Catégorie : Histoire / Géographie et cinéma

A propos du film Simone, le voyage du siècle

Nous avons emmené les troisièmes du collège voir le film Simone, le voyage du siècle. J’avais auparavant raconté la vie de Simone Veil à mes élèves en m’appuyant sur la chronologie proposée dans le dossier pédagogique du film. Précaution nécessaire étant donné le caractère kaléidoscopique du film, qui passe d’une époque à l’autre, au gré des réflexions issues des mémoires de madame Veil. C’est un film dur, souvent pénible dans les scènes montrées, mais qui a le mérite de raconter la vie difficile mais remplie ainsi que les qualité exceptionnelles de cette femme. Il couvre de nombreux aspects du programme d’histoire-géographie de la classe de troisième. Pour poursuivre la réflexion  à propos du film, voici des articles issus de la presse de cette semaine.

Un film d’animation sur l’Afghanistan

Les élèves de troisième ont vu le film Parvana, cette année,  dans le cadre de Collège au cinéma. le 27 avril prochain un autre film d’animation sur ce pays et son histoire récente sort au cinéma. Il s’agit de Ma famille afghane, de Michaela Pavlátová. Il raconte l’histoire d’une jeune femme d’origine tchèque qui, par amour, décide de tout quitter pour suivre en Afghanistan son futur mari. Elle devient alors la témoin et l’actrice, avec son regard de femme européenne, des bouleversements que sa nouvelle famille afghane vit au quotidien à partir de 2001. Un dossier pédagogique est disponible ici

Pour étudier le dessin animé La ferme des animaux en 3e

Voici le document que les élèves vont compléter en visionnant le dessin animé de 1954.

Et en document d’appui, pour des informations sur le film et le résumé des différentes étapes du récit, je vais utiliser une partie d’un dossier trouvé sur Internet. 

Un documentaire sur le problème de l’eau au Niger

Au nord du Niger, le village de Tatiste, victime du réchauffement climatique, se bat pour avoir accès à l’eau. Chaque jour, Houlaye quatorze ans, comme d’autres jeunes, marche des kilomètres pour aller puiser l’eau, essentielle à la vie du village. Cette tâche quotidienne les empêche, entre autres, d’être assidus à l’école. L’absence d’eau pousse également les adultes à quitter leur famille chaque année pour aller chercher au-delà des frontières les ressources nécessaires à leur survie. Pourtant, cette région recouvre dans son sous-sol un lac aquifère de plusieurs milliers de kilomètres carrés. Il suffirait d’un forage pour apporter l’eau tant convoitée au centre du village et offrir à tous une vie meilleure.
On peut trouver ici un dossier pédagogique pour exploiter ce film documentaire qui sort le 10 novembre au cinéma.

Marc Ferro (1924 – 2021)

Marc Ferro est né en 1924. Tout jeune, Marc Ferro se passionnait déjà pour l’histoire, composant une première « Histoire de France » qui commençait pour lui à la guerre de Cent Ans. La guerre lui fait prendre le chemin de l’exode en juin 1940. De retour à Paris, en classe de seconde au lycée Carnot, il y fut menacé par la politique antisémite de Vichy. En terminale, son professeur de philosophie, Maurice Merleau-Ponty, lui recommanda de fuir au plus tôt la zone occupée. Sa mère, née Firdmann en Ukraine, était juive et fut arrêtée et mourut en déportation.
Etudiant en zone libre à Grenoble, en 1942, il fut recruté, pour sa connaissance de l’allemand, par une amie communiste qui animait un réseau de résistants. Il devait identifier, parmi les soldats qui stationnaient aux portes de la ville, les futures cibles en vue d’une action d’envergure. Mais le réseau est démantelé et Marc Ferro, début juillet 1944, rejoignit le maquis du Vercors. Comme géographe, il s’occupait de la lecture des cartes et était chargé de transmettre les ordres du lieutenant-colonel François Huet, alias Hervieux, commandant la défense du Vercors. Ce foyer de résistance fut anéanti par les Allemands et, en attendant le débarquement projeté en Provence, les survivants, dont Marc Ferro, effectuèrent de périlleux raids de ravitaillement. Il participa ensuite à la libération de Lyon avant de retourner à ses études.
Il commença à enseigner à Paris et, dès 1948, à Oran. Là, il prit conscience du fait colonial dont il se fera l’historien (Histoire des colonisations. Des conquêtes aux indépendances, XIIIe-XXe siècle, Seuil, 1994 ; Le Livre noir du colonialisme. XVIe-XXIe siècle : de l’extermination à la repentance, Robert Laffont, 2003 ; La Colonisation expliquée à tous, Seuil, 2016). Lorsque la guerre d’indépendance éclata, à la Toussaint 1954, il participa à Oran à la naissance de Fraternité algérienne, un mouvement progressiste hostile aux inégalités du système colonial, qui échoua à  proposer une voie médiane.
En 1956, il regagna Paris, où il exerça dans différents lycées tout en travaillant à sa thèse sur la révolution de 1917. Son directeur de thèse, Pierre Renouvin, l’introduisit au CNRS en 1960. Dans le même temps, il effectua des séjours d’études en URSS et accéda à des archives rares qui lui permirent de rédiger une première synthèse, La Révolution de 1917 (1967), précédant de près de dix ans sa thèse d’Etat (1976). Il publia d’alleurs des aspects majeurs de sa recherche dans la revue des Annales bien avant la soutenance. Adoptant un discours non idéologique, l’historien utilisa les archives écrites et audiovisuelles pour établir que la révolution prolétarienne, dont on créditait le mouvement ouvrier, fut en fait l’affaire des femmes, des soldats et des paysans. Fernand Braudel l’introduisit en 1964 au secrétariat de rédaction de la revue des Annales, avant d’en faire le codirecteur. Nommé directeur d’études à l’Ecole pratique des hautes études en 1969, Marc Ferro intégra en même temps l’Ecole polytechnique (1969-1992).
Après avoir collaboré à un film sur la première guerre mondiale avec Frédéric Rossif (La Grande Guerre, 1963), Marc Ferro fit de sa passion du cinéma un objet d’étude. Dans son livre Cinéma et histoire, il a proposé une analyse documentaire inédite dont il offrit aux téléspectateurs les fruits en créant, pour la Sept, puis Arte, « Histoire parallèle », une émission juxtaposant des bandes d’actualités diffusées quasi simultanément dans deux camps rivaux, sans coupes ni commentaires, avant de débattre de cette confrontation frontale avec un invité, spécialiste ou témoin. L’émission dura 630 émissions, entre 1989 et 2001, et donna une leçon de méthode et d’honnêteté critique qui fit date. Il cosigna aussi le scénario du film Pétain de Jean Marbœuf, en 1993, une adaptation de la biographie qu’il avait fait paraitre en 1987.
Il contribua à de nombreuses collections de vulgarisation avec des titres variés (Des Grandes Invasions à l’an mille ; Le Monde féodal ; Le Siècle de Luther et de Christophe Colomb ; L’Ancien Régime ; Les Révolutions et Napoléon ; Le XXe Siècle expliqué à mon petit-fils ; Le Mur de Berlin et la chute du communisme expliqués à ma petite-fille ; De Gaulle expliqué aujourd’hui). Il se fit aussi l’observateur de la science historique avec Comment on raconte l’histoire aux enfants à travers le monde entier (1981) et L’Histoire sous surveillance. Science et conscience de l’histoire (1985). Plus récemment, il publia Les Tabous de l’Histoire (2002), Le Ressentiment dans l’Histoire (2007), et L’Aveuglement, une autre histoire de notre monde (2015).

D’après un article du Monde.

Dans cet article de Mediapart, le réalisateur du documentaire Vercors 44, le rêve des hommes jeunes, reviens sur l’entretien qu’il a eu avec Marc Ferro au sujet de sa vie de résistant dans le maquis.

Bertrand Tavernier (1941 – 2021)

Né en à Lyon, la ville des frères Lumières, Bertrand Tavernier est le fils de René Tavernier, résistant et écrivain, qui publia Eluard et Aragon, ce dernier vivant à l’étage au-dessus de la famille, avec sa femme Elsa Triolet, durant la guerre. Il a donc grandi dans un milieu culturel et humaniste, auxquels ses films firent souvent référence.
Passionné de cinéma depuis ses douze ans, il fréquenta la Cinémathèque une fois à Paris, créa un Ciné-club en 1961, collabora aux Cahiers du cinéma et devint assistant réalisateur sur le tournage de Léon Morin prêtre (1961) de Jean-Pierre Melleville. Il fut aussi attaché de presse pour Stanley Kubrick sur 2001 : l’Odyssée de l’espace (1968), Orange mécanique (1971) et Barry Lyndon (1975).
Il réalisa son premier long métrage, L’Horloger de Saint-Paul, d’après L’Horloger d’Everton de Simenon, en 1974. Bertrand Tavernier tourna ensuite, entre autres, de nombreux films historiques, sur des périodes très différentes.
Il réalisa enfin un documentaire en 2016, Voyage à travers le cinéma français, devenu une série à la télévision. Voyageant à travers le cinéma de 1930 à 2008, le film de plus de trois heures compile 594 extraits couvrant 94 longs métrages, choisis et commentés par ce réalisateur-cinéphile.
Voici les films que j’aime de ce réalisateur, sans doute mon préféré.
Que la fête commence… (1975), sur la Régence.
Un dimanche à la campagne (1984) se déroulant à la veille de la Première Guerre mondiale.
La Passion Béatrice (1987) : LE film sur le Moyen – Age selon moi.
La vie et rien d’autre (1989) sur le traumatisme de la première Guerre mondiale.
L.627 (1992), un extraordinaire film sur le métier de policier, qui m’a fait hésiter un temps sur mon orientation professionnelle.
La fille de d’Artagnan (1994). Un bon film de cape et d’épée avec de formidables acteurs.
Capitaine Conan (1996). Un film dur et terrible sur la Première Guerre mondiale.

On pourra lire ici un portrait de lui paru dans le magazine L’Histoire n°374, en 2012.