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Lire et écrire, des compétences plus répandues qu’on ne le croit au Moyen – Âge ?

bouleau

Les gramota sont des écorces de bouleaux qui servaient de supports à des messages, conservées dans les sols humides de Russie. 400  d’entre eux ont été découvert entre 1951 et 1963 à Novgorod, par exemple.  Pour les fabriquer, on faisait bouillir l’écorce, et on gravait le message avec une pointe en fer ou en os, de préférence sur la face interne, plus tendre. Quand on voulait être sûr que cela perdure, on recouvrait le tout d’une fine couche de cire, qui protègeait le bois de l’humidité.
Ces gramota ont été utilisé durant tout le Moyen Âge, dans le nord de l’Europe, avant de disparaitre à partir du XVe siècle, lorsque le prix du papier baissa.
Sur ces tablettes de bois, on trouvait de tout : des comptes de ville, des documents juridiques, des lettres, des suppliques de paysans à leurs seigneurs, des testaments. L’immense majorité des documents sont écrits en vieux russe, langue du quotidien, et pas en grec ou en vieux slavonique, langues du savoir et du pouvoir.
Ces écrits révèlent des gens très proches de nous, qui utilisaient l’écrit pour des messages tout à fait ordinaires qui sont aujourd’hui comme des morceaux de vie fossilisés.
Il y a des demandes très prosaïques comme ce morceau : « Je suis tombé et me suis sali. S’il-te-plaît, envoie moi du linge propre. » ou « Envoie un serviteur, un boran ou une uda (terme de pêche). Je suis malade. Loue la barque à Paul Sobolecev » (n°124, XIVe – XVe).
Ils servaient aussi à fixer des rendez-vous fixés : « Attends-moi samedi devant la reza (filet de pêche), sinon, fais-moi signe » (rouleau n° 566, XIe siècle) ou encore « Salut de Gabriel à Posnik, mon beau-frère et compère, ainsi qu’à ma sœur Juliette (Ulita). Venez en ville, cela me fera plaisir, ne refusez pas notre invitation. Que Dieu vous apporte la joie. Nous, nous ne refusons pas votre invitation » (rouleau n’°497, deuxième moitié du XIVe siècle).
Ils pouvaient parfois contenir des menaces (morceau n° 538, deuxième moitié du XIVe siècle) : « Avertissement de la femme du pope au pope (Prikazû ot popadii k popu). Ce qui t’est arrivé a été transmis à Ananie. Et maintenant c’est Cyriaque (Kjurîjak) qui le diffuse, et maintenant tu peux t’en préocuper « 
On trouve même ce qui semble être une demande en mariage (n°377, XIIIe) : « De la part de Nikétas : Julienne, épouse moi. Je te désire et tu me désires. » et une déclaration d’amour : « ton âme et ton cœur se sont enflammés pour moi, pour mon corps et pour mon aspect » (n°521, XIVe – XVe).
Les archéologues ont aussi découvert de nombreux alphabets destinés à l’enseignement. Aux écrits et aux dessins du jeune Anthyme (du XIIIe siècle) qui illustrent cet article, il faut ajouter trois fragments d’alphabets des XIe, XIIe et XIIIe siècles (n° 444, 450 et 485), ainsi qu’un exemplaire plus tardif (n° 576, XVe siècle).
Les gramota de Novgorod dessinent l’image d’une société médiévale dans laquelle l’écrit est beaucoup plus répandu qu’on ne pourrait le croire. Il s’agit d’un monde où les enfants vont à l’école, apprennent leur alphabet. L’existence, en très grand nombre, de ces documents, suppose nécessairement une certaine expansion de l’instruction élémentaire.
Jusqu’à quel point ces documents prouvent-ils cependant que tous leurs expéditeurs et destinataires savaient lire et écrire ? Autrement dit, ces écrits sont-ils dus au stylet de leur auteur ou à celui d’écrivains professionnels ? Il faudrait notamment une étude paléographique de ces morceaux de bouleau pour tenter de répondre à cette question.

D’après un article du site Actuel Moyen Âge et un article scientifique consultable ici.

26 avril 1986 : l’accident de Tchernobyl

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Le 26 avril 1986, le réacteur numéro 4 de la centrale Lénine, dans la ville de Pripiat (à 18 km de la ville de Tchernobyl), explosa au cours d’un test de sûreté. L’accident est dû à une erreur humaine et à un défaut de conception de ce réacteur situé à une centaine de kilomètres de Kiev, dans le nord de l’Ukraine.

Environ 4000 personnes auraient été tuées par les radiations dans les zones contaminées de Tchernobyl selon un rapport de l’ONU publié en 2005. Mais selon certains chercheurs 6 à 7 millions de personnes sont encore touchées par les radiations ce qui pourraient causer au total de 100 000 à 400 000 morts dans les territoires des trois ex-républiques soviétiques, par une recrudescence des cancers liés à la radioactivité. 346 000 personnes ont par ailleurs été évacuées de la région.

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Les travaux sur le site se sont déroulés très lentement et la centrale est restée en activité jusqu’en 2000. La gigantesque entreprise du sarcophage de Tchernobyl, consistant à enfermer le réacteur 4 sous un dôme de béton, a fait face à d’innombrables difficultés techniques, financières et politiques.

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Classé au niveau 7, l’explosion de Tchernobyl reste l’accident nucléaire le plus grave, à égalité avec celui de Fukushima, en mars 2011.

La Russie après la Grèce ?

D’après une étude de la Haute école d’économie de Moscou publiée en mai, 20 des 85 régions qui composent la Fédération de Russie seraient techniquement dans une situation de défaut de paiement.
Le surendettement des régions russes est en grande partie dû à une série de mesures prises en mai 2012 au moment du retour à la présidence de Vladimir Poutine : hausse des salaires, retour d’une forte natalité, création de 25 millions d’emplois d’ici 2020, ou encore amélioration du système de santé publique. Bien que la tâche soit censée être partagée avec l’État fédéral, ce sont les régions russes qui se sont retrouvées à financer l’essentiel de ces réformes.
En 2014, l’effondrement du prix des hydrocarbures, les sanctions occidentales votées après l’annexion de la Crimée et la chute du rouble ont diminué les revenus des régions, alors que les dépenses continuaient de croître. Les régions russes seraient 25% plus endettées en 2015 qu’elles ne l’étaient en 2014. Or le soutien budgétaire des régions par l’État fédéral de plus en plus ténu (la chute du prix du baril de pétrole, passé de 110 dollars début 2014 à 60 dollars à la fin de l’année a lourdement amputé le budget fédéral, dont 50% des revenus provient de l’exportation de matières premières). En 2015, le budget d’aide aux régions est en baisse de 15% par rapport à 2014. Les gouvernements régionaux n’ont donc d’autre choix que de réduire leurs dépenses, y compris pour l’éducation, la santé, les infrastructures et le logement.
Beaucoup d’économistes annoncent pour bientôt la plus grande récession que la Russie ait connu ces vingt dernières années et pensent que la dette régionale pourrait provoquer un défaut russe d’ici deux à trois ans.

D’après un article du Nouvel Observateur.

Poutine admirateur de Staline ?

L’Union soviétique n’aurait probablement pas gagné la guerre contre l’Allemagne nazie si le régime de Staline n’avait pas été aussi implacable : c’est ce que pense le président russe Vladimir Poutine qui manifeste une fois de plus une attitude équivoque à l’égard du dictateur.
«Il est difficile de dire si nous aurions pu gagner la guerre si le pouvoir n’avait pas été aussi implacable», a lancé le chef d’Etat russe au cours d’une rencontre avec des universitaires et des professeurs d’histoire dans un musée d’Histoire à Moscou.
Cette tirade traduit l’attitude ambiguë  de la Russie à l’égard du dictateur de l’URSS : officiellement dénoncé pour la Terreur d’Etat qu’il a orchestrée dans les années 30 et jusqu’à sa mort en 1953, Staline est cependant toujours enterré devant le Kremlin, sur la place Rouge, l’endroit le plus symbolique et le plus prestigieux de Russie.
Cette attitude est aussi celle du  peuple russe puisqu’en 2012 Staline est arrivé en tête d’un sondage concernant les plus grandes personnalités russes.

D’après un article de Libération.