Étiquette : Préhistoire

Une critique du documentaire Lady Sapiens

Plusieurs spécialistes de la préhistoire ou d’anthropologie ont écrit une tribune pour critiquer le documentaire Lady Sapiens, diffusé il y a peu sur France 5, qu’ils considèrent trop féministe et peu scientifique dans son approche. Je n’ai pas encore vu vraiment ce documentaire, par manque de temps mais aussi parce que les images de type « jeu vidéo » ne m’ont pas convaincues après un visionnage rapide. Mais la lecture de cette critique m’a refroidi encore plus.

Des traces de pas humaines datant de 23 000 ans découvertes en Amérique

This undated photo made available by the National Park Service in September 2021 shows fossilized human fossilized footprints at the White Sands National Park in New Mexico. According to a report published in the journal Science on Thursday, Sept. 23, 2021, the impressions indicate that early humans were walking across North America around 23,000 years ago, much earlier than scientists previously thought. (NPS via AP)

Des traces de pas datant d’environ 23 000 ans ont été découvertes dans le sud-ouest des Etats-Unis, suggérant que le peuplement de l’Amérique du Nord par l’espèce humaine était déjà entamé bien avant la fin du dernier âge de glace, censée avoir permis cette migration.
Ces empreintes de pas ont été laissées à l’époque dans la boue des berges d’un lac aujourd’hui asséché qui a cédé la place à un désert de gypse blanc situé au Nouveau-Mexique. Avec le temps, les sédiments ont comblé les empreintes et ont durci, les protégeant jusqu’à ce que l’érosion les dévoile de nouveau. De nombreuses traces semblent être celles d’adolescents et d’enfants tandis que les empreintes de pas d’adultes sont moins fréquentes. Des traces d’animaux, mammouths et loups préhistoriques ont également été identifiées.
Si les datations se confirment et qu’elles ne sont pas remises en cause, alors il s’agira d’une des découvertes majeures de la préhistoire américaine.

D’après un article du Monde.fr

Des traces de feu, peut-être créés par les hommes, vieilles de 560 000 ans découvertes dans les Pyrénées

Des chercheurs viennent de mettre au jour des traces de feu vieilles de 560 000 ans, sur le site de la caune de l’Arago, à Tautavel, dans les Pyrénées-Orientales. On considérait jusqu’à ces derniers jours que la domestication du feu par l’homme en Europe datait à – 400 000 ans. Cette découverte seraient donc de nature à reculer de 160 000 ans l’utilisation du feu à des fins domestique par les hommes de la préhistoire.
Si le CNRS juge la découverte crédible et l’approche scientifique « valide », il précise cependant qu’il persiste un doute sur l’origine des traces de feu. L’hypothèse que ces traces de feu seraient dues à des paléoincendies extérieurs doit être considérée même si cette piste semble difficile à retenir.

D’après un article du Midi Libre.

Rare et intrigante découverte archéologique en Indonésie

Des archéologues ont découvert le squelette d’une chasseuse-cueilleuse morte il y a 7200 ans en Indonésie. Le squelette, relativement bien préservé, appartenait à une jeune femme de 17 à 18 ans, enterrée en position foetale dans la grotte de Leang Panninge, au Sud de l’île de Célèbes. Il a été retrouvé au milieu d’artefacts identifiés comme toaléens, un groupe de chasseurs-cueilleurs vivant dans cette région à l’ère quaternaire. Il s’agit de la première découverte d’un squelette de ce groupe humain étant donné que les ossements se dégradent rapidement sous le climat tropical humide.
L’analyse de l’ADN de la chasseuse-cueilleuse (nommé Bessé par les scientifiques) a révélé qu’elle faisait partie d’un groupe de population relié aux Papous et aux Aborigènes d’Australie, mais son génome la rattache aussi à une lignée humaine qui n’est pas connue ailleurs dans le monde.

D’après un article de France Info et celui de la revue Nature (en anglais)

Les voyages d’un mammouth

À partir des défenses et du morceau de crâne de mammouth découverts près de la rivière Kikiakrorak, dans l’extrême nord-ouest de l’Alaska, il y a une dizaine d’années, une équipe internationale de scientifiques a retracé ses pérégrinations dans une étude publiée dans le numéro de Science daté du 13 août 2021.
Les chercheurs ont réalisé des analyses isotopiques du strontium contenu dans les défenses du pachyderme. Celui-ci dépend en effet du type de géologie que l’on trouve dans le sous-sol : chaque région a une géologie différente, des roches différentes et des âges de roches différents. Le strontium contenu dans les roches est transmis au sol, puis aux plantes qui y poussent, puis aux animaux qui les mangent. Il est donc possible de retracer les allées et venues de leur propriétaire tout au long de son existence, à condition de disposer de bonnes cartes des ratios isotopiques.
Pour cela, les chercheurs ont établi une cartographie isotopique à partir du strontium mesuré dans des os et des dents de rongeurs très sédentaires vivant actuellement partout en Alaska. Puis ils ont comparé les résultats avec 340 000 mesures réalisées à partir de l’ivoire des défenses du mammouth. Ce travail a ainsi permis de suivre le mammouth en Alaska, semaine après semaine, de son enfance à sa mort, à l’âge de 28 ans, il y a 17 100 ans.
Pendant sa jeunesse, il s’est cantonné avant tout dans le bassin du fleuve Yukon, vers ce qui est actuellement le détroit de Béring (qui n’existait pas lors de cette époque glaciaire où l’on passait à pied sec de Sibérie en Alaska). En se basant sur les mœurs des éléphants actuels, qui vivent dans des sociétés matriarcales où les femelles d’une même famille se déplacent ensemble avec leur progéniture, il est probable qu’il vivait alors en troupeau.
Mais cela changea lorsqu’il a atteint 16 ans. Ses déplacements prirent alors de l’ampleur et il s’enfonça dans le cœur de l’Alaska, remontant jusqu’à l’océan Arctique, parcourant parfois jusqu’à 700 kilomètres en quelques mois. Lorsque les éléphants mâles atteignent l’âge adulte, ils sont rejetés du troupeau, vivent souvent en solitaires et sont en général bien plus mobiles que les femelles. Les mammouths pourraient donc avoir eu un comportement analogue.
Un été, à l’âge de 28 ans, le mammouth s’est aventuré à l’extrême nord-ouest de l’Alaska, au-delà de la chaîne montagneuse des Brooks, comme il l’avait déjà fait auparavant. Mais, contrairement aux autres fois, il y est resté pendant tout l’hiver, sans doute dans des conditions météorologiques extrêmes. Il survécut un an, en se déplaçant peu, et succomba finalement à la fin de l’hiver suivant après avoir parcouru près de 70 000 kilomètres durant son existence. Le pic d’isotopes d’azote qui a été mesuré dans ses défenses au cours du dernier hiver de sa vie permet de déterminer que ce mammouth laineux est mort de faim.

D’après un article du Monde.fr et d’autres ici et.