines dites «majeures» pourraient être proposés aux élèves, comme autant de nouvelles filières: maths-physique­chimie, maths-sciences de la vie et de la terre, sciences de l’ingénieur­physique-chimie, maths-informatique, maths – sciences économiques et sociales (SES), SES – histoire-géographie, lettres­ – langues, lettres – arts, lettres-philoso­phie. Cela n’est pas sans rappeler les filières qui existaient avant la réforme de 1993.
L’élève devrait choisir, outre ces deux disciplines constituant les «majeures», deux à trois disciplines «mineures». Il pourrait cependant suivre la même discipline en majeure et en mineure, sous forme d’un enseignement renforcé.
Tous les lycéens seraient par ailleurs amenés à suivre un tronc commun de disciplines :
– en pre­mière, les mathématiques, les lettres, la langue vivante 1, l’histoire-géographie, l’éducation physique et sportive.
– En ter­minale, la philosophie, l’histoire-géo­graphie, la langue vivante l et l’éducation physique et sportive.
La spécialisation de l’élève serait pro­gressive de la seconde à la terminale, avec des volumes horaires amenés à 27 heures de cours hebdomadaires. On passera d’une seconde à peu près inchangée par rapport à l’actuelle à une spécialisation croissante en première et terminale dès 2019. Les horaires seraient de 15 heures de tronc commun en première et 10 heures de spécialisation. Puis, en terminale, 10 heures de tronc commun et 15 heures de spécialisation.
L’organisation des enseignements devrait se faire en semestre. En seconde , le tronc commun devrait alors absorber tout l’horaire au premier semestre pour laisser la place au second semestre aux enseignements choisi par les élèves. La généralisation de cette organisation semestrielle amenant de facto l’annualisation des enseignements et donc du temps de travail des enseignants.
Le principe de quatre épreu­ves au bac en terminale semble retenu, avec deux écrits concernant les deux disciplines de la majeure» choisie par l’élève, un grand oral et une épreuve de philoso­phie. Le deuxième groupe d’épreuves du bac, appelé rattrapage, pourrait être remplacé, dans un souci d’économie, par le seul exa­men du livret scolaire des élèves tangents.

D’après un article du Figaro du 8 janvier.

Les attendus en licence d’histoire ou de géographie : l’apparition des compétences dans le supérieur et au lycée ?

Extrait du document officiel qui recense la liste des compétences que les étudiants devront détenir pour entrer dans une filière universitaire.

« Il est attendu des candidats en licence Mention Histoire :
– de savoir mobiliser des compétences en matière d’expression écrite et orale afin de pouvoir argumenter un raisonnement. Cette mention suppose en effet des qualités dans la compréhension fine de textes de toute nature et de solides capacités d’expression, à l’écrit comme à l’oral, afin de pouvoir analyser, argumenter, construire un raisonnement, synthétiser, produire et traiter des contenus diversifiés.
– De disposer d’un bon niveau dans au moins une langue étrangère (niveau B). Cette mention comporte en effet obligatoirement des enseignements de langues vivantes. La maîtrise d’au moins une langue au niveau baccalauréat est donc indispensable.
– d’être intéressé par la démarche scientifique. Cette mention suppose la capacité à comprendre et produire des raisonnements logiques et argumentés à partir de données et de concepts issus de différentes disciplines.
– de faire preuve de curiosité intellectuelle et plus particulièrement pour les sciences humaines. La licence Histoire a pour objet en effet l’étude et la compréhension du phénomène humain, dans toute sa richesse, sa temporalité, sa spatialité, sa diversité et sa complexité.
– de pouvoir travailler de façon autonome et organiser son travail. Cet attendu marque l’importance, pour la formation, de la capacité du candidat à travailler de façon autonome. Comme beaucoup de formations universitaires, la formation en licence d’histoire laisse en effet une place substantielle à l’organisation et au travail personnel.
– D’avoir un intérêt pour la recherche documentaire. La formation en histoire requiert en effet l’analyse combinée de nombreuses sources historiques qu’il faut pouvoir comprendre et mettre en perspective.
– D’avoir un intérêt pour les questions historiques, politiques, économiques et sociales. L’intérêt pour l’histoire est bien évidemment essentiel. Mais l’histoire ne peut cependant être étudiée indépendamment des réalités politiques, économiques et sociales.« 

Pour la licence de géographie et aménagement, il faut remplacer le dernier point par :
« – Avoir un intérêt pour les questions de société, les problématiques environnementales, l’aménagement et l’occupation des espaces. L’intérêt pour la géographie est bien évidemment essentiel, mais la Licence Géographie et Aménagement impose également, de par sa transdisciplinarité, une curiosité pour l’environnement, l’aménagement des territoires et le lien social qui font appel à des notions relevant du droit, des sciences de la vie et de la terre, de la sociologie et du numérique.« 

Je mets le document en intégralité ci-dessous en ce qui concerne les autres licences :

attenduslicence

Pour voir et étudier le film Au revoir là – haut avec des élèves

Novembre 1919. Deux rescapés des tranchées, l’un dessinateur de génie, l’autre modeste comptable, décident de monter une arnaque aux monuments aux morts. Dans la France des années folles, l’entreprise va se révéler aussi dangereuse que spectaculaire…

J’ai été contacté par l’équipe de Parenthèse Cinéma qui distribue le film Au revoir là-haut dont j’ai déjà parlé ici afin de donner quelques précisions supplémentaires sur ce blog.
Pour information, il est possible pour les associations et les enseignants de mettre en place des projections spéciales du film. Pour cela il leur suffit de prendre contact avec la salle de cinéma de leur choix.
Cette projection pourra se faire au tarif scolaire ou de groupe en vigueur dans cette salle. Toutes les salles de cinéma sont susceptibles d’accueillir ce type de séance spéciale.
Sur www.aurevoirlahaut-lefilm.com vous trouverez un dossier pédagogique contenant un grand nombre de ressources en lien avec les programmes du Collège et du Lycée ainsi que des fiches d’activités transversales Français / Histoire / Arts plastiques / Histoire des arts. Ce dossier est directement utilisable pour étudier le film en classe.
Ci-dessous, deux pages d’entretien avec Albert Dupontel extraite du dossier pédagogique.