Catégorie : Vers une nouvelle école ?

Pour (re)penser l’école

Bertrand Ogilvie est psychanalyste et professeur de philosophie à l’Université de Paris 8 et ancien directeur de programme au Collège international de philosophie. Il donne ici sa vision de ce qu’est l’école et de ce qu’elle devrait être pour le film Notre monde, un espace d’expression rassemblant plus de 35 intervenants, philosophes, sociologues, économistes, magistrats, médecins, universitaires et écrivains. Il s’agit d’un ensemble de propositions concrètes pour « faites de la politique » et de préférence autrement, réuni par Thomas Lacoste, déjà auteur des entretiens Penser critique, kit de survie éthique et politique pour situations de crise(s).
Il me semble qu’il y a des idées très claires et très justes dans ce que dit Bertrand Ogilvie, notamment :
– remise en cause des classes d’âges,
– abandon de la pédagogie pour la « méthode naturelle »,
– abandon des manuels.

Exiger de la lecture plaisir ?

« L’ensemble de la nation doit s’engager pour développer la lecture chez les jeunes ! » C’est ce qu’a demandé le ministre de l’Éducation nationale ce jeudi après-midi à un parterre de maires, d’écrivains et d’académiciens.
Pour cela, le ministre souhaite mieux articuler le travail des enseignants, des bibliothèques, des collectivités locales et des associations autour de la lecture dans les écoles. Si le ministre a beaucoup parlé de lecture plaisir, il a ajouté :
« À chacune des petites vacances, je souhaite que les enseignants demandent à leurs élèves de lire un à deux livres ».

D’après un article du Figaro.fr

Un fond d’investissement pour l’éducation numérique

L’énorme secteur de l’éducation, du soutien scolaire et de la formation professionnelle n’a pas encore beaucoup investi le numérique en France. C’est pourquoi l’ex-patronne de Lycos, Club Internet et Jaina capital et l’ancienne directrice de bpifrance ont créé le fonds d’investissement EduCapital. Doté, dans un premier temps de 45 millions d’euros, apportés par bpifrance, les groupes Hachette Livre, Bayard, Econocom et la famille Leclercq (Décathlon), le fonds pourrait encore grossir dans les mois à venir.
Ce fonds va financer la création ou le soutien à 5 ou 6 start-ups par an, majoritairement en France, mais aussi en Europe.
« Le marché est gigantesque puisque l’éducation au sens large pèse environ 6 % du PIB des pays, mais il n’a pas encore fait sa révolution digitale. Nous avons déjà identifié environ 300 start-ups en France et 3000 en Europe qui ambitionnent de révolutionner ce secteur » explique l’une des fondatrices de EduCapital.
Le fond veut intervenir dans les domaines de la formation continue, des écoles de reconversion ou du soutien scolaire. Le marché de l’éducation numérique, quasiment inexistant en France, est déjà très développé aux États-Unis et en Chine.

D’après un article du Figaro.fr

Nulle : d’accord. Une blague ? Pas si sûr…

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Depuis mercredi, un slogan accompagnant un manifeste du Medef a commencé à faire des mécontents : « Si l’école faisait son travail, j’aurais un travail. » Le Medef assume totalement cette prise de position alors que le ministre de l’Education nationale se dit consterné et demande même le retrait du slogan.
Contacté par franceinfo, le service presse de l’organisation patronale explique que les enseignants ne doivent pas le prendre pour eux. Il faudrait, d’après ce responsable de communication, parler des dysfonctionnements de l’Éducation nationale qui doit améliorer sa performance. C’est bien l’école d’aujourd’hui qui débouche sur un chômage de masse des jeunes français, une éducation trop académique et pas assez professionnelle. Le Medef reconnait que cette phrase était délibérément provocatrice, pour attirer l’attention sur cette campagne pour l’éducation élaborée par l’organisation patronale.

Voici quelques illustrations accompagnant les propositions du Medef… Après lecture, le manifeste ne me semble pas bouleversant. Le Medef se contentant de décrire tous les poncifs du genre. Au lieu de cela, il serait préférable que les patrons fassent leur travail, c’est – à – dire donner du travail aux employés !

Un documentaire sur l’école

Le documentaire sur l’école Une idée folle est en exclusivité sur le site du Monde jusqu’au dimanche 10 septembre à minuit.
Tourné dans neuf établissements scolaires, publics et privés, de la maternelle au collège, le documentaire réalisé par Judith Grumbach interroge le rôle de l’école à travers le témoignage d’enseignants, d’enfants, de parents ainsi que d’experts de l’éducation.

C’est la saison

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Dans Changez l’école ! (PlayBac, 464 pages, 22,90 euros), l’universitaire anglais Ken Robinson explique comment les changements qu’il appelle de ses vœux dans l’école pourraient être mis en œuvre.
Ken Robinson est l’auteur d’une conférence en ligne intitulé « L’école tue-t-elle la créativité ? », datant de 2006, mais toujours très regardé onze ans plus tard.
Voici un extrait d’un entretien donné au journal Le Monde.

« L’important est que les enfants soient amenés, dans une atmosphère de confiance et d’empathie, à réfléchir par eux-mêmes.

Comment ?
De nombreux dispositifs pédagogiques les mettent dans cette situation : le jeu, qui est un ressort d’apprentissage majeur ; la réalisation de projets, qui permet aisément de donner du sens aux apprentissages et de motiver les élèves ; tout ce qui relève de la culture « maker » que catalysent les « fab labs », ces espaces coopératifs où l’on fabrique des objets grâce, entre autres, aux imprimantes 3D ; la bonne vieille maïeutique, qui place le questionnement au cœur des cours. Ces approches conduisent à des apprentissages très robustes en langues, en sciences, en mathématiques, etc. Elles induisent en outre beaucoup de discipline et de travail. Ceux qui imaginent que créativité rime avec oisiveté en seront pour leurs frais !

Pourquoi la créativité est-elle aussi importante ?
Parce que c’est ce qui nous fait avancer. Toutes les grandes ruptures ont été accomplies parce que l’être humain sait, parfois, faire preuve de créativité, et non reproduire inlassablement ce qu’il faisait auparavant. L’école doit donner cette compétence aux enfants car ils vont arriver dans un monde où beaucoup sera à réinventer. L’intelligence artificielle va bouleverser le marché de l’emploi. C’est en cours depuis longtemps dans l’industrie ; c’est imminent dans les services. Quel sera l’impact exact de ces changements ? A quelle échéance se produiront-ils massivement ? Franchement, je pense qu’on ne le sait pas plus aujourd’hui qu’on ne pouvait prévoir l’impact de la révolution industrielle au début du XIXe siècle. La seule chose que l’on sache, c’est que cela va arriver, et que la transition peut être brutale. Songez seulement aux bouleversements produits par les smartphones ou les réseaux sociaux, qui n’existaient pas en 2006 lorsque j’ai donné cette conférence.

L’école doit donc changer pour adapter les enfants à l’économie de demain ?
Non. Cela sera un bénéfice collatéral. Elle doit changer d’abord pour s’adapter aux enfants d’aujourd’hui, qui se portent de plus en plus mal, soumis qu’ils sont à l’addiction aux écrans, à la pression scolaire, à la surprotection des parents, au cyber-harcèlement… Partout dans le monde, les taux de dépression et de suicide des jeunes augmentent.

La créativité empêche-t-elle cela ?
Il est délicat, méthodologiquement, de tenter de prouver qu’un dispositif empêche quelque chose d’advenir, surtout pas le suicide, qui procède d’une équation intime et multifactorielle. Nous disposons en revanche d’études nombreuses et convergentes sur les effets que produisent les écoles créatives : moins d’abandons, plus de motivation, plus de réussite aux examens, plus de satisfaction des élèves, des enseignants et des parents… Je donne dans mon dernier livre l’exemple d’écoles, notamment dans des zones très défavorisées, dont les résultats aux tests ont progressé formidablement. A aucun moment, contrairement aux écoles traditionnelles, elles n’ont fixé pour objectif de mieux réussir ces tests. C’est la mise en œuvre d’approches différentes qui le leur a permis. »

Vous pourrez lire une chronique du livre de Ken Robinson ici.

 

Un ministre hyperactif ?

Le ministre de l’Éducation,voulant sans doute montrer qu’il travaille durant les vacances scolaires, a annoncé, ce mardi 29 août, le lancement d’évaluations diagnostiques à réaliser dans toutes les classes de CP et de 6e (cela me rappelle quelque chose…).
Les domaines évalués seront les mêmes : français et mathématiques. Les 828 000 élèves de 6e devraient être testés en novembre et les 750 000 enfants de CP courant septembre.
En CP, il y aura treize exercices (trente-sept items) en français, et neuf en maths (vingt-six items).
Au sortir de la réunion, les syndicats n’ont pas caché leur scepticisme, en particulier face au cahier d’exercices à utiliser au CP : tout — ou presque — passe par le papier et le crayon. Est-ce bien raisonnable à 6 ans, quand les élèves entrent juste dans l’écrit ?

D’après un article du Monde.fr