Étiquette : La République et la citoyenneté

Pourquoi venir en France ?

Alors que je corrige le brevet blanc dans lequel nous avons fait réfléchir les élèves sur ce qui pouvait pousser des personnes à vouloir venir se réfugier en France et ce que signifie les valeurs républicaines, Le Monde publie un article sur le cas d’une jeune femme d’origine ivoirienne et de ses difficultés pour être accueilli dans « le pays des droits de l’homme »…
Les difficultés commençèrent pour elle en novembre 2014, lorsqu’elle décida de fuir un mariage forcé à Abidjan, laissant à une tante ses deux filles (âgées aujourd’hui de presque 6 ans et 3 ans) et s’acheta un aller simple pour la France, le « pays des droits de l’homme » comme elle le dit, mi-ironique, mi-amère.
L’arrivée à Paris fut brutale, loin de ce qu’elle s’était imaginé, loin aussi de ce qu’elle avait vu à la télé.
Dans un premier temps, elle logea dans le Val-d’Oise, chez une amie qui a accepté de l’accueillir à son arrivée. Mais au bout de quelques mois, une fois la demande d’asile déposée auprès de l’Office français de protection des réfugiés et apatrides (Ofpra), elle dut quitter son amie.
C’est alors que commença ce que la jeune femme appelle le parcours du combattant. Pendant quelques mois, elle logea à droite à gauche, parfois pour une nuit seulement, grâce à la solidarité et au bouche-à-oreille, son sac pour unique bagage. Jusqu’à ce qu’elle se retrouve à la rue, avec pour seul revenu l’allocation de demandeur d’asile, soit 11 euros par jour.
La jeune femme passa alors quelques nuits chez un marchand de sommeil dans le 18e arrondissement de Paris, qui lui louait une place dans un dortoir insalubre pour quelques dizaines d’euros. Comme d’autres, elle appela en vain le 115 pour bénéficier d’un hébergement d’urgence. Elle se tourna alors vers France terre d’asile, association d’aide aux demandeurs d’asile. L’association lui proposa un lit dans une chambre à partager avec deux autres personnes dans un hôtel du 11e arrondissement, où elle reste quelques mois.
Plus d’un an après son arrivée en France, la jeune femme obtint finalement une place dans un centre d’accueil pour demandeurs d’asile, dans le 13e arrondissement. L’appartement de quatre chambres accueillait alors huit femmes, toutes réfugiées ou demandeuses d’asile, venant d’Afrique ou d’Asie.
S’ouvrit alors une période d’attente et de désœuvrement. Sa demande d’asile ayant été rejetée une première fois, elle avait formé un recours devant la Cour nationale du droit d’asile (CNDA), à laquelle son avenir en France était suspendu.
Sans formation, la jeune femme n’arrivait pas à trouver du travail. Elle commença donc des cours du soir pour devenir aide à la personne. Le reste de la journée, elle ne faisait rien ou presque : avec 300 euros par mois, tout passait dans la nourriture, le téléphone et les transports pour les rendez-vous administratifs.
Dans ce contexte difficile, c’est la télévision qui servait de soupape. Quitte à se restreindre en nourriture, la jeune femme décida d’acheter un téléviseur pour tuer le temps et oublier un peu ses problèmes. La vie s’organisa alors autour des programmes télévisés. Tout au long de la journée, les chaînes d’information en continu alternent avec les émissions favorites de chacune de ses colocataires de passage, alimentant les conversations.
Sa situation s’améliora en septembre 2016, près de deux ans après son arrivée. La CNDA lui a accordé la protection subsidiaire, estimant qu’elle serait exposée à une menace grave en cas de retour dans son pays. Cette protection internationale lui permet d’obtenir une carte de séjour d’une durée de validité d’un an, renouvelable chaque année si les circonstances ayant justifié l’octroi de la protection sont inchangées ou n’ont pas suffisamment changé pour garantir son arrêt. Après cinq ans de séjour régulier en France, elle pourra demander une carte de résident valable dix ans et renouvelable.
Cette protection lui donne également accès au marché du travail et aux droits sociaux dans les mêmes conditions qu’un réfugié statutaire. La jeune femme effectue aujourd’hui des remplacements en tant qu’auxiliaire de vie auprès de personnes âgées.
Elle a déménagé. En décembre 2016, en tant que bénéficiaire de la protection subsidiaire, elle a obtenu une place dans un appartement grâce au dispositif provisoire d’hébergement des réfugiés statutaires. Elle partage désormais sa chambre avec une autre femme, et l’appartement avec une famille de six personnes. Elle paie une petite partie du loyer, grâce au revenu de solidarité active (RSA), auquel elle a désormais droit.

Voter en prison ? Ce n’est pas possible en fait.

En prison, les détenus sont environ 50 000 à conserver leur droit de vote si on exclut les mineurs, les étrangers et les condamnés expressément déchus de leurs droits civiques. Cependant on note 4% seulement de participation chez les détenus.
Il faut dire qu’à ce jour, le vote par procuration ou la demande de permission pour aller déposer son bulletin (pour les condamnés, non pour les prévenus) restent très difficiles à mettre en œuvre, et ce, malgré la loi pénitentiaire de 2009 qui donne désormais au détenu la possibilité de s’inscrire sur les listes électorales de la commune où il se trouve détenu.
A ce sujet, je croyais que l’installation de bureaux de vote dans les prisons était possible, mais je me suis trompé ! (il faudra que je le précise aux élèves).
Un député a déposé un amendement dans ce sens le 25 janvier 2017 mais il a été repoussé par la Commission des lois. Pourtant le Sénat assurait déjà en 2013 que la seule solution était la mise en place d’un bureau de vote dans les établissements pour favoriser la participation.
Parmi les candidats à l’élection présidentielle un seul s’est emparé de cette question. Déjà sensible au sujet lors du scrutin de 2012, Jean-Luc Mélenchon doit publier d’ici la fin février un livret justice dans lequel il propose l’installation d’urnes dans chaque établissement pénitentiaire. Le candidat demande également à ce que des meetings politiques se tiennent dans les prisons afin d’exposer aux détenus directement leur programme.

D’après un article de Libération.fr

Opinion publique et politique

Le baromètre de la confiance politique réalisé par OpinionWay pour un centre de recherche de Science – Po et du CNRS en janvier 2017 donne des informations intéressante sur l’opinion publique qui portait intéresser les élèves de 3e sur le travail que nous menons en éducation civique. En voici quelques données que j’ai extraites :

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  • notre démocratie fonctionne-t-elle ?

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  • Peut-on avoir confiance dans nos institutions et organismes ?

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  • Quel est l’intérêt et l’opinion des Français pour la politique ?

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  • le positionnement des Français en politique et leur confiance dans la droite et la gauche

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  • la perception des hommes et femmes politiques par les Français

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  • L’opinion des Français sur certains sujets

Un exemple d’actualité pour les quatrièmes et les troisièmes

La simple consultation d’un site Internet, fût-il terroriste, ne doit pas conduire en prison, a estimé, vendredi 10 février, le Conseil constitutionnel. Celui-ci  a jugé que le code pénal, qui prévoit depuis le mois de juin de punir de deux ans de prison et de 30 000 euros d’amende le fait de consulter habituellement des sites Internet faisant l’apologie du terrorisme ou incitant à commettre de tels actes était contraire à la Constitution.
Le Conseil a ainsi rappelé que la libre communication des pensées et des opinions garantie par la Déclaration des droits de l’homme de 1789 implique la liberté d’accéder à Internet. Il a ensuite expliqué que toute disposition rognant sur cette liberté se devait d’être nécessaire, adaptée et proportionnée, ce qui n’était pas le cas dans le délit de consultation habituelle de sites faisant l’apologie du terrorisme.
Le Conseil constitutionnel estime en effet que les pouvoirs publics peuvent déjà contrôler  les sites, surveiller leurs visiteurs et les sanctionner lorsqu’ils risquent de passer à l’action, et ce avant même que ce projet soit entré dans sa phase d’exécution.

Cette décision du Conseil constitutionnel illustre le cours de quatrième sur les libertés en France en montrant l’importance pour nous de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen. Il montre aussi aux troisième le fonctionnement de notre république avec le rôle important du Conseil constitutionnel pour garantir la démocratie.

EDIT :
Les députés et les sénateurs ont rétabli, lundi 13 février, le délit de consultation habituelle des sites djihadistes. Cette mesure a dû être réécrite après avoir été censurée vendredi par le Conseil constitutionnel.Désormais la constitution du délit est assortie d’une condition supplémentaire tenant au fait que la consultation habituelle doit être accompagnée d’une manifestation de l’adhésion à l’idéologie exprimée sur ses sites.

Jouer pour devenir citoyen

Dans le cadre de la lutte contre le décrochage scolaire, j’interviens dans un collège où j’ai enseigné en temps que professeur. On m’a demandé d’expliquer (d’apprendre ?) la laïcité à une dizaine de jeunes entre 16 et 18 ans. Comme je ne vais les voir que durant 4 séances de deux heures d’ici au mois de juin, et de façon discontinue (le jeudi matin) je leur ai proposé de construire un jeu sur le thème de la laïcité sur le modèle de celui-ci, vendu dans le commerce.

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Nous avons commencé par rappeler ce qu’est la laïcité puis j’ai présenté le visuel du jeu et donné le planning de réalisation (2 séances de recherche, 1 séance de réalisation matériel du jeu et une séance de test). J’ai précisé que le jeu devait s’adresser à des collégiens.

Après discussion, les jeunes ont retenu les catégories de carte : A,B,C de la laïcité ; Définitions, Histoire, Vrai/Faux mais on remplacé la catégorie Dessine & Mime par La laïcité dans le monde.

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Puis ils se sont mis au travail par deux afin de chercher les questions à poser et les réponses pour chaque catégorie. ils avaient pour cela un exemplaire de la charte de la laïcité et l’un de mes ordinateur portable ou tablette. Ils ont été plutôt efficaces et nous devrions pouvoir commencer à réaliser le jeu dès la prochaine séance.

(les questions des jeunes, sans retouche pour le moment)

Les recherche ont été l’occasion d’échange entre eux et avec le professeur. Nous avons rappelé les différentes religions présentes en France, leurs différents lieux de cultes et desservants. Nous avons également définis l’athéisme, la liberté de conscience, la liberté, l’égalité et la fraternité.

L’après – midi, direction un lycée voisin pour y travailler une heure avec une dizaine d’autres jeunes. Dans cet établissement, on me demande plutôt de travailler sur le rôle du citoyen (ses droits et ses devoirs). Comme dans le précédent, la difficulté est le faible nombre de séance et surtout la fluctuation des effectifs : les jeunes ont un parcours individualisé et peuvent donc ne pas être tout le temps en classe (ce à quoi, il faut ajouter l’absentéisme). Je ne peux donc pas trop compter poursuivre une activité d’une séance sur l’autre.
Je leur ai proposé de jouer au jeu de carte de la Ve république. 7 députés, le président de la république, la premier ministre et la présidente du Sénat se sont donc affrontés autour de différents scénarios. La pose des cartes étaient l’occasion pour moi de donner des explications et de leur faire compléter le schéma des institutions.

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(un exemple de tour de jeu : les joueurs doivent poser une carte de pouvoir en rapport avec la situation pour marquer des points, sinon ils défaussent la carte sans marquer)

Nous avons pu aborder les notions de pouvoir législatif et exécutif, les différents modes d’élections, le rôle du conseil constitutionnel et la particularité de l’article 49.3. Le jeu a montré à ces  futurs citoyens le déséquilibre des pouvoirs : le président a pu dissoudre l’Assemblée alors que les députés ont réalisé ne rien pouvoir faire contre lui. Le premier ministre a compris sa position précaire entre le pouvoir du président de demander sa démission et la motion de censure de l’Assemblée.

Le jeu a bien fonctionné : les jeunes ont été surpris d’entendre la sonnerie de fin de cours et m’ont demandé à poursuivre sur l’heure suivante… Et devant mon refus, au moins à la prochaine séance ! Ce que j’ai accepté, d’autant qu’emportés par le jeu, nous n’avions pas fini de compléter le schéma ! Espérons qu’ils seront tous là la prochaine fois… Certains m’ont demandé de leur envoyer les cartes par mail afin de pouvoir potasser les pouvoirs.

Des projets originaux

Les élèves de troisième que j’ai en AP commencent à travailler sur leur production concernant le fonctionnement de la Ve République.

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Certains ont ouvert, avec mon aide, un blog pour présenter les syndicats et leur rôle dans la politique (et notamment l’élection présidentielle).

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D’autres veulent réaliser une vidéo et utilisent pour cela le logiciel de montage Camtasia.

C’est exactement l’idée que je me fais de l’aide personnalisée : travailler une discipline en développant de nouvelles compétences.