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Pour approfondir l’actualité évoquée en classe

Voici quelques articles de journaux développant les éléments que j’ai évoqués en classe de troisième et quatrième ce matin :

– sur les conflits liés à la laïcité en France, autour du port du voile des accompagnatrices lors des sorties scolaires ;

– sur l’espionnage de sa population par le gouvernement chinois ;

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– et sur la faiblesse politique et diplomatique de l’Union européenne.

Il s’agit d’extraits du journal Le monde, Libération et Le Figaro d’hier et aujourd’hui.

Le statut de Hong Kong

Hong Kong est un petit territoire de 1100 km2, au sud-est de la Chine. Comme Macao, il s’agit d’une Région administrative spéciale de la République populaire de Chine. C’est pourquoi on parle d’un territoire « semi-autonome », qui a sa propre constitution qui prévoit en principe des élections au suffrage universel et qui dispose de sa propre monnaie, le dollar hongkongais, indexé sur le dollar américain. Hong Kong possède également son propre système judiciaire, mais aucune indépendance en matière de diplomatie et défense. Les droits fondamentaux, parmi lesquels l’indépendance de la justice, la liberté d’expression, de la presse, d’association, de religion, intellectuelle et le droit de grève, sont garantis.
Hong Kong tient ce statut de son histoire. Faisant partie de la Chine, il est occupé par les Anglais au XIXe siècle. Pour les Britanniques, le « port aux parfums » est un important comptoir maritime ainsi qu’un point d’entrée vers le continent chinois, via la rivière des Perles, qui mène directement à Canton. Dans les années 1980, alors que des territoires voisins de Hong Kong doivent être rendus à la Chine à l’expiration d’un bail de 99 ans, Londres et Pékin négocient le retour de la colonie dans le giron chinois. Le Royaume-Uni de Margaret Thatcher accepte de se retirer de Hong Kong en 1997. En échange, Pékin s’engage à respecter, temporairement, le système économique capitaliste qui y règne jusqu’en 2047.
En théorie, Hong Kong dispose donc d’un pouvoir exécutif qui, si la loi fondamentale était respectée, devrait être élu au suffrage universel. Mais ce n’est pas le cas et la personne à la tête de cette région semi-autonome est en réalité désignée par un comité de 60 grands électeurs, majoritairement fidèles à Pékin dont 30 sont élus au suffrage universel et 30 sont élus dans 28 groupes socio-professionnels dans lesquels seule une minorité a le droit de vote.

La rééducation des enfants Ouïgours en Chine

Une étude allemande, s’appuyant sur des documents officiels chinois, expose un vaste système visant à prendre en charge les enfants Ouïgours dont les parents sont détenus et à leur inculquer une éducation patriotique en mandarin. Parallèlement à la construction de camps d’internement, où seraient enfermés environ un million de Ouïgours – minorité turcophone sunnite –, ainsi que des membres d’autres minorités musulmanes de l’extrême Ouest chinois, des centaines de « centres de secours », orphelinats et pensionnats ont été construits ou agrandis depuis 2017.
La Chine défend cette politique au Xinjiang en affirmant que la région autonome était régulièrement le théâtre d’attaques perpétrées par des groupes séparatistes ou extrémistes religieux. Mais le but de cette politique dépasse la lutte contre l’extrémisme religieux, puisque environ 10 % de la population ouïgoure du Xinjiang serait internée, selon les estimations d’associations de défense des droits humains et de chercheurs.
Après avoir nié l’existence des camps, la Chine la Chine les a reconnu et parle désormais de « centres d’apprentissage par le travail » pour détenus « radicalisés ». L’existence de camps pour enfants a déjà été évoquée par les médias, notamment l’agence Associated Press, mais la nouvelle enquête, publiée le 4 juillet dans le Journal of political Risk, apporte des preuves de l’ampleur du programme.
On y apprend que l’Etat chinois a construit de manière accélérée un système d’assistance vaste et sur de multiples niveaux pour s’occuper des enfants à plein-temps. La construction de bâtiments éducatifs ultrasécurisés apparaissant nettement au fil des appels d’offres.
Ainsi, dans une petite commune où la majorité de la population est ouïgoure, 400 enfants doivent être pris en charge parce que leurs deux parents sont enfermés dans des camps alors que des centaines d’autres ont au moins un parent interné. Les chiffres sont issus de décomptes officiels permettant aux autorités locales d’obtenir des subventions en fonction du nombre d’enfants à gérer. Dans un reportage du quotidien nationaliste Global Times du 21 octobre 2018, la propagande célèbre les bienfaits de ces mesures de séparation pour les enfants, décrits comme mal élevés par leurs parents « extrémistes ». Ils n’ont pas de « bonnes habitudes de vie », sont « négligés par leurs parents », et ont une mauvaise image des non- musulmans. Au contraire, les pensionnats des écoles maternelles ou primaires, grâce à leur environnement propre et à leurs slogans positifs, permettent aux enfants de développer « naturellement » de bonnes manières : de l’hygiène (lavage du visage et des dents) à la personnalité, puisque les jeunes deviendraient « plus ouverts ». Mais des témoignages de Chinois viennent contredirent cette propagande et pointe au contraire les mauvis traitements dont sont victimes ces enfants.

D’après un article du journal Le Monde du 12 juillet.

Carrefour en Chine

Présent en Chine depuis 1995, Carrefour y compte 210 hypermarchés et 24 magasins de proximité qui ont généré en 2018 un chiffre d’affaires de 3,6 milliards d’euros. La firme transnationale a annoncé, dimanche 23 juin, qu’elle allait céder 80% de ses activités en Chine au groupe chinois Suning.com, un géant de la distribution qui compte 8881 magasins dans plus de 700 villes.

Implantation en 2017

Ils vont (re)marcher sur la lune

La Chine travaille depuis dix ans à envoyer un premier taïkonaute sur la lune en 2036. Un lanceur superlourd, Longue Marche 9, capable d’emporter 140 tonnes en orbite basse est en cours de développement depuis la fin des années 2000. La construction pourrait démarrer en 2021, avec un premier vol en 2026.
De son côté Donald Trump a exprimé le souhait de voir une femme américaine fouler le sol lunaire dès 2024. Le programme a été baptisé Artemis, déesse associée à la Lune et sœur jumelle d’Apollon… Pour cela, la Nasa élabore un nouveau lanceur superlourd depuis 2011 et baptisé Space Launch System (SLS). C’est un engin capable de mettre entre 70 et 130 tonnes en orbite basse selon les versions. Initialement prévu pour conquérir Mars, il a fallu que la Nasa lui trouve une autre utilité lorsqu’il est devenu évident que cet objectif était financièrement irréaliste à court terme. Le coût de développement de l’engin, digne héritier de la Saturn V des missions Apollo, est en effet élevé : 17 milliards de dollars. Auquel il faudra ensuite rajouter un coût d’un milliard d’euros environ par lancement, capsule habitable comprise.

D’après un article du journal Le Figaro du 17 juin.