Catégorie : ULIS

Une méthode de lecture développée par un orthophoniste

Ce matin, ma femme a reçu cela, gracieusement envoyé par l’éditeur.
Apili est une méthode de lecture syllabique et gestuelle développée par un orthophoniste. Elle s’appuie sur l’humour qui permet, selon l’auteur, d’améliorer l’attention, la motivation, la mémorisation, la communication, la sociabilisation. De même, il diminue le stress et réduit les tensions.
Les éléments du livre ont été pensés et choisis afin de faciliter la lecture (grande police de caractère, pages aérées, illustrations colorées). Le livre est accompagné d’un cahier d’entrainement à l’écriture, d’un livret de textes progressifs pour les plus jeunes, d’un jeu de cartes reprenant les phrases de la méthode et leurs illustrations et d’un sous-main reprenant les voyelles et les consonnes (associées aux gestes pour mémoriser et à la forme de la bouche pour la prononciation) et les graphies.
Je vais étudier de près cette méthode afin de voir si je peux l’utiliser dans le dispositif ULIS.

A propos de l’école inclusive

« (…)il ne suffit pas de décréter l’inclusion pour que les personnels de l’éducation nationale soient immédiatement capables de « supporter » le rapport quotidien au handicap. Certains enseignants, bien involontairement, inconsciemment donc, se défendent, car ils sont en souffrance, de l’altérité des élèves handicapés. Certains évitent leur regard comme s’il ne fallait pas voir cet élève dérangeant, d’autres acceptent l’inclusion sans réellement la mettre en œuvre pédagogiquement. Ils ne sont ni cyniques ni malhonnêtes, ces enseignants : ils font comme ils peuvent avec le handicap, avec leur désir de bien faire, ce qui est déjà beaucoup. Ils sont le plus souvent sans formation. Ils éprouvent d’ailleurs beaucoup de culpabilité à ne pas réussir à mettre en forme pédagogique le vœu inclusif auquel ils souscrivent très majoritairement. Je me souviens d’une enseignante à la fois volontaire et impuissante qui répétait : « je sers à rien, je sers à rien ». À l’échelle du « sujet-enseignant », réussir l’inclusion scolaire, c’est d’abord devenir capable d’intégrer psychiquement l’inquiétante étrangeté de l’élève différent. »

En 2018, vous avez publié un article dans la Revue internationale d’éducation de Sèvres intitulé « L’inclusion scolaire en France, un processus inachevé ». Pourquoi un processus inachevé ?

Je crois que ce titre reste d’actualité ! On peut se réjouir qu’un processus soit en cours. Il est engagé depuis la fin des années 2000 ; mais on doit à la vérité de signaler que les réalisations ne sont pas à la hauteur des attentes que le mot inclusion peut légitimement provoquer. Je me demande combien les gouvernements successifs ont eu une volonté réelle de mettre en œuvre les changements que nécessiterait un réel tournant inclusif de l’école française. Car si on observe ce qui se passe ailleurs, ce que dit la recherche, on doit s’interroger sur la persistance en France des dispositifs spécialisés tels l’ULIS et la SEGPA. Un vrai travail doit être mené à hauteur d’école, par la recherche et les acteurs de l’école : ces dispositifs sont-ils des vecteurs d’inclusion ou des endroits qui maintiennent nombre d’élèves handicapés ou en échec scolaire sur le seuil de la classe ordinaire ? Dans une position d’entre eux qui se prolonge indéfiniment ? On pourrait questionner les pratiques d’orientation qui condamnent très tôt des milliers d’élèves à des parcours d’orientation au choix finalement très réduit. On pourrait questionner également la sur-représentation d’élèves issus de la précarité, comme le montre les recherches d’ATD quart-monde, dans les dispositifs spécialisés. On pourrait se demander pourquoi on recrute essentiellement pour accompagner les élèves les plus « en besoin » de notre école, les personnels que l’on forme et que l’on paye le moins, à savoir les AESH. On pourrait se demander pourquoi depuis vingt ans on détricote la formation des enseignants spécialisés, pourquoi on en recrute si peu alors qu’ils peuvent être la cheville ouvrière de l’inclusion dans les écoles.
Ce processus inclusif me parait réduit à des éléments de discours politique. Il n’y a eu dans les 20 dernières années aucune réforme structurelle de grande ampleur qui irait dans le sens de l’école inclusive : les cycles ne se sont pas imposés, on travaille toujours avec des programmes annualisés qui excluent de la normalité ceux qui ne peuvent pas les suivre. On continue de piloter le système par l’horizon du bac. On continue d’évaluer et d’orienter très précocement. On ne forme pas au co-enseignement. Bref, le slogan inclusif a gagné en épaisseur ; la réalité inclusive un peu moins.

Sur les dispositifs de type Ulis et Unités d’enseignement externalisées, il semble que vous partagiez le même constat que votre collègue anthropologue Godefroy Lansade : des pratiques qualifiées d’inclusion différenciée se sont substituées au processus d’inclusion scolaire.

Godefroy Lansade a fait parler dans sa recherche doctorale des élèves d’ULIS ; je leur ai également consacré un chapitre dans la mienne ; ces élèves sont de bons analystes du processus inclusif. Ils témoignent massivement de leurs difficultés quotidiennes : ils sont victimes de pratiques de stigmatisation qui les assignent à une identité d’élève d’ULIS, et non d’élèves « tout court ». Ils sont l’objet de pédagogies qui confondent différenciation et euphémisation des attentes scolaires. On fait moins pour des élèves réputés pouvoir moins. Ils comprennent que bien souvent, ils ne vont dans « leur » classe qu’au titre de passager clandestin ou de visiteur temporaire. Et souvent ils montrent eux-mêmes qu’ils se sentent mieux dans l’ULIS, sous la protection de l’enseignant spécialisé.(…) »

Il s’agit d’un extrait d’un entretien du Café pédagogique avec un chercheur dans l’approche clinique et socio-historique de l’éducation inclusive à lire en entier ici.

Lectures de vacances

Je passe le certificat d’aptitude professionnelle aux pratiques de l’éducation inclusive (CAPPEI) le 19 mai prochain. Il est donc temps de faire quelques lecture théoriques, d’autant plus que je dois formaliser les projets pédagogiques individuels des 14 élèves du dispositif d’ici là. Je vais m’appuyer pour cela sur le procédé dit du « sémaphore », développé par Pierre Bonjour et Michèle Lapeyre, afin de formaliser les besoins des élèves dans les sphères affectives, sociales, cognitives et instrumentales.

Pour repérer ces besoins, je vais utiliser les observables d’Alexandra Brunbrouck pour lesquels elle fait des hypothèses et proposent des réponses pédagogiques possibles.

Une journée particulière

Hier, c’était la journée jeu de fin de période au sein du dispositif. J’ai exceptionnellement gardé tous les élèves qui le souhaitaient, car ce même jour était organisée une minute de silence à la mémoire d’un élève du collège, décédé soudainement. Plusieurs élèves n’étaient pas bien et ont éprouvé le besoin de s’isoler et d’écrire ce qu’ils ressentaient. Et puis ensuite, j’ai essayé de montrer que la vie continuait en les incitant à jouer avec les autres. Au programme : de l’Abalone, du 1000 bornes, du Jungle Speed, du Dooble, du Puissance 4, du Qui est-ce ?, Tokyo Highway, Kluster, Mâamut, Laoupala (à simplifier)et l’incontournable Tour des nombres. Pour les solitaires occasionnels, Lièvres & renards et différents casse-têtes étaient à disposition. Les élèves de Segpa sont encore venus jouer avec nous ainsi que quelques élèves de classe ordinaire.

Une revue pour le dispositif ?

Le magazine trimestriel Les Surdoués (je n’aime pas le titre !) semble intéressant pour équiper la bibliothèque du dispositif. les sujets abords sont variés et la mise en page assez attractive. Sur le site, on peut acheter le numéro 11 pour 0 euros en version numérique et ainsi se faire une idée du contenu. Chaque numéro est vendu au prix de 5,90€ et on peut commander les anciens numéros sur le site.

Le sommaire du numéro gratuit en pdf

Des maths partout…

Cet après-midi, c’était le deuxième quart d’heure lecture (le premier est le lundi après-midi). Pour celui-là, c’est moi qui lit aux élèves présents Le feuilleton de Thésée. Dans l’épisode d’aujourd’hui, il est question du netttoyage des écuries d’Augias. Nous tombons sur ce passage : « Si je réussis à nettoyer toutes ces ordures en une journée, me donneras-tu un dixième de ton troupeau comme salaire ? ». Aussitôt, par réflexe, je demande aux élèves : « Tiens, qui peut me dire combien Heracles gagnera de taureaux ? » . Un peu plus tôt dans le texte, nous avions lu que « Augias possédait trois cents taureaux noirs à pattes blanches et deux cents taureaux rouges. Mais les plus extraordinaires étaient ses douze taureaux blanc argenté. »
Les élèves se mettent vite d’accord sur un troupeau de 512 bêtes. Puis ils réfléchissent. Comme ils semblent perdus, je réactive les fractions en expliquant qu’il faut multiplier 512 par 1/10eme pour trouver le nombre de taureaux obtenus en salaire. Un élève, en voyant écrit au tableau 512/10 propose alors 51,2 en disant : « Facile, il faut déplacer…. » Puis il s’arrête, me regarde et ajoute « les nombres de un rang vers la droite ! ». Devant le résultat de 51,2  ils me disent ensuite qu’Heracles devrait recevoir 52 taureaux car on ne peut pas en couper un en morceau.

Le clavier Métalo

Autre découverte faite lors de la formation d’hier : le clavier Métalo.

Cette application pour tablette ou téléphone (Android ou Apple) permet d’aider les élèves à écrire les mots avec la bonne orthographe. Elle est aussi accessible en ligne sur ordinateur.

Voici le clavier en version classique
L’élève commence à taper le mot qu’il veut écrire
L’application lui propose alors les mots avec les lettres qu’il a indiqué, il ne lui reste qu’à recopier le bon.
Pour les plus grands, on peut personnaliser un deuxième clavier, sans les illustrations par exemple.

Mobilier et pédagogie

J’ai reçu mercredi le meuble commandé pour la salle du dispositif ULIS du collège. Il va me permettre, dès lundi, d’individualiser les activités proposées aux élèves afin de tenter de remédier à leurs difficultés dans les apprentissages. Chacun viendra y chercher les fiches de la semaine, qu’il collera ensuite, comme d’habitude, dans son cahier d’exercices, alors que les leçons trouveront leur place dans le classeur de leçons. Ces deux outils sont rangés dans le casier des élèves car les tiroirs du meuble ne sont pas assez grands pour les contenir aussi.