Catégorie : ULIS

Réflexions autour du Feuilleton de Thésée

Chaque semaine, je lis aux élèves du dispositif un ou deux épisodes du Feuilleton de Thésée. L’écoute est bonne, les élèves ayant envie de connaître la suite des aventures du héros grec. Ils semblent apprécier ma lecture expressive. C’est aussi l’occasion de faire de mini atelier philosophie à partir des situations décrites ou de répondre à leur question.
Aujourd’hui, il y a eu plusieurs questions comme qu’est-ce que la Gorgone Méduse ?, qui m’a demandé de raconter l’histoire de Persée. Et puis une question surprenante à l’évocation de la conception d’Héraclès. Zeus, le roi des dieux, trompe en effet la reine Alcmène en prenant l’apparence d’Amphitryon, son mari. Ce dernier l’ayant découvert, décide de la faire brûler vive pour sa faute. Arrivé à ce moment de l’histoire, un élève me demande : « Monsieur, ce que Zeus a fait, c’est bien un viol ? » Comme j’ai répondu par l’affirmative, nous avons discuté de pourquoi continuer à raconter une histoire qui parle d’un crime. Cela m’a amené à parler de l’évolution des mœurs et des lois, de la place des femmes dans l’Antiquité et de la valeur des mythes dans notre société moderne (mais évidemment pas en ces termes).
Une bonne surprise, donc, avec des élèves posés et attentifs, ce qui ne se produit pas tous les jours.

Emplois et handicaps

Dans ce documentaire en quatre parties, dont deux sont visibles en replay sur France 2 (ici et), Umberto, Audrey et Louis qui sont atteints du syndrome Gilles de la Tourette ; Elena, Joachim, Nadia, Nicolas et Corentin qui ont été diagnostiqués autistes montrent leurs valeur sur le marché du travail et évoquent leur parcours semé d’embûches pour pouvoir exercer un emploi qui leur correspond.
Umberto a 20 ans et est atteint du syndrome Gilles de la Tourette depuis l’âge de 11 ans. Il a énormément de tics physiques mais également verbaux. Quand il ne réussit pas à contrôler ses émotions, les insultes fusent. Il sait sculpter le bois, tailler la pierre mais fait également de la chaudronnerie et de la ferronnerie. Véritable touche-à-tout, il ne trouve cependant aucun emploi.
Elena, 25 ans, a des troubles du spectre autistique. Hypersensible, toutes ses émotions sont exacerbées, et cela se traduit par du flapping, ce réflexe qui consiste à bouger ses mains comme un oiseau. Elena a uniquement travaillé dans des ESAT, mais son rêve serait d’intégrer une société d’aide à la personne où elle serait considérée comme les autres employées.
Corentin, 28 ans est autiste asperger. Il a obtenu un diplôme en électronique. Cependant, malgré des dizaines de CV envoyés et des entretiens, il n’a jamais réussi à trouver un emploi.
Audrey, 41 ans est une maman de 3 enfants, atteinte du syndrome Gilles de La Tourette. La recherche d’un emploi a toujours été pour elle un véritable parcours du combattant. Elle a enchaîné des petits boulots sans jamais réussir à obtenir un emploi fixe. Complexée par les tics que lui provoque ce syndrome, elle se sent dévisagée dès qu’elle met un pied en dehors de chez elle. Elle est persuadée que son handicap est l’unique raison pour laquelle personne ne donne une suite favorable à ses entretiens d’embauche.
Louis, 22 ans est lui aussi atteint par le syndrome Gilles de La Tourette depuis l’âge de 12 ans, suite à un choc émotionnel. Son quotidien est très difficile. La moindre émotion déclenche des tics physiques incontrôlables qui l’épuisent. Louis a également beaucoup de mal à supporter le regard des autres. Il a obtenu son bac il y a 3 ans. Mais depuis, c’est le désert professionnel. Son refuge, c’est la musique, sa grande passion depuis toujours.
Joachim, 32 ans, a été diagnostiqué autiste à l’âge de 2 ans. Titulaire d’un diplôme dans la réalisation de vitraux, il n’a jamais pu mettre ses compétences en pratique. Mais Joachim a une autre grande passion : les musées.
Nadia, 35 ans, est autiste asperger. Sa particularité lui donne une manière singulière de réfléchir et de se fixer sur des détails. Sa gestion des émotions étant très compliquée, elle a beaucoup de mal à s’intégrer dans un groupe et a fortiori dans une vie professionnelle. Pianiste de formation, et diplômée en musicologie, elle aimerait travailler dans ce domaine mais essuie sans cesse des échecs.
Nicolas, 25 ans, est autiste. Il vit depuis quelques mois dans un appartement adapté, en colocation à 15 minutes de chez ses parents. Il n’a aucun diplôme et travaille de temps en temps dans un ESAT, dans un service de mise sous pli. Il rêve cependant de décrocher un travail en milieu ordinaire pour être « comme tout le monde ».
La série Extraordinaires est une adaptation française de l’émission anglaise Employable me. Les deux derniers épisodes seront diffusés le lundi 6 décembre à 22h45. La série sera ensuite disponible dans son intégralité sur france.tv le vendredi 3 décembre.

D’après cet article.

Les effets de l’école inclusive

Je cite quelques passage de cet article très complet et synthétique :
« Une méta-analyse, c’est-à-dire une synthèse exhaustive des résultats de la littérature scientifique, réalisée par Ruijs et Peetsma en 2009, tend à montrer que, de manière générale, l’inclusion a des effets soit positifs (dans la plupart des études), soit neutres sur le développement cognitif des élèves à besoins éducatifs particuliers. En d’autres termes, leur inclusion en classe ordinaire leur permet, dans la majorité des cas, de développer davantage leurs apprentissages. Parfois, cet effet positif ne se retrouve pas, mais l’inclusion ne nuit pas à leurs apprentissages. »
(…)
« Une étude de Sermier et ses collaborateurs montre des effets contrastés en fonction des compétences travaillées. Ces auteurs se sont intéressés aux effets de l’inclusion en classe ordinaire sur les progrès d’élèves suisses présentant une déficience intellectuelle. Pour ce faire, deux groupes d’enfants – similaires en termes d’âge, de QI, de statut socio-économique et de performances scolaires avant l’étude – étaient comparés :
– un groupe d’enfants inclus dans des classes ordinaires à plein temps et bénéficiant de quelques heures par semaine avec un enseignant spécialisé
– un groupe d’enfants scolarisés en classe spécialisée.
Ces élèves ont été suivis pendant deux ans, et leurs performances scolaires ont été évaluées à trois reprises sur cette période. Les résultats indiquent que les élèves inclus en classe ordinaire ont plus progressé en lecture, expression écrite, vocabulaire, orthographe et grammaire que les élèves en classe spécialisée. En revanche, les deux groupes présentaient une progression similaire en mathématiques.
D’autres études ont également montré que le nombre d’heures d’inclusion en classe ordinaire a un effet sur les apprentissages : plus les élèves sont scolarisés en classe ordinaire, plus leurs scores aux évaluations de langue et de mathématiques sont élevés. »
(…)
« Une méta-analyse autour de 47 études réalisées en Europe, aux États-Unis, et au Canada montre que l’inclusion a un effet faible, mais globalement positif sur les apprentissages des élèves ordinaires. Elle indique également que l’effet positif est plus prononcé aux États-Unis et au Canada qu’en Europe.
Selon les auteurs, ce résultat peut s’expliquer d’une part, par la mise en place de l’éducation inclusive plus récente de l’Europe, et d’autre part, par des conceptions différentes de la notion d’inclusion. En effet, en Europe, l’inclusion est plutôt perçue comme une forme d’instruction adaptée aux élèves à besoins éducatifs particuliers, alors qu’aux États-Unis et au Canada, elle est vue comme une manière de transformer l’école.
L’effet de l’inclusion sur les compétences socio-affectives des élèves ordinaires a fait l’objet d’une investigation très limitée. Il semblerait cependant que les élèves ordinaires scolarisés dans une classe inclusive présentent moins de préjugés à l’égard des élèves souffrant de handicap, soient plus enclins à jouer avec eux, et aient des attitudes plus positives à leur encontre. »

Des objets du passé

L’une des élèves du dispositif Ulis, que j’ai aussi en cours d’histoire en troisième, m’a contacté aujourd’hui pour me montrer des documents et objets anciens qui appartiennent à sa famille, dont certains datent de la Première guerre mondiale. Pour travailler ce cours avec elle et ses camarades, j’avais amené en classe de nombreux documents et objets d’époque. Je suis content et touché que cette élève pense à moi et à mes cours durant les vacances, et fier aussi de voir que j’ai réussi à lui faire comprendre l’importance des archives et de la connaissance du passé, notamment familial.

Il y a un magnifique modèle réduit de char anglais de la Première Guerre mondiale formant un presse-papier (enfin je crois) et des documents concernant une Française qui vivait en Russie, à Petrograd, en 1917.

En plus de ces documents très originaux, mon élèves m’en a envoyé d’autres, plus « classiques » :