Catégorie : C’est arrivé ce jour là…

Il y a cinquante ans…

 

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Des affiches fleurissaient sur les murs des villes. À partir du 14 mai à Paris, l’« Atelier populaire de l’ex-École des Beaux-Arts » produisit plusieurs dizaines d’affiches en sérigraphie, avant d’être rejoint par d’autres ateliers à Marseille, Caen, Strasbourg, Amiens, Grenoble, Montpellier et Dijon. Imprimées à plusieurs milliers d’exemplaires, ces centaines d’affiches entrèrent rapidement dans la mémoire et l’imaginaire des événements. Aucune de ces affiches n’était signée, si ce n’est collectivement : « Atelier populaire ». Pas de droit d’auteur individuel, mais une mise en avant du travail collectif au service des travailleurs en lutte. « Travailler sur sa petite idée personnelle, même juste, c’est rester dans le cadre étroit de la conception bourgeoise », précisait un tract adressé aux « camarades créateurs ».
En mai et juin 1968, l’intersyndicale de la Bibliothèque nationale de France (BnF) prit part aux mouvements et dans le même temps, une centaine d’agents volontaires se mobilisèrent pour collecter tracts, affiches, banderoles, qui forment aujourd’hui un témoignage unique du mouvement de Mai 68.
En 1982, elles furent réunies, en partie, par la BnF dans un livre à l’occasion de l’exposition « Les affiches de mai 68 ou l’Imagination graphique » (consultable en ligne ici, mais en noir et blanc) . En 2008, la BnF organisa une nouvelle exposition d’affiches et de photographies « Esprit(s) de Mai 68 – Prenez vos désirs pour des réalités ».

Mai 1978 : parution du premier numéro de la revue L’Histoire

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Cette revue a donc quarante ans. Pour fêter cela, vous pouvez lire en ligne le premier numéro paru ou bien acheter le numéro spécial de ce mois-ci qui revient sur 40 ans de travaux et de controverses historiques.

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Le 3 mai, l’émission La fabrique de l’histoire est revenue sur la parution du premier numéro de la revue :

Les temps changent !

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« Le Père Noël a été pendu hier après-midi aux grilles de la cathédrale de Dijon et brûlé publiquement sur le parvis. Cette exécution spectaculaire s’est déroulée en présence de plusieurs centaines d’enfants des patronages. Elle avait été décidée avec l’accord du clergé qui avait condamné le Père Noël comme usurpateur et hérétique. Il avait été accusé de paganiser la fête de Noël et de s’y être installé comme un coucou en prenant une place de plus en plus grande. On lui reproche surtout de s’être introduit dans toutes les écoles publiques d’où la crèche est scrupuleusement bannie.
Dimanche à trois heures de l’après-midi, le malheureux bonhomme à barbe blanche a payé comme beaucoup d’innocents une faute dont s’étaient rendus coupables ceux qui applaudiront à son exécution. Le feu a embrasé sa barbe et il s’est évanoui dans la fumée.
À l’issue de l’exécution, un communiqué a été publié dont voici l’essentiel :
« Représentant tous les foyers chrétiens de la paroisse désireux de lutter contre le mensonge, 250 enfants, groupés devant la porte principale de la cathédrale de Dijon, ont brûlé le Père Noël.
Il ne s’agissait pas d’une attraction, mais d’un geste symbolique. Le Père Noël a été sacrifié en holocauste. À la vérité, le mensonge ne peut éveiller le sentiment religieux chez l’enfant et n’est en aucune façon une méthode d’éducation. Que d’autres disent et écrivent ce qu’ils veulent et fassent du Père Noël le contrepoids du Père Fouettard.
Pour nous, chrétiens, la fête de Noël doit rester la fête-anniversaire de la naissance du Sauveur. »
L’exécution du Père Noël sur le parvis de la cathédrale a été diversement appréciée par la population et a provoqué de vifs commentaires même chez les catholiques.
D’ailleurs, cette manifestation intempestive risque d’avoir des suites imprévues par ses organisateurs.
L’affaire partage la ville en deux camps.
Dijon attend la résurrection du Père Noël, assassiné hier sur le parvis de la cathédrale. Il ressuscitera ce soir, à dix-huit heures, à l’Hôtel de Ville. Un communiqué officiel a annoncé, en effet, qu’il convoquait, comme chaque année, les enfants de Dijon place de la Libération et qu’il leur parlerait du haut des toits de l’Hôtel de Ville où il circulera sous les feux des projecteurs.
Le chanoine Kir, député-maire de Dijon, se serait abstenu de prendre parti dans cette délicate affaire. »

D’après un article de France Soir du 24 décembre 1951.

Cet évènement avait incité Claude Lévi – Strauss à rédiger un article dans la revue Les Temps Modernes, que vous pourrez trouver ici.

Merci au blog Clioweb pour cette découverte.

1er décembre 1944 : le massacre de Thiaroye

Le 1er décembre 1944, des dizaines de soldats africains appelés « tirailleurs » ont été exécutés par l’armée française dans le camp de Thiaroye, au Sénégal. Ces hommes, qui ont combattu pour la France en 1940 et ont été fait prisonniers des nazis, réclamaient le paiement de leur solde. Selon la version officielle, la répression a fait suite à une mutinerie. Cette thèse est contestée par l’historienne Armelle Mabon, maître de conférences à l’Université Bretagne Sud. Elle dénonce un mensonge d’Etat et un crime de masse prémédité. Invitée du « Monde Afrique », elle revient sur ce massacre.