Catégorie : Pour réfléchir

Mes référentiels de compétences pour l’an prochain

Ayant expérimenté depuis quatre ans l’évaluation par compétence, je vais poursuivre l’an prochain, même si le nouveau ministre de l’Éducation nationale n’y semble pas favorable. J’ai retravaillé un peu mes référentiels et voilà ceux que je compte utiliser.

Cette année, j’ai systématiquement transformé le bilan de compétence trimestriel en note sur 20 à la demande de mon administration. Le défaut de cette méthode est qu’à chaque évaluation, les élèves avaient un bilan des compétences, mais pas de note. La moyenne trimestrielle leur apparaissait donc parfois comme « tombée du ciel ». Je me demande donc si je ne vais pas transformer le bilan de compétence de chaque évaluation en note, afin d’ajouter celle-ci sur la copie, ce qui devrait sembler moins artificiel aux élèves et, éventuellement, aux parents.

Que faire de l’ONU ?

Depuis plusieurs années, des conflits déchirent la Syrie, la Libye, le Yémen, le Soudan du Sud ou encore l’Ukraine. Et dans chacun de ces cas, l’Organisation des Nations Unies brille par son impuissance.
Se voulant pourtant le symbole d’un nouvel ordre international, cette organisation créée en 1945, cinq mois après la fin de la Seconde guerre mondiale, rassemble aujourd’hui la quasi-totalité des États de la planète. Mais si sa charte fondatrice lui donne une responsabilité dans le maintien de la paix dans le monde, sa capacité d’action dépend de la volonté et des stratégies des États qui la composent et notamment des membres permanents du Conseil de Sécurité (États – Unis, Chine, Russie, France, Royaume- Uni).
Il existe plusieurs définitions concurrentes de l’organisation. A minima, c’est une organisation chargée de faire respecter un ensemble de règles régissant les relations entre États, conformément à sa charte fondatrice de 1945. A maxima, elle porte l’espoir de créer une communauté internationale partageant des valeurs communes, entérinant notamment la responsabilité de protéger des populations qui seraient victimes de leurs propres autorités, et organisant une justice pénale internationale.
Cette seconde vision a été poussée dans les années 2000 par un courant progressiste prônant un interventionnisme libéral, imaginant un monde meilleur avec des Casques bleus et des opérations de maintien de la paix partout où ce serait nécessaire. Or les résultats de ses opérations sont sujets à caution : en République démocratique du Congo, l’ONU déploie bientôt vingt ans sa plus grosse opération de maintien de la paix sans parvenir à régler les problèmes du pays.
La crise de l’ONU est ancienne. Il aurait fallu une refondation après la guerre froide, avec notamment de nouvelles règles pour la composition du conseil de sécurité. Mais l’ordre mondial n’a pas été suffisamment ébranlé, à l’époque, pour provoquer un effet de levier. Mais les difficultés actuelles remontent à la présidence américaine de Bill Clinton, qui a déclenché des actions militaires non sanctionnées par le conseil de sécurité et s’affranchissant des contraintes posées par la charte, notamment le fait de conditionner l’entrée en guerre à la légitime défense. Puis en 2003, George W. Bush est intervenu en Irak sans l’approbation de l’ONU, du fait du veto de la France.
Aujourd’hui, la possibilité d’une réforme dépendra beaucoup de l’Union européenne, car vec Trump à Washington et Poutine à Moscou, l’ONU ne peut guère compter que sur la Chine et sur les Européens. Mais si Pékin soutient les institutions multilatérales le plus souvent, car elles donnent de la visibilité à sa puissance, en mer de Chine, elle a plutôt tendance à s’affranchir des règles communes. Les Européens sont favorables par principe et par construction au multilatéralisme, mais ils sont divisés entre eux.

D’après un article de La Croix.fr

Cela semble évident et pourtant…

Une alerte sanitaire concernant l’impact d’une surexposition aux écrans sur le développement cérébral des jeunes enfants vient d’être lancée. Le Dr Anne-Lise Ducanda, médecin de la Protection maternelle et infantile du département l’Essonne a publié une vidéo intitulé «Les écrans un danger pour les enfants de 0 à 4 ans». Elle y fait part de son expérience et fait le lien entre la surconsommation d’écran et des «troubles du spectre autistique» ou des «troubles envahissant du développement».

«En 2003, 35 enfants en difficulté m’étaient signalés par les écoles sur 1000 élèves de maternelle en petite et moyenne section de l’Essonne. Depuis un an et demi, on m’en a déjà signalé 210 en grande difficulté. Toutes les semaines, je suis sollicitée pour de nouveaux cas. À force d’en voir, j’ai fini par faire le lien avec leur consommation d’écrans. Et je ne parle pas d’enfants qui regardent la télévision une heure par jour! La plupart de ceux qui me sont adressés passent au moins six heures par jour devant des écrans. Les troubles sont plus graves qu’il y a quinze ans et disparaissent dans la majorité des cas quand les parents arrivent à “déconnecter” leurs enfants.
L’écran, c’est la tétine d’aujourd’hui. Pourquoi les parents se passeraient des écrans pour “calmer” leur enfant alors que personne ne les a mis en garde? Ils sont rassurés, car leurs enfants ne regardent que des programmes qui leur sont destinés ou des petites applications dites “éducatives” pour apprendre les couleurs ou l’anglais. Ils s’émerveillent de leur habileté et pensent que plus tôt on initie les bébés aux outils numériques, mieux ils seront armés pour le futur.»
Plusieurs professionnels de la petite enfance ont contacté le Dr Ducanda pour évoquer leurs propres observations et inquiétudes. Comme l’orthophoniste Carole Vanhoutte (Villejuif), cofondatrice de l’association Joue, pense, parle:
«Depuis quelques années, je vois des enfants dès l’âge de 3 ans avec moins d’une dizaine de mots à leur vocabulaire. Récemment, il y a eu un nouveau glissement avec l’arrivée de petits dès l’âge de 2 ans et demi qui ne sont pas du tout dans la communication. Ils se comportent comme des enfants un peu “sauvages”, dans leur bulle, comme s’ils n’avaient pas eu l’habitude d’être en relation avec une autre personne
Puis il y a quelques jours, un collectif de professionnels de la petite enfance (médecins pédiatres, pédopsychiatres, psychologues, orthophonistes) a lancé un cri d’alarme dans les colonnes du Monde. La surexposition des jeunes enfants aux écrans est devenu selon eux un enjeu majeur de santé publique.
Le Dr Ducanda et ses confrères souhaitent le lancement de nouvelles études scientifiques qui pourraient valider la piste d’un lien entre l’augmentation du nombre d’enfants diagnostiqués victimes de troubles du spectre autistique et l’omniprésence des écrans. En attendant, ils dénoncent la position de l’Académie des sciences qui, dans un avis remis en 2013 au gouvernement, vantait les mérites des écrans sur le développement sans s’inquiéter outre mesure des risques d’une surexposition précoce.

D’après un article de Slate.fr

Améliorer la maîtrise de la langue pour progresser dans toutes les matières

Il me semblait que cela était déjà évident, mais une étude du CNRS (en anglais) menée auprès d’étudiants en économie et gestion montre que ceux qui améliorent leur « littératie » (maîtrise de la langue) progressent dans l’ensemble des disciplines, y compris scientifiques.
L’étude a été menée sur les performances des étudiants en première année d’économie et gestion des universités Paris-Est-Marne-la-Vallée et Lille 1 entre 2011 et 2014.
Un échantillon de quelque 849 étudiants a participé à cette « expérience contrôlée », en étant d’abord informés en début d’année universitaire de la possibilité d’utiliser la plate-forme en ligne du Projet Voltaire pour améliorer leurs compétences orthographiques, et en les incitant à le faire. Ensuite, les étudiants ont été divisés en deux groupes tirés au sort : seulement la moitié d’entre eux a été fortement encouragée à utiliser le logiciel de perfectionnement en orthographe, grammaire et syntaxe, par des rappels réguliers de leurs enseignants sur l’importance d’une bonne maîtrise de la langue et en mettant en exergue que les notes obtenues sur la plate-forme seraient prises en compte pour l’évaluation finale.
Les étudiants les plus sensibilisés ont effectivement passé plus de temps que les autres sur la plate-forme, améliorant davantage leurs notes en « littératie » mais aussi dans les autres matières : leur moyenne générale est supérieure d’un demi-point à un point à celle des étudiants de l’autre groupe.

D’après un article du Monde.fr

Apprendre à réfléchir

J’ai découvert ces vidéos de la chaine youtube Hygiène mentale. Elle me semble assez bien faite pour aider les élèves à réfléchir et à analyser les informations dont ils peuvent disposer.

Ces vidéos ont d’ailleurs été utilisé en école primaire pour apprendre aux élèves à avoir un regard critique sur l’information. Voici ce que cela donne, c’est assez enthousiasmant !

Histoire, politique et école

« C’est quoi le rapport entre l’histoire et la politique ?« , « pourquoi on fait de l’histoire avec vous ? » : voir deux des questions que m’ont posé récemment les élèves de la mission décrochage au lycée Bartholdi de Barentin et auxquelles j’ai décidé d’essayer de répondre aujourd’hui.
Pour amorcer la discussion, j’ai trouvé cette présentation d’un colloque ayant eu lieu le premier mars dernier, organisé par Science Po.

Je leur ai aussi apporté de vieux manuels d’histoire, de géographie et d’éducation civique afin de travailler sur l’évolution des programmes et de la manière d’enseigner l’histoire dans notre pays. Les élèves ont apprécié manipuler ces documents.

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Nous avons abordé les différentes visions de l’histoire à enseigner défendues par les candidats à la présidentielle et montrer l’importance du débat sur l’enseignement du fait colonial, de l’esclavage et de la mémoire de la Seconde guerre mondiale. L’actualité nous a permis d’évoquer Oradour – sur – Glane (avec le déplacement d’Emmanuel Macron) et la politique d’extermination mise en place par les nazis (avec les propos négationnistes de l’éphémère président par intérim du Front National).

Devant leur intérêt pour la Seconde guerre mondiale, je vais terminer l’année (soit deux heures de cours en juin) sur ce sujet.