Étiquette : Les libertés en France

Deux conceptions de la prison


« Sous prétexte que la prison ne devrait pas être un bagne à l’ancienne, on fait tout pour qu’elle ne ressemble plus à la prison. On plaide alors pour la réinsertion, en oubliant que celui qui a commis un crime ne doit pas seulement être mis à l’écart de la société, maxi qu’il doit payer pour ses actes, et que cela relève de la morale naturelle. »

« Par contre ce que je sais, c’est ceci : être condamné à une peine de prison revient à se voir interdir de sortir d’un périmètre carcéral restreint pendant un temps donné. E^tre condamné à une peine de prison n’équivaut pas à être interdit d’espérer, de rêver, de rire, d’éprouver des joies, des peurs, des émotions, de se sentir plus fort, plus digne, davantage capable quand on se croyait moins que rien. »

Je pense utiliser ce sujet d’actualité, dont les élèves auront sans doute entendu parler, en éducation civique de troisième à la rentrée, pour commencer l’année par une réflexion et une discussion qui nous amènera plus tard à évoquer l’abolition de la peine de mort.

Une belle idée

En 2012, la ministre au logement Cécile Duflot avait été sifflée par une partie des hommes de l’Assemblée nationale car elle portait une robe qui les dérangeait. La députée Marie-Charlotte Garin a donc décidé de porter la même robe hier, lors de la première séance de la nouvelle législature.  

Une démarche inquiétante pour la liberté d’expression

S’adresser directement au président de la République est-il devenu impossible en France ? C’est en tout cas ce que laisse penser la visite qu’a reçu la lycéenne qui avait interpellé Emmanuel Macron à propos des ministres maintenus en exercice tout en étant accusé d’agressions sexuelles. Deux gendarmes sont entrés dans son lycée moins de 24 heures après les faits et ont demandé à lui parler. Ils lui ont demandé ce qu’elle avait voulu faire puis lui ont dit que ce n’était pas à faire, que si elle avait voulu interpeller le président de la République, alors elle aurait dû passer par des voies hiérarchiques, en écrivant à l’Élysée.
C’est de l’intimidation pure et simple, d’autant que cette rencontre ne s’est pas fait au domicile de la jeune femme, mais à son lycée, de façon bien visible.
Contactée par les médias, la commandante de la gendarmerie a assuré que la visite des forces de l’ordre dans l’établissement scolaire ne partait pas d’une mauvaise intention (quelle étrange choix d’expression !) : « On s’inquiétait qu’elle puisse avoir été victime (d’agression sexuelle) et qu’elle n’ait pas pu porter plainte. » L’échange avec Emmanuel Macron n’était pas « l’objet » de cette visite, assure-t-elle. Et la commandante de gendarmerie de signaler qu’il n’y a aucune infraction dans l’interpellation d’Emmanuel Macron par la lycéenne.
Laura et ses parents ont contacté un avocat ce vendredi et réfléchissentt aux suites qu’ils pourraient donner à cette visite très problématique.
Dans le même temps, on apprends que le président a témoigné sa sympathie au député Benoit Simian, jugé depuis le 24 mars 2022 par le tribunal judiciaire de Bordeaux pour des faits présumés de harcèlement sur conjointe (des agissements répétés, une quarantaine, parfois 2 ou 3 fois par jour, entre juillet et novembre 2020), un délit passible de cinq ans d’emprisonnement et 75 000 euros d’amende puisqu’il a causé une incapacité totale de travail (ITT) supérieure à huit jours pour son épouse. Il est soupçonné d’avoir multiplié les actes d’intimidation à l’encontre de son ex-femme, pour la faire partir de la maison que le couple avait achetée et dont la justice a décidé, en mai 2020, d’accorder la jouissance à Nadia pendant la durée d’un divorce. Le jugement doit être prononcé le 23 juin alors que la procureur a requis 18 mois de prison avec un sursis probatoire de 3 ans, l’interdiction d’entrer en contact avec son épouse et qu’il soit condamné à 3 ans d’inégibilité.

Une honte

Renvoyer cette famille en Afghanistan, maintenant, serait un crime. Tout simplement.

Une initiative citoyenne

53 991 citoyens publient ce lundi un mémoire pour accompagner la saisine du Conseil constitutionnel à propos du projet de loi relatif à la gestion de la crise sanitaire. Conseillés par des avocats, ils contestent la constitutionnalité de l’extension du pass sanitaire. En cas d’échec devant le Conseil constitutionnel, le collectif de citoyens prépare ensuite une saisine massive de toutes les juridictions françaises. Parallèlement à cette saisine du Conseil constitutionnel, le collectif a aussi recueilli plus de 200 000 signatures sur une pétition en ligne pour la transparence des vaccins. Après avoir initié une « requête amiable en communication de documents » qui vise à obtenir les dossiers d’autorisation conditionnelle de mise sur le marché ainsi que les contrats passés avec les fabricants de vaccins, le collectif prévoit une action collective en justice dès la barre des 250 000 signataires franchie.

D’après un article de France Info.

Mauvaise soirée pour la démocratie

Après accord avec les sénateurs dans l’après-midi, les députés ont voté par 156 voix pour, 60 contre et 14 abstentions le texte qui traduit les annonces du 12 juillet d’Emmanuel Macron et instaure l’extension du pass sanitaire. Cette loi a été adopté dans un temps très cours, empêchant un réel débat démocratique. Elle a été adoptée alors que députés et sénateurs n’étaient pas d’accord sur le texte, qui a nécessité la tenue d’une commission mixte paritaire, et par moins de la moitié des députés (où étaient les autres ?).
Le pass sanitaire avait déjà été étendu par décret, la semaine précédente, aux « lieux de loisirs et de culture » rassemblant plus de 50 personnes. En août, ce pass sera donc étendu aux cafés, restaurants, foires et salons professionnels, ainsi qu’aux avions, trains, cars longs trajets, aux établissements médicaux sauf urgence et aux centres commerciaux sur décision des préfets. Les jeunes de 12 à 17 ans sont exemptés de pass sanitaire jusqu’au 30 septembre, selon l’accord trouvé entre députés et sénateurs.
Les salariés des secteurs concernés auront l’obligation de disposer d’un pass sanitaire à compter du 30 août. Un salarié sans justificatif sera suspendu, sans salaire. Si la situation perdure plus de trois jours, la personne sera convoquée pour un entretien afin d’examiner « les moyens de régulariser sa situation, notamment les possibilités d’affectation » sur un poste non soumis à l’obligation du pass.
L’utilisation d’un pass frauduleux sera sanctionnée par une amende de 135 euros.
Les salariés et agents publics bénéficient d’une autorisation d’absence pour se rendre aux rendez-vous médicaux liés aux vaccinations contre le Covid-19.
La loi rend obligatoire la vaccination des personnels des hôpitaux, cliniques, Ehpad et maisons de retraite, sapeurs pompiers, de certains militaires (mais toujours pas les policiers : pourquoi une telle faveur ?), ainsi que pour les professionnels et bénévoles auprès des personnes âgées, y compris à domicile. Cette obligation de vaccination (ou de présentation d’une attestation de rétablissement après le Covid-19) prendra effet le 15 septembre. Les professionnels qui refusent la vaccination seront alors interdits d’exercer, avec suspension du salaire.
Les personnes dépistées positives au Covid-19 devront se placer à l’isolement pour une durée non renouvelable de dix jours dans le lieu d’hébergement qu’elles déterminent (est-ce que cela signifie qu’elles doivent s’éloigner de leur famille ? Est-ce à elles de payer l’hébergement nécessaire ?). L’isolement pourra s’achever plus tôt en cas de test négatif. Un recours sera possible devant le juge des libertés et de la détention (ce qui assimile le malade à un délinquant ou criminel !).