Catégorie : In memoriam

Yves Coppens (1934 – 2022)

Il est le paléontologue co-découvreur du fossile d’australopithèque surnommé Lucy, en 1974, en Ethiopie (avec le paléoanthropologue américain Donald Johanson et le géologue français Maurice Taieb). Il fut aussi directeur du Muséum national d’histoire naturelle et titulaire de la chaire de paléontologie et préhistoire au Collège de France. Il est l’auteur de nombreux livres sur la préhistoire et l’origine de l’humanité.
Carbone 14, le magazine de l’archéologie de France culture, lui rendra hommage samedi 25 juin à 19h30.
L’émission A voix nue proposait en 2006 un portrait de lui en cinq épisodes ici.

L’émission hommage de Carbone 14.

Claude Michelet (1938 – 2022)

Claude Michelet en 1975 dans l’émission Apostrophes.

Il était le fils du résistant et ministre Edmond Michelet. Il avait arrêté ses études à Paris pour se consacrer à l’agriculture et à l’écriture. Agriculteur le jour, écrivain des paysans la nuit, Claude Michelet écrivit une trentaine de romans sur la vie paysanne. Il participa à la création de l’école de Brive, avec Michel Peyramaure, Christian Signol et Gilbert Bordes (même s’il a toujours contesté cette appellation comme « Une invention de journaliste récupérée par Robert Laffont »).
Claude Michelet a connu le succès avec l’histoire de la famille Vialhe, une très belle saga en quatre livres qui suit cinq générations de paysans dans un village fictif de la Corrèze, entre la fin du XIXe et le milieu du XXe siècle. Les deux premiers romans furent adaptés en une série télévisée en six épisodes en 1984 La lecture de ces romans et le visionnage de cette série, partagés avec ma mère et ma grand-mère, constitue l’un de mes beaux souvenirs d’enfance.

Boris Romanchenko (1926 – 2022)

Lors de la Seconde Guerre mondiale, Boris Romanchenko avait été déporté en Allemagne en 1942, à l’âge de 16 ans, comme travailleur forcé. C’est après une tentative d’évasion qu’il avait été envoyé au camp de Buchenwald, en 1943. Il avait ensuite été interné à Peenemünde, Mittelbau-Dora et Bergen-Belsen. Avant de rentrer en Ukraine, après la guerre, il avait dû servir plusieurs années dans l’armée soviétique stationnée en Allemagne de l’Est. Ce survivant de la Shoah qui a lutté toute sa vie pour éviter que ne tombent dans l’oubli les crimes nazis est mort le 18 mars dernier dans un bombardement de l’armée russe à Kharkhiv, en Ukraine. Une frappe a touché l’immeuble de plusieurs étages dans lequel il vivait et son appartement, situé au huitième étage a brûlé, alors que malade, il ne pouvait pas le quitter.

Boris Romanchenko photographié dans sa tenue de déporté devant la grille du camp de Buchenwald.

Philippe Contamine (1932 – 2022)

L’historien Philippe Contamine est mort le 26 janvier dernier. Il était connu pour être un spécialiste de Jeanne d’Arc et de l’histoire de la France au XVe siècle. Né en 1932 à Metz, il a grandi dans une famille marquée par les guerres contre l’Allemagne. Son père, Henry Contamine (1897-1974), engagé à 17 ans dans la Première Guerre mondiale, fut un spécialiste d’histoire militaire reconnu.
Philippe Contamine quitta Metz lorsque celui-ci fut nommé professeur d’histoire à la faculté de lettres de Caen. Après des études au lycée Hoche à Versailles et au lycée Louis-le-Grand à Paris (en hypokhâgne et khâgne), il passa l’agrégation d’histoire en 1956. Il s’intéressa alors à l’histoire médiévale en optant pour le même objet historique que celui étudié par son père : sa thèse intitulée Guerre, Etat et société à la fin du Moyen Age. Etudes sur les armées des rois de France (1337-1494), soutenue en 1969, fut publiée en 1972. Dans les années 1960, Philippe Contamine publia d’autres ouvrages sur la société guerrière du XVe siècle : Azincourt (Julliard, 1964) et La guerre de Cent Ans (PUF, 1968).
Assistant à la Sorbonne, puis maître de conférences, il devint professeur d’histoire médiévale à l’université Nancy-II, à partir de 1970. En tenant de l’école des Annales, il s’intéressa à la vie des gens en publiant La Vie quotidienne pendant la guerre de Cent Ans : France et Angleterre, XIVe siècle (Hachette, 1976).
Devenu directeur du Centre Jeanne-d’Arc d’Orléans de 1985 à 1989, il lui consacra plusieurs ouvrages, dont De Jeanne d’Arc aux guerres d’Italie. Figures, images et problèmes du XVe siècle (Paradigme, 1994) et surtout le Jeanne d’Arc. Histoire et dictionnaire (Robert Laffont, 2012), qu’il codirigea avec Olivier Bouzy et Xavier Hélary.
Nommé professeur à la Sorbonne en 1989, il se pencha alors sur Charles VII, roi de France éclipsé par la figure de Jeanne d’Arc. L’historien entreprit de le réhabiliter dans la biographie Charles VII. Une vie, une politique, publiée chez Perrin, en 2017.

D’après un article du Monde.fr