Étiquette : Espaces et paysages de l’urbanisation

Intégrer les migrants dans les villes

Pour Cyrille Hanappe, maître de conférences à l’École nationale supérieure d’architecture et coordinateur du programme «la Ville accueillante», l’arrivée de migrants dans les villes européennes dans des proportions qui excèdent souvent leurs capacités d’assimilation classiques ne manque pas de poser des questions sur l’urbanisme et l’architecture dans l’avenir.
Il précise que si l’accueil répond à des logiques techniques et foncières différentes des approches constructives classiques, son architecture demande une grande rapidité dans son mode de production, mais ne peut faire l’économie de la réflexion sur le temps long et de son inscription dans des politiques urbaines globales. Ces lieux de vie sont insérés dans les villes et les quartiers qui les entourent et y demeurent souvent bien plus longtemps que les logiques d’urgence donnent à le penser au départ.
Il faudrait donc penser la ville de demain dans une approche qui intègre accompagnement de la mobilité, dignité, respect, émancipation humaine, mais également écologie, rapidité d’installation, transformation et recyclage de l’acte constructif. Le droit à la mobilité est adossé au droit à la ville.
Cyrille Hanappe fait donc quatre propositions d’aménagement.
La première est celle de quartiers d’accueil dépassant la logique de camps puisqu’ils s’inscriraient dans des quartiers sur le long terme. Si leur mode constructif peut recourir à la préfabrication ou à l’utilisation de modules, ils n’en seront pas moins pensés avec autant et même plus d’attention que celle portée à l’architecture du logement classique. Il est également possible de construire des petits bâtiments d’accueil avec des hébergements et des services dédiés, des «Maisons de migrants» intégrées et réparties dans les villes.
La seconde option consiste à investir des logements inoccupés ou voués à la démolition. Il est souvent plus simple d’investir des bureaux abandonnés ou des usines, en centre-ville ou en proche périphérie.
Une troisième approche, plus audacieuse, serait de construire des bâtiments réversibles, servant aujourd’hui à l’accueil, mais demain à des résidences services (étudiants ou personnes âgées), du logement classique, voire des bureaux.
Enfin, il est possible de reconnaître les quartiers précaires comme des établissements humains à long terme et de les sécuriser, puisque 30 % de la population urbaine mondiale habite dans des quartiers informels. Cette approche s’opère déjà avec succès dans de nombreux pays en développement, car elle ne vient pas détruire les solidarités et les économies existantes entre des habitants. Il s’agirait alors de donner à ces bidonvilles un statut de droit, d’y mettre en place des services communs, de faire baisser les risques, de travailler sur les sols, et de favoriser les interactions entre les quartiers.
Cyrille Hanappe précise que ces scénarios ne doivent pas être exclusifs : ils sont appelés à être intégrés dans des démarches globales et peuvent s’additionner et se mélanger les uns aux autres en fonction des politiques et des conditions d’accueil locales, de manière synchrone, ou en se chevauchant au cours du temps.

L’article entier est à lire ici.

Une vidéo sur Shanghai

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Je vais peut-être étudier de nouveau Shanghai en 4e dans le cadre de différents chapitres de géographie : « les paysages de l’urbanisation »,  » les villes dans la mondialisation » et « mers et océans, un monde maritimisé ».

Pour cela, je vais probablement utiliser cette vidéo, quoiqu’un peu longue, extraite de la série documentaire Le tour du monde de Thalassa, proposée par France 3 en 2007.

Organisation de 3 villes françaises

Je fais ici un résumé partiel de cet article de Cybergeo, à destination des élèves de troisième.

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Les organisations socio-spatiales des trois unités urbaines présentent à la fois des ressemblances et des différences. Tout d’abord, à l’image de la plupart des villes européennes, Besançon, Mulhouse et Strasbourg se sont toutes trois construites à partir d’un centre autour duquel se sont développées des ceintures périphériques puis une banlieue. Cette dernière est fortement attirée par la ville-centre pour ses diverses fonctions urbaines. Ainsi, le modèle principal de structure urbaine reste le modèle centre-périphérie.
En ce qui concerne les différences, nous constatons certaines propriétés qui conduisent chacune des villes à se détacher des deux autres.

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À propos de Besançon, on peut voir qu’elle s’éloigne de Mulhouse et Strasbourg par sa banlieue restreinte (banlieue pavillonnaire de type « périurbain ») et par son modèle urbain purement radioconcentrique. En effet, les principaux axes de communication structurent fortement la ville de Besançon et l’urbanisation de sa banlieue s’est principalement faite le long de ces axes, ce qui est moins le cas pour les banlieues mulhousienne et strasbourgeoise. De plus, Besançon ne présente aucune dissymétrie Nord/Sud (ou Est/Ouest) contrairement aux villes alsaciennes étudiées. Le Nord de Mulhouse est fortement occupé par des ouvriers et autres inactifs alors que le Sud (plus précisément les quartiers de Dornach et de Rebberg) affiche une surreprésentation des Cadres et Professions Intellectuelles Supérieures (CPIS) et des professions intermédiaires. À l’inverse, à Strasbourg, les CPIS se localisent dans les quartiers du centre historique et de la Robertsau au Nord incluant le site du Wacken, un quartier d’affaires international. Ces quartiers forment un ensemble aisé qui s’oppose au reste de la ville.

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L’unité urbaine de Mulhouse, quant à elle, se différencie de Besançon et de Strasbourg par son ensemble « centre-péricentre ». En effet, le centre historique mulhousien a tendance à s’agréger à son péricentre et joue assurément un rôle moins structurant que les centres-villes bisontin et strasbourgeois. Il semble que les jeunes adultes (étudiants ou jeunes actifs) ont intensément structuré les villes de Besançon et Strasbourg et notamment leur centre historique, ce qui est moins les cas de Mulhouse. Cette dernière se distingue surtout par sa configuration socio-économique plus ouvrière. La part des CPIS est nettement plus faible qu’à Besançon et Strasbourg (près de 5 points de moins) alors que celle des ouvriers est beaucoup plus forte (près de 9 points de plus). Mulhouse s’apparente donc à une ville industrielle tandis que Besançon et Strasbourg relèvent davantage du secteur tertiaire. Son passé militaire et industriel, notamment la présence d’anciennes grandes cités ouvrières construites selon un plan en damier, lui confère une structure socio-spatiale particulière ; elle décrit une urbanisation moins en étoile qu’à Besançon et Strasbourg. Ces cités ouvrières mulhousiennes s’apparentent à des pôles homogènes qui se différencient du reste de la ville. Aussi, on retrouve un second pôle industriel depuis la découverte de mines de potasse en 1904 dans les communes de banlieue situées au Nord-Ouest de la ville-centre. Par la suite, avec le déclin de l’activité minière, cette partie de la banlieue a développé des zones commerciales offrant ainsi de nombreux emplois aux revenus modestes.

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Enfin, l’unité urbaine de Strasbourg se distingue des deux autres agglomérations d’étude, en commençant par son modèle urbain fortement concentrique. En effet, le noyau central est dominant (forte concentration de population, d’activités économique, de pouvoir…) et on peut observer son influence jusqu’en périphérie. L’important dynamisme démographique de Strasbourg peut susciter à la fois des inconvénients et des avantages. En effet, dans les grandes villes, subsistent généralement plus d’externalités négatives. Ainsi, on pourrait penser que Besançon et Mulhouse jouissent de caractéristiques communes correspondant à ce qu’il est convenu d’appeler « la qualité de vie en ville moyenne ». Cela dit, Strasbourg – cette métropole dont la vocation européenne n’est plus à prouver – possède également de nombreuses fonctions métropolitaines qui permettent une importante quantité et diversité de l’offre d’emploi et de formation, de services publiques, d’équipements, etc., ce qui peut être très attractif pour diverses populations (étudiants, jeunes actifs, cadres…). Par conséquent, la ville de Strasbourg se caractérise par un plus fort besoin en logements. En effet, elle se différencie de Besançon et Mulhouse par son taux de logements collectifs plus élevé, surtout au sein même de sa banlieue. En outre, les propriétaires sont moins présents, sans doute du fait d’un marché immobilier plus tendu7 qui peut, en partie, engendrer des tensions plus importantes rendant délicates les trajectoires des ménages les plus démunis et des classes moyennes. C’est pourquoi une analyse complémentaire des transformations socio-spatiales a été menée en prenant toujours le soin d’identifier des facteurs d’évolution spécifiques qui se trouvent généralement être des facteurs historico-politiques.

Des images satellites pour travailler

Le groupe Airbus propose une galerie de nombreuses images satellites en visualisation ou téléchargement sur son site.

Les images sont classées par thèmes comme les ressources énergétiques,l’agriculture ou le patrimoine même si je ne suis pas convaincu par la présence de certaines images dans ces catégories.
Une catégorie est particulièrement bienvenue : « Actualités » qui met à disposition des documents  originaux permettant une entrée inhabituelle dans un événement. Le site met ainsi à disposition des images de Palmyre ou du séisme en Italie.

Quelques unes des images, qui font écho à ce que j’ai fais en classe :

Merci à monsieur Reyser pour cette découverte.