Étiquette : L’âge industriel

Un documentaire à voir et à exploiter classe

Ce film intitulé De mémoires d’ouvriers, réalisé par Gilles Perret, est sorti au cinéma en 2012. Le film dévoile la tradition et la mémoire ouvrière des montagnes de Savoie en confrontant les témoignages avec des images d’archives. Il montre aussi l’évolution de l’espace productif montagnard, passant de l’agriculture à l’industrie (quoiqu’employant de nombreux ouvriers – paysans) puis de l’industrie au tourisme de masse.
Il y a donc de quoi travailler en troisième et sans doute aussi en quatrième.

 

Une vie sous un plancher

Joachim Martin

Dans les Hautes-Alpes, sur les bords du lac de Serre-Ponçon, se trouve le château de Picomtal. Au début des années 2000, les nouveaux propriétaires effectuant des travaux découvrent, au revers des planchers qu’ils sont en train de faire démonter, des inscriptions. Cent vingt ans plus tôt, au début des années 1880, Joachim Martin, le menuisier qui a installé le parquet dans les différentes pièces a rédigé comme un journal intime au dos des lattes.
Ces propos se présentent sous la forme de 72 textes de quelques mots à quelques
lignes, écrits au crayon noir. Au total, ces textes contiennent 3943 mots. Ils sont partiellement datés, mais il est impossible de les replacer dans l’ordre exact de leur rédaction. Il est aussi probable qu’ils ne forment qu’une petite partie d’un ensemble plus vaste, car leur auteur a peut-être usé de la même pratique sur les autres chantiers qui lui ont été confiés au cours de sa carrière.
L’homme, qui sait qu’il ne sera lu qu’après sa mort, parle de lui, de ses angoisses, de sa famille, de ses voisins, faisant revivre pour le lecteur des années 2000 une société villageoise confrontée au progrès économique matérialisé par l’arrivée du chemin de fer, mais aussi à l’avènement de la République. Il évoque aussi la vie très privée de ses contemporains du village de Crottes (les Crots aujourd’hui).
Pour ne savoir plus, voici un article écrit par Jacques-Olivier Boudon dans la revue Histoire Economie et Société. Il est aussi l’auteur d’un essai sur cette formidable découverte.

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Et vous pouvez écouter ci-dessous une émission Au coeur de l’histoire consacrée au menuisier et à son oeuvre.

Un film sur Karl Marx

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Le film de Raoul Peck sortira au cinéma le 27 septembre.
1844 : de toute part, dans une Europe en ébullition, les ouvriers, premières victimes de la Révolution industrielle, cherchent à s’organiser devant la bourgeoisie capitaliste qui dévore tout sur son passage.
Karl Marx, journaliste et jeune philosophe de 26 ans, victime de la censure dans l’ Allemagne répressive, s’exile à Paris avec sa femme Jenny où ils vont faire une rencontre décisive : Friedrich Engels, fils révolté d’un riche industriel Allemand.
Ces trois jeunes gens regrettent que les philosophes n’ont fait qu’interpréter le monde, alors que le but est de le changer. Alors, entre parties d’échecs endiablées, nuits d’ivresse et débats passionnés, ils rédigent fiévreusement ce qui deviendra la bible des révoltes ouvrières en Europe, Le manifeste du Parti Communiste, publié en 1848.

Aider à financer un documentaire sur l’histoire de la construction du canal de Panama et ses conséquences.

Une campagne de financement participatif a été lancée pour un documentaire historique sur l’aventure française initiée par Ferdinand de Lesseps pour construire le Canal de Panama. Il s’agit d’une histoire peu connue de la plupart des français et des panaméens mais qui joua un grand rôle dans l’histoire mondiale du XIXème siècle !
Vous pouvez les aider à concrétiser le financement pour raconter cette  histoire.

10 mars 1906 : la catastrophe minière de Courrières

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Le samedi 10 mars 1906 une explosion, probablement causée par le grisou, dévasta la fosses n° 3 à Méricourt (Pas-de-Calais), appartenant à la compagnie des mines de Courrières. Par extension, les fosses n° 2 à Billy Montigny, et n° 4 à Salaumines furent touchées aussi. Suite au coup de poussière, l’incendie se propagea à la vitesse du son sur 110 kilomètres de galeries en quelques minutes.
Cette catastrophe a causé la mort de 1099 personnes (déchiquetés sous la pression de l’explosion, brûlés vifs, écrasés sous les décombres ou, dans les galeries épargnées, asphyxiés par le gaz carbonique), ce qui en a fait la plus meurtrière de l’histoire des mines jusqu’à celle de Benxihu (Chine) en 1942. Rapidement, la gestion de la mine et celle de l’accident par la compagnie et les autorités publiques furent mises en cause, illustrant le mépris des capitalistes pour la vie des mineurs. Cela entraîna une série de grèves importantes (jusqu’à 32 000 grévistes sur les 80 000 mineurs  des deux départements).
Si les profits de la compagnie minière étaient impressionnants à l’époque (de 1898 à 1904, la compagnie de Courrières a gagné 74 millions de francs), les travaux d’amélioration de la mine le sont moins : 41 millions ont été distribués aux actionnaires, 14 mis en réserve et 18 seulement utilisés pour les travaux.
Les salaires des mineurs s’approchaient lui de 5 francs par jour (dont une bonne moitié de primes variables selon la production) pour une journée qui restait à 10h malgré la diminution progressive prévue par la loi.

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Pour en savoir plus, vous pouvez lire cette page.