Catégorie : Terminale S

Un sinistre travail de mémoire

Un groupe de chercheurs allemands va entamer en juin un travail de trois ans destiné à étudier des milliers d’échantillons de cerveaux humains découverts dans les réserves de deux instituts, à Berlin et Munich, en 2015. D’après le directeur de l’Institut de psychiatrie de Munich, il est déjà prouvé que certains de ces restes proviennent de victimes d’euthanasie.
Les chercheurs souhaitent identifier les noms de ces victimes, la raison de leur sélection par les nazis et l’origine de leur mort. Il sera aussi question d’établir si ces échantillons de cerveaux humains ont été utilisés à des fins « scientifiques » et si oui, sur quelle durée et avec quels objectifs. À l’issue de ce programme, ces échantillons seront enterrés.
De janvier 1940 à août 1941, le IIIe Reich mena un programme dit Aktion T4, en référence au numéro 4 de la Tiergartenstrasse – la rue berlinoise où ce programme fut conçu. 70 000 personnes atteintes de maladies mentales et physiques furent gazées durant cette période avant que les autorités mettent fin officiellement au programme, face à l’indignation suscitée dans la population, notamment de la part des représentants ecclésiastiques. Cependant, les expériences médicales se sont poursuivies jusqu’en 1945, associées à une politique de sous-nutrition, d’overdoses médicamenteuses et de stérilisations forcées. Au total, 300 000 handicapés et malades mentaux allemands furent exterminés par les nazis.

D’après un article de La Croix.fr

Adaptations pédagogiques

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J’ai découvert ce site proposant des pistes de réflexion et des outils pour venir en aide aux élèves à profils particuliers. Il contient beaucoup de choses et semble appeler à grandir.

Mise au point sur la colonisation de l’Algérie et la notion de crime contre l’humanité

Sylvie Thénault est directrice de recherche au CNRS et historienne. Ses travaux portent sur la colonisation de l’Algérie et sur la guerre d’indépendance algérienne. Elle s’est particulièrement intéressée à la répression et au droit dans le contexte colonial. Voici ce qu’elle déclare après les propos d’Emmanuel Macron en visite en Algérie et les critiques qu’ils ont suscitées.

Sylvie Thénault : « Je pense qu’il faut distinguer le « crime contre l’humanité » au sens juridique et au sens moral. Juridiquement, non, la voie est bouchée, car la définition du « crime contre l’humanité » est telle qu’elle ne peut pas s’appliquer à la colonisation, mais il faut avoir conscience que toute définition juridique est le résultat d’une construction par des juristes et d’une évolution par la jurisprudence. C’est ainsi en toute connaissance de cause que les juristes et magistrats français ont ciselé dans les années 1990 une définition du « crime contre l’humanité » qui écarte la torture, les exécutions sommaires et les massacres commis par l’armée française dans les années 1954-1962, pendant la guerre d’indépendance algérienne. Il y a eu amnistie pour cette période, et, juridiquement, cette amnistie est inattaquable.
L’approche juridique n’épuise donc pas la question et il faut se la poser au plan moral. Se référer au « crime contre l’humanité », le plus grave des crimes, a une puissante signification – la meilleure preuve en est l’écho donné aux déclarations d’Emmanuel Macron. C’est en effet affirmer avec la plus grande force une condamnation de la colonisation. De ce point de vue, il n’y a pas de « vérité » à défendre. Les historiens peuvent évidemment contribuer au débat par leurs savoirs et leurs travaux, mais, ensuite, chacun est libre de se prononcer en conscience. C’est une question d’opinion.« 

Voici ce qu’elle déclare ensuite à propos des déclaration du même Emmanuel Macron en novembre 2016, lorsqu’il disait qu’en Algérie, « il y a eu la torture, mais aussi l’émergence d’un Etat, de richesses, de classes moyennes, c’est la réalité de la colonisation. Il y a eu des éléments de civilisation et des éléments de barbarie « .
Sylvie Thénault : « A mon sens, il est aberrant de raisonner en ces termes. Trouvez-vous pertinent de dresser un tableau à double entrée pour lister, d’un côté, les violences, les discriminations, la paupérisation massive des Algériens pendant la période coloniale, et, de l’autre, les infrastructures administratives et économiques créées ? On ne peut pas, à mon sens, mettre les deux en balance pour savoir si le « négatif » ou le « positif » l’emporte. Personnellement, je trouve cela indécent.
Historiquement, c’est un raisonnement biaisé : la colonisation forme un tout inséparable. Elle est l’appropriation illégitime, par la force, d’un territoire et de ses habitants. Cette appropriation a signifié, à la fois, la violence et les souffrances de ceux qui la subissaient et la mise en place d’infrastructures administratives et économiques. A leur sujet, en outre, il ne faut pas exagérer la mise en valeur de l’Algérie : tous les gouvernements qui, après 1945, ont cherché à combattre le succès du nationalisme, ont fait le constat du sous-développement économique et social de l’Algérie. Ils ont alors conçu des plans de développement mais le seul à avoir eu un impact réel a été très tardif : le plan de Constantine, lancé en 1958, quatre ans avant l’indépendance.« 

D’après un article du Monde.fr