Catégorie : C’est arrivé ce jour là…

16 avril 1944 : Simone Veil arrive à Auschwitz

Le 16 avril 1944, le 71ème convoi de juifs déportés depuis la France arrivait à Auschwitz après être parti de Drancy le 13. A l’arrivée, les SS sélectionnèrent 165 hommes and 223 femmes aptes à aller dans le camp pour y travailler. Les 1112 autres personnes furent assassinées dans les chambres à gaz le jour même.
À bord de ce convoi se trouvaient Simone Jacob, future Simone Veil, sa sœur Madeleine et sa mère Yvonne, mais aussi Marceline Loridan, Ginette Kolinka ou encore 34 des 44 enfants d’Izieu, raflés une semaine plus tôt. Tous les enfants furent gazés à l’arrivée.

21 février 1944 : exécution des résistants du groupe Manouchian au Mont-Valérien

Les condamnés photographiés seraient Celestino Alfonso, Wolf Josef Boczor, Emeric Glasz et Marcel Rajman.

En 1944, Clemens Rüther, sous-officier de la Feldgendarmerie, a été affecté à la sécurité du tribunal militaire allemand de Nogent-sur-Marne. A ce titre, il surveilla le procès du groupe de résistants dirigé par Missak Manouchian, l’une des composantes des Francs-tireurs et partisans de la Main-d’Oeuvre immigrée (FTP-MOI). Ce groupe de résistants a été rendu célèbre par l’affiche de propagande fabriquée contre lui au moment du procès, appelée l’Affiche rouge. Le 21 février 1944, il convoya les résistants condamnés à mort jusqu’au Mont-Valérien, lieu de leur exécution. Là, placé en surplomb de la clairière où a déjà pris place le peloton d’exécution, il prit clandestinement trois photographies de leurs derniers instants.
Pendant quarante ans, il conserva ces photographies sans en parler à personne. Ce n’est qu’en 1985, quelques mois avant sa mort, que Clemens Rüther confia ce secret. Jusqu’alors, il n’existait aucune image connues ou conservées d’exécutions au Mont-Valérien où 1007 personnes furent fusillées par les nazis.

D’après un article du site de la fondation de la résistance.

17 octobre 1961 : la police française massacre sur ordre des Algériens à Paris

Entre 20 000 et 30 000 Algériens de France défilèrent ce jour-là, à la demande du Front de libération nationale (FLN), pour l’indépendance de l’Algérie mais aussi pour protester contre le couvre-feu décidé quelques jours plus tôt, le 5 octobre, à l’encontre des Algériens de la capitale : « Il est conseillé de la façon la plus pressante aux travailleurs musulmans algériens de s’abstenir de circuler la nuit dans les rues de Paris et de la banlieue parisienne, et plus particulièrement de 20h30 à 5h30 du matin », précisait le communiqué de la préfecture de police de Paris, dirigée alors par Maurice Papon, ancien haut fonctionnaire de Vichy, condamné en 1998 pour crime contre l’humanité pour sa participation à l’extermination des juifs de France.
10 000 policiers furent mobilisés pour contrôler les trois points de rassemblement prévus par le FLN à Paris sur les Champs-Elysées, entre les places de l’Opéra et de la Bastille et dans le quartier Saint-Michel. Dans l’optique d’une manifestation pacifique, le FLN avait demandé aux participants de venir avec femmes et enfants et de ne pas porter d’armes.
Les forces de l’ordre procédèrent à des rafles préventives gigantesques, puisque la préfecture de police annonça l’arrestation de 11 500 personnes en quelques heures. Les Algériens furent arrêtés dans les stations de métros, les gares ou dans les rues. Ces arrestations furent le plus souvent violentes et nombre d’Algériens furent blessés. Comme il était impossible de mettre tout le monde en cellule, le préfet instaura des moyens de détention improvisés : Le Palais des sports de la Porte de Versailles, l’ancien hôpital Beaujon, le gymnase Coubertin ou la cour de la préfecture de police servirent de centres de détention. Comme les véhicules de police ne suffisaient pas à transporter tous les manifestants, la police réquisitionna les bus de la RATP.
De nombreux Algériens vivant en banlieue ont cherché à rejoindre la capitale par le Pont de Neuilly, où les attendaient de très nombreux policiers. Des heurts éclatèrent rapidement et les policiers chargèrent, frappant les manifestants avec des manches de pioche et les jetant dans la Seine. Des coups de feu ont même été tirés contre les manifestants désarmés.
A peu près au même moment, un cortège était tout de même parvenu à se reformer sur les Grands boulevards. Il a été refoulé violemment par la police et il y a eu un massacre devant le cinéma Rex, où furent retrouver de nombreux cadavres. Les policiers montèrent dans les étages pour mieux voir et tirer sur tout ce qui bougeait pendant deux heures.
Les Algériens arrêtés ont été fouillés, insultés, maltraités voire torturés, puis photographiés et fichés comme terroristes. La police les a gardé souvent une semaine, dans des conditions ignobles. A la fin, certains furent relâchés mais beaucoup d’autres furent expulsés vers l’Algérie.
Soixante ans plus tard, la question du bilan de cette nuit de haine policière n’est toujours pas tranchée. Dans les jours suivant l’événement, les autorités admirent un honteux bilan officiel de 7 morts et 40 blessés. Lors d’un procès pour diffamation intenté à l’historien Jean-Luc Einaudi en 1997, Maurice Papon reconnut, tout au plus, une vingtaine de victimes. Il fallut attendre 1998 et un rapport demandé par Jean-Pierre Chevènement pour porter ce décompte à 32 victimes. Une autre enquête, réalisée sur les archives judiciaires, et remise en 1999 au gouvernement évalua à 48 le nombre de morts, tout en l’estimant « très vraisemblablement inférieur à la réalité ». Enfin, pour les historiens Jim House et Neil MacMaster, « en septembre et en octobre, bien plus de 120 Algériens furent assassinés par la police en région parisienne ».

Les faits sont là. Il reste à la République à les reconnaitre. 

D’après un article de France Info.