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Histoire du jaune

Historien médiéviste, spécialiste de la symbolique des couleurs et auteur de monographies sur le bleu, le noir, le vert et le rouge parues aux Éditions du Seuil, Michel Pastoureau est sur le point de publier un essai sur le jaune. il revient sur la signification de cette couleur dans Le Figaro du 10 décembre.

LE FIGARO. – Avec le mouvement des « gilets jaunes », le jaune est à l’honneur, associé à un mouvement politique. C’est une première ?
Michel PASTOUREAU. – Oui, depuis la Révolution française, le jaune, associé au mensonge et à la trahison, a en effet été soigneusement évité en politique. Cela dit, il faut dire que toutes les autres cou- leurs de base sont déjà utilisées. Le bleu est associé aux partis conservateurs, le rouge aux communistes et révolutionnaires, le rose aux socialistes, le vert aux écologistes, le noir aux anarchistes et le blanc aux monarchistes. Quant à l’orange, qui évoque le gilet de sauvetage et les bouées, il a été choisi par les Ukrainiens puis par le MoDem, et le violet est, lui, le signe des mouvements féministes depuis le début du XXe siècle. Il ne restait donc plus que le jaune et le gris.

(…)

Le jaune est historiquement une couleur mal-aimée, pourquoi ?
Depuis que l’on a des enquêtes d’opinion, c’est-à- dire depuis la fin du XIXe siècle, les résultats sont toujours les mêmes. Parmi les six couleurs de base, le jaune est toujours classé en dernier, en queue de peloton, arrivant loin derrière le bleu, le vert, le rouge, le blanc et le noir. Cela n’a pas toujours été le cas. Le jaune a été valorisé dans l’Antiquité grecque et romaine et pour les peuples de la Bible avant d’être l’objet d’une véritable désaffection au Moyen Âge. Ainsi, alors qu’en Chine, par exemple, le jaune, associé à la richesse, au pouvoir, était réservé à l’empereur, en Europe, et depuis longtemps déjà, cette couleur, en opposition à l’or, le «bon jaune», est majoritairement associée d’un côté au mensonge, à la trahison et l’hypocrisie, et, de l’autre, au vieillissement, au déclin, voire à la moisissure ou à la pourriture. Pourtant, le jaune est ambivalent, comme toutes les couleurs. Il a aussi des aspects positifs liés à la chaleur, la lumière, le soleil, la prospérité.

Pourquoi ce tournant, au Moyen Âge ?
Dans l’imagerie médiévale, à partir du XIIe siècle et au moins jusqu’au XVIIe siècle, le jaune est la couleur des félons. Judas, qui apparaît comme le traître par excellence – celui qui a trahi le Christ –, est représenté avec ce qui apparaît comme des attributs infamants: des cheveux roux et une robe jaune. Cette idée de traîtrise colle à la couleur jaune. Et elle marche dans les deux sens. Le jaune est ainsi la couleur des trompeurs mais aussi celle des trompés. Le mari trompé, le « cocu », est affublé de vêtements jaunes, tout comme les syndicats traîtres qui font semblant de défendre les ouvriers mais roulent en fait pour le patronat sont désignés comme des « jaunes ».

Mais pourquoi ce choix du jaune plutôt que d’une autre couleur ?
Ce lien avec l’idée de tromperie est peut-être également lié à des problèmes de teinture ou de peinture. Le jaune est une couleur qui semble belle et ne tient pas. Elle tourne, triche et trompe. Sur le moment, lorsque le tissu sort de la cuve, avec des teintures ordinaires à base de gaude (réséda) ou de genêt (le safran était un colorant de luxe), le jaune est beau, lumineux puis, au bout d’un certain temps, il devient triste, terne, grisé. Il y a peut-être aussi cette idée-là : c’est une couleur qui trompe; on croit qu’elle est belle et elle ne l’est pas.

La musique jouée au camp d’Auschwitz-Birkenau

En 2016, le professeur de solfège Patricia Hall s‘est rendue au camp de concentration d’Auschwitz-Birkenau, en Pologne, pour étudier la musique jouée par les prisonniers des camps de la mort durant la Seconde Guerre Mondiale. Elle a découvert l’existence huit manuscrits musicaux écrits par les déportés, issues de chansons populaires. Ils les arrangeaient afin de les jouer avec les instruments présents dans le camp.
Les morceaux étaient joué par les prisonniers musiciens devant la villa du commandant de la garnison.
L’un des morceaux, ironiquement intitulé « Die Schönste Zeit des Lebens » (La plus belle période de la vie), est un foxtrot basé sur une chanson de Franck Grothe, un compositeur allemand de musiques de films. Il a été enregistré en studio au mois d’octobre 2018 dans un résultat aussi proche que possible de ce à quoi il devait ressembler en étant joué à Auschwitz en 1943.
Patricia Hall est aussi parvenue à identifier deux des trois captifs qui ont arrangé le morceau, en se basant sur leur matricule, avec lequel ils ont signé le manuscrit. Tous deux étaient des prisonniers politiques polonais. L’un a été libéré en 1943, l’autre a été transféré à Sachsenhausen, un autre camp de concentration situé près Berlin. Il a survécu et a intégré après la guerre l’orchestre philharmonique de Gdansk, en Pologne.
L’enregistrement va rejoindre les collections du musée d’Auschwitz-Birkenau, pour témoigner de la créativité dont ces détenus ont fait preuve durant l’enfer du camp.

D’après un article du Figaro.fr

La Chine marche sur les trace des Etats – Unis et de l’URSS

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La Chine a lancé, samedi 8 décembre, un module d’exploration qui doit se poser sur la face cachée de la Lune. Le véhicule baptisé Chang’e-4 – du nom de la déesse de la Lune dans la mythologie chinoise – a été lancé depuis le centre de lancement de Xichang, dans le sud-ouest de la Chine.
La face cachée est montagneuse et accidentée, parsemée de cratères et n’a été photographié pour la première fois qu’en 1959 par les Soviétiques.
L’engin chinois devrait alunir autour du 1er janvier afin d’étudier cette partie encore inexplorée de la Lune et d’y mener des expériences scientifiques. Il doit notamment mener des études portant sur les basses fréquences radio, les ressources en minéraux et la culture des tomates et d’autres plantes.
Un des défis majeurs est de parvenir à communiquer avec le robot lunaire puisque la face cachée est toujours orientée dans le sens opposé à la Terre et qu’il n’y a pas de « ligne de mire » directe pour transmettre les signaux, sauf à installer un relais. La Chine a donc lancé en mai dernier un satellite aujourd’hui positionné en orbite lunaire de façon à relayer les ordres et les données échangées entre la terre et le module.
La Chine a aussi dévoilé en novembre une réplique de sa première grande station spatiale (« Palais céleste ») qui devrait être assemblée aux alentours de 2022 et succéder à la Station spatiale internationale – qui associe Etats-Unis, Russie, Europe, Japon et Canada – dont la fin d’exploitation est programmée pour 2024.

D’après un article du journal Le Figaro.

Ces mouvements antirépublicains et antidémocratiques qui profitent de celui des « gilets jaunes »

« L’ultradroite » française est une nébuleuse de formations aux idées variées – nationalisme révolutionnaire, fascisme, mouvances identitaires, catholicisme intégriste – qui opère en dehors des structures institutionnelles et refuse le plus souvent la démocratie.
Samedi 1er décembre, plusieurs membres ou proches de groupes d’ultradroite – Action française, Bastion social, Génération identitaire, L’Œuvre française ou encore Civitas – ont été repérés lors de rassemblements dans toute la France.
Le mouvement nationaliste et royaliste de l’Action française dit avoir participé depuis le début à plusieurs rassemblements dans toute la France et avoir bloqué des routes, bâché des radars, monté des barrages filtrants ou mené des opérations péages gratuits. Ils disent avoir été près de 300 à Paris et 2 000 dans toute la France. Sur Twitter, on voit des membres partageant des photos de « gilets jaunes » portant des bannières avec l’inscription « à bas les voleurs » ou « à bas la République ».
Le parti catholique intégriste Civitas, connu pour son opposition farouche au mariage pour tous, a aussi été repéré dans les rangs des contestataires. « Dès les premiers jours, nous avons eu un nombre important de militants qui ont participé localement à tous les lieux de blocages« , déclare le président dus mouvement. Les militants participent aux blocage avec les drapeaux portant le Sacré-Cœur.
Génération identitaire, le mouvement qui prétend lutter contre « l’islamisation et l’immigration massive », affirme être aussi présent sur tout le territoire sans que les membres s’identifient cependant.
On a pu aussi apercevoir Yvan Benedetti, ancien président de L’Œuvre française dissoute en 2013 après la mort de Clément Méric, désormais porte-parole du Parti nationaliste français s’en est aussi violemment pris à une équipe de l’émission « Quotidien » qui le filmait.
Vincent Vauclin, président de Dissidence française, s’est filmé en direct d’un blocage en Normandie, tout comme Thomas Joly, secrétaire général du Parti de la France, ou Alexandre Gabriac, fondateur des Jeunesses nationalistes révolutionnaires (dissoutes en 2013), photographié lors d’une manifestation.
Le 1er décembre, le Groupe union défense (GUD), une organisation étudiante d’extrême droite, a laissé de nombreux graffitis à Paris – notamment une inscription « Justice pour Esteban », en référence au skinhead condamné pour la mort de Clément Méric.
On peut ajouter à ces mouvements le Parti de la France et Dissidence française.

Schéma-décembre-2016

D’après un article de France Info.

 

Sur un air de 1789…

Cahier des doléances, demandes et représentations de l’ordre

L’Association des maires ruraux et l’Association des petites villes de France ont fait un communiqué commun pour annoncer que les maires veulent « permettre à chacun de nos concitoyens d’exprimer verbalement leur colère« . Une synthèse départementale des « doléances et propositions » devrait, selon elles, être ensuite diffusée au gouvernement, au Parlement et aux médias.
Quand on sait ce qu’il est advenu des cahiers de doléances de 1788 – 89, on peut s’interroger sur l’utilité d’une telle proposition…