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Un documentaire sur l’URSS

Il s’agit en fait de l’histoire de l’écrivain Vassili Grossman, et de son roman Vie et destin, l’une des charges les plus violentes jamais portées contre le régime stalinien. C’est l’histoire d’un manuscrit « arrêté » en octobre 1961, au petit matin, et enfermé dans les sous-sols de la Loubianka, le siège du KGB. Sauvé de la disparition grâce au courage d’un réseau de dissidents, notamment le physicien Andreï Sakharov et l’écrivain Vladimir Voïnovitch, Vie et destin ne paraît en France qu’en 1983.
Construit à l’image de Guerre et paix de Tolstoï, Vie et destin retrace le destin d’une famille pendant la Seconde Guerre mondiale. C’est une grande épopée peuplée de héros ordinaires et de tyrans, de personnages historiques et d’anonymes. Grossman, qui fut longtemps un écrivain au service de la construction de l’homme soviétique, témoigne dans ce roman des heures sombres du stalinisme, marquées par la dékoulakisation ou les grandes purges de 1937. Il expose les rouages de la machine totalitaire et dénonce la perversion de l’idéal révolutionnaire de 1917. En établissant un parallèle entre nazisme et stalinisme, Grossman va plus loin qu’aucun autre écrivain soviétique avant lui.

C’est à  voir quelques jours encore sur le replay d’Arte.

 

Un essai intéressant sur les début de l’URSS

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Dans son livre, Yuri Slezkine, professeur à l’université californienne de Berkeley, raconte la vie d’un groupe d’apparatchiks que les Bolcheviques, à la suite de la Révolution d’Octobre, avaient installé dans un nouvel immeuble résidentiel, le plus beau et le plus grand d’Europe à l’époque, face au Kremlin.
On y trouvait les petites mains de Staline, des fonctionnaires et dirigeants du parti qui contribuaient à la mise en oeuvre de la politique choisie par celui-ci.
Tout leur parcours est retracé dans le livre. La plupart furent persécutés par la police du Tsar avant 1914. Tous se sont ralliés à Lénine et l’ont suivi dans sa lente conquête du pouvoir après 1905: ils ont été des rouages essentiels de la machine de guerre bolchevique entre 1917 et 1921 lors de la guerre civile. Pour les récompenser, et aussi pour les contrôler, ils furent donc installés au plus près du pouvoir, face au Kremlin à Moscou, dans la moderne «Maison du Gouvernement». La Maison sur le Quai ou Maison du Gouvernement a été bâti en 1931 par l’architecte Boris Iofane et était équipée d’installations inédites à cette époque: eau chaude, téléphones, cuisine, blanchisserie, jardin d’enfants, cinéma.
Les sources privées dont a bénéficié le chercheur comme des journaux intimes et des correspondances, lui permettent de faire revivre le quotidien de tous les habitants.
Déconnectés des réalités vécues par la majorité des habitants de l’URSS. Collectivisation forcée des terres, nationalisation de l’industrie, plans quinquennaux: autant de mots qu’ils manipulaient dans le cadre de leurs fonctions politiques, mais qui ne les touchaient absolument pas dans leur quotidien. Ils n’eurent pasà subir les conséquences parfois désastreuses de ces mesures. En pleine collectivisation des terres, les populations rurales, en particulier en Ukraine, souffrirent de la famine qui provoqua plusieurs millions de morts. Mais pendant ce temps, les apparatchiks de la Maison du Gouvernement faisaient bombance avec des mets de premier choix même en subissant le rationnement.
En revanche, ils se retrouvèrent au cœur des purges menées par Staline, entre 1936 et 1938, lors des «grands procès de Moscou». La plupart des habitants de la Maison du Gouvernement subirent de plein fouet la répression (les 2/3 des habitants périrent).

Aujourd’hui on peut visiter un petit musée-appartement dans l’immeuble, présentant la vie dans l’immeuble et l’utopie soviétique à travers le destin des habitants de la maison. Les autres appartements sont occupés par de nombreux russes célèbres et aisés dans une répétition dont l’histoire à parfois le secret.

D’après un article de Slate.fr