Étiquette : L’âge industriel

La IIe République a indemnisé les propriétaires d’esclaves au moment de l’abolition

Une équipe de chercheurs du Centre national de la recherche scientifique a mis en ligne, vendredi 7 mai, une base de données détaillant les indemnités versées par l’Etat français aux propriétaires d’esclaves, après l’abolition définitive de l’esclavage en France, le 27 avril 1848. Les informations contenues dans cette base permettent de mieux comprendre la société esclavagiste de l’époque et de retracer l’origine d’investissements qui ont donné naissance à des dynasties entrepreneuriales ou des entreprises qui existent encore aujourd’hui. Au milieu du XIXe siècle, la question des réparations a en effet fait l’objet de débats. Partant du constat que la propriété d’esclaves était légale, certains considéraient l’abolition comme une expropriation méritant compensation. D’autres s’y opposaient, au nom de la justice morale et du principe selon lequel aucun être humain ne peut être assimilé à une propriété, voire demandaient réparation pour les désormais anciens esclaves.
10 000 propriétaires d’esclaves ont reçu à partir de 1849 des indemnités de 126 millions de francs or qui représentaient 1,3 % du revenu national, soit l’équivalent de 27 milliards d’euros d’aujourd’hui. Parmi ces propriétaires d’esclaves, il n’y avait pas que les “colons”, c’est-à-dire des Blancs, qui ont été indemnisés. Selon les calculs de Jessica Balguy, doctorante à l’Ecole des hautes études en sciences sociales, 30 % des propriétaires d’esclaves en Martinique étaient noirs ou métis, pour la plupart des petits propriétaires. Parmi eux, on retrouve certains affranchis, appelés « libres de couleur », ayant racheté leurs enfants ou petits-enfants sans avoir les moyens de payer les taxes à l’Etat pour les émanciper. Les femmes occupaient également une place significative parmi les bénéficiaires de l’indemnité coloniale.
Les indemnités versées par l’Etat français ont été fixées en fonction du prix des esclaves dans chaque territoire. C’est dans les colonies sucrières, et en particulier à La Réunion, là où les plantations étaient en plein essor au moment de l’abolition, que les prix étaient les plus élevés. La Réunion (où un propriétaire a perçu 671 francs or par esclave), la Martinique (409 francs or) et la Guadeloupe (447 francs or) reçoivent l’essentiel des indemnités, suivies par la Guyane, le Sénégal, Nosy Be (moins de 40 francs or) ou encore Sainte-Marie de Madagascar.
Beaucoup des titres d’indemnité terminèrent dans la poche de négociants de la métropole, ou de créanciers en guise de remboursement de dettes. Autrement dit, tous les propriétaires n’étaient pas de riches exploitants de plantations. Leurs profils étaient d’une grande hétérogénéité. Parmi les plus grands propriétaires figure Louis Marie Gabriel Le Coat de Kerveguen, originaire de La Réunion, qui a perçu 1,9 million de francs or contre l’émancipation de 1680 esclaves. Ou encore la famille Gradis, des négociants qui possédaient des centaines d’esclaves et perçurent des centaines de milliers de francs or et dont les descendants gèrent désormais une société de gestion d’investissements financiers.
La base de données révèle également comment des spéculateurs se sont enrichis grâce à l’indemnité. Ainsi, dans les registres de la Martinique apparaît le nom d’un métropolitain venu quelques mois avant l’abolition racheter titre sur titre, dans l’espoir d’en tirer un meilleur prix une fois le montant des compensations établi. Il a ainsi remporté les plus gros montants de l’île alors qu’il n’avait rien à avoir avec l’esclavage. Beaucoup ont fait comme lui dans la période qui a précédé l’abolition.
Au Royaume -uni, le travail mené par les chercheurs du Legacies of British Slave-Ownership, un institut rattaché à l’University College de Londres, a permis d’exhumer les noms des 47 000 bénéficiaires de l’indemnité coloniale, répertoriés dans un catalogue en ligne. En Grande-Bretagne, à la suite de l’abolition de l’esclavage, en 1833, 20 millions de livres, soit 40 % du budget national, avaient été versés aux anciens propriétaires. Comme dans le cas français, la proportion de femmes parmi les indemnisés était significative, aux alentours de 40 %. La manne de l’indemnité coloniale a ensuite permis de soutenir le développement de secteurs-clés de l’industrie, comme le coton et les chemins de fer. De même que pour la France, la base de données britannique a permis d’établir une continuité entre l’argent de l’abolition et des patrimoines contemporains.

D’après un article du Monde. 

Un registre d’appel de la fin du XIXe siècle

Je viens de dénicher un registre d’appel de l’école publique de garçons de Saint Martial Le Mont, dans la Creuse, pour l’année 1893 – 1894. Il va venir compléter ma collection d’objets sur l’école d’autrefois. Il va aussi me permettre de mesurer l’absentéisme, réputé fort, à cette époque. La commune comptait 821 habitants en 1891 contre 266 aujourd’hui. Les habitants se répartissaient entre le bourg (106 habitants, 31 ménages et 25 maisons) et  onze lieux-dits (724 habitants), parfois minuscules (le Puits de Bourlat : 2 maisons, 3 ménages, 11 personnes). La population active se répartissait entre les cultivateurs et les mineurs , le village se trouvant sur le site d’exploration des houillères d’Ahun. Sur le site des Archives départementales de la Creuse, on peut trouver deux dénombrements de la population pour l’époque du registre d’appel (en 1891 et 1896).
En 1881, un projet de mairie-école a été initié, dont on retrouve les plan sur le site des Archives départementales de la Creuse,et a été construit si j’en crois les images trouvées sur Internet.

Le registre de dénombrement de 1891 m’apprend que l’instituteur s’appelait Eugène Guilllot, qu’il était marié et avait trois enfants (un fils et deux filles). Il y avait deux institutrices dans le village à l’époque, Benoîte Phillippon (institutrice) et Marie Renous (maîtresse), qui avait une fille. En 1896, un second instituteur était présent, Louis Moreau qui était marié à l’une des institutrice (Ernestine Moreau, née Daguet). L’autre s’appelait Marie Joséphine Régnier, née Bouleaud et était mariée, avec deux enfants (un fils et une fille). A noté que le ménage Guillot s’était agrandi avec l’arrivée de la belle-mère de l’instituteur.

J’ai trouvé la photographie sur ce site.
J’ai trouvé la photographie sur ce site.

403 expositions virtuelles

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