Catégorie : Biographies

Une lecture passionnante

9782818503478

J’ai terminé ce midi la biographie de Denis Diderot par Jacques Attali. Entamée hier, je l’ai lue d’une traite, avec plaisir, en y retrouvant le talent de l’auteur pour raconter, sans jamais lassé. Je me suis rendu compte que je connaissais rien de la vie du principal directeur et auteur de l’Encyclopédie et assez peu de ses écrits, en dehors de ladite encyclopédie et de ces romans. Cela m’a donné envie de me procurer ses oeuvres, éditées chez Robert Laffont et de lire plus particulièrement sa correspondance.

Voici deux citations trouvées dans la biographie que je compte réutiliser l’an prochain dans le cours de quatrième sur les Lumières :
– A propos de l’Encyclopédie :
«Cet ouvrage produira sûrement avec le temps une révolution dans les esprits, et j’espère que les tyrans, les oppresseurs, les fanatiques et les intolérants n’y gagneront pas. Nous aurons servi l’humanité ; mais il y aura longtemps que nous serons réduits dans une poussière froide et insensible lorsqu’on nous en saura quelque gré.»
Diderot, lettre à Sophie Volland.

«La liberté est la propriété de soi. On distingue trois sortes de liberté : la liberté naturelle, la liberté civile, la liberté politique ; c’est-à-dire la liberté de l’homme, celle du citoyen et celle d’un peuple. La liberté naturelle est le droit que la nature a donné à tout homme de disposer de soi à sa volonté. La liberté civile est le droit que la société doit garantir à chaque citoyen de pouvoir faire tout ce qui n’est pas contraire aux lois. La liberté politique est l’état d’un peuple qui n’a point aliéné sa souveraineté et qui fait ses propres lois, ou est associé en partie à sa législation. La première de ces libertés est, après la raison, le caractère distinctif de l’homme.»
Collaboration de Diderot à l’ Histoire philosophique et politique des établissemens et du commerce des Européens dans les deux Indes, de Guillaume-Thomas Raynal, 3e édition, J.-L. Pellet, Genève, 1780.

Le bonheur de penser

9782818503478

« Pourquoi « le bonheur de penser » ?
Le bonheur de penser, qu’incarne Diderot, a été et reste un enjeu d’une immense importance. Car si le seul sujet qui occupe les hommes, en fait, est celui de leur bonheur, penser en est une des sources principales avec l’amour, la liberté et la satisfaction des besoins matériels. Penser, c’est réfléchir, raisonner, méditer, mais aussi rêver, créer, fantasmer.
Penser est une forme extrême d’épanouissement, une des plus mystérieuses activités humaines. Notre cerveau reste un continent encore largement inexploré : qu’est-ce que penser ? Comment pense-t-on ? Comment a-t-on conscience de soi ? Comment viennent les idées ? Comment raisonne-t-on ? Comment réfléchit-on ? Comment apprend-on ? Comment crée-t-on ? A-t-on besoin de voir, d’entendre, de sentir, de toucher, de lire pour penser ? Existera-t-il un jour, grâce aux technologies qui rendront possible la transmission de pensée, quelque chose comme une pensée collective ? Les croyances et les idéologies n’en constituent-elles pas les prémices ?
Les neurosciences démontreront bientôt, j’en suis sûr, que penser est une activité nécessaire à la santé, à la vie même. En même temps qu’une des dimensions les plus originales de la condition humaine : quelle machine pourrait rivaliser avec toutes les potentialités du cerveau ? Aucune, à l’évidence. 100 milliards de neurones, avec 10 000 connections possibles pour chaque neurone. Quel plaisir pourrait être plus grand que d’en faire un usage aussi vaste que possible ? Aucun, évidemment.
L’acte de penser est aussi un acte politique. Parce que le droit et le devoir de penser font partie des droits et des devoirs de l’homme. »

J’ai trouvé ce passage dans l’introduction de la biographie de Diderot écrite par Jacques Attali.

Les limites des Lumières

61_1

« Ainsi toute l’éducation des femmes doit être relative aux hommes. Leur plaire, leur être utiles, se faire aimer et honorer d’eux, les élever jeunes, les soigner grands, les conseiller, les consoler, leur rendre la vie agréable et douce, voilà les devoirs des femmes dans tous les temps et ce qu’on doit leur apprendre dès leur enfance. »

1777_COUV_sophiegermain.qxp

Ma femme a découvert cette citation tirée de l’Emile ou de l’éducation de Jean – Jacques Rousseau en préparant la lecture de  Je suis Sophie Germain, de Anne Boyé et Christine Charreton, à ses élèves.
Autant pour l’égalité… Voilà un auteur qui ne remonte pas dans mon estime !

 

Toujours Gracq…

Dans la course aux derniers achats de Noel, nous avons pris le temps de flâner un peu. Et au détour de la librairie / salon de thé où nous avons déjeuné, j’ai déniché deux Gracq que je ne possédais pas encore : Les eaux étroites et Carnets du grand chemin. Mon amie a elle craqué sur le Découvertes Gallimard consacré à Gauguin, à défaut de trouver une biographie du peintre.
Ayant revu il y a quelque jours la pièce filmée « Le souper », je me suis aussi procuré le Fouché de Zweig et le Talleyrand de Emmanuel de Waresquiel.