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8 mars 1917 : première révolution en Russie

Depuis août 1914, la Russie était engagée dans la Première Guerre mondiale aux côtés des Anglais et des Français. Elle se battait conjointement contre l’Allemagne et l’Autriche-Hongrie. L’industrie russe était récente et sa production insuffisante pour faire face à une guerre où le matériel jouait un rôle considérable. La longueur des distances pour les communications et la rareté des moyens de transports rendaient l’approvisionnement de l’armée russe très difficile. La Russie a du mal à résister aux Allemands. Faute de matériel convenable et malgré le sacrifice des soldats les offensives russes échouèrent. Au commencement de l’hiver 1916-1917 la situation militaire devint dramatique et les soldats étaient mécontents de faire une guerre qu’ils ne comprenaient pas.
À l’arrière, la situation était aussi très difficile. Dans les campagnes, privées de main d’œuvre et traction animale, mobilisées au service de l’armée, la production agricole avait diminué. La situation matérielle des paysans, déjà difficile avant la guerre, s’aggravait. L’approvisionnement des villes était compromis. Dans les usines, en particulier celles de la capitale Pétrograd, les ouvriers et ouvrières étaient mobilisés pour produire le plus possible. Après une longue et pénible journée de travail, il leur fallait passer des heures pour trouver la nourriture dans des magasins peu approvisionnés.

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Le 8 mars 1917, une grève et des manifestations ouvrières eurent lieu à Petrograd. Pendant trois jours la grève et l’agitation s’amplifièrent. Le gouvernement, peu sûr de l’obéissance des soldats massés dans la ville, ne réagit pas.
Le 12 mars une partie de la garnison de Pétrograd se rangea finalement au côté des manifestants. Le gouvernement impérial fut supprimé et un comité provisoire formé par des députés le remplaça. Mais le même jour les ouvriers manifestants, les soldats révoltés rejoints par les militants des divers partis socialistes russes, formèrent le soviet des ouvriers et soldats de Pétrograd. Le soviet décida de prendre en charge le ravitaillement, de reprendre en main la garnison et de placer ses délégués auprès de ceux du gouvernement provisoires dans divers organismes de État. Il y avait donc deux pouvoirs à Pétrograd.
Le 15 mars, le Tsar abdiqua. Le gouvernement provisoire composé de ministres pris parmi les députés des partis classiques décida d’accorder les libertés politiques de base (réunion, presse…) et de convoquer une assemblée constituante chargée de mettre en place une organisation nouvelle pour la Russie.

Ci-dessous une émission de la Fabrique de l’histoire sur les révolutions russes :

Et une autre encore, composé de longs extraits de témoignages recueillis en 1966 auprès des russes vivant en France et qui étaient étudiants en 1917 à Saint- Pétersbourg ou à Moscou. Ils ont raconté dans les années 1960 leurs enthousiasmes, leurs déceptions, la violence mais aussi l’euphorie de cette année qui a transformé leur univers :

Vision de Russie

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De l’image d’Epinal…

(A la réalité ! )

Ce documentaire du cinéaste et ethnologue Stéphane Breton nous montre quelques jours de vie dans le transsibérien en 3e classe.
Voyageurs d’une pauvreté extrême, jeunes appelés inquiets ou ouvriers itinérants, beaucoup boivent souvent. L’alcool fait le lien social et devient le leitmotiv plus ou moins discret du film. Seul le personnage principal, un ancien tankiste de l’Armée rouge, demeure sobre.

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Le documentaire est à voir pour quelques jours encore sur le replay d’Arte.

Lire et écrire, des compétences plus répandues qu’on ne le croit au Moyen – Âge ?

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Les gramota sont des écorces de bouleaux qui servaient de supports à des messages, conservées dans les sols humides de Russie. 400  d’entre eux ont été découvert entre 1951 et 1963 à Novgorod, par exemple.  Pour les fabriquer, on faisait bouillir l’écorce, et on gravait le message avec une pointe en fer ou en os, de préférence sur la face interne, plus tendre. Quand on voulait être sûr que cela perdure, on recouvrait le tout d’une fine couche de cire, qui protègeait le bois de l’humidité.
Ces gramota ont été utilisé durant tout le Moyen Âge, dans le nord de l’Europe, avant de disparaitre à partir du XVe siècle, lorsque le prix du papier baissa.
Sur ces tablettes de bois, on trouvait de tout : des comptes de ville, des documents juridiques, des lettres, des suppliques de paysans à leurs seigneurs, des testaments. L’immense majorité des documents sont écrits en vieux russe, langue du quotidien, et pas en grec ou en vieux slavonique, langues du savoir et du pouvoir.
Ces écrits révèlent des gens très proches de nous, qui utilisaient l’écrit pour des messages tout à fait ordinaires qui sont aujourd’hui comme des morceaux de vie fossilisés.
Il y a des demandes très prosaïques comme ce morceau : « Je suis tombé et me suis sali. S’il-te-plaît, envoie moi du linge propre. » ou « Envoie un serviteur, un boran ou une uda (terme de pêche). Je suis malade. Loue la barque à Paul Sobolecev » (n°124, XIVe – XVe).
Ils servaient aussi à fixer des rendez-vous fixés : « Attends-moi samedi devant la reza (filet de pêche), sinon, fais-moi signe » (rouleau n° 566, XIe siècle) ou encore « Salut de Gabriel à Posnik, mon beau-frère et compère, ainsi qu’à ma sœur Juliette (Ulita). Venez en ville, cela me fera plaisir, ne refusez pas notre invitation. Que Dieu vous apporte la joie. Nous, nous ne refusons pas votre invitation » (rouleau n’°497, deuxième moitié du XIVe siècle).
Ils pouvaient parfois contenir des menaces (morceau n° 538, deuxième moitié du XIVe siècle) : « Avertissement de la femme du pope au pope (Prikazû ot popadii k popu). Ce qui t’est arrivé a été transmis à Ananie. Et maintenant c’est Cyriaque (Kjurîjak) qui le diffuse, et maintenant tu peux t’en préocuper « 
On trouve même ce qui semble être une demande en mariage (n°377, XIIIe) : « De la part de Nikétas : Julienne, épouse moi. Je te désire et tu me désires. » et une déclaration d’amour : « ton âme et ton cœur se sont enflammés pour moi, pour mon corps et pour mon aspect » (n°521, XIVe – XVe).
Les archéologues ont aussi découvert de nombreux alphabets destinés à l’enseignement. Aux écrits et aux dessins du jeune Anthyme (du XIIIe siècle) qui illustrent cet article, il faut ajouter trois fragments d’alphabets des XIe, XIIe et XIIIe siècles (n° 444, 450 et 485), ainsi qu’un exemplaire plus tardif (n° 576, XVe siècle).
Les gramota de Novgorod dessinent l’image d’une société médiévale dans laquelle l’écrit est beaucoup plus répandu qu’on ne pourrait le croire. Il s’agit d’un monde où les enfants vont à l’école, apprennent leur alphabet. L’existence, en très grand nombre, de ces documents, suppose nécessairement une certaine expansion de l’instruction élémentaire.
Jusqu’à quel point ces documents prouvent-ils cependant que tous leurs expéditeurs et destinataires savaient lire et écrire ? Autrement dit, ces écrits sont-ils dus au stylet de leur auteur ou à celui d’écrivains professionnels ? Il faudrait notamment une étude paléographique de ces morceaux de bouleau pour tenter de répondre à cette question.

D’après un article du site Actuel Moyen Âge et un article scientifique consultable ici.

26 avril 1986 : l’accident de Tchernobyl

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Le 26 avril 1986, le réacteur numéro 4 de la centrale Lénine, dans la ville de Pripiat (à 18 km de la ville de Tchernobyl), explosa au cours d’un test de sûreté. L’accident est dû à une erreur humaine et à un défaut de conception de ce réacteur situé à une centaine de kilomètres de Kiev, dans le nord de l’Ukraine.

Environ 4000 personnes auraient été tuées par les radiations dans les zones contaminées de Tchernobyl selon un rapport de l’ONU publié en 2005. Mais selon certains chercheurs 6 à 7 millions de personnes sont encore touchées par les radiations ce qui pourraient causer au total de 100 000 à 400 000 morts dans les territoires des trois ex-républiques soviétiques, par une recrudescence des cancers liés à la radioactivité. 346 000 personnes ont par ailleurs été évacuées de la région.

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Les travaux sur le site se sont déroulés très lentement et la centrale est restée en activité jusqu’en 2000. La gigantesque entreprise du sarcophage de Tchernobyl, consistant à enfermer le réacteur 4 sous un dôme de béton, a fait face à d’innombrables difficultés techniques, financières et politiques.

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Classé au niveau 7, l’explosion de Tchernobyl reste l’accident nucléaire le plus grave, à égalité avec celui de Fukushima, en mars 2011.

La Russie après la Grèce ?

D’après une étude de la Haute école d’économie de Moscou publiée en mai, 20 des 85 régions qui composent la Fédération de Russie seraient techniquement dans une situation de défaut de paiement.
Le surendettement des régions russes est en grande partie dû à une série de mesures prises en mai 2012 au moment du retour à la présidence de Vladimir Poutine : hausse des salaires, retour d’une forte natalité, création de 25 millions d’emplois d’ici 2020, ou encore amélioration du système de santé publique. Bien que la tâche soit censée être partagée avec l’État fédéral, ce sont les régions russes qui se sont retrouvées à financer l’essentiel de ces réformes.
En 2014, l’effondrement du prix des hydrocarbures, les sanctions occidentales votées après l’annexion de la Crimée et la chute du rouble ont diminué les revenus des régions, alors que les dépenses continuaient de croître. Les régions russes seraient 25% plus endettées en 2015 qu’elles ne l’étaient en 2014. Or le soutien budgétaire des régions par l’État fédéral de plus en plus ténu (la chute du prix du baril de pétrole, passé de 110 dollars début 2014 à 60 dollars à la fin de l’année a lourdement amputé le budget fédéral, dont 50% des revenus provient de l’exportation de matières premières). En 2015, le budget d’aide aux régions est en baisse de 15% par rapport à 2014. Les gouvernements régionaux n’ont donc d’autre choix que de réduire leurs dépenses, y compris pour l’éducation, la santé, les infrastructures et le logement.
Beaucoup d’économistes annoncent pour bientôt la plus grande récession que la Russie ait connu ces vingt dernières années et pensent que la dette régionale pourrait provoquer un défaut russe d’ici deux à trois ans.

D’après un article du Nouvel Observateur.