Catégorie : Vers une nouvelle école ?

Le dispositif « Devoirs faits » obligatoire en sixième pour les élèves en difficulté

Le ministre de l’Education nationale a annoncé « une inscription d’office à Devoirs faits » pour les élèves de 6e qui ne seront « pas au niveau en français et en mathématique » après les évaluations de début d’année. Le dispositif restera sur la base du volontariat pour les autres élèves de cinquième, quatrième et troisième.
Le ministre semble ici confondre le dispositif (mal nommé) « devoirs faits » et l’aide personnalisée, qui existe déjà. J’ai du mal à concevoir qu’aider les élèves à faire leurs devoirs va améliorer leur niveau. Outre un effet stigmatisant potentiellement contre-productif, je ne suis pas certains non plus que les établissements puissent assurer le nombre d’heures nécessaires puisque ces heures sont payés en heures supplémentaires, et donc sur la base du volontariat des professeurs aussi.
Bref, une fausse bonne idée ou un bel effet d’annonce, encore. J’aurai préféré qu’il annonce que « Devoirs faits » devient obligatoire pour tous les élèves et intégré dans leur emploi du temps.

L’évolution du CAPES d’histoire – géographie

L’an prochain, les épreuves du CAPES externe vont changer.
Il y aura deux épreuves écrites d’admissibilité :
– Une composition en 6h coefficient 2, notée sur 20. Une note inférieure à 5/20 est éliminatoire.
– Un dossier documentaire en 6h, coefficient 2, notée sur 20. Une note inférieure à 5/20 est éliminatoire. Cette deuxième épreuve, nouvelle, consiste en une analyse scientifique et un projet de mise en œuvre d’une séance pédagogique. Le dossier porte sur un thème des programmes scolaires, en lien avec le programme du concours. On peut trouver un sujet zéro ici.
Si la composition porte sur la géographie, le dossier porte sur l’histoire, et inversement.

Pour l’admission, il y aura deux épreuves orales :
– Une leçon dont un tirage au sort détermine si elle porte sur l’histoire ou la géographie. 5 heures de préparation, 30 minutes d’exposé, 30 minutes d’entretien. La leçon évalue à la fois la maîtrise de compétences disciplinaire et celle de compétences pédagogiques. L’épreuve est notée sur 20, coefficient 5, la note 0 est éliminatoire.
– Un oral avec 15 minutes d’exposé (présentant le parcours, les travaux de recherche, les enseignements et les stages suivis par le candidats…) suivies de 20 minutes d’entretien. L’entretien porte sur l’aptitude du candidat à s’approprier les valeurs de la République, dont la laïcité, et les exigences du service public (droits et obligations du fonctionnaire dont la neutralité, lutte contre les discriminations et stéréotypes, promotion de l’égalité, notamment entre les filles et les garçons, etc.) ; mais aussi à faire connaître et partager ces valeurs et exigences. L’ensemble évalue la motivation du candidat et son aptitude à se projeter dans le métier de professeur au sein du service public de l’éducation. L’épreuve est notée sur 20, coefficient 3, la note 0 est éliminatoire.

La langue française évolue… en Suisse

La Conférence intercantonale de l’Instruction publique de la Suisse romande et du Tessin annonce l’adaptation de l’orthographe à l’état actuel de la langue. L’orthographe « rectifiée », recommandée par le Conseil supérieur de la langue française depuis 1990, a fait son entrée en 1996 dans les écoles romandes, où elle coexiste avec la graphie « traditionnelle ». Elle devient aujourd’hui la référence pour l’enseignement du français dans les cantons romands. L’orthographe « traditionnelle » n’est pas abandonnée, elle restera acceptée. Les élèves pourront continuer à l’appliquer sans être sanctionnés.
Pour mettre en place cette évolution, la Conférence publie le petit livre d’OR contenant les modifications apportées à l’orthographe, ainsi que la liste des mots modifiés.
Une inspiration pour l’Education nationale ?

Pas de revalorisation pour moi, donc

En clôturant le Grenelle de l’éducation le 26 mai, le ministre avait parlé d’un moment « historique » avec le renouvellement d’une enveloppe budgétaire de 400 millions pour 2022 au titre de la revalorisation des enseignants. Le 14 juin, le ministère a fait connaitre ses propositions. Surprise : l’enveloppe passe de 400 millions à 245 millions. Les 155 millions restants devraient être dépensés dans des mesures catégorielles ou peut-être dans la reconduction de la prime informatique.
Le ministère propose ensuite aux organisations syndicales trois scénarios, chacun adoptant le principe d’un même montant de prime quelque soit le corps (agrégé, certifié, PE) et l’extension aux CPE et Psy-EN (il n’est pas question des professeurs documentalistes dans le document).
Le premier scénario propose le versement dégressif des échelons 2 à 7 de la classe normale. Cela ne concernerait donc que 34% des enseignants. Concrètement à l’échelon 2 un enseignant recevrait une prime de 75€ nets par mois et à l’échelon 7 de 36€ nets. Les contractuels toucheraient entre 42 et 27€.
Le second scénario étend la revalorisation à l’échelon 8 avec des montants de 57€ nets par mois au 2ème échelon et 36€ au 8eme. Les contractuels percevraient de 33 à 27€ nets. Cela concernerait 43% des enseignants.
Le troisième scénario maximise la revalorisation des échelons 2 et 3 et du coup minimise celle de l’échelon 8. Les enseignants percevraient de 64€ nets à l’échelon 2 à 29€ à l’échelon 8 pour les titulaires. Les contractuels auraient de 36 à 27€.
A cette prime d’attractivité (vraiment ?) qui ne concernera, quelque soit le scénario, qu’une minorité des enseignants s’ajoutera normalement la prime informatique de 150€ par an, si elle est effectivement reconduite. Enfin les enseignants bénéficieront, comme tous les agents publics, d’une prise en charge partielle de la protection sociale avec extension au public d’une mesure existant dans le privé, soit 180€ par an.

D’après une information du Café pédagogique.