Catégorie : Jouons un peu !

Jouer (mais sérieusement) à la Résistance

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Voyages en résistance est une application gratuite disponible sur iPhone et Android. Dans cette application, le joueur incarne un agent de liaison qui reçoit une mission à réaliser dans sa ville en 1944. Pour y parvenir, il a plusieurs choix d’actions et doit pour cela aller à différents endroits.
Le jeu s’inscrit dans l’espace quotidien où la réalité virtuelle fait surgir, à la manière de Pokemon, des personnages et des documents.
Le jeu se déroule sur 7 semaines au rythme de la vie réelle. Il faut en effet du temps pour aller chercher une information , pour contacter telle ou telle personne, pour recevoir  une information. Enfin le jeu oblige le joueur à créer un réseau , comme les réseaux de résistance, pour pouvoir réaliser la mission. Il faut donc recruter des camarades pour sa mission. On y gagne en efficacité mais on y perd évidemment en sécurité.
A travers le jeu les élèves peuvent apprendre beaucoup de choses sur le quotidien des résistants. Ils vivent leur vie sur un rythme réel et dans un espace réel.
Ce n’est pas un jeu adapté à la salle de classe. Il ne peut pas se jouer sur le temps scolaire. Mais l’enseignant peut le lancer, le suivre en pénétrant les réseaux et revoir avec les élèves le chemin parcouru.
La première version de Voyages en résistances a vu le jour le 11 novembre 2012 et s’est terminée en septembre 2014. La seconde version sera disponible le 31 décembre normalement.

Quand un site d’information va trop vite

France Info relaie un article de Mashable en affirmant que les internautes allemands peuvent acheter des lego nazis sur Amazon. Mais a y regarder de plus près, il s’agit de lego représentant l’armée allemande, c’est – à dire la Wehrmacht et non des SS. Et c’est d’ailleurs ce que précise le site Mashable.

De plus, en cherchant un peu, je suis aussi tombé sur ces boîtes vendues également sur Amazon. Cobi est une société polonaise de fabrication de jouets. La société est surtout connue pour sa fabrication de briques emboîtables, ressemblant furieusement au concept de Lego. L’entreprise serait même le second fabricant en Europe et le troisième au monde dans cette catégorie.
Dans sa gamme de produits, Cobi (pour CustomBricks) propose le label « Petite Armée » (Mała Armia ou Small Army), pour lequel elle vend des figurines et véhicules de l’armée allemande de la Seconde Guerre mondiale. Pourquoi ne citer alors que les figurines Lego customisées par des particuliers qui les vendent ensuite sur Amazon dans les articles ?

La question même de l’interdiction de ces boîtes est-elle pertinente ? Cela signifie-t-il qu’on ne peut pas jouer à la Seconde Guerre mondiale ? Dans ce cas, il existe de nombreux jeux vidéo qui devraient être interdits aussi de vente. J’ai longtemps joué aux jeux de figurines historiques ou aux wargames, en reconstituant des batailles de la Seconde Guerre mondiale entre autres. Doit-on interdire les règles de ces jeux et les figurines ? Cela me semble absurde.

J’avais évoqué il y a quelque temps la question de jouer à la Shoah. Il me semble que la problématique n’est ici pas la même.

EDIT : l’Union des étudiants juifs de France a demandé ce jeudi à Amazon et Ebay de retirer de leur site les figurines Cobi représentant l’armée allemande de la Seconde Guerre mondiale. Cette même association ne dit par contre rien sur les figurines de l’armée américaine, russe ou japonaise, vendues également par Cobi.

S’il faut interdire le mauvais goût, Cobi propose aussi cela à la vente…

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Et si plutôt que de les boycotter, ces jouets (les références de la Seconde Guerre mondiale) étaient utilisés à des fins pédagogiques. Et pourquoi pas par les parents eux-mêmes ?

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affiche de propagande des années 30

 

Guédelon, un jeu aussi

Comme tous les ans, j’ai présenté le chantier de Guédelon à mes élèves de cinquième à l’aide de différents vidéos. J’ai découvert qu’il existait aussi un jeu de plateau, vendu 35 euros.

Les joueurs incarnent les oeuvriers qui doivent construire le château de Guédelon dans le temps imparti. Il faudra donc extraire les matières premières et les transformer afin de fournir les éléments nécessaires à la construction des différentes parties du château, mais aussi se former chez le maître d’oeuvre afin d’être plus efficace à la tâche. Enfin, il ne faudra pas oublier de s’occuper des visiteurs pour leur transmettre la passion de Guédelon… Le jeu se joue à quatre, mais il y a un mode solo.
On peut voir une partie expliquée en vidéo ici.

Les fiches d’activité à compléter à partir du jeu sérieux « Vivre dans un château au Moyen – Age »

Voici les fiches que je vais distribuer aux élèves de cinquièmes et qu’il devront compléter au fur et à mesure de leur progression dans le jeu. Il s’agit des fiches du site Histocollège (disparu je le crains) légèrement modifiées.

les paysans

Seigneurs et chevaliers

La féodalité

Les paysans et les seigneurs trace écrite

L’eglise trace écrite à trous

Les élèves vont utiliser le mode « jeu » de l’application pour visiter le château. Les points qu’ils vont gagner en répondant aux questions serviront de points d’expérience. Il auront trois ou quatre séances pour finir le jeu.

Un jeu sur portable pour comprendre le quotidien des migrants

Après un énième bombardement de Homs en septembre 2015, Nour décide à son tour de tenter l’aventure en Europe. Cette jeune Syrienne est l’héroïne fictive d’ »Enterre-moi mon amour », un jeu vidéo interactif sur smartphone développé par le studio français The Pixel Hunt en co-production avec Figs et Arte.
Le jeu s’inspire d’un reportage du Monde.fr qui racontait le voyage d’une migrante syrienne à travers son fil WhatsApp en 2015. Le récit commençait par les mots d’une mère à sa fille : « Enterre-moi, mon amour ». Cette expression, qui en arabe signifie : « Je t’aime, donc je veux mourir avant toi », est employée au moment de quitter des gens auxquels on tient.
Le studio a voulu proposer une manière ludique et intelligente de s’intéresser au sort des réfugiés, trop souvent déshumanisés et réduits à de simples chiffres.
« Enterre-moi, mon amour » est une fiction interactive qui se joue via une messagerie instantanée de type WhatsApp. Une interface simplissime qui vous place dans la peau de l’interlocuteur privilégié du personnage. Votre mission : la rassurer, la conseiller, l’informer et l’aiguiller au mieux dans son voyage, avec des réponses qui vous sont suggérées.
La première étape de ce voyage qui doit mener Nour en Allemagne est Beyrouth, la capitale libanaise qu’elle doit rejoindre en taxi afin d’embarquer pour la Turquie. Mais évidemment, les choses ne se déroulent pas comme prévu. Entre passeurs malveillants, polices locales zélées, bombardement et champs de mines, Nour va devoir éviter tous les écueils qui vont se présenter sur sa route. Pour mesurer l’avancement de son voyage, vous pouvez à tout moment consulter une carte vous indiquant où elle se trouve et le chemin qu’elle a parcouru. Conseiller téléphonique, vous êtes aussi son Google, qui l’informe des situations plus ou moins tendues dans les pays qu’elle traverse ou de la meilleure façon de réaliser une amputation.
À moins de vouloir accélérer les choses (les préférences de réception des messages sont paramètrables), vos conversations avec Nour se dérouleront en temps réel. Ainsi, il pourra s’écouler près d’une journée avant que vous ne receviez de ses nouvelles, faute de réseau, de batterie sur son téléphone portable… ou simplement parce que Nour est occupée. Ainsi, pour un périple d’une quinzaine de jours, il faudra compter en tout autant pour boucler le jeu, avec plusieurs sessions de quelques minutes par jour. Le jeu est volontairement non chronophage afin de laisser au joueur le temps de réfléchir.
Le jeu est disponible au téléchargement sur IOS et Android depuis le 26 octobre pour 3,49 euros. Une introduction de 20 minutes racontant le quotidien de Nour avant son départ est accessible sur le site d’Arte.

D’après un article du blog Pop Up Culture.

Une journée mathématique

Aujourd’hui, j’ai pu assister à deux ateliers et une conférence dans le cadre des Journées nationales de l’Association des professeurs de mathématiques de l’enseignement public, alors que ma femme y animait de son côté deux ateliers.
Le premier atelier était proposé par Nicolas Pelay, chercheur en didactique des mathématiques et auteur d’une thèse sur « Jeu et apprentissages mathématiques : élaboration du contrat didactique et ludique en contexte d’animation scientifique« .

Pour nous faire patienter avant l’arrivée de tous les membres du public, il nous a fait jouer avec un tangram. Une fois réalisé avec quatre pièces, il fallait le faire avec une pièce de plus, ce qui m’a posé beaucoup de problèmes.
Ensuite, il nous a exposé sa démarche et celle de son association Plaisir Maths, consistant à venir dans les classes pour animer des sessions de jeux mathématiques. Son association va bientôt proposer une mallette de jeux pour la classe.

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Enfin, il nous a fait jouer à deux jeux : le Chamboul’maths, sur les opérations, que je connaissais déjà et un jeu sur les fractions en cours d’élaboration que j’ai trouvé très intéressant à exploiter en classe.

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Le second atelier était animé par Serge Petit, chercheur en mathématique sur les relations entre les mathématiques et la langue. Avec Annie Camenish, maître de conférence en science du langage, ils sont les auteurs d’une méthode intitulée « Construire les maths avec les NuméRas« . Ils étaient accompagnés de Claudine Walgenwitz, la professeur des écoles chargée de mettre en application cette méthode dans sa classe depuis plusieurs années. J’ai été séduit par cette méthode, d’abord parce qu’elle mêle le français et les maths (il y a même des pistes pour des liens avec d’autres disciplines), parce qu’elle repose ensuite sur une véritable mise en recherche des élèves et parce qu’elle permet enfin de raconter des histoires. L’enthousiasme des trois intervenants y a aussi été pour beaucoup je dois dire. Du coup, je me suis procuré la méthode, éditée par Nathan. Le niveau 1 est disponible et le niveau 2 sera prêt pour la rentrée prochaine. Pour une présentation de la méthode, rendez-vous ici.

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La conférence de Joël Briand, maître de conférences en mathématiques à l’ESPE de Bordeaux, portait sur la continuité nécessaire des méthodes d’apprentissages des mathématiques entre le premier et le second degré. Mon manque de connaissance des programmes de mathématiques du collège et de l’école m’a sans doute empêché de saisir la totalité de ses propos, mais j’ai retenu l’importance de la familiarisation des élèves avec la droite numérique / règle graduée. Il propose aussi d’étudier les figures géométriques en commençant par le triangle puis en enchaînant avec les polygones avant de voir les cas particuliers du carré et du rectangle en dernier. Enfin, il pense que l’apprentissage « traditionnel » de la soustraction et de la division en posant et avec retenue est un obstacle cognitif , ce que ma femme m’avait déjà expliqué.  Il préconise donc la construction d’algorithmes intermédiaires avec les élèves, comme indiqué sur la diapositive ci-dessus.

Jouer dans le donjon de Rouen

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Depuis le mois d’avril et jusqu’au 12 novembre, le donjon de Rouen, seul vestige du château philippien du XIIIe siècle, accueille un jeu pour 3 à 8 personnes. Il s’agit d’un escape game, très à la mode en ce moment. En une heure, les joueurs doivent collaborer pour s’évader de la tour. Pour cela, il faut trouver certains objets, résoudre différentes énigmes et ouvrir des cadenas.
Les joueurs incarnent des mercenaires à la solde du seigneur de Dammartin, qui a juré fidélité au roi d’Angleterre contre son suzerain légitime. Les décors et objets du jeu sont des reconstitutions fidèles de ceux du XIIIe siècle, notamment d’un magnifique jeu d’échec retrouvé en Ecosse.

Chaque indice de l’intrigue possède une dimension pédagogique et un petit livret est distribué à la fin du jeu pour donner des détails sur les objets qui ont été manipulés pendant la partie.

Pour en savoir plus : http://www.donjonderouen.com