Catégorie : Discussion

Un mal pour un bien ?

Toujours pour apporter des arguments aux élèves de la MLDS dans le cadre de notre débat, voici une information venant des États – Unis.
Utilisant les données des résultats de 90 commerces d’alcool aux États — Unis entre 2006 et 2015, des chercheurs ont comparé les statistiques de vente entre les États selon qu’ils ont ou non adopté la légalisation de la marijuana. D’autres données comme l’âge, l’appartenance ethnique et la situation financière des clients ont également été prises en compte, en tant que marqueurs déterminants relatifs à la consommation d’alcool.
Dans les États où la marijuana a été légalisée, les chercheurs ont constaté en près de dix ans une baisse moyenne de 15% de la consommation d’alcool (13,8% pour la bière, 16,2% pour le vin). Ces résultats montreraient que ces deux produits ciblent la même clientèle et qu’ils ne sont pas complémentaires, mais plutôt substituables.
Or ces deux drogues n’ont pas la même dangerosité selon des études scientifiques.

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Au sujet de la dépénalisation de l’usage du cannabis

Le blog Les Décodeurs propose des éléments de réflexion livrés sous la forme d’une conversation SMS à consulter en intégralité ici.
On y trouve un document intéressant essayant de chiffrer le gain pour l’État d’une dépénalisation. Les explications détaillées se trouvant .

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Mais aussi ce tableau synthétique sur la dangerosité des différentes drogues :

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Tous ces éléments pourront alimenter la réflexion des jeunes de la MLDS de Barentin que je vais retrouver la semaine prochaine après leur stage.  Pour ma part, je reste persuadé que toutes les drogues, y compris le tabac et l’alcool, devraient être prohibées.

Vers une dépénalisation de la consommation de cannabis ?

Pour rebondir sur le débat mené avec les jeunes de la Mission contre le décrochage du lycée Bartholdy, voici une information concernant un rapport parlementaire présenté par Le Parisien, préconisant de sanctionner les usagers du cannabis par une amende allant de 150 à 200 euros.
Pour rappel, aujourd’hui, les consommateurs de cannabis sont susceptibles d’être punis d’une peine de prison d’un an et 3750 euros d’amende (loi du 31 décembre 1970). Mais sur près de 140 000 interpellations chaque année pour usage de stupéfiants, seules 3098 peines de prison ont été prononcées en 2015 selon les derniers chiffres publiés, dont 1283 fermes. Les autres personnes étant sanctionnées par un simple rappel à la loi ou un stage de sensibilisation.
Selon l’Observatoire français des drogues et des toxicomanies, 5 millions de personnes ont déclaré avoir fumé dans l’année en 2016 et 1,4 million à avoir fumé au moins dix fois par mois. En 2015, la France était en tête en Europe pour la consommation de cannabis chez les plus de 16 ans.
L’amende contraventionnelle de 150 à 200 euros proposée par le rapport, et affectée à la prévention, permettrait aux forces de l’ordre de mettre fin à la procédure sur le terrain, avec une sanction immédiate et systématique. Cela permettrait de désengorger les tribunaux et aux forces de l’ordre de se concentrer sur les trafiquants et dealers. Le ministre de l’Intérieur a en effet estimé le temps perdu par les forces de l’ordre en procédures contre les usagers à 1,2 million d’heures.
Il resterait à régler le cas des mineurs, qui ne peuvent pas faire l’objet d’une amende, quelle qu’elle soit.

Compte rendu du débat sur la légalisation du cannabis au lycée Bartholdi

Suite au débat,  4 personnes sont pour la légalisation, une personne contre et une personne neutre.
Les arguments en faveur de la légalisation qui ont été donnés :
– cela rapporterait de l’argent à l’état ( le tabac rapporte 14 milliards tous les ans).
– Cela ferait baisser la criminalité et la délinquance.
– Le cannabis légalisé coûtera moins cher.
– La production et la vente légale permettraient la création d’emplois.
– Puisque l’alcool et le tabac sont légaux, le cannabis devrait l’être.
Les arguments contre apportés :
– le cannabis et dangereux pour la santé, notamment psychologique.
– la légalisation entraînera sûrement plus de consommateurs.
– Le cannabis légalisé sera un tremplin vers la consommation des autres drogues.

Article rédigé par les jeunes de la MLDS

Le prochain sujet de débat abordé dans quinze jours sera autour de la question de société soulevé par le hashtag « balance ton porc ».

Pour préparer un débat sur la légalisation du cannabis avec les jeunes de la MLDS

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Les pays ayant légalisé le cannabis au 1er janvier 2018

Si l’Inde et le Népal ont légalisé partiellement l’usage du cannabis dans les années 1980, en 2013, l’Uruguay est le premier pays à avoir légalisé de façon encadrée la culture et la consommation de cannabis. L’État de Californie a légalisé cette drogue le 1er janvier, à la suite du Colorado, de Washington, de l’Oregon, du Maine, du Nevada, de l’Alaska. L’état du  Massachusetts et le Canada le feront normalement en 2018. Cela représentera 110 millions de personnes soit 1,5% de la population mondiale.
Si cette drogue se consomme depuis des siècles sous différentes formes pour des usages récréatifs ou thérapeutiques, elle est encore prohibée dans la quasi-totalité des pays du monde. Mais cette interdiction est plutôt récente :  l’une des premières lois de prohibition du cannabis a été votée en Égypte en 1868, mais la plupart des pays occidentaux n’ont suivi que dans les années 1920 ou 1930, et la prohibition ne s’est vraiment mondialisée qu’après la Seconde guerre mondiale.

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Les pays ayant dépénalisé l’usage récréatif du cannabis au 1er janvier 2018

Toutefois, un grand nombre de gouvernements ont fait le choix de la dépénalisation. La consommation et/ou la culture du cannabis restent officiellement illégales dans 35 pays , mais elles sont tolérées ou soumises à des peines beaucoup moins lourdes, allant de la simple amende aux travaux d’intérêt général, en passant par la prescription d’une cure de désintoxication. Dans l’immense majorité des cas, cette politique de tolérance est réservée à la consommation personnelle de drogue, en petites quantités, et n’exonère pas les trafiquants. Elle maintient aussi souvent d’importantes contraintes pour les usagers. Cette dépénalisation concerne 1,2 milliard de personnes, soit 15% de la population mondiale.

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Les pays ayant légalisé l’usage thérapeutique du cannabis au 1er janvier 2018

Enfin, la question de la consommation du cannabis a également un aspect médical. Cet usage, déjà connu chez les Romains a été redécouvert au milieu du XIXe siècle par un médecin irlandais. Des recherches récentes montrent qu’il peut être utilisé comme bronchodilatateur, antispasmodique ou comme vasodilatateur.
Cette reconnaissance de vertus thérapeutiques au cannabis a conduit, ces dernières années, de nombreux gouvernements à infléchir leur législation pour le rendre accessible aux malades. 37 pays sont concernés par le « cannabis thérapeutique ». Cela représente 1,4 milliard de personnes, soit 18% de la population mondiale.

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La situation en Europe

D’après un article du blog Les Décodeurs.

Une accumulation de bêtises ?

Je trouve les arguments développés par Karine Mauvilly, ex-journaliste et ex-professeur d’histoire – géo en collège (elle semble avoir des difficultés à trouver sa voie) faux et orientés, mais peut-être ai-je tort ? Elle lance un cri d’alarme contre le numérique à l’école ici.
Florilège  :
– « Les aspects négatifs du numérique sont plus nombreux que les positifs. »
– « Cela ne vise qu’à vendre des objets numériques aux élèves et à l’Ecole. »
– « de nombreux aspects mettent en danger la santé des enfants, ou sont négatifs pour l’apprentissage : le numérique a des effets sur la vue : on constate, partout dans le monde, une augmentation de la prévalence de la myopie chez les enfants et adolescents, et un lien clair est fait avec l’utilisation abusive des écrans. Chez les 5-10 ans, la lumière bleue des écrans aurait aussi un effet irréversible sur une partie de la rétine. »
– « le numérique a un impact négatif sur le sommeil. La fréquentation des écrans le soir retarde l’heure de l’endormissement – or, on sait que les performances scolaires sont reliées à la qualité du sommeil. »
– « des études font le lien entre l’utilisation trop fréquente des écrans et le niveau de bien-être des enfants. L’anxiété augmente avec le temps d’écran. Enfin, des risques de d’addiction existent durant l’adolescence, et cela peut avoir un effet délétère sur l’apprentissage. »
– « nous faisons juste une distinction entre l’usage du numérique pour les adultes, qui peut avoir de grands avantages, et la généralisation des écrans dans la vie des enfants. Ce n’est pas parce qu’un objet a des avantages dans la vie adulte, qu’il a les mêmes avantages pour les plus jeunes. Il y a un temps pour se construire avec des outils traditionnels, avec une relation d’humain à humain, et un temps pour accéder aux objets du moment. »
– « Aucune étude ne démontre un meilleur apprentissage avec les objets numériques. »
– « Des études montrent qu’il n’y a pas de corrélation systématique entre la motivation pour quelque chose et l’efficacité dans l’apprentissage« .
– « ce qui nous apparaît aujourd’hui comme attrayant, ennuiera demain prodigieusement les élèves… il faudra alors passer au gadget suivant pour les motiver. »
Les arguments ne sont pas étayés par des preuve (on n’a pas les références des études en question), on a au mieux des arguments d’autorité ! Mais peut-être est-ce pour qu’on lise son livre…

Question : est-il disponible pour les tablettes ? Réponse :

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Jusqu’où ira l’hypocrisie ?

Cette dame affirme que l’école veut devenir tout numérique, ce qui est faux et même totalement illusoire à la vue du manque de moyen de notre institution. D’autre part, si elle veut que des adultes utilisent correctement ces outils numériques, ne faut-il pas que des enfants ou adolescents l’apprennent ? Le rôle de l’école est d’enseigner aux élèves un usage raisonné de ces outils.

Débat : qu’est-ce qu’être Français ?

Après avoir introduit le sujet du débat hier avec les propos de Nicolas Sarkozy : quand on devient français, « l’on vit comme un Français et nos ancêtres sont les gaulois« ; j’ai demandé aux élèves de troisième de réfléchir à ce que signifiait, pour eux, « vivre comme un Français ».
Ils ont pu aujourd’hui débattre de la question sous la direction de l’un d’entre eux, animateur du débat.
Premier constat : sur 23 élèves présents, seuls 10 ont pris la paroles pour exprimer leur avis (7 garçons et 3 filles). Il y avait 11 filles présentes pour 12 garçons.
Au cours du débat, voici les éléments qui ont émergé. J’ai demandé à tous les élèves présents de s’exprimer ensuite sur ces idées en levant la main (d’accord/ pas d’accord/ sans avis).
« Vivre comme un Français » ce serait donc pour eux :
– accepter l’égalité entre homme et femme (tous les élèves sont d’accord)
– s’adapter à / adopter le pays (tous d’accord)
– respecter les lois françaises (tous d’accord)
– accepter de payer des impôts (9 élèves ne sont pas d’accord)
– avoir la nationalité française (5 élèves pas d’accord)
– parler et écrire le français (12 pas d’accord, 5 sans avis)
– être citoyen et avoir des responsabilité (tous d’accord)
– élire le président de la République (9 pas d’accord / 4 sans avis)
– s’adapter à / adopter la culture du pays (10 pas d’accord / 2 sans avis)
– adopter les coutumes du pays (selon eux, Noël, 14 juillet..) (21 pas d’accord / 2 sans avis)
– accepter de vivre avec des gens différents (tous d’accord)
– avoir la liberté de faire ce que l’on veut (17 pas d’accord / 3 sans avis)

Lors de l’échange sur la culture du pays, ils en sont arrivés à préciser qu’il leur semblait nécessaire de connaitre un minimum de l’histoire du pays pour « vivre en Français » mais que l’idée de dire que les ancêtres de tous les Français étaient les Gaulois est absurde.

Je peux voir dans leur réponses une confusion entre « être Français » et « vivre comme un Français ». Je vais cependant pouvoir, à la suite du débat, construire les notions de citoyenneté et de nationalité.