Catégorie : Vers une nouvelle école ?

Tous les problèmes de l’éducation nationale en quelques cases

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En vrac :
– l’absence de mixité sociale dans les établissement ;
– le système contre – productif de mutation des enseignants ;
– l’absence d’évolution malgré de nombreuses réformes de façade ;
– les difficultés socio – culturelles des élèves défavorisés ;
– le vieillissement des professeurs face à un public toujours jeune  ;
– le sentiment d’inutilité ressenti par de nombreux professeurs.

Une idée folle ?

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C’est le titre d’un documentaire de Judith Grumbach , tourné dans neuf établissements scolaires – publics et privés, de la maternelle au collège, aux quatre coins de la France. Une Idée Folle pose la question du rôle de l’école au XXIème siècle, à travers le témoignage d’enseignants, d’enfants, de parents ainsi que d’experts de l’éducation. À quels défis les citoyens de demain vont-ils devoir faire face et comment les y préparer ? En cultivant l’empathie, la créativité, la coopération, la prise d’initiative ou encore la confiance en soi et l’esprit critique chez les élèves, en parallèle des savoirs fondamentaux, les enseignants de ces écoles font un rêve fou : celui de former une future génération de citoyens épanouis et responsables qui auront à cœur de transformer positivement la société qui les entoure.
À partir du 7 mars, Une Idée Folle fera l’objet de projections citoyennes partout en France, dont l’organisation sera accompagnée par l’équipe du film.Il est possible de contacter l’équipe du film pour demander une projection ici.

La pédagogie Freinet en quelques dates

Voici les apports de Célestin Freinet à la pédagogie dans une petite chronologie. Il a parfois emprunté ces idées à d’autres.
– La première innovation de Freinet a été la classe-promenade et l’étude du milieu locale ; pratiquées dès 1922. Il s’agissait d’observer le milieu naturel et humain, et d’en rapporter à l’école les échos oraux, puis écrits. Les textes ainsi produits étaient corrigés, enrichis et constituaient le socle de l’apprentissage élémentaire classique.
– En 1922 également, Freinet revint de Hambourg avec la conviction qu’il fallait un matériel scolaire adapté aux élèves. D’où l’importance de l’aménagement intérieur de l’école et de la classe (salle commune pour travaux collectifs, ateliers spécialisés de travail manuel, ateliers spécialisés en documentation, expression, expérimentation).
A partir de 1924, Célestin Freinet a fait librement rédiger les élèves, à la maison ou à l’école, individuellement ou collectivement. Les textes produits étaient ensuite examinés par les élèves et la classe choisissait ce qui pouvaient être imprimés. Les textes étaient exploités grammaticalement et analysés du point de vue des intérêts des élèves qu’ils révélaient. Les questions et les problèmes dégagés, d’ordre historique, géographique, technique, etc. donnaient l’occasion d’expériences physiques, de travaux d’atelier, de recherches documentaires. La classe se répartissait les tâches ainsi induites. Les élèves notaient dans un agenda les travaux à faire ultérieurement, les suggestions de visite, les questions pouvant faire l’objet de la correspondance scolaire. La rédaction libre était grandement motivée par sa transcription majestueuse en caractère imprimé, son illustration et sa diffusion.
– Freinet adopta la pédagogie de groupe élaborée par Roger Cousinet. Celui-ci expérimentait depuis 1920 sa méthode de travail libre par groupes. Son hypothèse de départ était que les enfants sont capables d’organisation, d’effort, de persévérance pour des activités qui leur plaisent, comme les jeux. Pourquoi ne montreraient-ils pas les mêmes qualités pour des travaux qu’ils seraient à même de choisir et de conduire par eux-mêmes ? Au lieu d’enseigner, le maître préparait des documents, des objets, des plantes, des minéraux. Le maître proposait alors aux enfants de former librement de petits groupes de travail sur les objets qui les intéressaient.
– En 1924, sur une idée de Barthélemy Profit, Freinet a mis en place la coopérative scolaire gérée par les élèves (achat de disques, location de films, distribution de tâches). Mais Freinet donna un sens encore plus large au mot coopérative : La coopérative, c’est à la fois le bien commun, le lien du groupe, l’outil d’autogestion, le forum, l’école de la démocratie. Les réunions étaient hebdomadaires. Au minimum, il s’agissait d’un tour de tous les plans de travail. Mais presque chaque semaine on débattait ensuite d’un sujet important pour le moment et on prenait collectivement des décisions qui concernent tout le monde : décision de participer ou non à un concours ; sélection de ce qui sera planté ou semé dans le potager ; décisions sur des achats ; réponse/débat au sujet des questions de la boîte à questions ; élaboration ou modification du règlement intérieur ; distribution des responsabilités ; élections… Il y avait un (ou une) responsable de la coopérative, élu(e) qui présidait les débats, donnait la parole, faisait le compte-rendu ou attribuait cette tâche à un autre enfant. Le rôle de l’instituteur se limitait à veiller à ce que tout se passe bien, à prendre des décisions qui ne pouvaient être prises par les enfants, à accélérer un peu lorsque le débat s’enlisait.
– La correspondance avec une autre classe, plus ou moins éloignée géographiquement, était conçue comme une ouverture de l’école vers l’extérieur. A partir de 1926, cela a permis d’abord de motiver l’écriture, la lecture ou le dessin. Cela a fait découvrir de façon concrète d’autres modes de vie, d’autres contextes géographiques et culturels. Cela a créé des attentes, des buts : les enfants pouvaient partager avec leurs correspondants des recherches, des découvertes, des lectures. Il y avait aussi un côté affectif puisque la communication se faisait de classe à classe mais aussi d’enfant à enfant : chacun avait son correspondant.
– Freinet adopta le cinéma et la radio à but pédagogique dès 1927.
– Avec le travail libre, les élèves élaboraient avec le maître un plan général de travail pour la semaine, ainsi qu’un plan de travail individuel ou l’élève inscrivait les tâches qu’il voulait accomplir. Le travail libre de l’élève était rendu possible par la production d’une bibliothèque de travail, par des fichiers scolaires coopératifs, par des visites, enquêtes… Le plan général, mensuel, était collectif tandis que les plans hebdomadaires et quotidiens étaient individuels.
Les fichiers scolaires coopératifs étaient placées dans des classeurs spéciaux, les fiches étant utilisées par les élèves au fur et à mesure des besoins et le plus possible librement.
A partir de 1932, le contrôle du travail des élèves est assuré par la comparaison entre le plan individuel de travail avec le plan exécuté, par l’autocontrôle (fiches auto-correctrices), par l’attribution d’une note appréciative de la discipline, de la propreté et de la vie communautaire, enfin par la délivrance de « brevets » concernant les travaux pratiques réalisés par l’élève.
– Dès 1943 Freinet laissait les enfants émettre leurs propres hypothèses, faire leurs propres découvertes, éventuellement constater et admettre leurs échecs mais aussi parvenir à de belles réussites par le tâtonnement expérimental avec pour conséquence une motivation très forte, une implication immédiate des enfants, qui prenaient confiance en eux et en leurs possibilités de progresser par eux-même. L’intérêt résidait aussi dans le fait qu’il devenait inutile d’apprendre par cœur quelque chose que l’on avait découvert par le tâtonnement expérimental.
Le rôle de l’instituteur était d’écouter et d’intervenir au bon moment, soit pour donner un petit coup de pouce à une idée intéressante émise par un élève et qui ouvrait des portes sur la compréhension du phénomène observé, soit pour proposer un changement de cap si la recherche ou la discussion s’enlisaient ou partaient dans une direction vraiment stérile.
– Freinet a découvert la méthode naturelle en observant parler, marcher, lire sa propre fille. Il prôna la méthode naturelle, appuyé sur le tâtonnement expérimental, la libre expression, le matériel pédagogique à partir de 1947.
Par cette méthode, l’enfant lisait et écrivait bien avant d’être en possession des mécanismes de base, parce qu’il accèdait à la lecture par d’autres voies complexes, qui sont celles de la sensation, de l’intuition et de l’affectivité dans le milieu social.
– En 1964, deux ans avant sa mort, Freinet rédigea les invariants pédagogiques.
« C’est une nouvelle gamme des valeurs scolaires que nous voudrions ici nous appliquer à établir, sans autre parti pris que nos préoccupations de recherche de la vérité, à la lumière de l’expérience et du bon sens. Sur la base de ces principes que nous tiendrons pour invariants, donc inattaquables et sûrs, nous voudrions réaliser une sorte de Code pédagogique.»
Invariant n°1 : L’enfant est de la même nature que nous.
Invariant n°2 : Être plus grand ne signifie pas forcément être au-dessus des autres.
Invariant n°3 : Le comportement scolaire d’un enfant est fonction de son état physiologique, organique et constitutionnel.
Invariant n°4 : Nul – l’enfant pas plus que l’adulte – n’aime être commandé d’autorité.
Invariant n°5 : Nul n’aime s’aligner, parce que s’aligner, c’est obéir passivement à un ordre extérieur.
Invariant n°6 : Nul n’aime se voir contraint à faire un certain travail, même si ce travail ne lui déplaît pas particulièrement. C’est la contrainte qui est paralysante.
Invariant n°7 : Chacun aime choisir son travail, même si ce choix n’est pas avantageux.
Invariant n°8 : Nul n’aime tourner à vide, agir en robot, c’est-à-dire faire des actes, se plier à des pensées qui sont inscrites dans des mécaniques auxquelles il ne participe pas.
Invariant n°9 : Il nous faut motiver le travail.
Invariant n°10 : Plus de scolastique.
Invariant 10 bis : Tout individu veut réussir. L’échec est inhibiteur, destructeur de l’allant et de l’enthousiasme.
Invariant 10 ter : Ce n’est pas le jeu qui est naturel à l’enfant, mais le travail.
Invariant n°11 : La voie normale de l’acquisition n’est nullement l’observation, l’explication et la démonstration, processus essentiel de l’École, mais le tâtonnement expérimental, démarche naturelle et universelle.
Invariant n°12 : La mémoire, dont l’École fait tant de cas, n’est valable et précieuse que lorsqu’elle est vraiment au service de la vie.
Invariant n°13 : Les acquisitions ne se font pas comme l’on croit parfois, par l’étude des règles et des lois, mais par l’expérience. Étudier d’abord ces règles et ces lois, en français, en art, en mathématiques, en sciences, c’est placer la charrue devant les bœufs.
Invariant n°14 : L’intelligence n’est pas, comme l’enseigne la scolastique, une faculté spécifique fonctionnant comme en circuit fermé, indépendamment des autres éléments vitaux de l’individu.
Invariant n°15 : L’École ne cultive qu’une forme abstraite d’intelligence, qui agit, hors de la réalité vivante, par le truchement de mots et d’idées fixées par la mémoire.
Invariant n°16 : L’enfant n’aime pas écouter une leçon ex cathedra.
Invariant n°17 : L’enfant ne se fatigue pas à faire un travail qui est dans la ligne de sa vie, qui lui est pour ainsi dire fonctionnel.
Invariant n°18 : Personne, ni enfant ni adulte, n’aime le contrôle et la sanction qui sont toujours considérés comme une atteinte à sa dignité, surtout lorsqu’ils s’exercent en public.
Invariant n°19 : Les notes et les classements sont toujours une erreur.
Invariant n°20 : Parlez le moins possible.
Invariant n°21 : L’enfant n’aime pas le travail de troupeau auquel l’individu doit se plier comme un robot. Il aime le travail individuel ou le travail d’équipe au sein d’une communauté coopérative.
Invariant n°22 : L’ordre et la discipline sont nécessaires en classe.
Invariant n°23 : Les punitions sont toujours une erreur. Elles sont humiliantes pour tous et n’aboutissent jamais au but recherché. Elles sont tout au plus un pis-aller.
Invariant n°24 : La vie nouvelle de l’École suppose la coopération scolaire, c’est-à-dire la gestion par les usagers, l’éducateur compris, de la vie et du travail scolaire.
Invariant n°25 : La surcharge des classes est toujours une erreur pédagogique.
Invariant n°26 : La conception actuelle des grands ensembles scolaires aboutit à l’anonymat des maîtres et des élèves; elle est, de ce fait, toujours une erreur et une entrave.
Invariant n°27 : On prépare la démocratie de demain par la démocratie à l’École. Un régime autoritaire à l’École ne saurait être formateur de citoyens démocrates.
Invariant n°28 : On ne peut éduquer que dans la dignité. Respecter les enfants, ceux-ci devant respecter leurs maîtres est une des premières conditions de la rénovation de l’École.
Invariant n°29 : L’opposition de la réaction pédagogique, élément de la réaction sociale et politique est aussi un invariant. avec lequel nous aurons, hélas! à compter sans que nous puissions nous-mêmes l’éviter ou le corriger.
Invariant n°30 : Il y a un invariant aussi qui justifie tous nos tâtonnements et authentifie notre action : c’est l’optimiste espoir en la vie.

Le prédicat, mais c’est quoi donc ?

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Pendant les vacances, je travaille un peu sur les programmes du primaire dans l’optique de ma reconversion. Et je tombe sur un gros mot en grammaire : le prédicat.
Après quelques recherches, j’ai appris que le prédicat est le mot qui désigne la fonction du groupe verbale dans une phrase.

La vidéo ci-dessous montre comment analyser une phrase à l’école primaire, en cycle 3.

(la vidéo vient du blog Charivari à l’école)