Catégorie : In memoriam

Mort d’un survivant du dernier convoi de déportés français

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Monsieur Clément Verfaillie témoignant en 2015

Ouest-France a fait paraître l’avis de décès de Clément Verfaillie, l’un des deux derniers survivants du dernier convoi de déportés français, parti le 15 août 1944 pour le camp de Buchenwald. Clément Verfaillie, après s’être longtemps tu, avait beaucoup témoigné auprès des élèves des collèges et lycées.
Voici comment il résumait ce qui lui était arrivé, en 2014, alors qu’il témoignait toujours devant les plus jeunes malgré ses 89 ans.
« Comme tous les étudiants de cette époque, j’aidais aux champs en raison de la mobilisation des paysans. J’ai croisé ainsi le chemin d’un réseau de résistants qui m’a chargé de transporter du matériel radio. Sur dénonciation, j’ai été arrêté par la milice à 19 ans à Condé-sur- Sarthe. S’ensuivirent des interrogatoires musclés. Le 10 août, je suis transféré à la prison de Fresnes avec des compagnons d’infortune. Le 15 août, je suis mis dans le dernier convoi en direction du camp de Buchenwald. Le 8 mai 45, on a été délivrés sur la frontière tcheco-autrichienne par les Russes et amenés dans un hôpital tchécoslovaque. Je pesais 40 kg pour 1,80 m. Pour rentrer à Paris, tout le monde faisait comme il pouvait. Je suis monté dans un train et j’ai pu être embarqué dans un avion allié qui a atterri en cachette à Colmar. De là, j’ai pris un train pour Paris« .
Vous pourrez lire ici le compte rendu de son témoignage auprès d’élèves du collège Saint – Tudy de l’île de Groix, en 2015.

Dualité française

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Emmanuel Macron présidera un hommage national à l’écrivain Jean d’Ormesson, vendredi 8 décembre, à l’hôtel des Invalides à Paris, comme ce fut le cas pour Simone Veil il y a peu.
La Présidence de la république a aussi annoncé qu’un hommage populaire à Johnny Hallyday serait organisé samedi  9 décembre à Paris. Le convoi funéraire partira de l’Arc de triomphe, puis descendra les Champs-Elysées jusqu’à la place de la Concorde avant de se rendre à l’église de la Madeleine pour une messe. Emmanuel Macron prendra brièvement la parole au cours de la cérémonie.

« J’s’rais content quand tu s’ras mort, vieille canaille… »

Je n’étais pas amateur des chansons de Johnny Hallyday, sauf de sa reprise de « Je ne suis pas un héros » de Daniel Balavoine et de sa participation au conte musical « Émilie Jolie ». Mais c’est un personnage de la chanson française qui a disparu et surtout le témoin et le marqueur d’une époque, celle des années 60 (son premier disque de quatre titres sort en mars 1960). Il a popularisé le Twist  et a fait connaître Jimmy Hendrix en France, qui a joué en première partie de ses concerts alors qu’il n’était pas encore connu.

Mais il a surtout propagé le rock’n roll, bousculant une société rigide par ses gesticulations et ses provocations, à l’instar d’un Elvis Presley aux États – Unis. La chanson « Jesus Christ (est un hippie) » écrite par le romancier Philippe Labro en est un exemple qui fait sourire aujourd’hui, mais qui a fait grincer des dents à sa sortie, en 1970.
Au cours de sa longue carrière, Johnny Hallyday a enregistré 50 albums et fait 183 tournées de concerts.
Je termine cet article par ce clip illustrant une chanson enregistrée avec Eddy Mitchell, revenant sur leur amour du cinéma et de la culture américaine des années 50 et 60.

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EDIT : mon amie Barbara m’a soufflé cette citation de Pierre Desproges :
« J’ai pas peur de l’avouer, j’avais quarante ans passés, eh bien, le jour de la mort de Brassens j’ai pleuré comme un môme. J’ai vraiment pas honte de le dire.
Alors que – c’est curieux – mais, le jour de la mort de Johnny Hallyday, j’ai repris deux fois des moules. »

J’ai repris deux fois des moules… Cela aurait fait un excellent titre d’article !

« Le roi m’aimait, les pauvres me pleurèrent »

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J’ai découvert l’oeuvre de Jean d’Ormesson par la télévision, avec l’adaptation de son roman Au plaisir de Dieu, alors que j’étais enfant, et que j’ai lu par la suite.  Cela faisait partie des moments télévisuels familiaux qui ont bercé mon enfance, en compagnie de ma mère et de ma grand-mère. Plus tard, j’ai lu de lui Histoire du juif errant, La Douane de mer et Presque rien sur presque tout. Et puis j’ai vu ses entretiens avec Olivier Barrot à propos de son Histoire personnelle de la littérature française.

Jean d’Ormesson avait une belle écriture, témoignage d’une autre époque, comme celle de Julien Gracq. L’entendre parler avec une grande culture des livres et des écrivains, avec ses yeux si brillants, était un plaisir. Il avait aussi un humour extraordinaire, touchant à la malice, qui faisait transparaître le petit enfant qu’il avait été. Mais jean d’Ormesson était un vieil homme, ce qui se sentait dans ses idées politiques et sociales, plutôt réactionnaires : c’est la partie de sa personnalité qui me séduisait le moins.

Triste coïncidence

Je regardais hier soir le film Saint Germain ou la négociation, adapté du roman de Françis Walder, dans lequel Jean Rochefort tenait le rôle de Henri de Malassise, diplomate à l’époque des guerres de religion, qui a permis de conclure paix de Saint Germain en 1570. Et ce matin, nous apprenons la mort de ce formidable comédien de cinéma et de théâtre. Parmi les films marquants pour moi : Que la fête commence, Le Crabe tambour, Je suis le seigneur du château, Le mari de la coiffeuse, Ridicule, Les Grands Ducs, L’homme du train et J’ai toujours rêvé d’être un gangster.

Une triste nouvelle

C’est en visionnant cette intervention de Philippe Torreton au sujet des exclus de la culture que j’ai appris la mort de Gérald Désir, un collègue de français que j’ai connu au lycée Val de Seine de Grand Quevilly. En plus des cours, il s’occupait avec passion de l’option théâtre au lycée, suscitant de nombreuses vocations au fil des années. Je me souviens de ses coups de gueule et de ses envolées en salle des professeurs ainsi que de sa formidable culture.