Étiquette : Géopolitique du monde actuel

Le génocide des Rohingya se poursuit sous nos yeux

Les preuves de crimes contre l’humanité et de génocide perpétrés par l’armée birmane contre les musulmans Rohingya s’accumulent, tandis qu’environ 600 000 personnes ont été déportées depuis le 25 août vers le Bangladesh.
L’organisation internationale de défense des droits de l’homme Amnesty International dénonce, dans un rapport publié mercredi 18 octobre, une campagne systématique, planifiée et impitoyable de violences contre les Rohingya, menée par « le meurtre, la déportation, la torture, le viol, la persécution, et d’autres actes inhumains tels que la privation de nourriture ».
Amnesty International a recoupé les témoignages de réfugiés avec des documents obtenus de Birmanie et des images satellitaires, afin de retracer le parcours des unités militaires birmanes et de documenter les tueries.
L’organisation raconte précisément dans son rapport les massacres dans cinq villages. A Min Gyi (appelé Tula Toli par les Rohingya), les hommes et les adolescents ont été emmenés sur la berge de la rivière et exécutés. Les femmes et les jeunes enfants ont ensuite été ramenés vers les maisons où ils ont été torturés, et les femmes violées.
« Mes enfants étaient avec moi. Shafi, 2 ans, a été frappé fort avec un bâton. Un coup, et il était mort. Trois de mes enfants ont été tués. Puis toutes les femmes ont été déshabillées. Ils avaient des baguettes très durs. Ils nous ont d’abord frappées à la tête, pour nous affaiblir. Puis ils nous ont frappé le vagin. Puis ils nous ont violées. Un soldat par femme. », raconte une femme de 30 ans.
Les survivants des tueries ont reconnu les insignes d’unités des forces de sécurité : le Commandement Ouest de l’armée, la 33e Division d’infanterie légère, la police des frontières. A chaque fois, des miliciens bouddhistes les accompagnaient dans les attaques.
Le chef de l’armée birmane, le général Min Aung Hlaing, a assuré le 12 octobre, dans un message publié sur Facebook, qu’il trouvait que la communauté internationale exagèrait l’ampleur de la déportation des Rohingya. Il a également fermé la porte à un éventuel retour des réfugiés, estimant que le lieu d’origine des Bengalis [nom donné aux Rohingya par le pouvoir birman] est vraiment le Bengale. Et comme l’avait fait auparavant la chef du gouvernement, Aung San Suu Kyi, il a mis les accusations de crimes sur le compte de la propagande des médias étrangers.
Amnesty International estime, à l’instar d’autres organisations de défense des droits de l’homme, que la communauté internationale doit passer de la protestation à l’action. L’organisation recommande d’interrompre la coopération militaire, d’imposer un embargo sur les armes et des sanctions ciblées contre les responsables d’atteintes aux droits humains.

D’après un article du Monde.fr

Un référendum pour la création du Kurdistan

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Lundi prochain, les Kurdes d’Irak et de Syrie doivent se rendre aux urnes pour voter sur leur indépendance. Ce scrutin provoque évidemment la colère du gouvernement de Bagdad. «Nous ne permettrons pas la création d’un deuxième Israël au nord de l’Irak», a déclaré le Premier ministre irakien Nouri al-Maliki.

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De son côté, Massoud Barzani, le président du gouvernement régional kurde a toutefois annoncé que la victoire du «oui» ne mènerait pas à une déclaration d’indépendance immédiate, mais plutôt au début de discussions sérieuses avec Bagdad.
Mais certains doutent de l’opportunité de ce vote. Le Kurdistan traverse en effet une grave crise économique. La lutte contre l’État islamique, la chute du prix du pétrole qui représente la quasi-totalité de ses revenus, et la rupture avec Bagdad qui ne contribue plus au budget de la région, prive Erbil de 80% de ses recettes. Le Kurdistan ne dispose par ailleurs d’aucune ouverture sur la mer. Il est enclavé entre l’Irak, l’Iran et la Turquie dont il dépend totalement pour ses exportations d’hydrocarbures. Or, la Turquie est totalement opposée à l’idée d’un référendum. Les opposants kurdes au référendum estiment que le président Massoud Barzani devrait d’abord remettre son mandat en jeu par un scrutin en bonne et due forme. Sans cela, ils voient le vote d’indépendance comme un coup de force de Massoud Barzani pour se maintenir au pouvoir. L’opposition à l’initiative de Barzani se concentre dans les rangs de l’UPK – parti de son rival historique Jalal Talabani – et du Goran, qui mènent leur campagne «Non au référendum».

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Les tensions entre les Kurdes et les Irakiens se cristallisent surtout autour Kirkouk, grande ville de 1,2 million d’habitants qui contrôle l’une des plus grandes réserves de pétrole d’Irak. Majoritairement kurde avant les années 1990, elle a subi de plein fouet la politique d’arabisation de Saddam Hussein. Aujourd’hui, les Kurdes y sont à nouveau majoritaires. Désormais, Kirkouk doit-elle relever de l’autorité kurde ou du gouvernement central de Bagdad?
Le référendum intervient enfin dans un contexte où la victoire militaire contre l’État islamique n’est toujours pas acquise en Irak. L’organisation terroriste contrôle toujours deux fiefs en Irak dont Hawija, une ville sunnite située dans la province de Kirkouk. Les forces irakiennes ont lancé leur offensive jeudi pour libérer cette ville, mais le fait qu’elle se situe dans les territoires disputés risque de compliquer l’opération de conquête, d’autant que l’offensive ne sera certainement pas terminée d’ici au 25 septembre.

D’après un article du Figaro.fr

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Des pyramides de chaussures contre les bombardements de civils

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Le 23 septembre, dans 29 villes en France, des voix s’élèveront partout pour dire non aux bombardements contre les civils dans les différents conflits en cours. En septembre 2018, Handicap International  espère remettre aux décideurs 1 million de signatures contre la pratique des bombardements en zones peuplées. Point d’orgue de cette mobilisation, la 23e Pyramide de chaussures sera une nouvelle occasion de rappeler les responsables politiques nouvellement élus à leur responsabilité.
Cette année, le public des Pyramides de Lyon, Paris et Nice, en plus d’être invité à lancer une paire de chaussures pour soutenir les victimes de guerre et à signer la pétition, sera également plongé au cœur d’une expérience immersive. À travers une scène de chaos, une place publique jonchée de restes explosifs de guerre et de gravats, des démonstrations de déminage et la rencontre avec des professionnels du terrain, chacun sera amené à s’imaginer le parcours d’une victime et à agir à son échelle pour dire non aux bombardements des civils.

Liste des villes organisatrices :
Aurillac – Angers – Bordeaux – Bormes-les-Mimosas – Brive-la-Gaillarde – Breil-sur-Roya – Clermont-Ferrand – Coudekerque Branche – Guingamp – Hyères – La Bouilladisse – Lyon – Metz – Marseille – Mulhouse – Nantes – Nice – Paris – Rennes – Rouen – Rumilly – Sélestat – Saint-Amand-les-Eaux – Saint-Etienne – Saint-Savournin – Saint-Symphorien – Valenciennes – Verdun – Tours.

Le dossier de presse est consultable ici.

Profiteurs de guerre en Syrie

Le bilan humain de six années et demie de conflit en Syrie est terrible : sans doute un demi-million de morts pour 22 millions de Syriens, dont plus de la moitié ont été contraints de quitter leurs foyers, soit pour se déplacer ailleurs en Syrie, soit pour se réfugier à l’étranger. Deux Syriens sur trois vivent désormais sous la ligne d’extrême pauvreté.
Les opérations militaires ont suivi une stratégie se déclinant selon le triptyque de la destruction, de l’expulsion et de l’occupation. Il en découle une profonde recomposition de la carte démographique de la Syrie, sur la base de déplacements massifs de populations, mais aussi de transfert tout aussi massif des titres de propriété.
Une des principales sources de transfert de propriété sous la contrainte a été la fuite de millions de réfugiés syriens à l’étranger. Leurs biens ont souvent été liquidés dans l’urgence pour faciliter le paiement des passages et la subsistance en exil. Tout un réseau de profiteurs a pu ainsi prospérer en étroite collaboration avec les différents services de « sécurité » du régime Assad, intermédiaires obligés pour l’obtention d’un passeport ou la dispense des obligations militaires. Ces cercles de prédateurs se sont élargis aux alliés étrangers de la dictature Assad, avant tout l’Iran et les milices sous son contrôle.
Le régime Assad a par ailleurs décrété la nullité de tous les actes établis en dehors de son Office central du cadastre. Or, en Syrie, près de la moitié des terres ne sont pas dûment enregistrées. À supposer que les réfugiés et les déplacés veuillent un jour retourner dans leurs foyers, tout est fait pour leur interdire de faire valoir leurs droits.
En récupérant terre et terrain, le régime du dictateur et ses amis entendent profiter entre autres du juteux marché de la reconstruction. La Banque mondiale estime le coût des destructions cumulées à quatre fois l’équivalent du Produit intérieur brut (PIB) de la Syrie en 2010. Les pertes infligées au parc de logements sont terribles, mais encore s’agissant des institutions de santé et d’éducation, systématiquement visées par les frappes du régime et de son allié russe. L’enjeu est considérable dans une ville comme Homs où 23% des habitations sont entièrement ou partiellement détruites. Ce chiffre, établi par la Banque mondiale, grimpe à 31% à Alep.

D’après un article du Monde.fr

Comment le régime nord -coréen réussit-il à survivre économiquement ?

Malgré les sanctions décidées par l’ONU pour sa politique agressive, la Corée du Nord a connu en 2016 sa croissance la plus forte depuis dix-sept ans, avec une hausse du PIB de 3,9%, selon un rapport de la banque centrale sud-coréenne. C’est que le régime de Kim Jong-un trouve des moyens de plus en plus ingénieux pour contourner ces mesures.
Pour masquer ses activités illicites étrangères, la Corée du Nord a notamment recours à des sociétés-écrans, qui permettent de dissimuler ces activités sous des transactions commerciales qui semblent légitimes comme avec le groupe chinois Dandong Hongxiang Industrial Development, qui a été sanctionné par les États-Unis. Ces sociétés-écrans, situées à l’étranger, semblent contrôlées par l’agence de renseignements nord-coréenne.
Le régime a aussi monté au moins une compagnie offshore qui aurait été utilisée par Pyongyang pour vendre des armes et développer son programme nucléaire.
La Corée du Nord a en effet fourni des missiles, des composants et des technologies au régime syrien et à l’Iran. Cela consiste surtout pour la Corée du Nord à remettre en état du vieux matériel militaire chinois ou soviétique, en échange d’argent ou de nourriture. Elle a par ailleurs procédé à des échanges balistiques avec l’Iran, ce qui lui a permis de faire des essais avec ses propres missiles, mais sur un autre territoire que le sien.
Pour se livrer à ses échanges interdits, la Corée du Nord transporte son matériel dans des conteneurs anonymes, embarqués sur des cargos possédés par des compagnies maritimes importantes, à l’insu de celles-ci.
Tout cela se faisant sous la protection de la Chine, qui n’a montré qu’une bonne volonté de façade en votant les sanctions prises par l’ONU. En coulisses, elle a maintenu un soutien commercial vital au régime de Kim Jong-un, en achetant par exemple deux millions de tonnes de charbon à Pyongyang, deux fois plus que ce que l’ONU l’y autorise, sans en référer au comité des sanctions. D’autre part, ces sanctions n’interdisent pas l’importation de pétrole par la Corée du Nord via la Chine. Or sans essence, l’armée ne pourrait pas fonctionner et le pays serait vraiment asphyxié.
Enfin, de nombreux Nord-Coréens partent travailler à l’étranger, quelquefois pour un salaire de 150 euros mensuel. Ces travailleurs rapporteraient à leur pays, selon l’ONU, environ 1,7 milliard d’euros tous les ans. De nombreuses agences de placement envoient ainsi des ouvriers en Chine, en Russie ou encore en Pologne. Pour contrôler ces travailleurs, le régime menacerait classiquement leurs familles restées au pays.

D’après un article de Francetvinfo.fr