Étiquette : L’Eglise au Moyen – Âge

Mise au jour des fondations de la Chapelle de la Madeleine à Rouen

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Photo Bénédicte Guillot. Inrap.

Les fouilles archéologiques sur le côté sud du parvis de la cathédrale Notre-Dame de Rouen se sont terminées le 15 juillet dernier. Les archéologues ont fait de nombreuses découvertes, avec notamment la mise au jour des soubassements d’une église du XVIe siècle, connue notamment par le Livre des Fontaines, dont les dernières traces avaient disparu durant la Seconde guerre mondiale. Le 9 juin 1940, un incendie menaçant d’embraser la cathédrale, les Allemands décidèrent de dynamiter un groupe de maisons attenantes à l’édifice, sur son côté sud, pour empêcher que le feu n’atteigne le monument. Or, ces habitations étaient bâties sur les fondations de l’église de l’hôtel-dieu, construite au XVIe siècle puis désacralisée et détruite. Au fil des années, les habitants y avaient aménagé des caves, des escaliers et détruit certains murs.
Le prieuré de la Madeleine, qui réunissait l’Hôtel-Dieu, deux communautés religieuses et une cure, était un ensemble compact de constructions, au sud de la cathédrale, composé de plusieurs cours : les parties conventuelles à l’ouest pour les religieux sur la rue du Change, au sud pour les religieuses sur la rue de la Madeleine ; à l’Est se trouvait la grande salle des malades, le long de la rue du Panneret. Au milieu de ces bâtiments se trouvait la cour du Chariot avec le ou les chariots servant à transporter les morts, une fontaine et un petit cimetière.
La première chapelle de la Madeleine, nom pris après la déposition des reliques par l’archevêque de Rouen Eudes Rigaud en 1268, destinée aux religieux mais aussi aux malades, était située rue de la Madeleine. Elle fut détruite en 1508 et remplacée par une nouvelle chapelle, située rue du Change. Achevée en 1533, celle-ci fut détruite en 1764 après la fermeture de l’Hôtel – dieu et remplacée par un quartier d’habitations qui a réutilisé en partie ses fondations.
Pour mieux reconstituer le lieu, les chercheurs vont utiliser la photogrammétrie, qui va permettre de représenter virtuellement l’église en trois dimensions à partir de photos prises au moment des fouilles après avoir enlever virtuellement les éléments ajoutés a posteriori.
Les résultats de ces fouilles seront présentés au public en juin 2020 lors d’une exposition au Musée des Antiquités.

D’après plusieurs articles dont un du Figaro.fr

A voir ce week-end

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Depuis quelques jours une fouille est menée par les archéologues de l’Institut national de recherches archéologiques préventives sur le site de la nécropole des Mastraits (toponyme qui indique la présence d’un cimetière ou d’un lieu de culte), situé en plein centre-ville de Noisy – le – Grand. Elle a été mise au jour en 2008 et abrite des sépultures datant de l’époque mérovingienne et carolingienne, entre le Vème et le IXe siècle. 750 ont déjà été découvertes en 2008 et en 2017, leur contenu analysé et déplacé avant que des bâtiments et un parking soient ensuite construits à la place.Si la fouille qui va durer jusqu’au 28 juin porte sur une parcelle de 300 m², cela ne concerne qu’une petite partie de la nécropole dont la surface est estimée à 1200 m² et qui pourrait contenir de 3000 à 5000 tombes.
Chez les Mérovingiens, les morts étaient enterrés dans les sarcophages, habillés, avec des objets. A l’ère Carolingienne, l’Eglise a accru son influence et réclamé plus d’austérité. Les corps étaient donc enterrés à même la terre, nus dans un linceul, sans ostentation, la tête positionnée vers Jérusalem.
Commandée par la municipalité, cette fouille n’est pour une fois pas liée à un projet d’aménagement et se fait donc sans pression. Le chantier est ouvert au public et quatre médiateurs y travaillent à accueillir les curieux, les habitants et les enfants des écoles et collèges.
À l’occasion des Journées nationales de l’archéologie, des visites et des ateliers sont prévus tout ce week-end de 10h à 17h.

On ne doit pas effacer le passé

Les autorités religieuses, des historiens et des citoyens se querellent en Allemagne sur le devenir d’un bas-relief datant de 1305. La sculpture, présente sur la façade de l’église de la ville de Wittenberg, en Saxe-Anhalt, présente une truie allaitant des juifs, ainsi qu’un rabbin examinant la croupe de l’animal. Il s’agit d’une représentation commune du monde germanique médiéval appelée «Judensau», ou «truie des Juifs». En 2016, une pétition lancée par un théologien britannique demandait le retrait de la sculpture, lançant un débat qui ne s’est pas tari depuis. Le 24 mai dernier, un tribunal a rejeté une requête, qui réclamait le retrait du bas-relief.
En 2017, le conseil municipal de Wittenberg s’était positionné en faveur du maintien de la «Judensau», prenant le parti de la défense de l’histoire allemande et mettant en avant la plaque de bronze en mémoire des juifs morts durant la Seconde Guerre mondiale, installée depuis 1988 au sol, sous le bas-relief.
Il faut dire que cette sculpture est un symbole fort dans la ville de Martin Luther, point de départ de la réforme protestante. Luther lui-même, antisémite, avait fait une description haineuse de la sculpture, affirmant que le rabbin tentait de lire le Talmud dans l’arrière de la truie.
Pour ma part, je rejoins les propos d’Insa Christiane Hennen, docteur en philosophie à l’université de Wittenberg, qui estime que « les problèmes d’antisémitisme actuel ne peuvent être résolus en éliminant des objets médiévaux. En tant qu’historienne de l’art et conservatrice, je ne peux que plaider pour que cela reste ainsi, complète-t-elle. Bien entendu, il est très important que ces images soient expliquées pour permettre ainsi une distance historique. »
Une trentaine de «Judensau» existent encore en Europe, principalement en Allemagne. Trois sont cependant recensées en France, dans des régions ayant été sous influence germanique durant le Moyen-Âge. L’une se trouve perchée dans la chapelle Notre-Dame du Carmel, au sein de la cathédrale de Metz. Deux autres se trouvent à Colmar: une sur la façade de la cathédrale, l’autre sous forme de gargouille à la collégiale Saint-Martin.

D’après un article du Figaro.fr

Le nom de la rose en série

Le roman Le Nom de la Rose, d’Umberto Eco, va être adapté en série, par la chaîne italienne Rai qui va produire huit épisodes. Le tournage de la série aura lieu dans les studios de Cinecittà avec un budget conséquent de 23 millions d’euros. C’est l’acteur John Turturro, qui devrait jouer Guillaume de Baskerville, un moine franciscain du XIVe siècle qui enquête sur des meurtres dans une abbaye bénédictine du nord de l’Italie. Au cinéma, celui-ci avait été incarné par Sean Connery dans un film réalisé par Jean- Jacques Annaud en 1986.
Il semble que l’écrivain a supervisé l’adaptation en série avant sa mort en 2016.