Étiquette : Russie

De l’art engagé ou une dégradation ?

L’artiste performeur russe Piotr Pavlenski a été arrêté par la police, lundi 16 octobre à l’aube, pour avoir mis le feu à une antenne de la Banque de France place de la Bastille à Paris. Peu après 4 heures du matin, l’artiste a aspergé d’essence deux fenêtres encadrant l’entrée du bâtiment, puis y a mis le feu.
Pavlenski, réfugié en France depuis le mois de janvier, a utilisé la même méthode que pour les actions qui l’ont rendu célèbre en Russie : convoquer, au dernier moment, des photographes et des caméras pour leur distribuer un communiqué avant d’agir devant eux.
Voici le communiqué de quelques lignes, censé expliquer cette action baptisée Éclairage :
« La Bastille a été détruite par le peuple révolté ; le peuple l’a détruite comme symbole du despotisme et du pouvoir. Sur ce même lieu, un nouveau foyer d’esclavage a été bâti. (…) La Banque de France a pris la place de la Bastille, les banquiers ont pris la place des monarques. (…) La renaissance de la France révolutionnaire déclenchera l’incendie mondial des révolutions. »
Les photos prises sur les lieux rappellent fortement la dernière action d’envergure menée en Russie par l’artiste : l’incendie, en novembre 2015, de la porte principale de la Loubianka, le siège historique des services de sécurité russes. Cette action lui avait valu de passer sept mois en détention préventive, avant d’être finalement condamné à une simple amende. L’artiste, qui se revendique de « l’art politique », avait transformé son procès en performance en invitant des prostituées à y témoigner, pour moquer la soumission de la justice russe au pouvoir politique.
L’artiste et sa femme avaient obtenu au début du mois de mai le statut de réfugiés politiques en France.

D’après un article du Monde.fr

La Corée du Nord bénéficie d’un deuxième accès à Internet

 

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Le réseau de câbles portant Internet

Une entreprise publique russe, TransTeleCom, a établi une nouvelle connexion internet avec la Corée du Nord, la seconde après celle relie le pays à la Chine depuis 2010. L’activation de cette nouvelle liaison a été détectée début octobre par une société mesurant la cyber-connectivité mondiale. La connexion doit se faire par fibre optique en suivant le réseau ferroviaire, probablement le long du « Friendship Bridge », un pont ferroviaire enjambant la rivière Tumen et reliant la ville de Khasan en Russie à celle de Tumangang en Corée du Nord.

D’après une information trouvée ici.

 

Retour du stalinisme en Russie

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Le mémorial de Sandormokh. Photographie : Tomasz Kizny

Le 5 août marquera le 20e anniversaire de la découverte du site de Sandormokh, au nord-ouest de la Russie, l’un des plus grands charniers de l’ancienne Union soviétique où ont été retrouvées les dépouilles de plus de 6000 prisonniers assassinés sous la Grande Terreur, dans les années 1930, sur ordre de Staline.
Le militant des droits de l’Homme Yury Dmitrieyev, qui a découvert cet immense cimetière en 1997, ne pourra pas cependant pas assister à la commémoration, car il a été arrêté après avoir été accusé d’avoir pris des photos indécentes de sa fille adoptée de 12 ans, ce qu’il nie. Dmitriyev et sa famille soutiennent qu’ils prenaient en fait régulièrement des photos de la petite fille en mesurant son poids et sa taille, pour avoir des preuves de sa bonne santé si les services sociaux les accusaient un jour de mauvais traitements.
Mais pour les membres de l’association Memorial, qu’il préside, cette accusation de pédophilie est une manoeuvre politique du régime de manière à se débarrasser d’un opposant qui a exposé une face cachée de l’histoire de Russie sur laquelle le gouvernement n’aime pas s’étendre. Celui-ci affirme d’ailleurs que les membres de Memorial sont des personnes subversives et anti-gouvernement.
En juin dernier, Vladimir Poutine avait dénoncé le fait que « la démonisation excessive de Staline était un moyen d’attaquer l’Union soviétique et la Russie ». Dans certaines villes, des monuments à la gloire de Staline sont encore construits aujourd’hui et en juin dernier, un sondage russe a placé Staline en première position d’une liste des personnes les plus remarquables de tous les temps. Vladimir Poutine arrivant en second…

D’après un article de Slate.fr

Une guerre aux portes de l’Union européenne

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Conflit qualifié de « basse intensité » par les militaires du fait de la faiblesse relative des destructions et des victimes, la guerre du Donbass, dans l’est de l’Ukraine entre les rebelles des républiques autoproclamés de Donetsk et Lougansk, soutenues par la Russie, et les autorités de Kiev fait néanmoins des morts et des blessés pratiquement tous les jours.
Selon le dernier rapport de la mission de surveillance des droits de l’homme des Nations unies, le nombre des 10 000 victimes a été dépassé au printemps 2017 pour atteindre les 10 090 tués parmi lesquels 2777 civils. Les bombardements et les mines causent l’essentiel des victimes auprès de la population.
l’Ukraine, la Russie et les autorités séparatistes s’étaient pourtant entendues sur la fin des combats en signant les accords devant mener à la paix en février 2015, sous le patronage du président français François Hollande et de la chancelière allemande Angela Merkel.
Mais cet accord n’a jamais totalement éliminé les violences. Le document, supervisé par l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE), appelait pourtant à un « cessez-le-feu immédiat et total » et au retrait des armes lourdes de part et d’autre de la ligne de front.
L’Ukraine devait récupérer le contrôle de sa frontière avec la Russie, mais concédait en revanche des changements constitutionnels garantissant aux régions séparatistes un « statut spécial » et l’instauration d’un gouvernement provisoire dans l’Est.
La date butoir pour la mise en place du plan était fixée à fin 2015, mais aucune de ces conditions n’a été respectée et les accords de Minsk ont été constamment prolongés depuis.

D’après un article de La Croix.fr

8 mars 1917 : première révolution en Russie

Depuis août 1914, la Russie était engagée dans la Première Guerre mondiale aux côtés des Anglais et des Français. Elle se battait conjointement contre l’Allemagne et l’Autriche-Hongrie. L’industrie russe était récente et sa production insuffisante pour faire face à une guerre où le matériel jouait un rôle considérable. La longueur des distances pour les communications et la rareté des moyens de transports rendaient l’approvisionnement de l’armée russe très difficile. La Russie a du mal à résister aux Allemands. Faute de matériel convenable et malgré le sacrifice des soldats les offensives russes échouèrent. Au commencement de l’hiver 1916-1917 la situation militaire devint dramatique et les soldats étaient mécontents de faire une guerre qu’ils ne comprenaient pas.
À l’arrière, la situation était aussi très difficile. Dans les campagnes, privées de main d’œuvre et traction animale, mobilisées au service de l’armée, la production agricole avait diminué. La situation matérielle des paysans, déjà difficile avant la guerre, s’aggravait. L’approvisionnement des villes était compromis. Dans les usines, en particulier celles de la capitale Pétrograd, les ouvriers et ouvrières étaient mobilisés pour produire le plus possible. Après une longue et pénible journée de travail, il leur fallait passer des heures pour trouver la nourriture dans des magasins peu approvisionnés.

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Le 8 mars 1917, une grève et des manifestations ouvrières eurent lieu à Petrograd. Pendant trois jours la grève et l’agitation s’amplifièrent. Le gouvernement, peu sûr de l’obéissance des soldats massés dans la ville, ne réagit pas.
Le 12 mars une partie de la garnison de Pétrograd se rangea finalement au côté des manifestants. Le gouvernement impérial fut supprimé et un comité provisoire formé par des députés le remplaça. Mais le même jour les ouvriers manifestants, les soldats révoltés rejoints par les militants des divers partis socialistes russes, formèrent le soviet des ouvriers et soldats de Pétrograd. Le soviet décida de prendre en charge le ravitaillement, de reprendre en main la garnison et de placer ses délégués auprès de ceux du gouvernement provisoires dans divers organismes de État. Il y avait donc deux pouvoirs à Pétrograd.
Le 15 mars, le Tsar abdiqua. Le gouvernement provisoire composé de ministres pris parmi les députés des partis classiques décida d’accorder les libertés politiques de base (réunion, presse…) et de convoquer une assemblée constituante chargée de mettre en place une organisation nouvelle pour la Russie.

Ci-dessous une émission de la Fabrique de l’histoire sur les révolutions russes :

Et une autre encore, composé de longs extraits de témoignages recueillis en 1966 auprès des russes vivant en France et qui étaient étudiants en 1917 à Saint- Pétersbourg ou à Moscou. Ils ont raconté dans les années 1960 leurs enthousiasmes, leurs déceptions, la violence mais aussi l’euphorie de cette année qui a transformé leur univers :