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Un second porte – avions pour la Chine

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La Chine a mis à l’eau, mercredi 26 avril, son deuxième porte-avions, le premier construit par les chantiers navals chinois. Le premier porte-avions chinois, acheté à l’Ukraine, était entré en service en 2012.
Mais sur le plan de la technologie ou de la puissance, ce navire ne peut pas rivaliser avec ceux des autres grandes puissances, et notamment les Etats – Unis : si le nouveau porte-avions transporte des missiles de défense aérienne de courte portée, il reste à propulsion diesel et sa piste d’atterrissage est courte.
Toutefois, il s’agit bien, pour la Chine d’affirmer sa puissance face à ses voisins asiatiques, notamment au sujet de la domination en mer de Chine.
Un troisième porte-avions chinois est déjà en cours de construction, qui devrait disposer d’un système de catapultage des avions.

Regain de tension entre les Etats – Unis et la Corée du Nord

Un porte-avions américain et sa flotte fait route depuis samedi 8 avril vers la péninsule coréenne. Ce groupe aéronaval comporte le porte-avions Carl Vinson, son escadron aérien, deux destroyers lanceurs de missiles et un croiseur lanceur de missiles. Alors qu’il devait initialement aller faire escale en Australie, il a pris la route du Pacifique ouest depuis Singapour.
La Corée du Nord a annoncé, lundi 10 avril, qu’elle riposterait à tout mouvement militaire des Etats-Unis. « Le déploiement insensé américain pour envahir la République populaire démocratique de Corée a atteint une phase préoccupante », a déclaré le porte-parole, cité par l’agence officielle KCNA. « Nous prendrons les mesures de contre-attaque les plus fermes contre les provocateurs, afin de nous défendre par la voie des armes. » a-t-il ajouté.
La Corée du Nord a déjà réalisé cinq tests nucléaires et les images satellites suggèrent que Pyongyang pourrait en préparer un sixième. Les services de renseignement américain estiment également que le pays pourrait être à même de disposer d’un missile à tête nucléaire capable de frapper le sol américain d’ici moins de deux ans.
Le président américain Donald Trump et son homologue chinois Xi Jinping ont longuement discuté lors de la visite officielle du président chinois aux Etats -Unis et Donald Trump aurait demandé à son visiteur de faire pression sur Kim Jong-un pour que celui-ci cesse son programme d’armement nucléaire.

Une bonne action pour de mauvaise raison ? A moins que cela ne soit l’inverse …

Quarante-huit heures après l’attaque chimique de Khan Cheikhoun attribuée au régime syrien et responsable de plusieurs dizaines de morts dont de nombreux enfants, le président américain Trump a décidé jeudi 6 avril dans la soirée de riposter en Syrie. 59 missiles de type Tomahawk ont été tirés depuis des destroyers de l’US Navy évoluant en Méditerranée orientale.
Les États-Unis ont visé la base aérienne de Shayrat, associée au programme syrien d’armes chimiques selon eux, située dans la province de Homs, qui aurait été presque entièrement détruite dans l’attaque. Les frappes auraient au moins fait quatre morts.
Dans une déclaration solennelle, jeudi soir, le président américain a mis clairement en cause le président syrien Bachar Al Assad, qui a « arraché la vie à des hommes, femmes et enfants sans défense ». Il a appelé « toutes les nations civilisées à chercher à mettre fin au massacre et au carnage en Syrie ».
Ces frappes américaines contre le régime syrien ont pris la communauté internationale de court, alors que depuis deux jours, le Conseil de sécurité de l’ONU débattait hypocritement d’une résolution de condamnation de l’attaque chimique perpétrée sur Khan Cheikhoun, puisque la Russie et la Chine y opposeront leur veto de toute façon. La Russie a déjà condamné cette attaque en la qualifiant d’ « agression contre un État souverain en violation des normes du droit international » et de « préjudice considérable » aux relations russo-américaines.
On peut s’étonner de cette attaque américaine. En effet, Barack Obama avait renoncé à frapper la Syrie après une attaque aux armes chimiques à la Ghouta, près de Damas, qui avait fait plus de 1 400 morts en 2013. Et à l’époque, Donald Trump avait exhorté sur Twitter Barack Obama à ne pas intervenir en Syrie.
Cette décision semble devoir sa raison d’être à l’émotivité du nouveau président, choqué par les photographies des enfants syriens morts, mais surtout au besoin de Trump de se montrer en « vrai » président afin de réunir autour de lui son camp républicain très divisé et d’essayer de faire oublier ses déboires en politiques intérieures.
Cela laisse à penser que cette frappe ne sera suivi par rien de réellement significatif et que la guerre en Syrie a encore des années devant elle.

L’ignominie à la Une

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86 personnes sont mortes dont une trentaine d’enfants, mardi 4 avril, lors d’une attaque chimique à grande échelle à Khan Cheikhoun, une localité du nord-ouest de la Syrie. L’agent toxique (du gaz sarin ?) ayant été probablement largué par un appareil de l’armée régulière.
Cet atroce massacre rappelle celui de la Ghouta, dans la banlieue de Damas, le 21 août 2013. Le bombardement de cette zone au moyen d’obus remplis de sarin, une substance hautement létale, avait tué plusieurs centaines de personnes, le bilan oscillant, selon les sources, entre 300 et 1 500 morts. Les grandes puissances occidentales et les principales organisations de défense des droits de l’homme avaient déjà imputé ce massacre aux autorités syriennes, sans que des sanctions ne soient prises toutefois.
Le conseil de sécurité de l’ONU s’est réuni en urgence, mercredi, dans le mince espoir de voter une résolution proposée par Paris, Londres et Washington condamnant les attaques chimiques, soutenant une enquête de l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC) et appelant la Syrie à fournir les plans de vol ainsi que toute information sur des opérations militaires au moment de l’attaque. Mais le vote a dû être repoussé faute d’accord avec la Russie, le représentant de Moscou ayant d’emblée jugé toute résolution inutile et dénoncé l’attitude biaisée et l’obsession du conseil de sécurité pour un changement de régime.
Les diplomates ont à cette occasion contesté l’argument russe d’une fuite d’armes chimiques entreposées par les rebelles dans un dépôt bombardé par les forces gouvernementales syriennes, en apportant la preuve de l’implication du régime syrien dans cette attaque, le seul à disposer d’une aviation.

Le Liban en difficulté à cause des réfugiés syriens

Le chef du gouvernement du Liban a récemment déclaré que son pays, qui accueille le plus de réfugiés syriens par habitant au monde (1,5 million sur une population de 4,5 millions) approche du point de rupture. Rappelons que l’ONU vient d’annoncer que 5 millions de Syriens avaient fui leur pays depuis le début du conflit.
Selon lui, le pays qui se relevait à peine de quinze années de guerre civile entre 1975 et 1990, a perdu 7 points de PIB entre 2011 et 2016. Citant des chiffres de la Banque mondiale, les autorités locales estiment qu’en raison de la présence des réfugiés, qui acceptent des salaires très bas, entre 250 000 et 300 000 Libanais ont perdu leur emploi depuis 2011, et que le taux de chômage a été multiplié par deux, se situant maintenant à 20 %.
Le premier ministre libanais a exhorté la communauté internationale à redoubler ses efforts en faveur du Liban, en finançant un vaste plan d’investissement, centré sur les infrastructures et le système éducatif.
Conscients de ce problème, les principaux donateurs internationaux, notamment l’Union européenne, les Etats-Unis et les Nations unies, ont pourtant déjà apporté ces dernières années des centaines de millions d’euros, dans le but d’atténuer la pression exercée par les réfugiés sur le marché du travail et les réseaux de distribution de services (eau, électricité, éducation, etc.). Cependant, en juillet 2016, selon un rapport de Human Rights Watch, la moitié des 500 000 Syriens, agés de 3 à 18 ans, présents sur le sol libanais, n’étaient pas scolarisés.
Mais le premier ministre libanais veut plus, d’où son ton, qui a pu évoquer, à certains moments la rhétorique menaçante du président de la Turquie, d’où sont partis la plupart des centaines de milliers de réfugiés arrivés en Europe durant l’été 2015 : « Nous ne voulons pas en arriver au point où nous serions obligés de faire ce que d’autres pays ont fait, ouvrir les frontières et laisser les gens fuir vers l’Europe ».
Partant du principe réaliste que les réfugiés syriens ne rentreront pas dans leurs pays avant que celui-ci ne soit stabilisé – une perspective encore lointaine –, le gouvernement libanais a élaboré un programme d’investissement sur cinq ans, chiffré à 10 milliards de dollars. Objectif : réhabiliter les infrastructures libanaises, en piteux état, et généraliser la prise en charge éducative des jeunes Syriens, à travers l’enseignement primaire, technique, professionnel, ou universitaire.

D’après un article du Monde.fr