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Un documentaire sur le cornichon

Il est utilisable dans le contexte de la mondialisation en 4e et des délocalisations en 3e et il accompagne magnifiquement ce poème de l’abbé Guiot :

Ce présent n’est pas un outrage,
Ami J… rassure-toi.
Avant de t’en faire l’hommage,
Je me suis demandé, pourquoi
Cette innocente créature,
Que l’on appelle cornichon,
Fait chez nous si triste figure ;
N’est pas plus heureux qu’un souchon ;
De la bêtise il est l’emblême,
Et synonyme de cruchon ;
On est discrédité, quand même,
Dès qu’on vous nomme : cornichon !
Ton malheur, plante infortunée,
De ma verve attend un effort.
Et si le sort t’a condamnée,
Je veux, moi, te venger du sort.
Voyons… dans ta manière d’être
Quel est le vice originel,
Qui, t’entachant avant de naître,
T’inflige un opprobre éternel ?
Rendons ton crime manifeste ;
Que reprocher au Créateur,
Qui te fit bon comme le reste ?
Ta forme ? ton goût ? ta couleur ?
Ta couleur, ah ! grand Dieu ! C’est elle,
Que la nature, au premier jour,
Pour paraître à nos yeux plus belle,
Choisit pour son plus bel atour.
Ainsi, quand la triste froidure
Fuit de nos climats, le printemps
De son frais manteau de verdure
Embellit nos bois et nos champs.
L’œillet est vert, avant qu’il glisse,
Radieux hors de sa prison,
Et du lys, le royal calice
Longtemps est un vert cornichon.
Reste vert, fruit que l’espérance
Assure à l’immortalité ;
Du concombre un jour ton enfance
Atteindra la virilité.
Reste vert, beau fruit que j’adore !
Le vert doit te ravir encore,
Cher J… toi qui l’a porté !
Vive le vert ! Vive la France !
Vivent nos constitutions !
Ceci posé, je recommence
Mon pathos sur les cornichons.
Tout naît, renaît de la nature
Soumis à d’immuables lois ;
Rien ne change, bois et verdure
Sont aujourd’hui comme autrefois.
Toujours la même main redonne
La même grâce aux mêmes fleurs ;
Toujours notre rose Pomponne
Ressemble à ses gentilles sœurs.
Mais vois-tu la couche où fourmille
Des respectables cornichons
La luxuriante famille ?
Que d’allures, que de façons !
Oui, dans cette race où l’on semble
Apercevoir tant d’unité,
Pas un enfant ne se ressemble ;
De traits, quelle variété !
L’un, portant haut et droit la tête,
Se pose militairement,
Comme un fier prussien qui s’apprête,
Dans son verdâtre fourniment ;
L’autre, c’est Riquet à la houppe ;
Ou bien ce monstre si fameux,
Dont la tant poétique croupe,
Se courbe en replis tortueux.
C’est de formes, toujours nouvelles,
Un magasin, un arsenal ;
C’est là que nous prenons modèles,
Cornichons du règne animal.
Sur ce chapitre il faut nous taire…
Mon héros demande à Voltaire
Une place au temple du goût…
Gloire, gloire à la cuisinière,
Au cordon bleu, qui le premier,
Du nom de plante nourricière
Honora le cornichonnier !
Quel jour, dans les fastes du monde,
Quand, de deux doigts dame Fanchon,
Dans l’urne ou le vinaigre abonde,
Plongea le premier cornichon !
Quand il fut dit :  » Vous qui naguères
Loin de l’office et des hôtels,
Végétiez, fruit presqu’éphémères,
Vivez, vous êtes immortels !  »
Une liqueur conservatrice
Vous infiltrant un sang nouveau,
De la mort, fait votre nourrice,
De la tombe, votre berceau.
L’invention la plus heureuse
Est celle d’un nouveau régal ;
A dame Fanchon l’embaumeuse,
Amis, élevons… un bocal !
Le cornichon, sûr de lui-même,
Satisfait tous les appétits :
Mets des jours gras, mets de carême ;
Nous l’aimons tous, grands et petits.
D’un entremets, sans conséquence,
Il amuse les courts instants ;
Contre une pièce d’importance
Qui sait mieux agacer les dents ?
Des festins plat indispensable,
Louis Philippe, en son palais,
Voit des cornichons à sa table,
Comme le dernier des français.

Je finis là… car de ma vie
Je ne tarirais, cher J…
Sur la cornichonologie
Etant tout plein de mon sujet.
Puissions-nous, partout à la ronde,
De l’infortuné cornichon
Tous deux opérer par le monde
La réhabilitation !
Dans l’échelle des créatures,
Rends-lui son rang, sa dignité,
Venge-le des sottes injures
Qu’il subit, ce deshérité.
Compte sur ma reconnaissance,
En te faisant son bienfaiteur ;
Elle prend aujourd’hui l’avance.
Reçois ce cornichon d’honneur !
Dans ton musée, ami fidèle,
Le recueillant, par charité,
Que ce cornichon te rappelle
Celui qui te l’a présenté.

1844

Encore des abus du côté de chez Apple

Afin de répondre à la forte demande provoquée par le dernier-né d’Apple, six lycéennes chinoises disent avoir effectué des journées de 11 heures en moyenne, contre leur gré, dans une usine de Zhengzhou. Une durée dépassant la limite légale de travail pour les stagiaires qui, d’après la loi chinoise, est limitée à 40 heures par semaine. L’une des étudiantes concernées confie avoir assemblé jusqu’à 1200 caméras d’iPhone X par jour.
Cela a commencé en septembre dernier, lorsque leur école –la Zhengzhou Urban Rail Transit School– a envoyé près de 3000 de ses étudiantes dans l’entrepôt d’un fournisseur d’Apple, Foxconn. Cette mission de trois mois est alors présentée comme un prérequis à l’obtention de leur diplôme.
« L’école nous force à travailler. Les tâches que l’on effectue n’ont rien à voir avec nos études » a déclaré l’une des étudiantes.
Contactée par les médias, l’école en question a refusé de répondre aux questions des journalistes. Apple et Foxconn, quant à eux, ont reconnu avoir entendu parler de stagiaires ayant effectué de nombreuses heures supplémentaires et se disent déterminés à prendre les mesures nécessaires pour que cela ne se reproduise plus. Les deux entreprises assurent toutefois que toutes les lycéennes consentaient à travailler:
« Il nous a été confirmé que les étudiantes ont travaillé volontairement, ont reçu des compensations et des bénéfices, même s’il est vrai qu’elles n’auraient pas dû avoir à travailler plus que la durée légale. »
Le fournisseur Foxconn a reconnu lui aussi que le temps de travail imposé aux jeunes femmes constitue une violation de sa politique.
D’après un employé de longue date du fournisseur, l’usine de Zhengzhou a chaque année recours à de nombreux étudiants entre août et décembre, période de pleine activité. Au point de parfois tripler son nombre d’employés. À cette saison, plus de 20000 iPhones seraient produits quotidiennement.

D’après un article de Slate.fr