Catégorie : Il était une fois un soldat de la première guerre mondiale

Internet et la recherche en histoire

J’ai été contacté par mail, il y a quelques jours, par une personne liée à la famille Vougnon, dont j’ai parlé ici. J’avais en effet récupéré un lot de lettres, écrites entre 1914 et 1918, entre trois frères, Jules, Alphonse et Louis et surtout entre Jules et sa femme Marie. Les lettres mentionnaient également un autre frère, Edmond, tué dès 1915, dont j’avais pu retrouver ensuite l’acte de mariage. La personne qui m’a contactée est en lien avec les descendants d’Edmond Vougnon et elle m’a proposé de me communiquer des documents le concernant.
J’ai ainsi appris qu’il était dans le 174e régiment d’infanterie, dans la 11e compagnie. Il a fait son service militaire en 1903 dans le 149e régiment d’infanterie. Il a été décoré à titre posthume de la Croix de guerre avec étoile de bronze le 10 novembre 1926.
Je suis dans l’attente d’autres documents ainsi que de l’autorisation de les publier ici pour continuer le travail sur ces soldats de la Première guerre mondiale et leurs familles.

 

Scène de la vie des poilus

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Une tranchée

Certaines photos de mon album illustrent la vie des soldats en général. En voici quelques unes.

–  des scènes de « combat » :

–  Des scènes de la vie quotidienne :

A propos de la vie quotidienne, deux photographies évoquent un progrès en 1917, avec des douches et un appareil pour désinfecter les vêtements, offerts par les Américains.

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On trouve aussi une photo montrant des tirailleurs observant l’ascension d’un ballon :

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La destruction du ballon de la 87e compagnie d’aérostation le 21 août 1917

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Le mécanicien aérostier de la 87e compagnie a photographié la chute d’un ballon le 21 août 1917 suite à l’attaque d’un avion allemand. L’incident a été relaté dans le journal des marches et opérations.

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Le site d’activité de la compagnie en août 1917

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Le compte rendu de l’attaque et de la perte du ballon

Il est possible que la photo ci-dessous montre la réception de l’observateur après son saut en parachute.

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EDIT : un membre du forum 14-18 m’a indiqué que l’aviateur allemand ayant abattu le ballon était probablement le lieutenant Franz Brandt, dont c’était la seconde victoire sur dix. Il pilotait ce type d’appareil.

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Les aérostiers durant la première guerre mondiale

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Le soldat photographe porte l’insigne des mécaniciens aérostiers

L’auteur des photographies de l’album que j’ai acheté ce matin lors d’une foire à tout était aérostier de la 87e compagnie en 1916 – 1917.
La plupart des compagnies d’aérostation avaient été supprimées en 1913 et la France ne disposait que ballons cubant 900 m3 dits “normaux” gréés en ballons libres et affectés aux places fortes ou des ballons de siège, cubant 750 m3 et avec une suspension captive.
Ces ballons servirent dans les premiers mois de la guerre pour l’observation.

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Photographie prise depuis un ballon d’observation dont on voit l’ombre sur le sol

Le personnel s’occupant de ces ballons est peu nombreux : de seize à vingt hommes, officiers et sous-officiers (un lieutenant, un adjudant ou un sergent, un caporal et des chefs d’équipes), était formé de spécialistes qui étaient des ouvriers de métier dans le civil comme mécanicien ajusteur, tailleur, menuisier, cordier ou photographe. L’effectif d’une compagnie était à ce moment de 60 à 70 hommes.
Au debut les compagnies ne disposaient que de voitures hippomobiles et de treuils à vapeur munis de câbles de 12m/m, en 10 torons, et faisant 1 000 mètres de longueur auquel était rattachée une voiture dite “fourgon” qu’on utilisait pour les franchissements; une voiture photographique; des voitures à tubes et parfois un train de camions
La 30ème du commandant Saconney et la 39 ème, du capitaine Chollet, furent les deux seules compagnies avec des treuils automobiles.
En août 1915, fut mis en place un élément spécialement conçu pour l’aérostation : le train de combat avec la création de dix nouvelles compagnies automobiles comprenant matériel ballon et matériel cerfs-volants.
Les compagnies d’aérostation étaient numérotées de 1 à 94 :
– les compagnies, de 1 à 24 avec treuils à vapeur;
– les compagnies de 25 à 44, avec treuil Caquot Latil dites compagnies Caquot ;
– les compagnies de 45 à 54, avec treuils Saconney Delahaye, compagnies mixtes (ballons et cerfs-volants);
– les compagnies de 55 à 94 avec treuil Caquot Latil dites compagnies Caquot.

Les treuils à vapeur disparurent peu à peu pour faire place aux treuils Caquot, montés sur tracteur Latil. Le treuil est entrainé par un moteur Panhard à essence, placé sur un châssis de camion. Ce treuil est amélioré par le commandant Saconney, qui le monte sur un châssis Delahaye (60 CV) en 1915 Il possède deux câbles, un câble pour l’ascension du ballon (5 mm) et un câble de 2.000 mètres pour cerf-volant d’un diamètre de 2 mm.. Le treuil automobile Saconney comporte un seul moteur qui sert soit au déplacement de l’appareil soit à la manoeuvre des câbles en acier .

A compter de 1917, le tracteur devint un Latil de 70 CV avec treuil Caquot. Le ballon pouvait ainsi regagner le sol à la vitesse de 6 m/s.
L’effectif des compagnies fut porté, à ce moment, à 140 voire 150 hommes
Chaque compagnie automobile disposait d’un petit poste de mesure de vitesse du vent et de quelques ballons sondes en caoutchouc. Elles disposaient d’une voiture remorque cerf-volant et de voitures tubes permettant le gonflement d’un ballon sans décharger les tubes d’hydrogène.

En 1916, chaque compagnie se vit doter des parachutes pour observateurs, d’une cuisine roulante, de mitrailleuses, d’un camion atelier avec tente auvent et d’une tente carrée dite “tente d’aérostiers”, destinée à constituer le poste de garde qui, jusque-là, consistait en des tentes ou des abris de fortune.
Mi 1917, toutes les compagnies furent dotées d’un second treuil et vers la fin de la même année on adopta un tracteur dit “tender” qui fut en usage dans presque toutes les compagnies en 1918.

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Démonstration de mitrailleuses sous l’oeil des américains

Au début de cette même année on augmenta aussi le nombre des mitrailleuses (7 à 8) dans chaque compagnie, en raison des attaques fréquentes des ballons par les avions ennemis.

Article réalisé à l’aide de cette page.

Origines géographiques des soldats français morts durant la Première guerre mondiale

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Le premier travail a été de dénombrer les « morts pour la France » (ce qui exclut les fusillés et les suicidés), grâce aux 1 187 143 fiches de décès de la base « Mémoire des hommes ».
Afin de pouvoir établir des comparaisons pertinentes entre les régions, les chercheurs ont reconstitué, à partir des données du recensement de 1911, pour chaque région, les catégories socio-professionnelles et les données de nationalité, de taux d’activité ainsi que le nombre de mobilisables (les hommes de nationalité française entre 19 et 27 ans), auquel a été ajouté une estimation du nombre d’engagés volontaires.
En comparant les pertes à la population masculine, région par région, les chercheurs ont confirmé qu’elles étaient globalement proportionnelles à la démographie, faisant du Limousin la région la plus touchée selon ce critère.
Pourtant, cinq régions s’écartent des projections s’appuyant sur les caractéristiques démographiques : les Pays de la Loire, la Bretagne et l’Aquitaine ont été proportionnellement plus touchées. La Franche-Comté et la région Provence-Alpes – Côte d’Azur ont, au contraire, compté moins de « morts pour la France » que la structure de leur population ne pouvait le laisser attendre.
La modélisation des données permet de faire émerger des variables interprétables comme le souhait du gouvernement de préserver les régions industrielles en vue d’un effort de guerre soutenu ou l’engagement en priorité les départements proches du front, dans un souci d’économie des transports.
Sur le plan social, les petits patrons et les indépendants ont proportionnellement été moins affectés que les ouvriers ; surtout, les régions rurales ou à fort taux de chômage ont été plus touchées que les régions industrielles ou celles dont le taux de chômage était bas. Les régions distantes du front, en particulier les régions frontalières ou côtières, ont été proportionnellement moins touchées.
Ainsi, il devient visible que les Pays de la Loire ont été désavantagés par leur forte ruralité ; la Bretagne a été pénalisée par sa forte ruralité et son taux de chômage élevé alors que la Franche-Comté a bénéficié de l’effet « frontière » et de la volonté générale de protéger le tissu industriel.
Finalement, la recherche a permis de mettre en évidence l’existence de différences systématiques entre régions. La mobilisation de variables démographiques (densité et jeunesse du département), socio-économiques et spatiales a permis d’affiner l’explication de ces différences. Il y a bien eu inégalité devant la mort.
La mort de masse a bien touché les régions françaises de façon différenciée mais non pour des raisons identitaires ou géographiques. C’est la nature même du conflit qui a amené les populations rurales à fournir l’essentiel des combattants d’infanterie dont les pertes furent très élevées. Les autorités semblent avoir privilégié l’effort industriel de guerre au détriment d’une main-d’œuvre jugée, par ses caractéristiques économiques et sociales, moins « utile » à la production, et donc davantage exposée au front sur l’autel de l’« utilité » collective de l’effort.

D’après un article du Monde.fr

Une aventure éditoriale passionnante

Pages de 2014-08-23

Vous trouverez ici, sur le site http://www.courant-alternatif.com, une correspondance entre Louise et Armand, un couple d’agriculteurs de Salles entre 1914 et 1918. Les lettres sont publiées en temps réel, c’est-à-dire en suivant le rythme avec lequel elles ont été écrites, il y a cent ans.
Louise Villetorte, née à Salles, avait 29 ans en 1914. Armand Mano était originaire du Barp et avait 33 ans en 1914.Ils s’étaient mariés en 1906 à Salles. Après leur mariage, Armand, qui avait appris le métier de charpentier vint habiter à Salles où ses beaux-parents exploitaient avec Louise une petite ferme familiale. Le couple avait une fille, Armande, âgée de 6 ans en 1914.
Le site vous propose la transcription de la correspondance entre les époux et quelques membres de leurs familles, agrémentée de documents d’époque et d’explications sur le contenu des lettres.Pour chaque transcription, vous avez accès à une copie numérique du document original.
Il s’agit d’un travail d’édition et de recherche historique tout à fait intéressant.
C’est exactement de style de travail que je voudrais mené avec mes classes de troisièmes pour les différentes correspondances de soldats en ma possession.