Étiquette : Totalitarisme

Comprendre la montée du nazisme

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L’édition française de 1967

Dans Une petite ville nazie,un ouvrage de 1965 réédité en français en 2016, l’historien américain William Allen analyse les mécanismes de la victoire du parti nazi à l’échelle d’une petite ville de Basse-Saxe, Northeim (même si elle est étrangement rebaptisée Thalburg dans le livre). L’approche micro-historique illustre la radicalisation d’une cité on ne peut plus ordinaire dans les années 1920, progressivement mise au pas par les nazis, notamment par l’occupation permanente de son espace public.
Pour écrire son livre, l’historien a adopté une démarche inédite à l’époque en s’appuyant, en plus des archives classiques, sur des entretiens oraux qui permettent à l’auteur de décrire la sociologie de la ville mais aussi ces lieux : on peut ainsi en comprendre la topographie symbolique de la cité. Les nazis maîtrisaient parfaitement l’art du symbole : les mots, finalement, importaient moins que les rituels, les dispositifs et les messages visuels. Les groupes nazis maintenaient une pression ininterrompue sur la ville, n’hésitant pas à organiser des réunions jusque dans les dernières heures précédant les scrutins, pour être sûres d’occuper le terrain. Les nazis dominaient ainsi en permanence l’espace public.
Le parti nazi a atteint ainsi 62 % des 6000 votes de en 1932 à Northeim, un niveau qui ne fut jamais approché à l’échelle de la République allemande. Ce score s’explique aussi en raison de l’originalité de la ville choisie : la part des catholiques y était négligeable, alors que l’Allemagne en comptait à l’époque 30 % ; les fonctionnaires y étaient surreprésentés alors que le parti communiste était presque inexistant. Or la petite bourgeoisie protestante et nationaliste constituait le cœur de cible du national-socialisme.

D’après un article du blog Métropolitiques.

Faut-il s’inquiéter des bonnes ventes de la réédition de Mein Kampf ?

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L’Institut d’histoire contemporaine de Munich a réédité il y a un an Mein Kampf, le livre-programme d’Adolf Hitler, rédigé en 1925 . Une réédition avec 3500 annotations d’universitaires pour contextualiser, critiquer et éviter ainsi que le livre qui a créé le nazisme ne redevienne un outil de propagande.
Depuis janvier 2016, le double volume de 1948 pages (contre 800 pages pour l’édition originale) en est déjà à sa 6e édition et s’est vendu à 85 000 exemplaires.
Selon l’éditeur, les acheteurs sont en majorité des consommateurs intéressés par l’histoire et la politique, ainsi que des professionnels de l’enseignement ou encore des bibliothèques.
Si ces ventes ne peuvent en effet pas trop inquiéter étant donné la difficulté de lecture de l’ouvrage et de son appareil critique, qu’en est-il du fait que l’oeuvre monstrueuse d’Hitler soit passée dans le domaine public et ne soit donc plus soumis au coryright ?
La plupart des législations pénales européennes interdisent purement et simplement la distribution de Mein Kampf en vertu de l’interdiction de la promotion ou l’éloge du parti nazi, ou encore l’utilisation de symboles nazis, ou l’incitation à la haine raciale.

D’après un article du Monde.fr

Une bande dessinée sur les années 30 et la Seconde guerre mondiale

La série Amours fragiles  nous plonge dans la Seconde guerre mondiale. Même s’ils mettent en scène des personnages que nous retrouvons, les différents épisodes ne se contentent pas de suivre une progression chronologique. Chaque album est, en effet, consacré à un des aspects du conflit, choisi par les auteurs.

Le premier, intitulé Le dernier printemps nous projette dans l’Allemagne des années trente. Martin, jeune homme timide et idéaliste, fils unique d’une famille de la petite bourgeoisie, tombe amoureux de sa jolie voisine, la fille d’un médecin spécialiste. Cet amour de jeunesse va déterminer le reste de sa vie. Hitler prend le pouvoir et l’étau commence à se resserrer sur la société allemande. Or, Katarina est juive. Ce qui n’était qu’un détail de sa biographie est en train de devenir une malédiction. Cela fera aussi de Martin un ennemi du régime.

Dans le deuxième album, Un été à Paris , Martin, prétextant une thèse, a fui l’Allemagne et partage la vie de bohême d’un couple d’exilés. Katarina, devenue Catherine travaille dans un journal parisien également. Le vrai sujet, c’est la vie difficile des émigrés anti-nazis dans la France d’avant-guerre : déclassement, misère et tracasseries policières.

Maria, le troisième volume, est consacré aux résistants allemands anti-nazis . On est dans l’esprit de la Rose Blanche. Comme toujours, dans la série, les petits détails de la vie quotidienne sont mêlés aux grands évènements de l’histoire.

Katarina , le quatrième tome, met en scène l’aryanisation des biens juifs en France occupée . L’oncle de Katarina, dirigeant d’une PME, est progressivement chassé de l’entreprise qu’il a créée parce qu’il est Juif. Jusqu’au bout, en « bon Français » désireux de respecter les lois de son pays, il s’accroche à l’illusion que Vichy protègera les « bons Juifs ».

Résistance, cinquième album est consacré, comme son nom l’indique, à la Résistance française . Les personnages des albums précédents s’interrogent sur le sens de leur action, sa valeur militaire réelle.

Il faut attendre le sixième volume d’Amours fragiles, L’Armée indigne , pour être plongé dans la guerre. Mais, comme toujours dans la série, les combats sont lointains. La Wehrmacht reflue sur le front de l’est . Nous sommes en Ukraine. Deux sujets sont surtout abordés : le moral des soldats allemands et la surveillance policière dont ils sont victimes ainsi que les atrocités commises par les Einsatzgruppen alors que l’armée allemande reflue.

Pour en finir, le septième tome, n’apporte pas la conclusion de la saga, malgré son titre. Ce volume nous plonge dans la préparation du complot des officiers , qui cherchent à abattre Hitler.

La série devrait comporter trois autres tomes pour trouver sa conclusion.

Internet en Corée du nord : 28 sites

L’Internet nord-coréen fonctionne comme un intranet fermé avec de faibles ressources.
La Corée du Nord semble avoir récemment ouvert, probablement par accident, l’un de ses serveurs détenant des informations sur les sites internet acceptés et disponibles dans son intranet (noms de domaine terminant en .kp).

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Cette fuite des noms de domaines officiels indique que l’internet nord-coréen, appelé Kwangmyong («étoile brillante» en coréen), ne serait muni que de vingt-huit sites au total.
Matthew Hughes, journaliste à The Next Web, qui a visités ces sites, raconte que beaucoup d’entre eux sont des liens morts, mais qu’il existe un site de recettes de cuisine, un site de ressources éducatives, un site d’actualité sur la science et la technologie, un site de voyages, un site d’université, un site pour les seniors et ce qui semble être un réseau social.
Peu de Nord-Coréens disposent en fait d’un ordinateur (on dénombrerait seulement 1000 asdresses IP dans le pays), et rares sont ceux qui ont un accès à internet hors des universités, des cybercafés ou des bureaux gouvernementaux de Pyongyang, la capitale. La possession d’un ordinateur nécessite une autorisation officielle et la seule marque autorisée est coréenne: il s’agit de Morning Panda, une compagnie publique qui produit seulement une centaine d’ordinateurs par an.
L’intranet nord-coréen est administré par un seul et unique fournisseur d’accès à internet. Seule une douzaine de familles, proches du dictateur, auraient accès à l’internet que nous connaissons. Le réseau mobile, Koryolink, est un réseau 3G qui confine ses utilisateurs à l’intranet fermé du pays et qui empêche toute communication hors des frontières.

D’après un article de Slate.fr

Un film parodique contre le nazisme

Le «Lambeth Walk» était une danse à la mode aux Etats-Unis et au Royaume-Uni à la fin des années 1930, faisant référence à une rue dans un quartier populaire de Londres. Les danseurs faisaient de grandes enjambées d’avant en arrière, tout en ponctuant leur «marche» de grands coups de pieds et de gestes larges.


Voici une illustration de cette danse dans la comédie musicale Me and My Girl, datant de 1939.
En 1940, un membre du ministère britannique de l’Information a créé le film, Lambeth Walk – Nazi Style  en montant des extraits du Triomphe de la volonté, réalisé par Leni Riefenstahl en 1934, afin de donner l’illusion que les soldats nazis et Hitler dansaient le «Lambeth Walk».
Le ministère britannique de l’Information a ensuite proposé le film à des compagnies distributrices de courts-métrages d’actualité, qui ajoutaient leurs propres commentaires.

Cette version de 1942 provient des studios Universal. Ce film parodique a fortement déplu aux nazis d’autant qu’un membre du parti avait dénoncé en 1939 la danse qui faisait fureur à Berlin, la qualifiant de «sottise juive [faite de] petits sauts bestiaux».

D’après un article de Slate.fr