Étiquette : Guerre Froide

Pour mieux comprendre

Pour les plus jeunes ou ceux qui ne s’intéressaient pas à l’Afghanistan jusqu’ici, voici des vidéos (de 2019 et 2013) pour comprendre la situation actuelle et sa médiatisation soudaine. Arte va également diffuser le 1er septembre un documentaire en quatre parties intitulé Afghanistan, pays meurtri par la guerre qui retrace les conflits qui ont ravagé ce pays de manière incessante depuis les années 70. 

La propagande à destination des enfants durant la guerre froide

Arte propose ici un documentaire retraçant l’affrontement idéologique que se sont mené durant la guerre froide l’Est et l’Ouest auprès du jeune public. Dans les trente années qui suivent la fin de la Seconde Guerre mondiale, on a produit plus de livres, de magazines et de films pour enfants que jamais auparavant, le tout dans un but triple : divertir, renforcer la stabilité sociale et légitimer l’orientation politique du pays producteur.

La guerre en Afghanistan (1973 – ?)

En 1973, le royaume d’Afghanistan fut renversé par un coup d’Etat pour instaurer une république qui inaugura une longue période d’instabilité.


De 1979 à 1989, le pays fut envahi par les soviétiques dans le cadre d’un conflit de guerre froide. La guerre fit 1,5 millions de morts et laissa le pays profondément divisé. Le régime communiste installé et soutenu par l’URSS a fait géface à de nombreux mouvements de résistance, financés et armés d’abord par les Etats-Unis puis par l’Arabie-Saoudite et le Pakistan.
En 1992, la chute du régime communiste fit éclater une guerre civile entre les quatre forces en présence : le parti islamique « modéré » de l’Alliance du Nord ; les Hazaras, une minorité musulmane chiite ; les Ouzbeks et enfin les Talibans, groupe intégriste musulman sunnite appartenant à l’ethnie majoritaire Pachtoune et financés par l’Arabie-Saoudite et le Pakistan. Le rapport de force tourna à l’avantage de ces derniers : les Talibans firent la conquête d’une grande partie du territoire et prirent Kaboul en septembre 1996, proclamant l’Emirat islamique d’Afghanistan et instaurant la charia dans le pays. S’en suivirent cinq années marquées par les violations des droits de l’homme, notamment contre les femmes (interdites de travailler, de fréquenter l’enseignement public et universitaire) et les opposants, systématiquement exécutés. Le 9 septembre 2001, un attentat taliban tua finalement Ahmed Chah Massoud, commandant de l’Alliance du nord et figure emblématique de la lutte contre les talibans en Afghanistan.


Le 11 septembre 2001, 19 terroristes membres du réseau djihadiste Al-Qaida détournèrent quatre avions de ligne, dont deux se sont écrasés sur les tours jumelles du World Trade Center, à New York, un autre sur le Pentagone, à Washington, et le quatrième dans un champ à Shanksville, en Pennsylvanie. Ces attaques, vécues quasiment en direct par le monde entier, firent 2977 morts et 6200 blessés.
Dès l’après-midi du 11 septembre, le gouvernement américain identifia Al-Qaida et son chef, Oussama Ben Laden, comme responsables des attaques, mais chercha aussi à incriminer l’Irak de Saddam Hussein. Dans la soirée, le président Bush lança ce qu’il appella la « guerre contre le terrorisme ». Une semaine plus tard, le Congrès vota la loi Authorization for Use of Military Force, un texte toujours en vigueur qui laissait une grande liberté au président américain pour mener la riposte américaine contre Al-Qaida.
Le 20 septembre 2001, George Bush lança un ultimatum aux talibans, au pouvoir en Afghanistan, en leur demandant de livrer tous les dirigeants d’Al-Qaida qui se cachaient sur leur territoire, ou de risquer de partager leur sort. Quinze jours plus tard, le 7 octobre 2001, l’opération « Enduring Freedom » commençait avec une campagne de bombardements contre Al-Qaida et les talibans. Sur le terrain, les forces spéciales américaines et britanniques, épaulées par l’Alliance du Nord, chassèrent les talibans du pouvoir. Kaboul tomba à la mi-novembre 2001, suivi du bastion taliban de Kandahar. Leur chef, le mollah Omar, prit la fuite, tout comme Oussama Ben Laden.

En décembre 2001, les Nations unies signèrent l’accord de Bonn, qui prévoyait un retour progressif à la démocratie en Afghanistan avec la création d’un gouvernement afghan intérimaire. Une Force internationale d’assistance à la sécurité, coalition militaire placée sous l’égide de l’OTAN, fut mise sur pied par les Nations unies pour opérer sur le terrain aux côtés des 2500 soldats américains.
En mars 2002, les forces américaines et leurs alliés déclenchèrent une nouvelle opération pour déloger plusieurs centaines de combattants talibans et d’Al-Qaida.
En avril 2002, George W. Bush appelle à un « plan Marshall » pour reconstruire l’Afghanistan. Mais les Etats-Unis et la communauté internationale sont loin d’engager des dépenses de reconstruction d’une telle ampleur pour l’Afghanistan.
En juin 2002, des élections désignèrent le gouvernement de transition et en janvier 2004, le pays adopta une nouvelle Constitution, qui stipulait notamment qu’hommes et femmes avaient les mêmes droits. Sur le terrain, les Américains puis l’OTAN créèrent des équipes de reconstruction provinciale, qui menaient à la fois des opérations de sécurisation et des missions humanitaires.
Dans le même temps, en mars 2003, le président Bush décida d’étendre sa « guerre globale contre la terreur » à l’Irak. Le régime de Saddam Hussein est désigné à tord par Washington comme un soutien du terrorisme international et détenteur d’armes de destruction massive. Le 20 mars 2003, l’armée américaine envahit le pays. En conséquence, le 1er mai 2003, les Etats – Unis annonçaient la fin des activités de combat majeures en Afghanistan, remplacées par des « opérations de stabilisation et de reconstruction ». A la fin de l’année 2004, 9400 soldats américains et 4800 militaires de l’OTAN étaient présents dans le pays.
Dans une vidéo diffusée quatre jours avant l’élection présidentielle de 2004, Oussama Ben Laden montrait qu’il était toujours en vie et annonçait de futurs attentats. Les talibans et Al-Qaida changèrent de stratégie, privilégiant les attentats aux affrontements directs. Le nombre d’attaques dans le pays passa de six en 2004 à 21 en 2005, et à 123 en 2006.
Lors du sommet de l’OTAN de 2006, des divisions surgirent entre les Etats membres sur l’engagement de leurs troupes en Afghanistan. En 2009, les Etats – Unis adressèrent une critique aux pays de l’OTAN, les accusant de ne pas envoyer assez de soldats en Afghanistan. Sur place, les relations commençaient aussi à se dégrader avec les Afghans, les forces étrangères étant régulièrement accusées de bavures. Par exemple, au cours des quatre premiers mois de l’année 2008, environ 200 civils afghans furent tués par les forces internationales, la plupart dans des attaques aériennes tandis que parallèlement, 300 civils l’étaient lors d’attaques des talibans.


Après son élection en 2008, Barack Obama choisit de recentrer les forces américaines en Afghanistan au détriment de l’Irak, et demanda à l’Europe de partager le fardeau du conflit. Il envoya 21 000 soldats en renfort pour venir à bout d’Al-Qaida et appuya le président afghan reconduit dans ses fonctions malgré de forts soupçons de corruption à son encontre. En décembre 2009, Barack Obama envoya encore 30 000 soldats supplémentaires tout en annonçant un calendrier de retrait : les premières troupes américaines pourraient quitter le pays avant la fin de son mandat. En 2010-2011, au plus fort de leur présence, environ 100 000 soldats américains étaient déployés en Afghanistan. L’OTAN annonça de son côté qu’elle vallait transférer progressivement la responsabilité des opérations sur le terrain aux forces de sécurité afghanes, entre 2011 et 2014.
Le 1er mai 2011, un commando des forces spéciales de la marine américaine parvint à éliminer Oussama Ben Laden à Abbottabad, au Pakistan. Il fut remplacé à la tête d’Al-Qaida par l’Egyptien Ayman Al-Zawahiri.Suite à cela, 33 000 soldats étaient censés rentrer aux Etats-Unis d’ici à l’été 2012. Fin 2011, les talibans annoncèrent l’ouverture d’un bureau au Qatar, pour faciliter les pourparlers de paix avec les Etats-Unis.
Devant la détérioration des relations entre le gouvernement afghan et les Occidentaux, l’OTAN annonça qu’elle n’aurait plus de soldats en Afghanistan après le 31 décembre 2014 et que, dès mi-2013, l’armée afghane reprendra le contrôle des dernières zones encore à la charge des Occidentaux. François Hollande, à peine élu président, annonçait de son côté le retrait pour la fin 2012 des forces combattantes françaises d’Afghanistan.
Les Etats-Unis commencèrent à négocier avec les autorités un accord pour définir les modalités de la présence américaine après la fin de la mission des forces de l’OTAN. Au printemps 2014, Barack Obama précisa encore le calendrier du retrait : les derniers soldats américains auront quitté le pays fin 2016. Durant cette période, les talibans multiplièrent les attaques sur le territoire afghan et en commencèrent la reconquête.
En décembre 2014, la force de combat de l’OTAN en Afghanistan mit un terme à sa mission mais au 1er janvier 2015, la mission « Soutien résolu » prenait le relais pour aider et former l’armée afghane. Mais devant l’incapacité des Afghans à assumer seuls leur sécurité, les Etats – Unis ralentirent le retrait de leurs troupes, pour faire en sorte que les forces locales soient mieux entraînées et équipées, Barack Obama annonçant que les Etats-Unis maintiendraient 8400 soldats en Afghanistan jusqu’en 2017.
Alors que le candidat Donald Trump déclarait, en octobre 2015, que « la guerre en Afghanistan était une erreur », le président Trump se ravisa, déclarant, en août 2017, qu’un retrait rapide des 8000 soldats encore sur place créerait un vide qui profiterait aux terroristes. Dans le pays, l’organisation Etat islamique concurrençait désormais Al-Qaida. Au cours des six premiers mois de l’année 2018, 1700 civils furent tués, pour la plupart dans des attentats de l’Etat islamique.


Les Etats – Unis entamèrent alors le dialogue avec les talibans, mais en tenant le président afghan à l’écart des négociations sur l’avenir de son pays. Le 29 février 2020, les Etats-Unis et les talibans signèrent finalement un accord qui prévoyait le retrait des troupes américaines à la mi-2021. Dans le même temps, des négociations de paix interafghanes débutèrent le 12 septembre, au Qatar.
Après l’élection de Joe Biden à la tête des Etats – Unis, l’OTAN a annoncé qu’elle allait entamer le retrait des 10 000 combattants encore engagés aux côtés des Amércains, d’ici le 1er mai. De leurs côté, les talibans ont mis en garde les Etats – Unis contre tout dépassement de la date de retrait prévue par l’accord américano-taliban de 2020, le 1er septembre 2021.


En 20 ans, plus de 47 000 civils afghans ont été tués, ainsi que 70 000 membres de l’armée et de la police afghanes, 2442 soldats américains et 1444 soldats des forces alliées. Selon l’analyse « Cost of War » du Watson Institute, la guerre en Afghanistan aura coûté plus de 2260 milliards de dollars (1860 milliard d’euros).

Avec l’aide d’un article du Monde.