Catégorie : Il était une fois un prêtre au XIXe siècle

12 décembre 1818 : naissance de Louis Laurent Guiot

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Celui qui devint l’abbé Guiot naquit à Pithiviers, dans le Loiret, en 1818, dans une famille de modestes artisans cordonniers. Louis Laurent Guiot fut le second d’une fratrie de huit garçons, nés entre 1817 et 1834, dont seuls deux parvinrent à l’âge adulte.
Ayant fait ses études au petit puis grand séminaire d’Orléans, il fut ordonné prêtre en 1843 et fut professeur au petit séminaire de La Chapelle – Saint – Mesmin avant de devenir curé dans trois paroisses du Loiret : Triguères, Baule et Chécy. C’est dans cette dernière qu’il mourut, devenu curé – doyen, en 1878.

 

20 septembre 1878 : mort de l’abbé Louis Laurent Guiot

L’abbé Guiot mourut à l’âge de soixante ans, d’un probable cancer du côlon alors qu’il était curé doyen de Chécy, dans le Loiret, depuis 1874. Il avait auparavant exercé son sacerdoce à Triguères (1852 – 1859), près de Châteaurenard puis à Baule (1859 – 1874), à côté de Beaugency.
Il fut le contemporain du célèbre évêque d’Orléans, Félix Dupanloup, qu’il côtoya à de nombreuses reprises et qui vint le visiter sur son lit de mort, avant de décéder lui-même moins d’un mois plus tard.

 

Un documentaire sur le cornichon

Il est utilisable dans le contexte de la mondialisation en 4e et des délocalisations en 3e et il accompagne magnifiquement ce poème de l’abbé Guiot :

Ce présent n’est pas un outrage,
Ami J… rassure-toi.
Avant de t’en faire l’hommage,
Je me suis demandé, pourquoi
Cette innocente créature,
Que l’on appelle cornichon,
Fait chez nous si triste figure ;
N’est pas plus heureux qu’un souchon ;
De la bêtise il est l’emblême,
Et synonyme de cruchon ;
On est discrédité, quand même,
Dès qu’on vous nomme : cornichon !
Ton malheur, plante infortunée,
De ma verve attend un effort.
Et si le sort t’a condamnée,
Je veux, moi, te venger du sort.
Voyons… dans ta manière d’être
Quel est le vice originel,
Qui, t’entachant avant de naître,
T’inflige un opprobre éternel ?
Rendons ton crime manifeste ;
Que reprocher au Créateur,
Qui te fit bon comme le reste ?
Ta forme ? ton goût ? ta couleur ?
Ta couleur, ah ! grand Dieu ! C’est elle,
Que la nature, au premier jour,
Pour paraître à nos yeux plus belle,
Choisit pour son plus bel atour.
Ainsi, quand la triste froidure
Fuit de nos climats, le printemps
De son frais manteau de verdure
Embellit nos bois et nos champs.
L’œillet est vert, avant qu’il glisse,
Radieux hors de sa prison,
Et du lys, le royal calice
Longtemps est un vert cornichon.
Reste vert, fruit que l’espérance
Assure à l’immortalité ;
Du concombre un jour ton enfance
Atteindra la virilité.
Reste vert, beau fruit que j’adore !
Le vert doit te ravir encore,
Cher J… toi qui l’a porté !
Vive le vert ! Vive la France !
Vivent nos constitutions !
Ceci posé, je recommence
Mon pathos sur les cornichons.
Tout naît, renaît de la nature
Soumis à d’immuables lois ;
Rien ne change, bois et verdure
Sont aujourd’hui comme autrefois.
Toujours la même main redonne
La même grâce aux mêmes fleurs ;
Toujours notre rose Pomponne
Ressemble à ses gentilles sœurs.
Mais vois-tu la couche où fourmille
Des respectables cornichons
La luxuriante famille ?
Que d’allures, que de façons !
Oui, dans cette race où l’on semble
Apercevoir tant d’unité,
Pas un enfant ne se ressemble ;
De traits, quelle variété !
L’un, portant haut et droit la tête,
Se pose militairement,
Comme un fier prussien qui s’apprête,
Dans son verdâtre fourniment ;
L’autre, c’est Riquet à la houppe ;
Ou bien ce monstre si fameux,
Dont la tant poétique croupe,
Se courbe en replis tortueux.
C’est de formes, toujours nouvelles,
Un magasin, un arsenal ;
C’est là que nous prenons modèles,
Cornichons du règne animal.
Sur ce chapitre il faut nous taire…
Mon héros demande à Voltaire
Une place au temple du goût…
Gloire, gloire à la cuisinière,
Au cordon bleu, qui le premier,
Du nom de plante nourricière
Honora le cornichonnier !
Quel jour, dans les fastes du monde,
Quand, de deux doigts dame Fanchon,
Dans l’urne ou le vinaigre abonde,
Plongea le premier cornichon !
Quand il fut dit :  » Vous qui naguères
Loin de l’office et des hôtels,
Végétiez, fruit presqu’éphémères,
Vivez, vous êtes immortels !  »
Une liqueur conservatrice
Vous infiltrant un sang nouveau,
De la mort, fait votre nourrice,
De la tombe, votre berceau.
L’invention la plus heureuse
Est celle d’un nouveau régal ;
A dame Fanchon l’embaumeuse,
Amis, élevons… un bocal !
Le cornichon, sûr de lui-même,
Satisfait tous les appétits :
Mets des jours gras, mets de carême ;
Nous l’aimons tous, grands et petits.
D’un entremets, sans conséquence,
Il amuse les courts instants ;
Contre une pièce d’importance
Qui sait mieux agacer les dents ?
Des festins plat indispensable,
Louis Philippe, en son palais,
Voit des cornichons à sa table,
Comme le dernier des français.

Je finis là… car de ma vie
Je ne tarirais, cher J…
Sur la cornichonologie
Etant tout plein de mon sujet.
Puissions-nous, partout à la ronde,
De l’infortuné cornichon
Tous deux opérer par le monde
La réhabilitation !
Dans l’échelle des créatures,
Rends-lui son rang, sa dignité,
Venge-le des sottes injures
Qu’il subit, ce deshérité.
Compte sur ma reconnaissance,
En te faisant son bienfaiteur ;
Elle prend aujourd’hui l’avance.
Reçois ce cornichon d’honneur !
Dans ton musée, ami fidèle,
Le recueillant, par charité,
Que ce cornichon te rappelle
Celui qui te l’a présenté.

1844

Deux vues du petit séminaire de La Chapelle – Saint – Mesmin

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La façade principale avec le parc devant
petit séminaire
L’arrière (on distingue bien les cours de récréation)

Au hasard d’Internet, j’ai pu trouver et acheter ces deux vues du petit séminaire où l’abbé Guiot a enseigné entre 1846 et 1852, ces deux gravures montrant l’état des bâtiments vers 1850.

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Ce dessin montre l’état de la propriété achetée par monseigneur Fayet en 1843, avant les travaux d’aménagement.

 

J’ai terminé !

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Le point de départ de ce travail

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Du moins, je viens de finir de rédiger le premier jet de mon essai sur l’abbé Guiot, un prêtre qui a vécu dans le Loiret au XIXe siècle. Ce travail représente pour le moment un total de plus de 500 pages, comportant plus de 260 illustrations et documents d’archive.
Il va maintenant me falloir relire tout cela et sans doute le compléter un peu en fonction de lecture qui me reste à faire et de documents d’archives encore à consulter.

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Un poème de l’abbé Guiot

Après avoir retranscrit les lettres de l’abbé Guiot que j’ai pu retrouver (46 lettres représentant 77 pages de texte), je m’attaque aux poésies que je cite dans mon essai. En voici une, écrite pour accompagner un crayon à papier oublié par le docteur Lorraine, un ami de l’abbé, alors qu’il était venu lui rendre visite à Baule.

LE CRAYON DU DOCTEUR

Vous avez, cher docteur, par mégarde ce soir,
Laissé sur le tapis, ce petit crayon noir.
Je le rends au carnet, ou sur bien d’autres tables,
Vous tracez du Codex les arrêts redoutables…

De ces stylets savants, c’est le rôle ordinaire !
Peintres, littérateurs, votre crayon vulgaire
Embellit l’existence et l’amuse ici-bas ;
Mais, en nous récréant, vous ne guérissez pas.
Du vôtre, cher docteur, la magique puissance
Du corps endolori sait chasser la souffrance ;
Par lui plus d’un Lazare, aux portes du tombeau,
A senti dans son cœur courir un sang nouveau.
Cher petit crayon noir, voilà de tes miracles !
Que Dieu longtemps encor te dicte tes oracles !
Et que le dévoûment, fils de la Charité,
Te tienne entre ses mains d’où jaillit la santé !

On montre, en un palais, à la foule empressée,
Une plume célèbre et qu’un aigle a laissée ;
En sa puissante main, lorsque César la prit,
A ses plans, à ses lois la fortune sourit.
Ses bulletins fameux, dictés par la victoire,
Chez ses ennemis même éternisaient sa gloire ;
Mais, de la France en deuil, ce médecin puissant,
Mères, avec vos pleurs, fils, avec votre sang,
Aux pages de l’histoire inscrivait ses conquêtes ;
C’était des chants de mort que des chants de fêtes.

Cher petit crayon noir, oh ! je t’aime bien mieux !
Toi, qui signes des bons de pain et de vin vieux
Au vétéran, dont l’aigle avait tari les veines ;
Toi qui sais consoler la veuve dans ses peines,
Et qui, tout à la fois, apôtre et médecin,
Donnes au cœur qui souffre et l’espoir et du pain.
Tu ne réussis pas toujours : notre nature
A ses lois, ses rigueurs ; mais quand une âme est mûre,
Quand Dieu la redemande au sortir de ces lieux,
Tout en soignant son corps, tu lui parles des cieux.

Va donc, petit crayon, retourne vers ton maître,
Retourne, et dis-lui bien qu’heureux de le connaître,
J’ai peur, en te traînant ainsi sur ce papier,
En te parlant de lui, de t’user tout entier.

9 décembre 1865