Catégorie : Chez moi

Quand un bulletin syndical ment

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Dans un supplément à son numéro de mars 2017, l’Université syndicaliste, la revue du SNES, a commis un article au sujet d’un appel à la résistance contre le Livret Scolaire Unique. Outre la futilité de la résistance proposée, que j’ai pu observer d’ailleurs dans mon établissement, cet article est mensonger. En effet, il cite comme logiciel payant et privé Sacoche, une application proposée en licence libre et donc gratuite !

Pourtant la vérification n’aurait pas pris trop de temps à madame Fabienne Sentex, si cette personne avait voulu faire un travail honnête. Ce principe est en effet affirmé sur la page d’accueil de l’application…

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Qu’un syndicat ne soit pas d’accord avec l’évaluation par compétence démontre son immobilisme, coupable à mes yeux. Mais qu’il fasse preuve de malhonnêteté en ces temps de fausse information ou désinformation, je trouve cela écoeurant !

Lectures de vacances

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Pour ma reconversion, ma femme a pensé à moi. Comme elle travaille à l’ESPE et qu’elle connaît des formateurs qui enseignent aux professeurs des écoles, elle m’a ramené tout cela  pour les vacances d’hiver.
Pourquoi ? Parce que je vais demander un détachement en 2017-2018 pour enseigner en primaire ou de passer le concours de professeur des écoles (les détachements semblant en effet très difficile à obtenir).
J’enseigne depuis 1995 c’est-à-dire 12 ans en lycée et 9 ans en collège (une année dans les deux en même temps), et j’ai le sentiment d’en avoir fait le tour et de ne pas être très utile aux élèves, notamment en me cantonnant dans une seule discipline.
J’ai conscience qu’en matière d’apprentissage et d’éducation, l’essentiel se joue avant le collège et que c’est un tout.  C’est pourquoi je veux essayer d’aider les enfants avant cela, dans l’apprentissage de l’écrire, du lire, du dire et du nombre  et même de la maîtrise du corps (ces deux derniers thèmes vont en faire sourire plus d’un, je le sens…).
C’est aussi un défi personnel, pour voir si je peux développer de nouvelles compétences et acquérir de nouvelles connaissances.
Il est donc probable que je parle de plus en plus des cycle 2 et 3 sur ce blog (je ne me sens pas prêt à affronter le cycle 1…), ainsi que d’autres disciplines que l’histoire – géographie et l’éducation civique.

Nostalgie ? « Nouvelle » pédagogie ?

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Pour me préparer dans l’éventualité où monsieur Fillon deviendrait président et ferait appliquer ses propositions sur l’enseignement de l’histoire, j’ai acheté  des bons points sur le thème des rois de France à l’iconographie très XIXe !

Et puisqu’on fait dans le kitch, je pourrais utiliser ces anciennes affiches pour créer d’autres bons points. Il s’agit des scènes d’histoire de France des éditions Rossignol, illustrées par Pierre Joubert sont j’ai pour le moment les séries 1 et 3.

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On peut faire l’histoire de bien des choses

Dans le cadre du travail sur les médias, j’ai expliqué aux élèves que les premiers médias ont été le geste et la parole, en évoquant (voir un peu plus…) le doigt d’honneur. Je ne m’étais cependant pas posé la question de l’origine de ce geste, mais mon fils m’a raconté que, selon son professeur de primaire, il avait été « inventé » par les archers anglais durant la guerre de cent ans. Après recherche, ce geste semble remonter à bien plus loin.

La première trace du doigt d’honneur attestée remontrait la Grèce antique, plus précisément en 423 av. J.-C. Le poète Aristophane l’a mis alors en scène dans sa comédie « Nuées ». Un de ses personnages, Strepsiade, y déclare que lorsqu’il était enfant, il mesurait le temps qui passe en tapant son phallus plutôt que son majeur, le tout en présentant son majeur. Ce premier doigt d’honneur de l’Histoire avait donc pour vocation de représenter le sexe masculin dressé. Le geste était connu sous le nom κατάπυγον (katapugon, de kata – κατά, « vers le bas » et pugē – πυγή, « fessier, derrière »)

« SOCRATE. Va-t’en aux corbeaux ! Tu n’es qu’un rustre et un ignorant ! Peut-être pourras-tu mieux apprendre les rythmes.
STREPSIADE. A quoi me serviront les rythmes pour la farine d’orge ?
SOCRATE. D’abord à être aimable en société, puis à comprendre ce que sont dans les rythmes le rythme énoplien et le rythme du dactyle.
STREPSIADE. Du dactyle ?
SOCRATE. Oui, par Zeus !
STREPSIADE. Je le connais.
SOCRATE. Dis alors.
STREPSIADE. Quel autre cela peut-il être que ce doigt-ci. J’en ai usé, dès mon enfance, de ce doigt-là.
SOCRATE. Tu es un rustre et un lourdaud.« 

De comique, le doigt d’honneur a pris un caractère insultant avec le philosophe grec Diogène de Synope (-413 ; -327) qui aurait levé son majeur à l’attention de voyageurs lui demandant où ils pouvaient trouver l’orateur Démosthène, que Diogène détestait, en leur disant « Voici le grand démagogue ! ». Le doigt d’honneur devint alors une insulte pour celui à qui il était adressé.
Le doigt d’honneur fut popularisé dans l’empire romain, sous le nom de « digitus impudicus ». Ce doigt indécent avait un double sens, dans certains cas il servait à protéger du mauvais œil, mais le plus souvent il conservait le caractère insultant et sexuel hérité du monde grec.
A la fin de l’Antiquité, le geste est petit à petit tombé en désuétude, notamment sous l’influence de l’Église qui le rejetait pour son caractère obscène.
C’est au Moyen Âge, selon les sources populaires, que le doigt d’honneur a été remis au goût du jour, lors de la guerre de cent ans. Dans cette guerre,  les Anglais avaient un avantage avec l’utilisation de l’arc long. Cette arme d’origine galloise, d’une hauteur de 2 mètres, permettait aux archers anglais de tirer 10 flèches à la minute, pendant que les Français, essentiellement équipés d’arbalètes, n’en tiraient que 3 dans le même laps de temps. Les Français, excédés par leurs cuisantes défaites, notamment à Crécy, décidèrent de lutter contre cette arme en coupant systématiquement l’index et le majeur à tout prisonnier anglais. Ainsi privés des deux doigts essentiels au tir à l’arc, les mutilés n’avaient plus aucune utilité guerrière ! En réaction à ce geste barbare et peu fairplay, les archers anglais avaient donc pour coutume d’exhiber fièrement leur majeur et leur index aux yeux des Français avant la bataille, afin de narguer l’ennemi.
Au fil du temps, le doigt d’honneur s’est mondialisé, et pas seulement sous les formes  « classique » ou anglaise, les plus répandues. Ainsi en Amérique latine, il est remplacé par un cercle formé par l’index et le pouce tandis qu’en Afrique il s’agit des 5 doigts relevés face à son interlocuteur (ce qui équivaut à lancer une malédiction). Au Moyen-Orient, le majeur est replié et les 4 autres doigts dépliés. Enfin, en Afghanistan ou en Iran, on ne lève pas le pouce pour faire du stop…