Catégorie : In memoriam

La fin des enquêtes de Nicolas Le Floch

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L’auteur de romans policiers historiques Jean-François Parot est mort ce mercredi 23 mai. Il avait créé le personnage de Nicolas Le Floch, commissaire de police au Châtelet sous les règnes de Louis XV et Louis XVI. Les quatorze romans de cette série mêlent habilement et agréablement intrigues policières et reconstitutions historiques, notamment du Paris de l’époque. Ils comportent aussi des digressions culinaires à propos de recettes d’époque. Cette série d’enquêtes a été adaptée à la télévision de manière convaincante en douze épisodes, dont quatre ne s’appuient toutefois pas sur les romans.
« L’époque est riche de destins comme celui de Nicolas. J’ai beaucoup consulté les archives du Quai d’Orsay. J’y ai trouvé des histoires que je n’oserai jamais écrire : elles sont beaucoup trop invraisemblables », expliquait l’écrivain au journal Le Monde en 2009.
Né en 1946 à Paris, Jean-François Parot avait commencé sa carrière comme diplomate en 1974, à Kinshasa d’abord puis à Djibouti, Ho Chi Minh-Ville, Ouagadougou, Athènes, Tunis et la Guinée-Bissau, où il a été ambassadeur de 2006 jusqu’à sa retraite, en 2010.

Soeur Agnès – Marie Valois (1914 – 2018)

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Pour les Canadiens, elle était l’« ange blanc ». Sœur Agnès-Marie Valois, ainsi surnommée par les soldats canadiens qu’elle avait soignés lors de l’opération « Jubilee » sur Dieppe, en août 1942, est morte, jeudi 19 avril, à l’âge de 103 ans au monastère de Thibermont en Seine-Maritime.
Née à Rouen, en 1914 dans une famille d’industriels ayant créé une corderie mécanique, elle suivit des études à la Croix-Rouge pour devenir infirmière. Elle entra dans les ordres en 1936, chez les augustines de la miséricorde de Jésus.
Lors de l’opération « Jubilee » du 19 août 1942 sur Dieppe –, au cours duquel plus de 3000 des 6100 participants, en majorité canadiens, sont capturés ou tués, elle était infirmière à l’Hôtel-Dieu de Rouen. Des centaines de blessés canadiens de l’opération y affluèrent. Comme les autres religieuses, elle prit en charge les victimes, sous les menaces, voire les coups des Allemands, qui n’entendaient pas leur prodiguer tous les soins requis.
En 1968, après la fermeture de l’Hôtel-Dieu rouennais, elle s’installa au monastère de Thibermont, à Martin-Eglise tout près de Dieppe. Elle continua à exercer en tant qu’infirmière à l’hôpital dieppois, avant de prendre sa retraite en 1979.
La ville de Dieppe lui rendra un hommage mardi au cimetière des Vertus, où reposent la majorité des victimes canadiennes du raid de 1942.

Linda Brown (1942 – 2018)

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Linda Brown en photo dans la classe de l’école pour blancs

En 1951, une école publique du Kansas avait refusé l’inscription de Linda Brown , d’origine afro-américaine, ce qui avait débouché sur une procédure judiciaire et l’interdiction de la ségrégation raciale dans les écoles des Etats-Unis en 1954 suite à un arrêt de la Cour suprême.
En 1951, Oliver Brown, qui résidait à Topeka, avait voulu inscrire sa fille de 9 ans dans une école proche du domicile familial, réservée aux Blancs. La petite Linda avait été refusée au prétexte qu’elle était noire et l’écolière avait été forcée d’aller en classe dans une école nettement plus éloignée. A l’époque, la plupart des Etats du Sud avaient ainsi la possibilité de séparer ainsi les élèves noirs et blancs. Le père de Linda Brown avait alors contesté en justice, dans une plainte en nom collectif, cette loi du Kansas qui autorisait les villes de plus de 15 000 habitants à établir des écoles séparées.
Linda Brown est morte le 26 mars dernier.

Pierre Milza (1932 – 2018)

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L’historien Pierre Milza, né le 16 avril 1932 est mort mercredi 28 février. Il avait consacré sa thèse, dirigée par Jean-Baptiste Duroselle, aux relations franco-italiennes à la fin du XIXe et au début du XXe siècle. Fils d’un immigré italien, il avait également publié une monumentale histoire de l’immigration italienne en France, dans Voyage en Ritalie (Plon, 1993).
Professeur émérite des universités à l’Institut d’études politiques de Paris, Pierre Milza avait également enseigné à Florence, Parme et Genève. Président d’honneur de la Revue d’histoire moderne et contemporaine, il a aussi dirigé le centre d’histoire de Sciences Po.

Il fut également l’auteur de nombreux manuels, parfois en collaboration avec Serge Berstein, qui ont été la bible de nombreux étudiants d’ hypokhâgne et khâgne, dont je fus.

Portrait de femme : Margot Duhalde (1921 – 2018)

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Margot Duhalde avait été une pionnière de l’aviation chilienne. Âgée de 16 ans, elle était parvenue à convaincre ses parents de la laisser quitter Rio Bueno, localité du sud du Chili, pour s’installer à Santiago, la capitale, afin d’apprendre à voler.
À 20 ans et avec à peine une cinquantaine d’heures de vol à son actif, elle s’engagea comme sergente-pilote au consulat de la France libre à Santiago et fut la seule femme pilote de la France libre.
En Angleterre, les Forces aériennes françaises libres refusèrent pourtant de l’admettre dans les escadrilles de combat. Elle rejoignit finalement l’Air Transport Auxiliary, organisation au service de la Royal Air Force, pour assurer le transfert des avions entre les usines et les aérodromes. Au total, Margot Duhalde a pris les commandes de plus de 1500 appareils anglais ou américains et de tous types, chasseurs, bombardiers, avions de transport et d’instruction.

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Ayant ainsi accumulé les heures de vol, Margot Duhalde retrouva le Chili après la guerre. Forte de son expérience, elle rejoignit la compagnie aérienne Lipa-Sur, puis la force aérienne chilienne, au sein de laquelle elle obtint le grade de colonel.

Mort de l’éditeur Jean-Claude Lattès

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Fondateur de la maison d’édition qui porte toujours son nom, Jean-Claude Lattès est mort ce samedi 27 janvier.
Né à Nice en 1941, Jean-Claude Lattès se définissait comme un passeur. D’informations, d’abord puisqu’après après ses études à l’Ecole supérieure de commerce, il devint journaliste au service culture de Combat.
De livres, ensuite, évidemment : en 1965, il entra aux éditions Robert Laffont et trois ans plus tard,  il fonda, avec Jacques Lanzmann, Les Editions spéciales, dont la première publication fut Ce n’est qu’un début, de Philippe Labro, consacré aux événements du mois de mai.
Après des débuts difficiles, la maison qui avait été rebaptisée Jean-Claude Lattès prit la décision de rééditer tous les livres de la série Tarzan, de l’écrivain américain Edgar Rice Burroughs, ce qui sauva l’entreprise, selon  l’éditeur lui-même.
Les années suivantes virent arriver le succès avec  la publication d’Un sac de billes de Joseph Joffo (1973), l’arrivée d’auteurs tels Amin Maalouf ou Jean d’Ormesson. Jean-Claude Lattès publia aussi l’écrivain égyptien Naguib Mahfouz, qui obtint en 1988 le prix Nobel de littérature.
En 1981, Jean-Luc Lagardère, qui venait de reprendre Hachette, lui proposa de racheter sa maison en lui offrant la direction du département livres de tout le groupe. Jean-Claude Lattès accepta et en fit le troisième groupe d’édition au monde.
Mais en 1991, âgé de 50 ans, il quitta le milieu de l’édition pour se consacrer à l’écriture de romans historiques d’abord en collaboration ( Le Seul Amant et Marguerite et les enragés avec Eric Deschodt) puis seul  (Le Dernier Roi des juifs paru en 2012).

D’après un article du Monde.fr