Étiquette : Les débuts de l’Islam

Excursion sur les routes caravanières du Sahara

Installée au Maroc, la Britannique Alice Morrison se lance dans cette série de deux  documentaires à l’assaut des anciennes routes caravanières du Sahara, empruntées pendant des siècles par les marchands de sel, d’or, d’ivoire et d’esclaves. Commençant son périple à Tanger, l’exploratrice rejoint Sijilmassa en passant par Fès, Marrakech et les monts de l’Atlas. Elle découvre la vallée des casbahs, forteresses où les commerçants se reposaient en toute sécurité, passe la nuit dans un ancien caravansérail et rencontre des nomades berbères. C’est pour elle l’occasion d’évoquer les textes d’écrivains voyageurs ayant parcouru les mêmes routes, comme Ibn Khaldoun ou René Caillié.
Dans ce second épisode, elle entreprend la traversée des dunes en compagnie de l’une des rares guides femmes du Maroc. À Tamegroute, elle visite une école coranique qui abrite une bibliothèque constituée de plus de quatre mille manuscrits anciens, dont certains vieux de neuf siècles. Puis, elle met le cap sur le marché aux chameaux de Guelmim, dernière étape avant Tombouctou, située au sommet de la boucle du fleuve Niger.

Ces épisodes sont à voir quelques jours encore sur le replay d’Arte.

Début du pèlerinage à La Mecque

Deux millions de pèlerins sont attendus à La Mecque, le premier lieu saint de l’islam, dans l’ouest de l’Arabie saoudite, à partir de mercredi 30 août. Tous les musulmans qui en ont les moyens sont tenus d’effectuer, au moins une fois dans leur vie, ce voyage, qui est l’un des cinq piliers de l’islam.

De la lecture pour cet été

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J’ai reçu ces deux trilogies de la part des Editions J’ai lu.

Les trois tomes de la Cour des Dames mettent en scène la vie de la cour de France de François 1er puis de Henri II, et plus particulièrement l’influence des femmes sur la politique des rois. Connaissant leur auteur, ces livres sont extrêmement détaillés d’un point de vu historique même si il a pris le parti de se focaliser sur certains évènements précis des différents règnes, ce qui occasionne de nombreuses ellipses dans ses romans.
De plus, une série de notes accompagnent les textes pour appuyer la réalité historique des évènements.

La série des femmes de l’Islam n’est pas un coup d’essai pour Marek Halter, déjà auteur d’une trilogie de La bible au féminin. A travers ces trois figures de femme sur lesquelles Mahomet s’est appuyé au fil de sa vie, il dessine aussi trois rôles : Khadija l’amoureuse, Fatima la guerrière et Aïcha la confidente.Si le travail du romancier a reposé sur de longues recherches, ces livres n’en sont pas moins des romans avec leur lot d’intrigues, de complots, de trahisons et d’ histoires d’amour.

Une découverte archéologique attestant de la présence des musulmans sur le territoire français au VIIe siècle

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Les trois tombes découvertes (© Patrice Pliskine, Inrap)

Des chercheurs de l’INRAP ont mis au jour trois sépultures musulmanes à Nîmes. La découverte a eu lieu au cours d’un chantier de fouilles  précédant la construction d’un parking souterrain, en 2006-2007.
Ces tombes ont été datées entre les VIIe et IXe siècles, il s’agit donc des plus anciennes sépultures musulmanes découvertes en France. Elle font partie d’un groupe de vingt sépultures découvertes, dont les dates s’étalent du VIIe au XVIe siècles.
Ces trois sépultures se distinguaient des autres par la position des corps, déposés sur le côté droit et le visage orienté vers le sud-est, vers la Mecque. Dans deux sépultures, la forme du creusement des fosses présente un surcreusement latéral qui  évoque un dispositif de la tradition musulmane.
L’origine des trois individus a pu être déterminée par des analyses paléo -génétiques : ils seraient nord-africains par leur lignée paternelle. Il pourrait alors s’agir de soldats berbères, enrôlés dans l’armée omeyyade pendant l’expansion arabe en Afrique du Nord.
Si la présence musulmane en Espagne au VIIe siècle est attestée par de nombreuses traces archéologiques, on ne disposait pas de preuves matérielles de leur présence en France à cette époque-là (il y a par contre des tombes musulmanes du XIIe siècle à Marseille et à Montpellier). Ces sépultures recoupent en cela une source historique, la Chronique de Moissac qui attestent de la présence musulmane à Nîmes dès 720.
Mais la découverte de ces sépultures soulève aussi la question de l’existence d’une communauté musulmane. Ces trois hommes ont en effet été enterrés par d’autres qui connaissaient parfaitement le rite musulman, ce qui signifie qu’il y avait au moins un petit groupe, qui est resté quelques années à Nîmes, puisque certains y sont morts et que d’autres étaient là pour les enterrer.
La place des tombes, retrouvées à l’intérieur de la ville antique, près d’un chemin médiéval et à une dizaine de mètres de tombes chrétiennes tendrait à montrer qu’un rapport de cohabitation a pu s’instaurer entre les arabes musulmans et la population locale au VIIe siècle

D’après un article du site de ‘INRAP

Jésus et Mahomet

Arte va proposer en décembre (les 8 et 9) une série documentaire sur les origines de l’Islam et sur l’influence de la figure de Jésus dans la pensée de Mahomet. Certains épisodes (le quatrième notamment) pourra sans doute être utilisé en cinquième.Les réalisateurs du documentaire sont aussi les auteurs du livre Jésus selon Mahomet.

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Pour l’athée que je suis, Mahomet était probablement un commerçant qui a sillonné l’Arabie où se trouvait des communautés juives et chrétiennes et, du même coup, découverts les textes monothéistes dans pour ensuite les traduire et les interpréter.

 

La Méditerranée vue par les musulmans au Moyen – Age

 

Au Moyen – Age, les musulmans contrôlaient un vaste territoire qu’ils sillonnaient grâce à l’Océan Indien et à la Mer Méditerranée. L’islam était une religion tolérante et qui poussait les croyants à réfléchir et à se cultiver.  Associée à l’attrait du commerce, cette soif de connaissance a donné naissance à de nombreux livres de géographie et à de nombreuses cartes.

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Carte de la Méditerranée issue du livre 2, Chapitre 10 du Kitāb Gharā’ib al-funūn wa-mula’ al-‘uyūn ou Livre des curiosités des sciences et des merveilles pour les yeux, ouvrage anonyme compilé en Egypte durant la première moitié du 11e. Les cercles représentent les îles de la Méditerranée et les points rouges les ports.

« La mer de Roum (Méditerranée) baigne Tarsous, Adanah, Massissah, Antioche, Latakieh, Tripoli, Saida, Sour (Tyr) et d’autres villes de la côte de Syrie, l’Egypte, Alexandrie et la côte du Maghreb. Plusieurs auteurs des Tables, dans leurs ouvrages astronomiques, comme Mohammed fils de Djabir el-Boutani et d’autres, disent que la longueur de cette mer est de cinq mille milles, et que sa largeur varie de huit cents à sept cents et même à six cents milles et moins, selon que la mer est resserrée par le continent ou le continent resserré par la mer. Cette mer commence par un bras qui se détache de l’Océan, et dont la partie la plus étroite est située entre la côte de Tanger et de Ceuta, dans le Maghreb, et la côte d’Espagne. Cet endroit, connu sous le nom de Syta, n’a qu’une largeur d’environ dix milles, qu’il faut traverser pour aller du Maghreb en Espagne et d’Espagne au Maghreb. On le nomme ez-Zokak « le détroit ». Dans la suite de cet ouvrage (quand nous traiterons de l’Egypte) nous parlerons du pont qui reliait les deux côtes d’Europe et d’Afrique, et nous dirons comment il fut submergé. Nous ferons aussi mention du passage qui existe entre l’île de Chypre et le territoire d’el-Arich, et qui était fréquenté par les caravanes.
Au point de jonction de la mer de Roum et de l’Océan se trouvent les phares de cuivre et de pierre bâtis par Hercule le héros ; ils sont couverts de caractères et surmontés de statues qui semblent dire du geste : « Il n’y a ni roule ni voie derrière nous, pour ceux qui, de la mer de Roum, voudraient entrer dans l’Océan. » En effet, aucun navire ne le parcourt ; on n’y trouve pas de terre cultivée et habitée par des êtres raisonnables ; on n’en connaît ni l’étendue ni la fin ; on ignore le but où elle conduit, et on la nomme mer des Ténèbres, mer Verte ou mer Environnante. On a soutenu que ces phares ne s’élevaient pas sur ce détroit, mais sur des îles de la mer Environnante situées près de la côte. C’est une opinion assez généralement répandue, que cette mer est la source de toutes les autres mers. On en raconte des choses merveilleuses, que nous avons rapportées dans notre ouvrage intitulé, lesAnnales historiques, en parlant de ce qu’ont vu les hommes qui y ont pénétré au risque de leur vie, et dont les uns sont revenus sains et saufs, tandis que les autres ont péri. Ainsi un habitant de l’Espagne nommé Khachkhach, et natif de Cordoue, réunit une troupe déjeunes gens, ses compatriotes, et voyagea avec eux sur l’Océan dans des embarcations qu’il avait équipées. Après une absence assez longue, ils revinrent tous chargés de butin. Au surplus cette histoire est connue de tous les Espagnols.
Entre l’endroit où ce phare est établi et le point où commencent les deux mers, la distance est longue, tant qu’on reste dans ce détroit et qu’on est sous l’influence de son courant, parce que l’eau qui passe de l’Océan à la mer de Roum a un courant sensible et un mouvement considérable.
De la mer de Roum, de Syrie et d’Egypte se détache un canal d’environ cinq cents milles, qui va rejoindre la ville de Rome, et s’appelle dans la langue du pays Adras (Adriatique).
Dans la mer de Roum il y a beaucoup d’îles, comme celle de Chypre, entre la côte de Syrie et celle de Roum, Rhodes en face d’Alexandrie, l’île de Crète et la Sicile. Nous parlerons de cette dernière lorsque nous traiterons de la montagne el-Borkan (l’Etna), qui lance des feux accompagnés de corps et de matières considérables.
Iakoub, fils d’Ishak el-Rendi, el Ahmed, fils de Taib es-Sarakhsi, ne s’accordent pas avec ce que nous avons dit quand ils décrivent la longueur et la largeur de cette mer. Au surplus, nous en parlerons ci-dessous dans cet ouvrage, et nous en donnerons une description d’après l’ordre et la disposition de ce livre. »

Description de la mer Méditerranée par le géographe abbasside al-Mas’ûdî (9eme siècle) extrait du kitab Murūj adh-dhahab wa-ma’ādin al-jawhar .

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Carte dressée d’après le livre d’Al-Idrisi, le Kitâb Nuzhat al Mushtâq ou « Livre de divertissement pour celui qui désire parcourir le monde », 1154.

 

Muhammad al-Idrisi était un géographe arabe musulman qui vécut en Sicile, à la cour du roi Roger II. Il naquit en l’an 493 de l’Hégire (1100), au Maroc, et mourut en l’an 559 de l’Hégire (1166) en Sicile. Il réalisa un planisphère sur une plaque d’argent pour le roi et écrivit son livre pour le commenter. Pour réaliser cet ouvrage de géographie, al-Idrisi s’est appuyé sur la Géographie du Grec Ptolémée, l’ouvrage en latin du chrétien Orose et ceux venant de la tradition islamique. Mais il s’est aussi appuyé sur ses propres voyages et sur les observations qu’il obtenait d’autres voyageurs, interrogeant les équipages des navires touchant les ports du royaume sicilien.