Catégorie : Histoire – géo et bande dessinée

Tous les problèmes de l’éducation nationale en quelques cases

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En vrac :
– l’absence de mixité sociale dans les établissement ;
– le système contre – productif de mutation des enseignants ;
– l’absence d’évolution malgré de nombreuses réformes de façade ;
– les difficultés socio – culturelles des élèves défavorisés ;
– le vieillissement des professeurs face à un public toujours jeune  ;
– le sentiment d’inutilité ressenti par de nombreux professeurs.

Comics et Shoah

Voici des extrait d’un entretien avec Chris Claremont, auteur des comics X-men, issus d’un article du Monde.fr.

Vous êtes aussi réputé pour avoir donné à Magnéto, le supervilain de la saga, un passé très fort, de rescapé d’Auschwitz. Qu’est-ce qui a motivé ce choix ?

« Quand j’ai travaillé sur cette série, nous étions en 1975. J’ai commencé à m’interroger sur qui était Magnéto, pourquoi il a fait ce qu’il a fait. Je me suis dit qu’il devait avoir 40 ou 50 ans d’apparence. En regardant en arrière depuis 1975, je me suis demandé ce qui s’est passé cinquante ans plus tôt, dans les années 1920 – époque à laquelle sont nés mes parents. Quel événement marquant s’est produit à l’aube de leur vie ? La Grande Dépression ? Pas super, pas assez cataclysmique… Et puis oui, évidemment, m’est venue à l’esprit la deuxième guerre mondiale. Quand je regardais Magnéto, ce à quoi il ressemblait, son visage, sa génétique, il ne faisait aucun doute qu’il était nord-européen.
Je me suis demandé quel événement pouvait marquer un Européen au point de tenir une position si radicale, de défendre les siens peu importe le prix, ce qui m’a conduit à la Shoah. Par ailleurs, quand j’étais à l’université, j’avais passé deux mois et demi dans un kibboutz où j’ai côtoyé des survivants de l’Holocauste. Cette expérience est restée dans un coin de ma tête. Le difficile équilibre entre la lutte du peuple d’Israël pour sa survie, mais aussi la cohabitation rude et le conflit avec la Palestine, me paraissaient un excellent modèle pour dessiner un passé à Magnéto.« 

Vous avez fait le choix de ne pas représenter directement la Shoah dans vos histoires cependant. Pourquoi ?

« En effet, à quelques rares exceptions, elle n’apparaissait que dans des souvenirs. Je ne pouvais pas écrire des scènes qui se déroulaient dans les camps. En ayant connu des gens qui avaient été enfermés là-bas, en ayant mes parents qui avaient vécu et combattu pendant la guerre, cela ne me paraissait pas approprié. Je me sentais trop proche pour écrire un récit dépassionné, qui ne donnait pas le sentiment d’exploiter ce morceau d’histoire. Ma décision en tant qu’artiste a été de l’appréhender seulement dans le présent.« 

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Très peu de BD américaines pendant la guerre et même après ont évoqué la Shoah. Pourquoi ?

« Je ne sais pas. J’imagine que les auteurs de l’époque étaient bloqués pour en parler parce que c’était trop proche encore, et que c’était trop horrible pour le coucher sur trois ou quatre pages de BD. Alors oui, Capitaine America a mis un coup de poing à Adolf Hitler, Superman a capturé Hitler et Staline. C’est un souhait merveilleux, mais ce n’est pas ce qui s’est passé. Depuis, les dessinateurs de BD qui ont voulu aborder ce thème – c’est leur droit en tant qu’artistes et même peut-être leur responsabilité – ont trouvé un moyen de raconter cette histoire. Pas moi. Je pense avoir la responsabilité, envers ceux que j’ai rencontrés et qui l’ont vécue, de dire la vérité, d’être juste sur ce qui leur est arrivé. Tant que je n’aurais pas trouvé la bonne façon de le raconter, je ne le ferai pas.« 

Cet entretien a eu lieu dans le cadre de l’exposition Shoah et bande dessinée qui se tient au Mémorial de la Shoah, du 19 janvier au 30 octobre 2017 : Chris Claremont y est intervenu le 22 janvier 2017 sur le thème  « Pourquoi les super-héros n’ont-ils pas libéré Auschwitz ? « .

Ci-dessous, l’émission La Fabrique de l’histoire a visité l’exposition :