Étiquette : Les libertés en France

Un sujet d’actualité au collège aussi

Je suis très gêné avec la règle, non écrite (ce qui est un comble) en vigueur au collège interdisant le port de la jupe « trop » courte (et il y a deux ans de la jupe tout court !), du short, des décolletés et des tee-shirts laissant voir le ventre et enfin des pantalon à trou. En éducation civique, j’explique que la loi doit être écrite pour être valable, ce qui est donc un premier problème quand le règlement intérieur ne parle que de « tenue correcte ». Le second est que ces interdictions visent (j’espère visaient depuis que j’ai fait la remarque) explicitement les filles, ce qui est contraire au principe d’égalité devant la loi, que j’enseigne également.  Pour les faire passer, on explique aux filles que c’est pour leur bien, pour les protéger des remarques et attouchements. Cette après-midi, comme le sujet revenait dans l’une de mes troisièmes, une fille a déclaré : « c’est injuste, monsieur, c’est nous que l’on prive de liberté alors que c’est les garçons qu’il faudrait éduquer ». Je lui ai répondu que j’étais d’accord avec elle, mais ensuite ? Que pouvons-nous faire, en effet, au sein du collège, pour que les garçons arrêtent de mal se comporter ? J’ai envie de lancer cette classe sur ce thème, en EMC, pour élaborer un projet.
Reste le problème des adultes dans les établissement ou dans les ministères, qui semblent avoir souvent une vision sexiste de la tenue féminine. Comme si laisser voir un bout de cuisse ou de ventre, notamment à 14 ans, relevait d’une intention et n’était pas « normal »…

S’habiller normalement ? Ah, oui, évidemment, il veut dire « toujours en noir »… Ouf !

Il a réussi à énerver ma femme… Dans le collège où j’enseigne, j’ai réussi à faire changer le discours du principal, qui stigmatisait trop les filles dans son discours de rentrée à propos de la « tenue correcte exigée ». Mais les propos du ministre pose aussi problème car il faudrait définir une normalité universelle et non pas dépendante de des goûts, de l’âge ou de l’idéologie de quelqu’un, fusse-t-il ministre ! Ce que je pense impossible. Quant au bon sens, c’est une expression vaine que je voudrais voir bannie de notre vocabulaire.

Une loi scandaleuse proposée à l’assemblée !

Plusieurs syndicats de police protestent contre la pratique visant à diffuser des images des forces de l’ordre en intervention, principalement lors de manifestations ou d’interpellations. Le député des Alpes-Maritimes, Eric Ciotti (Les Républicains), est allé dans leur sens en déposant, mardi 26 mai, une proposition de loi à l’Assemblée nationale visant à interdire « la diffusion, par quelque moyen que ce soit et quel qu’en soit le support, de l’image des fonctionnaires de la police nationale, de militaires, de policiers municipaux ou d’agents des douanes » sous peine d’une condamnation à 15 000 euros d’amende et un an d’emprisonnement. Selon cette proposition Les forces de l’ordre doivent être « non identifiables dans l’espace médiatique, y compris sur les réseaux sociaux ».
Les vidéos qui circulent sur les réseaux sociaux montrent pourtant les abus, de plus en plus nombreux semble-t-il dans l’usage de la force par ceux qui ont d’abord le devoir de protéger. Elles sont nécessaires alors que bien souvent il n’y a pas de poursuite contre ces policiers indignes de leur fonction. Et cette proposition de loi est scandaleuse et contraire son atteinte à plusieurs principes fondamentaux garantis par la Constitution française et par les textes européens !

Une volonté de réécrire l’histoire ?

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Des manifestants ont vandalisé, vendredi 22 mai, deux statues de Victor Schœlcher à Fort-de-France et à Schœlcher, en Martinique. Il s’agit de monuments rendant hommage à l’homme qui avait décrété l’abolition de l’esclavage, le 27 avril 1848.
Relayée sur les réseaux sociaux, la vidéo de la chute de ces statues a été filmée par les activistes eux-mêmes, qui se présentent comme anti-héritage colonial. « Schœlcher n’est pas notre sauveur », ont par ailleurs écrit dans un communiqué les manifestants.
La Fondation pour la mémoire de l’esclavage a expliqué, samedi dans un communiqué, que la lutte contre l’esclavage « a réuni les personnes réduites en esclavage, qui n’ont cessé de se révolter contre leur état, et l’ont fait encore le 22 mai 1848 en Martinique, et des militants abolitionnistes comme Victor Schœlcher ».
Le 22 mai 1848, les esclaves qui s’étaient rebellés contre les colons ont obtenu leur liberté en Martinique au terme de plusieurs jours de violentes émeutes. Des faits qui sont intervenus moins d’un mois après la signature, à Paris, le 27 avril, du décret d’abolition de l’esclavage, porté notamment par Victor Schœlcher. Après l’abolition, Victor Schœlcher devint député de la Martinique. Son nom est donné à la bibliothèque de Fort-de-France puis, en 1889, à la nouvelle ville de Case Navire. Selon les activistes ces hommages empêchent la reconnaissance des héros locaux de l’abolition.
Pour une fois, je suis d’accord avec La ministre des outre-mer qui a déclaré que s’il est « permis à tous de questionner l’histoire, cela nécessite un travail méthodique et rigoureux. En aucun cas cela ne doit se faire à travers la destruction de monuments qui incarnent notre mémoire collective ».

D’après un article du Monde.fr