Étiquette : La Rome antique

Une exposition sur l’empereur Claude

MBAL_affiche-claude_900px

Le Musée des Beaux Arts de Lyon propose une exposition consacrée à l’empereur romain Claude, du 1er décembre 2018 au 4 mars 2019.
Tiberius Claudius Drusus naquit en effet à Lyon, le 1er août 10 av. J.-C., fils de Drusus l’Aîné et d’Antonia la Jeune. En dépit de son appartenance à l’illustre famille impériale julio-claudienne, Claude n’aurait jamais dû régner sur le vaste empire romain. Mais il fut proclamé empereur par la garde prétorienne après l’assassinat de Caligula, en 41 de notre ère.
L’exposition a pour ambition de mettre en lumière la vie et le règne de cet homme qui pâtit aujourd’hui encore du portrait peu flatteur transmis par la littérature antique et repris dans l’imaginaire populaire moderne. Décrit comme un être faible, influençable, diminué physiquement et intellectuellement, son image souffre aussi de la « sulfureuse » renommée de ses troisième et quatrième épouses, Messaline et Agrippine, et du destin tragique de son fils Britannicus.
Depuis peu cependant, les chercheurs et les historiens restituent plutôt la figure d’un homme cultivé, bon gestionnaire, promoteur de réformes administratives efficaces pour l’empire et soucieux de son peuple. Sa loi la plus fameuse est sans doute celle relative à l’admission des Gaulois au sénat romain, célèbre par le discours qu’il prononça, en 48 à Rome, qui fut ensuite gravé sur des plaques de bronze, dites Table claudienne.

C’est ce nouveau visage de l’empereur Claude que l’exposition présente à travers plus de 150 oeuvres : statues, bas-reliefs, camées et monnaies, objets de la vie quotidienne, peinture d’histoire, etc. Des extraits de films, des restitutions 3D et des photographies de l’artiste Ferrante Ferranti complètent le parcours.
Le détail des activités proposes autour de l’exposition est disponible ici.

Pompéi n’a pas été détruite le 24 août 79

XVM4c6ed4c0-d1da-11e8-8881-439875b4060d
«XVI (ante) K(alendas) Nov(embres) in[d]ulsit pro masumis esurit[ioni]». Ce qui peut se traduire par : «Le 17 octobre il s’est livré à la nourriture de façon immodérée».

Ces deux lignes inscrites au charbon sur un mur modifient l’histoire d’un des sites archéologiques les plus connus du monde : Pompéi.
Pour dater la catastrophe, les historiens s’appuient sur une copie du texte où Pline le Jeune raconte la catastrophe à l’historien Tacite et évoque le neuvième jour avant les calendes de septembre, soit le 24 août en l’an 79 de notre ère.
Depuis des Années, les archéologues ont de leur côté émis de plus en plus de doutes au sujet de cette datation, les indices recueillis sur le terrain plaidant pour une éruption volcanique survenue en plein automne. On a en effet retrouvé beaucoup de fruits d’automne à Pompéi : noix, figues, châtaignes, pruneaux, grenades et même des sorbes qui se récoltent encore non mûres entre septembre et octobre. De même, les vendanges, traditionnellement commencées en septembre à l’époque, étaient terminées. Enfin, de nombreux braseros ont été retrouvés dans les maisons, signe que le temps s’était refroidi.
L’inscription récemment mise au jour dans la Maison au jardin, une des maisons actuellement en cours de fouille, fait donc pencher en faveur de cette seconde hypothèse. Le graffiti porte la date de son inscription : « XVI K NOV », ce qui signifie le seizième jour avant les calendes de novembre, soit le 17 octobre, deux mois après la catastrophe selon Pline le Jeune.
Mais comment Pline le Jeune a-t-il pu se tromper à ce point ? Ce n’est sans doute pas lui a commis l’erreur, car des épigraphistes ont, ces dernières années, exhumé d’autres copies de sa lettre à Tacite dont certaines mentionnent le neuvième jour avant les calendes de novembre et non pas celles de septembre. Le plus probable est qu’une erreur, il y a des siècles, s’est glissée dans le travail d’un copiste.

D’après un article du Figaro.fr

Un extraordinaire tombeau romain orné de peintures découvert en Jordanie

Dans le nord de la Jordanie, un tombeau peint d’époque romaine a été mis au jour devant l’entrée de l’école du bourg de Bayt Ras, à la suite de travaux de voirie. Depuis, historiens et épigraphistes essaient d’interpréter les peintures et les textes, véritables témoins de l’histoire religieuse, politique et sociale de la région.
Ce tombeau est composé de deux chambres funéraires et contenait un très grand sarcophage en basalte, le tout dans un excellent état de conservation, même s’il semble avoir déjà été visité. Il appartenait à une nécropole située à l’est d’un imposant théâtre mis au jour dernièrement, vestiges de l’ancienne cité de Capitolias, fondée à la fin du Ier siècle de notre ère.

leadImage
Les murs de la plus grande chambre de la tombe sont ornés de représentations de près de 260 figures de dieux, d’humains ou d’animaux.

Capture d_écran 2018-09-29 à 15.10.59Capture d_écran 2018-09-29 à 15.23.56

L’ensemble compose un récit qui s’ordonne de part et d’autre d’un tableau central représentant un sacrifice offert par un officiant aux divinités tutélaires de Capitolias. À gauche de l’entrée, on peut voir des divinités en train de banqueter, allongées sur des lits et dégustant les offrandes apportées par des humains de plus petite taille qu’elles. Toujours à gauche, un deuxième tableau montre des paysans affairés à labourer la terre à l’aide de bœufs, à cueillir des fruits ou encore à travailler la vigne.

defrichement-Capitolias-Jordaniele-concours-Dionysos-autres-dieux_0_1399_934

Le panneau suivant met en scène des bûcherons abattant des arbres d’essences variées avec l’aide des dieux.
À droite de l’entrée, un large tableau illustre l’édification d’une muraille. Des personnages faisant penser à des architectes ou à des contremaîtres côtoient des ouvriers qui assurent le transport de matériaux à dos de chameau ou d’âne, des tailleurs de pierre ou des maçons qui montent des murs. La scène de chantier est si précise qu’elle montre des accidents ! Cette scène est suivie d’un tableau où un prêtre pratique un autre sacrifice en l’honneur des divinités protectrices de la cité.
Sur le mur, de part et d’autre de la porte d’entrée, et au plafond, se déploie une composition plus classique évoquant le Nil et le monde marin où des nymphes flanquées d’Amours chevauchent des animaux aquatiques, tandis qu’un médaillon central associe les signes du zodiaque et les planètes autour d’un quadrige.

Deux-tailleurs-pierre-louvrage_1_1399_934
Près de soixante inscriptions, peintes en noir, accompagnent les scènes de chantier. Elles sont rédigées en araméen, la langue locale, tout en utilisant des lettres grecques. Les inscriptions s’apparentent à des bulles de bande dessinée puisqu’elles décrivent les activités des personnages qui parlent en expliquant ce qu’ils font.

D’après un article du CNRS.

Des reliefs peints de l’époque romaine découverts en Turquie

Image1a
L’escalier découvert lors des fouilles de 2016

En 1999, le tremblement de terre qui a frappé la Turquie, faisant plus de 17 000 morts, a révélé des vestiges de l’ancienne Nicomédie, une capitale de l’Empire romain, enfouis sous la ville moderne d’Izmit.
La saisie à la frontière de deux statues d’Athéna et d’Héraklès amena les autorités jusqu’à des fouilleurs clandestins oeuvrant dans un immeuble abandonné, à moitié détruit par le séisme.
Les archéologues lancèrent une fouille de sauvetage et s’aperçurent de l’existence d’un édifice d’importance, ornés de panneaux sculptés en pierre datant visiblement de l’époque romaine. Leur préservation était exceptionnelle : ils étaient encore recouverts de leur peinture originelle, dont les Romains, tout comme les Grecs, décoraient en général les sculptures.
L’État turc prit alors la décision d’exproprier et de reloger les anciens habitants, mais ceux-ci refusèrent et intentèrent un procès qui bloqua toutes les recherches.
Huit ans plus tard, en 2009, le jugement permit aux archéologues de lancer une fouille rapide, sur environ 400 mètres-carrés. Ils découvrirent d’autres reliefs, eux aussi peints et eux aussi volés ! Les vestiges furent de nouveau mis sous scellés. Les carnets de cette fouille, malheureusement, ont été perdus.
Les recherches reprirent enfin en 2013. Une équipe d’archéologues inventoria les découvertes, particulièrement riches : sur 75 fragments de relief, 30 sont très bien conservés, haut en moyenne d’un mètre pour un mètre et demi de large. Pour la plupart, ils semblent appartenir à une même frise, probablement longue de cinquante mètres, qui dépeint l’arrivée d’un personnage important dans une ville.
les archéologues pensèrent d’abord qu’il s’agissait d’un monument à la gloire de Septime Sévère, empereur qui régna de 193 à 211 apr. J.-C. et pour lequel Nicomédie avait pris fait et cause lors de son accession au pouvoir. Mais de nouvelles fouilles en 2016 mis au jour une pierre réutilisée dans les fondations, avec une inscription qui montre que l’édifice date d’après le règne du successeur de Septime Sévère, Caracalla, donc après 217 apr. J.-C. Plusieurs éléments suggèrent une datation plus précise, autour de 280-300 apr. J.-C.
Il semble en tout cas que le bâtiment, peut-être un temple dédié à Hercule ou Jupiter, n’ait probablement pas survécu au puissant séisme qui détruisit une grande partie de la cité en 358 apr. J.-C.
Au cours du IIIe siècle, l’Empire romain se trouvait en fâcheuse posture. Attaqué à l’ouest par des populations germaniques, le long de la frontière Rhin-Danube, il devait aussi faire face à l’est à l’activisme renaissant du royaume de Perse. Les dépenses militaires ruinaient l’empire, l’inflation était galopante, et l’instabilité politique chronique : des officiers se faisaient proclamer empereurs par leurs troupes, assassinaient leurs rivaux et ne régnaient en général que quelques années. C’est l’un d’eux, Dioclétien, devenu empereur en 284 apr. J.-C. qui a réussi à enrayer cette spirale. Constatant les difficultés qu’il y avait à mener des réformes en même temps que défendre plusieurs fronts militaires, il décida de s’adjoindre les services d’un compagnon d’armes, Maximien. Il l’affecta aux affaires militaires dans la partie ouest de l’empire et lui conféra le titre de coempereur. Le pragmatisme de Dioclétien le poussa même à aller plus loin, avec la création en 293 apr. J.-C. d’un système à quatre empereurs, la tétrarchie, par la désignation de deux autres officiers.

Image4
Les chercheurs pensent que l’un des reliefs retrouvés représente les deux empereurs. D’abord en raison de la date, ensuite parce cette ville était la capitale où résidait Dioclétien, et enfin parce que le personnage de droite semble avoir les traits de Maximien que l’on connaît grâce aux monnaies de l’époque. Dioclétien paraît légèrement plus grand que son coempereur, et il est surmonté d’une déesse allégorie de la victoire plus haute que celle de Maximien.
Le relief les montre, à peine descendu de leurs chars, venus immédiatement s’enlacer. Cette embrassade de deux empereurs n’a à vrai dire pas vraiment d’antécédent dans le monde romain. Un discours de cette époque insistait sur l’affection profonde de Dioclétien et Maximien, et la peine qu’ils allaient avoir à se quitter après une rencontre officielle.

D’après un article du blog Dans les pas des archéologues.