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Une nouvelle preuve du caractère dictatorial du pouvoir en Russie

Le pouvoir russe a pris, mardi 16 juillet, la décision d’empêcher la participation de tout candidat indépendant à même de contester son monopole lors du scrutin devant désigner, en septembre, les élus du Parlement de la ville de Moscou. Une trentaine de candidats issus du camp libéral ou appartenant à l’équipe de l’opposant Alexeï Navalny ont été interdits alors qu’ils paraissaient à même, selon les sondages, de mettre en difficulté ou de battre les représentants du pouvoir. Seuls six candidats indépendants peu connus et peu menaçants ont été autorisés.
La commission électorale de la ville de Moscou a considéré que ces candidats n’ont pas rempli les conditions leur permettant de participer au scrutin, en premier lieu l’obligation qui leur était faite de récolter les signatures de soutien de 3 % des électeurs de la circonscription où ils entendaient se présenter. Le seuil, auparavant fixé à 0,5 % et déjà difficile à atteindre, avait été augmenté pour compliquer la tâche des opposants. Mais près des deux tiers des candidats indépendants ont réussi à franchir cet obstacle, notamment grâce la mobilisation de centaines de volontaires qui ont arpenté les rues de Moscou durant près d’un mois. Mais pour la commission, une partie des signatures récoltées sont tout simplement « fausses » alors que de nombreux citoyens dont la signature a été jugée fausse confirment avoir bel et bien soutenu tel ou tel candidat. Un candidat s’est même vu attribuer un nombre de signatures fausses plus élevé que les signatures réellement présentées !
Plusieurs défilés improvisés se sont alors formés le 27 juillet, réunissant, selon les chiffres du ministère de l’intérieur, plus de 3500 personnes. Aux cris de « Liberté » ou « C’est notre ville », la foule a refusé de se disperser, se contentant de reculer face aux charges des forces antiémeutes. Fait rare en Russie, où le moindre geste de résistance peut avoir des conséquences lourdes, des heurts isolés ont opposé les manifestants aux policiers. Ceux-ci ont largement fait usage de leurs matraques sur des protestataires pacifiques, parfois simplement assis sur des bancs. Plus de mille arrestations ont été annoncées par la police (1074 personnes selon les autorités, 1373 selon l’ONG OVD-Info, qui a également recensé 77 cas de personnes battues).
Alexeï Navalny a de son côté été condamné jeudi à trente jours de prison.

D’après des article du journal Le Monde.

Un nouvel accident sur un sous-marin russe

Données 2016

Quatorze marins sont morts dans un incendie à bord d’un sous-marin de recherche de l’armée russe basé dans le Grand Nord russe, ont indiqué les autorités mardi. Le submersible serait un sous-marin nucléaire AS-12, un engin secret conçu pour la recherche et les opérations spéciales en grandes profondeurs. Il ne serait pas armé et pourrait atteindre une profondeur de 6000 mètres avec à son bord 25 membres d’équipage.
Selon le ministère de la Défense, les 14 sous-mariniers ont été intoxiquées par les émanations dues à un incendie consécutif à une explosion due au gaz. Le feu a été maîtrisé et le sous-marin est rentré à son port d’attache.
Cet accident rappelle celui du sous-marin à propulsion nucléaire Koursk, fleuron de la flotte russe du Nord, qui avait sombré lors de manœuvres en mer de Barents avec 118 hommes à bord le 12 août 2000. Une des torpilles avait explosé, entraînant la détonation du stock entier de munitions et envoyant le bâtiment par 110 mètres de fond. Vingt-trois membres d’équipage avaient survécu plusieurs jours mais étaient morts faute d’avoir pu être secourus à temps.
En 2008, vingt marins étaient morts asphyxiées à bord du sous – marin Nerpa, en mer du Japon, après avoir inhalé du gaz fréon émis par le système anti-incendie.
Tous ces accidents posent évidemment la question de la qualité du matériel militaire russe et de la capacité de ce pays à l’entretenir.

D’après un article du Figaro.fr

Ressemblances troublantes

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Des jeunes membres de Younarmia prêtent serment sur l’île Rousski, au large de Vladivostok , en juillet 2017. PHOTO YURI SMITYUK.TASS VIA GETTY IMAGES

Younarmia, «l’armée des jeunes» en russe est un mouvement de jeunesse créé en juillet 2016 sous l’égide du ministère de la Défense.
L’organisation définit ainsi ses propres objectifs : «Éduquer la jeunesse à partir de 8 ans dans un esprit patriotique, leur enseigner l’héritage militaire de la patrie, développer leur esprit collectiviste et les principes moraux propres au peuple russe, motiver et préparer les jeunes gens à effectuer leur service militaire.» Younarmia recrute ses membres dans les écoles, via les clubs d’activités périscolaires.
Les participants sont tous enthousiastes. Les jeunes ne sont pas généralement issus des classes favorisées des grandes villes russes et cette organisation leur offre des opportunités de loisirs et de formations inaccessibles autrement : sports extrêmes, premiers secours, découvertes professionnelles en tous genres (journalisme, aéronautique, audiovisuel…), mais aussi des séjours dans toute la Russie.
Ils sont également invités à un rassemblement annuel au «Park Patriot», un immense lieu de loisirs de la banlieue de Moscou entièrement consacré à l’armée russe, son histoire, ses missions et ses équipements. Pendant toute une journée, vêtus de leur uniforme beige et de leur béret rouge vif, ils écoutent des discours du ministre de la Défense, rencontrent des soldats, s’initient au tir à la kalachnikov, le tout sous des bannières géantes à l’effigie de Vladimir Poutine. Des chœurs d’enfants y chantent à tue-tête des airs patriotiques à la gloire de l’armée russe.
Les effectifs de Younarmia sont passés de 26 000 jeunes en 2016 à plus de 230 000 en mai 2018.

D’après un article du journal Libération du 26 novembre.

J’ai découvert l’existence de cette organisation alors que nous étudions les régimes totalitaires et leurs techniques d’embrigadement de la jeunesse. Voilà de quoi faire réfléchir les troisièmes.

Itinéraire d’un opposant en Russie

La Cour européenne des droits de l’homme a condamné la Russie, jeudi 15 novembre, pour les différentes arrestations de l’opposant russe Alexeï Navalnyn qu’elle considère comme « politiques ». Ces arrestations visant « en réalité à étouffer le pluralisme politique », a estimé la Cour dans son arrêt.
Militant anticorruption de 42 ans et avocat de formation, Alexeï Navalny a été condamné à de multiples reprises à des amendes ou à de courtes peines de détention ces dernières années. Principale figure de l’opposition russe, il avait été déclaré inéligible à la présidentielle de mars dernier à cause de sa condamnation en 2013 dans une affaire de détournement de fonds ; une accusation destinée, selon lui, à l’exclure de la scène politique. Il a dénoncé en vain ces arrestations et condamnations devant les juridictions russes avant de saisir la Cour de justice européenne, introduisant cinq requêtes entre 2012 et 2014.
Entre 2013 et 2017, M. Navalny ne pouvait de plus pas se rendre à l’étranger, car les autorités russes refusaient de lui fournir un passeport à cause des poursuites judiciaires le visant à l’époque. Il a finalement reçu un passeport et été autorisé à quitter la Russie en mai 2017 pour se faire soigner en Espagne d’une brûlure à l’œil consécutive à une agression à Moscou.
Alexeï Navalny a voulu de nouveau quitter la Russie, mardi, pour rejoindre Strasbourg, mais en a été empêché par le service fédéral russe des huissiers de justice qui a le pouvoir d’appliquer des interdictions de sortie du territoire. Ce n’est qu’après s’être acquitté du paiement d’une amende de 2,1 millions de roubles (27 400 euros) que lui réclamait ce service, que l’opposant à Vladimir Poutine a finalement pu quitter la Russie ce mercredi.

D’après un article du Monde.fr