Étiquette : Richesse et pauvreté dans le monde

La sous-alimentation en Afrique en 2017

L’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) a publié jeudi 16 novembre son rapport 2017 sur l’état de la sécurité alimentaire et de la nutrition en Afrique.

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Selon ce rapport, de 2015 à 2016, la prévalence de la sous-alimentation semble être à la hausse, passant de 20,8 % à 22,7 %. Le nombre de personnes souffrant de la sous-alimentation est passé de 200 millions en 2015 à 224 millions.
25 % des 815 millions de personnes sous-alimentées dans le monde en 2016 vivent en Afrique.


Les mauvaises conditions climatiques et les conflits récents sont des facteurs clés qui expliquent l’augmentation actuelle de l’insécurité alimentaire.

152 millions d’enfants contraints de travailler en 2017

Dans le cadre des Objectifs de développement durable de l’Agenda 2030, établi en septembre 2015, les États membres des Nations unies, les organisations d’employeurs et de travailleurs, ainsi que les organisations de la société civile ont été encouragés à éliminer le travail des enfants d’ici à 2025 et le travail forcé, l’esclavage moderne et la traite d’êtres humains d’ici à 2030. À ces fins, les dirigeants des pays s’étaient engagés à prendre des mesures immédiates et efficaces pour supprimer le travail forcé, mettre fin à l’esclavage moderne et à la traite d’êtres humains, à interdire et à éliminer les pires formes de travail des enfants, y compris le recrutement et l’utilisation d’enfants soldats et, d’ici à 2025,à mettre fin au travail des enfants sous toutes ses formes.
En 2017, 152 millions d’enfants sont toutefois toujours obligés de travailler (soit près d’un enfant sur dix dans le monde), dont 73 millions d’enfants de 5 à 11 ans. Parmi eux, près de la moitié effectue des travaux jugés dangereux.
Selon les dernières estimations de l’Organisation Internationale du Travail, 40 millions de personnes sont encore prises au piège de l’esclavage moderne, dont 25 millions s’agissant du travail forcé, et 15,4 millions concernant des mariages forcés.

L’école en panne en Egypte

En Égypte, selon le recensement national de 2017, 18,4 millions de personnes sont illettrées, dont 58 % de femmes.
Les causes sont bien sûr la pauvreté et la déscolarisation, mais parfois, ce sont des élèves scolarisés qui quittent leur établissement sans savoir lire.
Classes surpeuplées, manque d’infrastructure, inégalité entre fille et garçon : ces problématiques scolaires sont tristement banales en Égypte. Depuis des années, l’éducation publique ne cesse de se dégrader. Les Égyptiens sont aujourd’hui 95 millions et face à de nombreux jeunes (33% de la population a moins de 15 ans), l’école n’arrive pas à faire face.
Dans l’école publique de Harabchant, petite localité à 200 kilomètres au sud du Caire,on a séparé les classes en deux depuis 2015. Le matin, les filles viennent étudier, l’après-midi ce sont les garçons. Du coup, les élèves ne sont plus que 45 par classe. C’est mieux qu’ailleurs où ils sont 60 ou 70… Mais il faut tout de même que les élèves se partagent un bureau à trois.
Mais cette nouvelle organisation se fait aussi au détriment des enseignants obligés de travailler six jours sur sept, et non plus cinq, sans augmentation de salaire ( 1000 livres par mois pour un professeur débutant, soit l’équivalent de 50 €).
Tout cela démotive les élèves comme les professeurs, d’autant que l’Égypte possède une courbe du chômage singulière : les statistiques montrent que plus le niveau d’étude est élevé, plus le taux de chômage est important. Plus d’un tiers des diplômés de l’université sont chômeurs.

D’après un article du journal  La Croix.

La France des bidonvilles

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En 2017, au moins 16 000 hommes, femmes et enfants vivent en France dans des bidonvilles, un peu partout sur le territoire.
Pour la première fois, l’association Trajectoires apporte un éclairage sur leurs conditions de vie avec une étude menée auprès de 899 personnes dans dix bidonvilles situés dans quatre régions françaises (Olivier Peyroux et Alexandre Le Clève, Habitants des bidonvilles en France. Connaissance des parcours et accès au droit commun, association Trajectoires, 2017).
D’après cette étude, 98% des personnes vivant dans ces campements viennent de Roumanie. Loin du profil majoritaire du migrant économique (homme seul âgé de 18 à 35 ans), deux tiers des personnes en bidonville sont venues dans le pays avec leurs enfants. L’association met en lumière le manque d’accès aux soins de ces populations. En moyenne, 55% des habitants des bidonvilles ont des droits à l’assurance maladie mais avec de fortes disparités suivant le campement. Ce taux varie de 6 à 86 %, selon l’accompagnement des habitants par des professionnels ou des bénévoles. Plus inquiétant, près d’un quart des personnes se déclarant malades n’ont pas un accès continu au système de santé et donc ne se soignent pas ou utilisent ponctuellement les services d’urgence.
Les auteurs de l’étude observent également que la route vers la scolarisation des enfants vivant en bidonville est longue et complexe. Ainsi, 51 % des enfants âgés de 6 à 18 ans ne sont pas scolarisés. Pire, 30% des enfants ne sont jamais allés à l’école.
En raison de leur faible niveau de qualification, les habitants des bidonvilles se tournent vers des activités non déclarées : 45 % d’entre eux ramassent de la ferraille auprès des déchetteries ; le deuxième type d’activité pratiquée est la mendicité (33 % du panel) . Ces activités, souligne l’étude, ont en commun de générer des revenus faibles, d’être perçues souvent comme des troubles à l’ordre public et d’être parfois dangereuses.

D’après la revue Sciences Humaines n°48, septembre-octobre-novembre 2017.

130 millions de filles privées d’école dans le monde

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L’organisation non gouvernementale ONE a publié la liste des dix pays où les jeunes filles ont le moins accès à l’éducation dans le monde, selon l’Unesco.
Cela peut être parce qu’elles doivent effectuer de longs trajets, souvent dangereux, pour pouvoir se rendre en classe. D’autres manquent d’enseignants formés, de manuels ou de matériel scolaires. Certaines enfin, ne sont tout simplement jamais allées à l’école. Au total, c’est plus de 130 millions de filles qui ne vont pas à l’école, selon l’Unesco.
Pour concevoir ce classement, ONE a sélectionné 11 indicateurs, et utilisé principalement des données de l’Institut de statistique de l’Unesco : taux de filles non scolarisées, nombre moyen d’années de scolarisation, taux d’alphabétisation des jeunes femmes, nombre d’élèves par enseignant en primaire, dépenses d’éducation…
Chaque pays s’est vu attribuer un score sur 100, des scores les plus bas indiquant de mauvais résultats. Sans surprise, les dix Etats où les filles rencontrent le plus de difficultés à être scolarisées font partie des plus pauvres au monde. Neuf de ces dix pays, à l’exception de l’Afghanistan, sont situés en Afrique. Il s’agit du Soudan du sud (le pays qui enregistre la moins bonne performance), de la Centrafrique, du Niger, du Tchad, du Mali, de la Guinée, du Burkina Faso, du Liberia et de l’Ethiopie.
Ces pays figurent dans le classement en raison de la faible scolarisation primaire ou secondaire, du manque d’enseignants, des disparités filles/garçons ou encore du faible taux d’alphabétisation des filles.
Le rapport donne les chiffres les plus marquants pour chaque pays. Ainsi, en Guinée, les femmes de 25 ans et plus ont fréquenté l’école en moyenne moins d’un an. En Centrafrique, on ne compte qu’un enseignant pour 80 élèves (contre 1 pour 12 aux Pays-Bas). En Afghanistan, 71 filles étaient scolarisées dans le primaire pour 100 garçons en 2014, la plus forte différence filles-garçons du monde. Au Soudan du sud, le pays où la situation est la plus critique, seulement une fille sur 4 va à l’école primaire et seulement 2,6 % du budget national est alloué à l’éducation.
Le rapport met aussi en évidence de fortes disparités régionales dans certains pays. Ainsi, l’accès à l’éducation est bien plus difficile dans la région du Nord-Est du Nigeria (pays qui figure à la 27e place du classement). Des centaines d’écoles ont été détruites ou fermées sous l’influence du groupe jihadiste Boko Haram, et plus de la moitié des filles de la région n’ont jamais été scolarisées.
Aucun pays africain ne figure parmi les 25 % des pays affichant les meilleurs résultats en matière d’éducation. Et seulement quatre pays d’Afrique font partie des 50% des pays affichant les meilleurs résultats.
Faute de données pour certains pays, le classement a été réalisé sur 122 des 193 Etats membres de l’Onu. La Somalie et la Syrie sont ainsi absents du classement, mais aussi l’Allemagne, le Canada ou la France – probablement car les taux de non-scolarisation sont si faibles dans ces pays développés qu’ils ne sont pas forcément mesurés, présume l’ONG.

L’accès des filles à l’éducation est un levier clé pour lutter contre la pauvreté. Plusieurs études ont en effet montré les répercussions positives de l’alphabétisation féminine sur le taux de pauvreté, la santé, la mortalité infantile ou encore les mariages précoces. Plus le niveau d’instruction d’une jeune femme est élevé, moins elle risque de se marier ou d’avoir des enfants très jeune. Un phénomène qui affecte particulièrement les pays du classement réalisé par ONE : plus de la moitié des filles vivant dans ces 10 pays se marie avant ses 18 ans, selon l’Unicef. En Ethiopie, près d’une sur 5 se marie avant l’âge de 15 ans. Un enseignement primaire et secondaire de qualité pour les filles participe au développement de l’économie locale et mondiale, insiste l’ONG, qui estime qu’à l’échelle mondiale, la réduction des inégalités filles-garçons en matière d’accès à l’éducation pourrait rapporter entre 112 et 152 milliards de dollars (entre 95 et 129 milliards d’euros) chaque année aux pays en développement.

D’après un article de Libération.fr