Catégorie : Accompagnement personnalisé

Apprendre à réfléchir

J’ai découvert ces vidéos de la chaine youtube Hygiène mentale. Elle me semble assez bien faite pour aider les élèves à réfléchir et à analyser les informations dont ils peuvent disposer.

Ces vidéos ont d’ailleurs été utilisé en école primaire pour apprendre aux élèves à avoir un regard critique sur l’information. Voici ce que cela donne, c’est assez enthousiasmant !

Un travail interdisciplinaire intéressant

Dans l’exemple de travail interdisciplinaire présenté ici, des professeurs de lettres, d’Histoire-Géographie et de SES du lycée Alcide d’Orbigny ont décidé de travailler sur le récit autobiographique « Les années » d’Annie Ernaux en accompagnement personnalisée.
Ce travail ressemble un peu à l’EPI que nous avons mis en place, ma collègue de lettres et moi-même, en 3e et au travail qu’elle a mené avec les mêmes élèves, en début d’année, sur la présentation d’un objet familiale « ancien ».

Voici deux exemples du travail mené par les élèves de seconde du lycée Alcide d’Orbigny :

mobile-ans2000

Objet : téléphone Nokia A2628s

Le téléphone est robuste, avec peu de fonctionnalités : appeler et sauvegarder quelques contacts. L’écran est a cristaux liquides, pas de rétro-éclairage. Oubliez toutes les applications, musique et appareils photos. Il faut utiliser son walkman pour écouter Manu Chao, Mc Solaar ou encore Yannick Noah. Ici il n’y a qu’une sonnerie et qu’une batterie, increvable ayant une autonomie de quatre jours.
Un homme d’une trentaine d’année l’achète , environ 500 francs, le passage a l’Euro est en cours. « La pointe de la technologie », lui dit le vendeur. Dans la rue, une pancarte avec Zinedine Zidane, le même téléphone à la main, surplombe le centre commercial. L’homme appelle immédiatement sa femme, le téléphone est réputé comme élégant et raffiné. L’objet vaut donc la peine de sacrifier la moitié d’un salaire. L’homme reçu un appel le prévenant de l’attentat du 11 septembre. Un cellulaire « a la mode » durant l’année 2001, rattrapé par les téléphones à clapet puis les tactiles. Le portable reste enfermé dans un tiroir jusqu’à ce qu’il soit donné à un enfant pour qu’il fasse semblant de recevoir des appels.

Germain

Un vieux cahier d’écolier abîmé par les années, des pages jaunies qui sentent le vieux, une écriture très soignée à la plume noire, sûrement due à la rigidité de l’enseignement de l’époque. Des dessins de géographie, des calculs écrits tous petits, des schémas de science, toutes les matières sont présentes. Et d’autres que nous n’étudions plus aujourd’hui : les notes de musique, l’agriculture, le « travail manuel », le dessin, la récitation. En haut de chaque page, la date, « mercredi 29 mai 1901 » suivie de la maxime du jour, une sorte de leçon de moral, souvent orientée sur l’éducation scolaire et le travail de l’élève : « L’instruction est la nourriture de l’âme comme le pain est la nourriture du corps » ou encore « La paresse est un grand défaut ». L’écriture rouge appartient à l’enseignant qui annote de petites corrections, rajoutant des « n » et supprimant des « s » en signant sa vérification exigeante du cours du jour. La vieille couverte qui referme ce travail est verte, abîmée par les années. L’élève soigné qui tient ce carnet est proche de ses quatorze ans. Ses seules préoccupations sont l’école, la famille et les amis. Mais se doute-t-il que treize ans plus tard il partira sûrement à la guerre en tant que soldat de la Première Guerre mondiale ? Ses préoccupations ne seront plus alors de tenir ce carnet propre mais de survivre.

Anna

Quelques remarques sur l’aide personnalisée

Voici quelques réflexions sur l’aide personnalisé au collège trouvées ici.

L’AP, c’est compliqué à organiser

Oui et non. Si un collège crée des alignements à tout va pour créer des groupes de niveaux, c’est en effet très compliqué. Mais l’AP peut être mené au sein d’une équipe pédagogique sans organisation particulière. Le plus difficile est surtout de mener un travail pédagogique rassemblant les professeurs de disciplines différentes, autour d’objectifs partagés.

L’AP, c’est organisé comme au lycée

Non. Si les objectifs de l’accompagnement personnalisé au collège et au lycée sont proches, l’organisation est bien différente. Au lycée, les horaires disciplinaires ont légèrement diminué pour alimenter ces heures. Au collège, l’AP est incluse dans les horaires disciplinaires. Affirmer que l’AP au collège = AP « catastrophique »du lycée, c’est méconnaître les textes et mépriser par ailleurs le travail pertinent des enseignants qui s’investissent dans l’AP au lycée.

L’AP, c’est des heures en moins pour les disciplines

Non. L’AP est un mode de diversification pédagogique. On y travaille le socle commun et les programmes disciplinaires. Que l’on fasse AP ou non, comme pour les EPI, les horaires-élèves disciplinaires restent les mêmes.

L’AP, c’est du temps perdu pour les programmes

Non. Faire de l’AP dans sa discipline, c’est poursuivre des objectifs disciplinaires et transversaux, définis par les programmes, désormais reliés au socle commun. Ce n’est donc pas du temps pris sur le programme disciplinaire, sauf à concevoir l’enseignement comme un contenu qu’on déverse (qui défend cette vision surannée ?). Ce dernier définit désormais clairement les compétences à travailler avec les élèves tout au long du cycle. Par ailleurs, travailler collectivement autour de compétences transversales est productif pour toutes les disciplines.

L’AP, c’est impossible en classe entière

Non. C’est ce qui se pratique déjà quand un professeur s’emploie à consolider les connaissances et compétences des élèves, en diversifiant sa pratique, sous un angle pédagogique différent (méta-cognition, tutorat entre élèves, remédiation, groupes de besoins, etc.). Les heures profs introduites par la réforme permettent de concevoir ce travail en groupe réduit, mais ce n’est ni une obligation, ni une condition sine qua non.

L’AP, c’est pour les plus faibles

Non. L’AP se destine à tous les élèves. Bien entendu, c’est un temps privilégié pour répondre aux difficultés des élèves. La co-intervention peut permettre, par exemple, de consacrer plus de temps à certains élèves. On peut aussi penser à faire travailler les élèves ensemble, forts comme faibles (tutorat entre élèves, pratiques coopératives).

L’AP, c’est travailler les fondamentaux

Oui et non. Si l’AP n’est réservée qu’au Français et aux Maths, c’est une conception très restrictive des fondamentaux et de l’AP. La maîtrise de la langue française, tant à l’écrit qu’à l’oral, est par exemple, l’affaire de tous. Le socle commun définit par ailleurs ce qui est « fondamental » pour tous les élèves. Tous les enseignements contribuent au socle commun. L’AP est surtout un mode de diversification et de différenciation. Les domaines 1 et 2 du socle peuvent être particulièrement ciblés. L’AP c’est surtout travailler et rendre visible ce qui est commun.

L’AP, c’est un programme à la carte

Non. Il ne s’agit pas pour l’enseignant de prévoir autant d’activités différentes qu’il y a d’élèves. Sur une compétence spécifique, des élèves peuvent travailler sur des niveaux de maîtrise différents (ceintures ou niveaux de compétence), mais à partir de supports identiques. À la fin d’une période, des élèves peuvent reprendre ce qui n’a pas été acquis. Ils ne travailleront pas sur les mêmes objectifs, mais ils se réapproprient ce qui a été étudié. Le professeur veille surtout ici à l’organisation du travail en classe.

L’AP, c’est du soutien méthodologique

Oui et non. Disons que ce n’est pas que du soutien, ou alors on le conçoit comme une action à soutenir tous les élèves, quelque soit leur niveau. Attention à ne pas fonctionner uniquement en groupe de compétences-niveaux. Il peut être pertinent de varier les dispositifs, de façon à soutenir la motivation et l’engagement des élèves.

L’AP se limite à un nombre de séances dans la semaine

Non. Le fléchage hebdomadaire de l’AP, tel qu’il est présenté dans l’arrêté horaire, est un cheval de Troie. C’est pour le ministère une façon d’imposer cette pratique (qui encore une fois recouvre des formes variées). Mais l’effet pervers serait de réduire la conception de l’AP à uniquement des heures hebdomadaires identifiées à l’année, uniquement pour les disciplines qui ont obtenu des groupes à effectifs réduits. Concrètement, chaque enseignant peut prévoir des activités d’accompagnement dans sa séquence, au moment qu’il juge opportun. Un travail collectif donnera plus de force et plus de sens à l’accompagnement, et aidera à renforcer les compétences des élèves.