Catégorie : Livre d’enfants

Le Club des Cinq a grandi

 

Mick, François et Annie, toujours suivis par le fidèle chien Dagobert (qui doit être bien vieux…), vivent maintenant en colocation, se déplacent en Uber, s’agacent des joueurs de ukulélé, se détendent avec le jeu vidéo World of Warcraft et découvrent les graines de chia…
Hachette vient de traduire en français trois livres, réécrits dans une version adulte par l’auteur anglais Bruno Vincent, connu dans son pays pour ses livres humoristiques, pour l’éditeur britannique Quercus. La société chargée de l’héritage d’Enid Blyton ayant donné son accord de principe, l’auteur a eu une semaine pour relire tous les volumes de la collection et trois semaines pour rédiger chaque nouveau tome.
« Quatre générations d’enfants ont grandi avec cette collection, donc il fallait que le pastiche reste respectueux. On ne pouvait pas se moquer des personnages, alors j’ai plutôt choisi de tourner en ridicule la vie moderne. (…) Il a fallu écrire vite, mais ce rythme intense a été bénéfique. J’ai conservé la structure, simple, pas de figure de style ni d’envolée lyrique, et la narration, centrée sur l’aventure. Pour garder le format imposé par l’éditeur, pas plus de 15 000 mots, je me suis inspiré du rythme des sitcoms : des histoires courtes qui finissent toujours bien. »

D’après un article du Monde.fr

Je ne suis pas sûr de les lire, mais l’idée est drôle.

 

Lecture d’enfance pour Noël

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« La plus grande agitation, bien sûr, aurait lieu aux environs de Noël. Le matin de la Sainte-Luce, la femme de chambre, toute vêtue de blanc, la tête ceinte d’une couronne de bougies, les réveillerait à cinq heures du matin en apportant le café, et ce jour-là signifierait que dans les deux semaines à venir, ils ne pourraient pas compter sur beaucoup de sommeil. Il faudrait brasser la bière de Noël, tremper la morue dans la soude, préparer les pâtisseries de Noël et nettoyer à fond la maison. »
(Le Merveilleux voyage de Nils Holgersson à travers la Suède, chapitre XLIX, Un petit manoir)

Lecture de l’oeuvre dans l’émission Ça peut pas faire de mal :

Lectures soviétiques d’enfance

Il s’agit de l’adaptation pédagogique (1966) de deux romans de Charles Vildrac, publiés initialement en 1924 et 1930. Ils s’inspirent visiblement de Robinson Crusoé, de L’île mystérieuse et de Deux ans de vacances de Jules Verne ou encore de L’île au trésor de Stevenson.
Il s’agit à la fois d’un récit d’aventure et de voyage, ainsi que d’une utopie pour enfant. Dans le premier récit, Tifernand, un jeune écolier du faubourg Saint-Antoine, n’aime plus l’école depuis qu’il a un maître trop sévère. Et cela le rend malheureux. Heureusement, un mystérieux et bon personnage, l’Enchanteur, propose à ses parents de l’emmener sur l’île rose, véritable utopie éducative pour garçon située sur une « île qui est marquée seulement sur les rares cartes géographiques qui soient tout à fait complètes », quelque part en Méditerranée. La plus grande partie du roman relate la découverte de l’île et  de son fonctionnement par l’enfant et notamment ses règles, jugées suffisamment sages pour qu’elles soient naturellement respectées. Mais éloigné de sa famille (sa soeur lui manque beaucoup) et inquiet pour sa mère malade, Tifernand tente de quitter l’île et manque de mourir noyé, expliquant ensuite ainsi son geste téméraire : « Il y a, soupire brusquement l’enfant, que c’est trop beau ici, qu’on est trop heureux ici pour pouvoir en profiter tout seul ». L’Enchanteur  comprend alors le mal-être de Tifernand et  propose à sa famille de le rejoindre le temps des vacances.

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Carte de l’île rose

Le second roman s’ouvre sur l’arrivée définitive sur l’île de la famille de Tifernand, tandis qu’après la ruine de l’Enchanteur, monsieur Vincent, les enfants doivent maintenant travailler pour assurer l’existence de l’île. Heureusement, celle-ci se révèle riche et donc propre à être exploitée, à condition que ses occupants sachent faire preuve d’ingéniosité et de courage. Survient alors une terrible tempête qui ravage l’île. Livrés à eux-mêmes en raison de la maladie de monsieur Vincent, les enfants doivent se débrouiller par eux-mêmes pour restaurer leur paradis. Une partie de la solution sera de l’ouvrir au monde afin de faire des échanges avec le continent, ce qui occasionnera plusieurs péripéties qui donneront à Tifernand l’occasion de se distinguer.
Charles Vildrac visita l’URSS à la fin des années 30 et rendit compte de son voyage dans son livre Russie Neuve, publié en 1937. Selon lui, l’expérience éducative soviétique réalisait le rêve de la création d’un enfant heureux, autonome, curieux et épanoui : « Tout le système de l’éducation actuelle est basé sur le respect de l’enfant, sur la confiance qu’on lui accorde, confiance que l’on souligne en toute occasion et dont il est soucieux de se montrer digne. On lui laisse des initiatives, c’est-à-dire des responsabilités. En lui témoignant qu’on le considère comme une personne raisonnable, dont on attend des actes conscients, on dégage les éléments les plus précieux de sa personnalité pour en favoriser ensuite l’essor ».
Lorsque j’ai lu ces deux romans enfant, je n’ai évidemment pas perçu la vision communiste des récits, qui apparaît de façon évidente aux adultes, comme lors de ce discours de monsieur Vincent aux enfants :
« Il est évident que nous pourrions maintenant comme on dit, donner de l’extension à notre affaire […] A quoi bon ? […] nous deviendrions des hommes d’affaires riches d’argent et pauvres de liberté. Je parle de la liberté d’esprit autant que des loisirs. Ah ! mes chers enfants, le monde entier souffre de trop produire. Les hommes ne savent plus que travailler et faire travailler les autres pour gagner de l’argent et acheter quantité d’objets inutiles. » J’ai par contre été sensible au côté roman d’aventure et j’ai plus d’une fois rêvé de parcourir l’île rose, notamment grâce aux illustrations d’Hervé Lacoste.

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D’après mes souvenirs d’enfance et un très intéressant article de Martine Jacques, « L’Île rose et La Colonie de Charles Vildrac : le modèle utopique en question dans la littérature pour la jeunesse des années vingt ».

La rivière à l’envers

Mon fils a lu, dans le cadre de son cours de français de sixième, La rivière à l’envers (1. Tomek), de Jean-Claude Mourvelat. Comme ce livre lui a beaucoup plu, il m’a invitée à le lire.
Le rythme est inégal, parfois j’aurais aimé en lire plus sur un lieu ou un personnage, mais ce livre me semble très bien pensé pour les enfants de fin de primaire ou de début de collège: on y est charmé, tenu en haleine ou amusé, tour à tour. L’auteur a vraiment eu des idées originales et j’ai aimé être surprise.
Le message de l’auteur est exposé clairement: lorsque j’ai demandé à mon fils de m’expliquer de quoi il s’agissait, plutôt que de me dire « C’est l’histoire de Tomek, un jeune homme qui part à l’aventure et recherche une jeune fille dont il est tombé brutalement amoureux. Il va découvrir des régions incroyables et faire des rencontres surprenantes », il m’a dit d’abord « C’est un livre qui explique que si on ne mourrait jamais, la vie perdrait sa valeur. C’est la mort qui donne son prix à la vie ». Et ensuite, il m’a résumé l’histoire.
Du coup, je l’ai lu. Avec plaisir.
Il existe un autre tome, qui fait écho à celui-ci: l’histoire est racontée par un autre personnage, la jeune fille dont est tombé amoureux Tomek. Mon fils veut le lire, tant mieux.

Neige

C’est de saison : Neige, de Keiko Maeo, aux éditions Autrement Jeunesse.

Une couverture recouverte de tissu, des couleurs paisibles, un dessin clair et touchant, et de la neige. Une petite fille qui voit la neige tomber et recouvrir sa ville, qui en profite simplement.

« Odeur de froid

très froid

Même les yeux fermés

Étendue blanche

Neige »

Comment dire à quel point ce petit livre me bouleverse?

Est-ce parce que c’est l’homme que j’aime qui l’a choisi pour moi? Parce qu’il l’a si bien choisi, parce que cette petite fille me ressemble? Parce qu’à l’intérieur de la couverture, ces mots d’amour sont pour moi? Parce que je l’ai ouvert devant un thé bien chaud un après-midi d’hiver, et lu pour la première fois dans des bavardages gais d’enfants?

Pas seulement. Il m’a émue profondément et joliment.

Mais je ne trouve pas les mots.

Peut-être est-ce mieux: ainsi, ils n’appartiennent qu’à moi, ces mots silencieux, et à ceux qui me connaissant assez pour comprendre.

Souvenirs (2)


Pour une occasion particulière, j’ai été amené à me remémorer les livres qui ont compté dans ma jeunesse, vers 10 ou 11 ans.
Il y a bien sûr « Le seigneur des anneaux » dont j’ai déjà évoqué la rencontre ici. Et puis un livre de la Bibliothèque Rouge et or intitulé « Le survivant du Pacifique » : Il s’agit de l’odyssée du porte-avions américain « Enterprise« , qui a accompli toute la guerre du Pacifique. Il échappa au désastre de Pearl Harbour et il participa par la suite à chacun des opérations américaines contre les japonais. L’auteur a trouvé dans des mémoires et dans des documents officiels, les détails de cette histoire, qu’il sait rendre passionnante pour un gamin.
Toujours en histoire, j’ai lu et relu « L’histoire de France en bande dessinée » parue chez Larousse à partir de 1979 pour mes exemplaires, au rythme d’un par mois pour 24 tomes.
Il y a aussi une collection de romans historiques que j’ai lu à la bibliothèque municipale du village voisin. Malheureusement, je ne me souvient plus de la maison d’édition.
Enfin, il me faut évoquer le livre – jeu « La citadelle du chaos » offert par un collègue de mon père venu dîner à la maison et qui m’a ouvert les portes du jeu de rôle.