Étiquette : Espaces et paysages de l’urbanisation

Dakar, deuxième ville la plus polluée au monde

En 2018, l’Organisation Mondiale de la Santé classait Dakar comme deuxième ville la plus polluée au monde. Celle-ci affiche en effet un taux moyen de particules fines de 146 microgrammes par m³, soit plus de sept fois plus que les recommandations.
Toutefois, Dakar est l’une des rares métropoles du continent à fournir des données sur la qualité de l’air et est « en pointe » en la matière en Afrique de l’Ouest : les autorités ont créé en 2009 le Centre de gestion de la qualité de l’air, qui gère six stations de mesure réparties dans tout le pays. Il est donc possible que d’autres villes africaines aient des taux bien pires.
Il n’empêche que la pollution de l’air dakarois est une réalité. Elle est notamment provoquée par les déchets industriels, mais aussi individuels quand ils sont incinérés dans les zones d’habitation, et la déforestation. Il faut y ajouter la poussière amenée du Sahara par l’harmattan pendant la saison sèche.
Le trafic automobile joue également un grand rôle. En janvier 2018, Dakar comptait 300 000 véhicules pour 3,3 millions d’habitants. Ce parc (70% des voitures du pays) s’agrandit chaque année de 8000 véhicules souvent vétustes. De ce point de vue, le relèvement de cinq à huit ans de l’âge des véhicules importés a aggravé la situation. Une situation d’autant plus problématique que le carburant africain contient des taux de soufre beaucoup plus élevés que ceux en vigueur en Europe ou aux Etats-Unis.
Les embouteillages de la capitale sénégalaise, qui regroupe entre 25 et 30% des 15,7 millions d’habitants du pays sont pourvoyeurs de pollution atmosphérique.
L’une des solutions envisagées pour désengorger la ville est la construction d’un train express régional. Un premier tronçon de 30 km, inauguré le 14 janvier, relie le centre à Diamniadio, au sud de la ville. Il s’agit du premier train rapide du pays et de l’Afrique de l’Ouest francophone, construit pour un coût d’environ 1 milliard d’euros.

D’après un article de France Info 

Vous trouverez ici un document sur les mobilités à Dakar pour approfondir ce sujet si vous le désirez.

 

Xiongan, une future ville modèle en Chine ?

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Credits: J. Gu, Y. Liu, M. Okazaki, B. Stigge, M. Sorkin, A. Waxman
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Credits: J. Gu, Y. Liu, M. Okazaki, B. Stigge, M. Sorkin, A. Waxman

(les images viennent d’ici)

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Annoncé en avril 2017, le chantier de la ville nouvelle chinoise de Xiongan a démarré à une centaine de kilomètres au sud-ouest de Pékin, dans la province du Hebei, l’une des plus polluées du pays.
Après Deng Xiaoping qui a transformé un ensemble de villages de pêcheurs en Shenzhen, désormais considérée comme la « Silicon Valley» chinoise et Jiang Zemin qui a fait surgir à Shanghaï le quartier d’affaires de Pudong, symbole de la puissance financière du pays, Xi Jinping a décidé la création d’une ville « verte, moderne, intelligente et de classe mondiale » pour un investissement de plus de 260 milliards d’euros sur quinze ans.
D’après les plans, la nouvelle zone de Xiongan sera quadrillée par des avenues et des rues perpendiculaires et traversée par des canaux qui rejoindront au sud l’immense lac Baiyangdian, destiné à devenir une base de loisirs. Cette ville est pensée pour accueillir seulement 2 à 2,5 millions de personnes et la zone urbaine s’étendra sur 2000 km2 ; et 70% de sa superficie, qui atteindra à terme presque trois fois celle de New York, sera couverte de forêts et de plans d’eau.
Les habitants accéderont à leur lieu de travail, aux écoles, aux magasins et aux espaces verts en quinze minutes à pied maximum. La cité accordera une large place aux objets connectés, à l’intelligence artificielle ou au big data, pour optimiser l’approvisionnement en eau ou en énergie. Les transports seront en grande partie électriques et sous-terrains. La nouvelle ville sera aussi reliée par une ligne de train à grande vitesse au futur aéroport de Pékin, qui sera inauguré cette année.
L’espace défini pour la nouvelle zone urbaine est actuellement constitué de dizaines de villages ruraux aux habitations modestes, traversés de rues en terre. Certains villages sont voués à être convertis en sites touristiques, d’autres devraient être détruits. Des centaines de milliers de personnes pourraient être forcées de déménager. Le chantier englobera aussi la ville de Rongcheng, qui va être rénovée.
Il s’agit à la fois de désengorger Pékin, en transférant vers Xiongan des administrations, des entreprises publiques, des universités ou des instituts de recherche; et de donner de l’oxygène au Hebei, dont l’industrie souffre. Mais les habitants de la province se demandent s’ils trouveront leur place dans cette cité conçue pour une élite. La nouvelle zone économique sera spécialisée dans les nouvelles technologies et il n’y aura pas beaucoup d’opportunités professionnelles pour la population locale, peu éduquée. Au contraire, de nombreux ateliers de confection de vêtements ont été fermé au nom de la lutte contre la pollution, entraînant une forte hausse du chômage.
L’accent mis sur les nouvelles technologies permettra au gouvernement de collecter une masse de données sur les individus, qui devraient être étroitement surveillés par le régime communiste. Scrutée par des caméras et équipée de systèmes de reconnaissance faciale, Xiongan devrait être à la pointe du système de notation des citoyens, qui les punira ou les récompensera en fonction de leur comportement et qui doit être déployé à l’échelle nationale à partir de 2020. Les habitants les mieux notés auront ainsi un accès privilégié à l’éducation pour leurs enfants, au travail ou au logement.

D’après un article du journal Le Figaro du 6 mars.