Étiquette : Littérature

Quatre émissions sur Gracq

Merci à Rolande et Jean – Pierre de m’avoir signalé ces quatre émissions de La compagnie des auteurs, sur France Culture.

Une conférence sur Louis Poirier et Julien Gracq

Grâce à mon amie Barbara, j’ai pu me rendre hier soir à l’Hôtel des Sociétés Savantes de Rouen pour écouter Jean – Louis Tissier parler du géographe Louis Poirier et de l’écrivain Julien Gracq. Lors de cette conférence, un membre de la société a lu magnifiquement des extraits choisis de l’oeuvre de Gracq.

Si la mise à disposition de cette conférence et les photos présentées posent problème, il suffit de me le signaler et je les supprimerai.

Mort de l’éditeur Jean-Claude Lattès

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Fondateur de la maison d’édition qui porte toujours son nom, Jean-Claude Lattès est mort ce samedi 27 janvier.
Né à Nice en 1941, Jean-Claude Lattès se définissait comme un passeur. D’informations, d’abord puisqu’après après ses études à l’Ecole supérieure de commerce, il devint journaliste au service culture de Combat.
De livres, ensuite, évidemment : en 1965, il entra aux éditions Robert Laffont et trois ans plus tard,  il fonda, avec Jacques Lanzmann, Les Editions spéciales, dont la première publication fut Ce n’est qu’un début, de Philippe Labro, consacré aux événements du mois de mai.
Après des débuts difficiles, la maison qui avait été rebaptisée Jean-Claude Lattès prit la décision de rééditer tous les livres de la série Tarzan, de l’écrivain américain Edgar Rice Burroughs, ce qui sauva l’entreprise, selon  l’éditeur lui-même.
Les années suivantes virent arriver le succès avec  la publication d’Un sac de billes de Joseph Joffo (1973), l’arrivée d’auteurs tels Amin Maalouf ou Jean d’Ormesson. Jean-Claude Lattès publia aussi l’écrivain égyptien Naguib Mahfouz, qui obtint en 1988 le prix Nobel de littérature.
En 1981, Jean-Luc Lagardère, qui venait de reprendre Hachette, lui proposa de racheter sa maison en lui offrant la direction du département livres de tout le groupe. Jean-Claude Lattès accepta et en fit le troisième groupe d’édition au monde.
Mais en 1991, âgé de 50 ans, il quitta le milieu de l’édition pour se consacrer à l’écriture de romans historiques d’abord en collaboration ( Le Seul Amant et Marguerite et les enragés avec Eric Deschodt) puis seul  (Le Dernier Roi des juifs paru en 2012).

D’après un article du Monde.fr

Un documentaire sur l’URSS

Il s’agit en fait de l’histoire de l’écrivain Vassili Grossman, et de son roman Vie et destin, l’une des charges les plus violentes jamais portées contre le régime stalinien. C’est l’histoire d’un manuscrit « arrêté » en octobre 1961, au petit matin, et enfermé dans les sous-sols de la Loubianka, le siège du KGB. Sauvé de la disparition grâce au courage d’un réseau de dissidents, notamment le physicien Andreï Sakharov et l’écrivain Vladimir Voïnovitch, Vie et destin ne paraît en France qu’en 1983.
Construit à l’image de Guerre et paix de Tolstoï, Vie et destin retrace le destin d’une famille pendant la Seconde Guerre mondiale. C’est une grande épopée peuplée de héros ordinaires et de tyrans, de personnages historiques et d’anonymes. Grossman, qui fut longtemps un écrivain au service de la construction de l’homme soviétique, témoigne dans ce roman des heures sombres du stalinisme, marquées par la dékoulakisation ou les grandes purges de 1937. Il expose les rouages de la machine totalitaire et dénonce la perversion de l’idéal révolutionnaire de 1917. En établissant un parallèle entre nazisme et stalinisme, Grossman va plus loin qu’aucun autre écrivain soviétique avant lui.

C’est à  voir quelques jours encore sur le replay d’Arte.

 

Ursula K. Le Guin a rejoint l’Ultime rivage

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L’écrivaine américaine Ursula K. Le Guin est morte, ce lundi 22 janvier à l’âge de 88 ans.
Elle s’était très tôt intéressée à l’écriture de récit de science-fiction avant de délaisser le genre à l’adolescence, estimant qu’il était trop masculin et stéréotypé.Elle y est revenue dans les années 1960 en publiant La main gauche de la nuit qui la rendra célèbre.
Auteur prolifique, elle a publié de nombreux recueils de nouvelles et de poésie ainsi que plusieurs livres pour enfants. Mais ce sont surtout ses ouvrages de Science fiction et de Fantasy qui lui ont valu la renommée.

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Le monde de Terremer

Elle a ainsi écrit le cycle de Terremer, l’une d’une plus belle série de récits de Fantasy qu’il m’a été donné de lire, au moins pour les trois premiers volumes.

Le pouvoir de la lecture selon Paul Auster

« Puis il eut quinze ans et lors du dîner d’anniversaire qui eut lieu en son honneur à la Waverly Inn de Manhattan, dîner auquel participaient ses parents, ses grands-parents, tante Mildred, oncle Don et Noah, Ferguson se vit offrir un cadeau par chaque membre de sa famille, un chèque de cent dollars de la part de sa mère et de son père, un autre chèque de cent dollars de la part de sa grand-mère et de son grand-père et trois paquets différents de la part de la branche Marx, un coffret des derniers quatuors pour cordes de Beethoven de la part de tante Mildred, un livre de la part de Noah, intitulé Les Blagues les plus drôles du monde, et quatre livres de poche d’auteurs russes du XIXe siècle de la part d’oncle Don, des œuvres que Ferguson connaissait de réputation mais qu’il ne s’était pas encore donné la peine de lire : Pères et fils de Tourgueniev, Les Âmes mortes de Gogol, trois nouvelles de Tolstoï (Maître et Serviteur, La Sonate à Kreutzer, La Mort d’Ivan Illitch) et Crime et Châtiment de Dostoïevski. Ce fut ce quatrième titre qui mit un terme aux vagues rêves de Ferguson de devenir le nouveau Clarence Darrow, car la lecture de Crime et Châtiment le transforma.
Crime et Châtiment fut l’éclair tombé du ciel qui le fracassa en mille morceaux et quand il parvint à s’en remettre, il ne subsistait plus chez Ferguson le moindre doute quant à son avenir. Si un livre pouvait être cela, si c’était cela l’effet qu’un roman pouvait provoquer dans le cœur, l’esprit et la vision la plus intime qu’on pouvait avoir du monde, alors écrire des romans était certainement la meilleure chose qu’on puisse faire dans la vie, car Dostoïevski lui avait montré que les histoires imaginaires pouvaient aller bien au-delà du plaisir et du divertissement, qu’elles pouvaient vous retourner complètement, vous arracher le sommet du crâne, vous ébouillanter, vous frigorifier, vous déshabiller et vous jeter dehors nu, en proie aux vents violents de l’univers, et à compter de ce jour, après s’être débattu dans tous les sens pendant son enfance, perdu dans les miasmes toujours plus épais de la perplexité, Ferguson, enfin, savait où il allait ou du moins savait où il voulait aller et pas une seule fois au cours des années suivantes il ne revint sur sa décision, pas même pendant les années les plus dures quand il avait l’impression d’être au bord du précipice. Il n’avait que quinze ans mais il venait déjà d’épouser une idée, pour le meilleur et pour le pire, dans la richesse et la misère, dans la maladie et la bonne santé, et le jeune Ferguson avait bien l’intention de rester fidèle à cet engagement jusqu’à la fin de ses jours. »

Extrait du roman 4321.