Catégorie : Projet : Sénégal

Un nouvel aéroport pour Dakar

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Situé à Diass, à 47 km de la capitale Dakar, l’aéroport international Blaise Diagne, du nom du premier député africain noir élu au Parlement français en 1914, s’étend sur 4500 hectares dont seuls 2500 sont pour le moment occupés. Avec pour le moment une capacité estimée de 2 millions de passagers annuels, contre 1,9 million pour son principal concurrent, l’aéroport Félix-Houphouët-Boigny d’Abidjan, il est déjà prévu que de nouveaux terminaux voient le jour, afin d’accueillir jusqu’à 10 millions de passagers à l’horizon 2035.
Calculés au départ du chantier à 200 milliards de francs CFA (305 millions d’euros), les investissements ont plus que doublé en dix ans pour atteindre aujourd’hui 424 milliards de francs CFA (646 millions d’euros).
Pour le construire, il a fallu relocaliser les populations de trois villages vivant sur la zone du futur aéroport, 2500 habitants en tout. Les habitants de ces villages dénoncent aujourd’hui des promesses non tenues par les autorités : pas de marchés construits pour les villages ni d’aires de jeux pour les jeunes, comme cela avait été promis. Autre déception : tous les villageois n’ont pas obtenu les dédommagements pour leurs exploitations agricoles, fixées à 50 000 francs CFA (76 euros) pour un manguier productif, la moitié pour un plant immature, ainsi que 557 francs CFA par hectare et par an de récolte perdues.
L’ancien aéroport de Dakar, en service depuis 70 ans et situé au milieu de la ville,  aura désormais une vocation militaire.

D’après un article du Monde.fr

Des enfants chercheurs d’or au Sénégal

Kharakhéna est un petit village traditionnel du sud-est du Sénégal, à quelques dizaines de kilomètres des frontières avec le Mali et la Guinée, qui comptait en 2011 vingt-cinq maisons et moins de 200 habitants. En 2014, ils seraient près de 12 000. La raison ? Une « mine d’or » découverte dans une colline voisine dont on extrait environ 1,5 tonne chaque année.
Venus des villages voisins avec leur famille, ou seuls, arrivés en camion du Mali, de Guinée, de Guinée-Bissau, du Burkina Faso et même de Côte d’Ivoire, des enfants sont venus y travailler. Ils ont parfois déserté l’école, mais beaucoup disent qu’ils n’y allaient plus à cause de familles trop pauvres pour assurer leur scolarité, ou d’établissement trop éloigné de leur maison. Ils sont là désormais avec l’espoir de gagner un argent facile (une pépite de cinq grammes se vend 100 000 CFA soit environ 152 euros).
Entre décembre 2013 et février 2014 soixante-quinze enfants et adolescents ont été identifiés sur 14 sites d’orpaillage. Si vingt-cinq d’entre eux dépassaient les 16 ans, quinze avaient entre 7 et 10 ans, treize entre 10 et 13 ans et vingt-deux de 13 à 16 ans.
A la rentrée scolaire 2013, les enfants des villages voisins de Samékouta, un autre site d’orpaillage, se pressaient au bord des trous. Sur les soixante-dix candidats à l’entrée en sixième au collège, aucun ne s’est finalement présenté.

Au Sénégal, une enquête de 2005 a recensé 1 338 515 enfants, âgés de 5 à 17 ans, au travail dont 450 000 qui étaient astreints à des travaux dangereux.

 

Les difficultés des pêcheurs sénégalais

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Des navires étrangers qui vident illégalement les eaux territoriales sénégalaises de leurs poissons et des usines russes et chinoises de transformation de poissons frais en farine sont à l’origine de la misère des pêcheurs en pirogue  et de la baisse des activités de salages et de séchage traditionnellement dévolues à leurs femmes.

L’installation de ces usines, pourtant très légales, a doublé le prix du poisson.  Entre 2011 et 2014, onze unités se sont montées près des sites de débarquement de pêche artisanale sur un tiers du littoral sénégalais. Les cinq cents femmes travaillant à Joal à plein temps à saler, braiser et sécher chinchard, anchois, maquereau et sardinelle ne peuvent plus les acheter en raison de la hausse des prix. L’usine russe, par exemple, a besoin de 460 tonnes de poissons par jours pour produire 46 tonnes de farine.

Le coût de la pêche illégale a quant à lui été estimé à près de 130 millions d’euros de pertes annuelles pour le Sénégal. La pêche légale, accordée à de nombreux pays a fait l’objet d’un précédent article.

Les cartes illustrants l’article viennent d’ici.

Le Sénégal sauvé d'une dictature annoncée ?

Face à la colère de la rue, le président sénégalais Abdoulaye Wade a renoncé in extremis à une réforme de la Constitution très impopulaire qui devait assurer son élection et le passage du pouvoir à son fils après son départ.

Au pouvoir depuis 2000, ce président de 85 ans semblait tenter par un pouvoir personnel et non démocratique. Les manœuvres pour hisser son fils au plus haut de l’État ont déjà abouti à la nomination de ce dernier à un poste de super-ministre coiffant les secteurs économiques-clés du pays. Mais il manquait une légitimité institutionnelle à cette succession quasi monarchique.

A quelques mois de l’élection présidentielle prévue en février 2012, le Parlement de Dakar, dominé par le parti du président, devait donc approuver une réforme de la Constitution assurant à la fois l’élection de Wade père et le passage automatique du relais à Wade fils en cas de disparition. Dans un pays où le chef de l’Etat sortant dispose pour faire campagne des moyens financiers, humains et audiovisuels de l’Etat, l’objectif de cette réforme de la Loi fondamentale ne faisait guère de doute. Le « ticket Wade I et II » vainqueur en 2012 aurait permis à l’impopulaire Karim Wade de succéder à son père sans affronter directement les électeurs.