Étiquette : Totalitarisme

Un camp de concentration en 2021

Condamné à deux ans et huit mois de prison pour avoir, durant la période de convalescence consécutive à son empoisonnement, violé les conditions d’un contrôle judiciaire hérité d’une condamnation précédente, l’opposant à Vladimir Poutine Alexeï Navalny est incarcéré dans la « colonie de redressement numéro 2 », dans la région de Vladimir, à une centaine de kilomètres de Moscou.
C’est une prison où le contrôle de l’administration est total, à la différence de prisons dites « noires », où les détenus eux-mêmes se voient déléguer la charge de maintenir l’ordre.
Plusieurs témoignages racontent un rituel du tabassage à l’arrivée dans la prison. En août 2018, 800 détenus de la colonie de redressement numéro 2 ont mené une grève de la faim pour protester contre les mauvais traitements et les tortures, très répandus dans le système carcéral russe.
Les prisonniers « politiques » comme Alexeï Navalny ont droit à une surveillance de tous les instants. Les détenus, en uniformes et le crâne rasé, vivent dans des dortoirs de 60 lits minimum. Les détenus doivent garder en permanence les mains dans le dos et le regard vers le sol, demander l’autorisation pour se gratter ou aller aux toilettes. Les autres prisonniers ont interdiction de parler aux politiques et doivent dénoncer leurs infractions au réglement. Les prisonniers sont maintenus dans un état d’activité permanente, forcés de faire et de défaire leur lit, de plier et de déplier leurs habits, de crier leur nom et la nature de leur condamnation. Une partie importante de la journée – quatre à cinq heures – doit être passée devant la télévision d’Etat. Les détenus ont interdiction de ne pas regarder l’écran ou de fermer les yeux.
Considéré comme présentant un risque d’évasion, l’opposant est par ailleurs réveillé toutes les heures par un gardien qui doit s’assurer de sa présence de manière sonore.

D’après un article du Monde.fr

La rééducation des enfants Ouïgours en Chine

Une étude allemande, s’appuyant sur des documents officiels chinois, expose un vaste système visant à prendre en charge les enfants Ouïgours dont les parents sont détenus et à leur inculquer une éducation patriotique en mandarin. Parallèlement à la construction de camps d’internement, où seraient enfermés environ un million de Ouïgours – minorité turcophone sunnite –, ainsi que des membres d’autres minorités musulmanes de l’extrême Ouest chinois, des centaines de « centres de secours », orphelinats et pensionnats ont été construits ou agrandis depuis 2017.
La Chine défend cette politique au Xinjiang en affirmant que la région autonome était régulièrement le théâtre d’attaques perpétrées par des groupes séparatistes ou extrémistes religieux. Mais le but de cette politique dépasse la lutte contre l’extrémisme religieux, puisque environ 10 % de la population ouïgoure du Xinjiang serait internée, selon les estimations d’associations de défense des droits humains et de chercheurs.
Après avoir nié l’existence des camps, la Chine la Chine les a reconnu et parle désormais de « centres d’apprentissage par le travail » pour détenus « radicalisés ». L’existence de camps pour enfants a déjà été évoquée par les médias, notamment l’agence Associated Press, mais la nouvelle enquête, publiée le 4 juillet dans le Journal of political Risk, apporte des preuves de l’ampleur du programme.
On y apprend que l’Etat chinois a construit de manière accélérée un système d’assistance vaste et sur de multiples niveaux pour s’occuper des enfants à plein-temps. La construction de bâtiments éducatifs ultrasécurisés apparaissant nettement au fil des appels d’offres.
Ainsi, dans une petite commune où la majorité de la population est ouïgoure, 400 enfants doivent être pris en charge parce que leurs deux parents sont enfermés dans des camps alors que des centaines d’autres ont au moins un parent interné. Les chiffres sont issus de décomptes officiels permettant aux autorités locales d’obtenir des subventions en fonction du nombre d’enfants à gérer. Dans un reportage du quotidien nationaliste Global Times du 21 octobre 2018, la propagande célèbre les bienfaits de ces mesures de séparation pour les enfants, décrits comme mal élevés par leurs parents « extrémistes ». Ils n’ont pas de « bonnes habitudes de vie », sont « négligés par leurs parents », et ont une mauvaise image des non- musulmans. Au contraire, les pensionnats des écoles maternelles ou primaires, grâce à leur environnement propre et à leurs slogans positifs, permettent aux enfants de développer « naturellement » de bonnes manières : de l’hygiène (lavage du visage et des dents) à la personnalité, puisque les jeunes deviendraient « plus ouverts ». Mais des témoignages de Chinois viennent contredirent cette propagande et pointe au contraire les mauvis traitements dont sont victimes ces enfants.

D’après un article du journal Le Monde du 12 juillet.