Étiquette : Géopolitique du monde actuel

Que faire de l’ONU ?

Depuis plusieurs années, des conflits déchirent la Syrie, la Libye, le Yémen, le Soudan du Sud ou encore l’Ukraine. Et dans chacun de ces cas, l’Organisation des Nations Unies brille par son impuissance.
Se voulant pourtant le symbole d’un nouvel ordre international, cette organisation créée en 1945, cinq mois après la fin de la Seconde guerre mondiale, rassemble aujourd’hui la quasi-totalité des États de la planète. Mais si sa charte fondatrice lui donne une responsabilité dans le maintien de la paix dans le monde, sa capacité d’action dépend de la volonté et des stratégies des États qui la composent et notamment des membres permanents du Conseil de Sécurité (États – Unis, Chine, Russie, France, Royaume- Uni).
Il existe plusieurs définitions concurrentes de l’organisation. A minima, c’est une organisation chargée de faire respecter un ensemble de règles régissant les relations entre États, conformément à sa charte fondatrice de 1945. A maxima, elle porte l’espoir de créer une communauté internationale partageant des valeurs communes, entérinant notamment la responsabilité de protéger des populations qui seraient victimes de leurs propres autorités, et organisant une justice pénale internationale.
Cette seconde vision a été poussée dans les années 2000 par un courant progressiste prônant un interventionnisme libéral, imaginant un monde meilleur avec des Casques bleus et des opérations de maintien de la paix partout où ce serait nécessaire. Or les résultats de ses opérations sont sujets à caution : en République démocratique du Congo, l’ONU déploie bientôt vingt ans sa plus grosse opération de maintien de la paix sans parvenir à régler les problèmes du pays.
La crise de l’ONU est ancienne. Il aurait fallu une refondation après la guerre froide, avec notamment de nouvelles règles pour la composition du conseil de sécurité. Mais l’ordre mondial n’a pas été suffisamment ébranlé, à l’époque, pour provoquer un effet de levier. Mais les difficultés actuelles remontent à la présidence américaine de Bill Clinton, qui a déclenché des actions militaires non sanctionnées par le conseil de sécurité et s’affranchissant des contraintes posées par la charte, notamment le fait de conditionner l’entrée en guerre à la légitime défense. Puis en 2003, George W. Bush est intervenu en Irak sans l’approbation de l’ONU, du fait du veto de la France.
Aujourd’hui, la possibilité d’une réforme dépendra beaucoup de l’Union européenne, car vec Trump à Washington et Poutine à Moscou, l’ONU ne peut guère compter que sur la Chine et sur les Européens. Mais si Pékin soutient les institutions multilatérales le plus souvent, car elles donnent de la visibilité à sa puissance, en mer de Chine, elle a plutôt tendance à s’affranchir des règles communes. Les Européens sont favorables par principe et par construction au multilatéralisme, mais ils sont divisés entre eux.

D’après un article de La Croix.fr

Une guerre aux portes de l’Union européenne

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Conflit qualifié de « basse intensité » par les militaires du fait de la faiblesse relative des destructions et des victimes, la guerre du Donbass, dans l’est de l’Ukraine entre les rebelles des républiques autoproclamés de Donetsk et Lougansk, soutenues par la Russie, et les autorités de Kiev fait néanmoins des morts et des blessés pratiquement tous les jours.
Selon le dernier rapport de la mission de surveillance des droits de l’homme des Nations unies, le nombre des 10 000 victimes a été dépassé au printemps 2017 pour atteindre les 10 090 tués parmi lesquels 2777 civils. Les bombardements et les mines causent l’essentiel des victimes auprès de la population.
l’Ukraine, la Russie et les autorités séparatistes s’étaient pourtant entendues sur la fin des combats en signant les accords devant mener à la paix en février 2015, sous le patronage du président français François Hollande et de la chancelière allemande Angela Merkel.
Mais cet accord n’a jamais totalement éliminé les violences. Le document, supervisé par l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE), appelait pourtant à un « cessez-le-feu immédiat et total » et au retrait des armes lourdes de part et d’autre de la ligne de front.
L’Ukraine devait récupérer le contrôle de sa frontière avec la Russie, mais concédait en revanche des changements constitutionnels garantissant aux régions séparatistes un « statut spécial » et l’instauration d’un gouvernement provisoire dans l’Est.
La date butoir pour la mise en place du plan était fixée à fin 2015, mais aucune de ces conditions n’a été respectée et les accords de Minsk ont été constamment prolongés depuis.

D’après un article de La Croix.fr

Attentats djihadistes en Iran

Douze personnes ont été tuées et trente-neuf blessées lors des deux attaques quasi simultanées qui ont visé deux lieux hautement symboliques en Iran : le Parlement et le mausolée de l’ayatollah Khomeyni (qui abrite la dépouille du fondateur de la République islamique), mercredi 7 juin. L’organisation djihadiste Etat islamique a revendiqué ces attaques.
L’Iran est engagé militairement en première ligne en Irak comme en Syrie contre l’organisation de l’Etat islamique. Depuis le début de l’année, celui-ci a multiplié les menaces à l’égard de l’Iran dans le cadre de ce que le groupe djihadiste présente comme une guerre de religion entre sunnites et chiites.

Le retour des routes de la soie montre la puissance de la Chine

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Les nouvelles routes de la soie

Xi Jinping, le président chinois, veut créer depuis 2013, une nouvelle route de la soie. Invoquant le légendaire réseau de chemins qui reliait la Chine au reste de l’Asie débouchant sur la Méditerranée, Xi Jinping, a invité 64 pays à contribuer à un vaste projet de constructions d’axes routiers, de voies ferrées, de ports et aéroports qui connecteront la Chine à l’Asie, au Moyen-Orient, à l’Afrique, à l’Europe et même à des pays latino-américains comme l’Argentine ou le Chili. Avec la Chine, ces 64 pays représentent 60% de l’humanité et, ensemble, ils pèsent un tiers du PIB mondial.
En 2014, un train de fret est parti de la ville de Yiwu dans l’est de la Chine pour rejoindre Madrid 21 jours plus tard en passant par l’Asie centrale, ce qui en fait la ligne de chemin de fer la plus longue en service (13 000 kilomètres). La ville de départ est une place de marché où se négocient de nombreuses marchandises de petite taille produites dans les usines chinoises.
Début mars 2015, le Premier ministre chinois Li Keqiang a annoncé la création de la «Silk Road Company Ltd», le fonds d’investissement privé qui portera le projet à hauteur de 40 milliards de dollars.
L’expédition de marchandises par la mer est certes bien moins chère que le fret, mais à mesure que les usines chinoises se déplacent dans les terres, le temps du voyage en bateau s’est allongé pour approcher les 60 jours: une éternité pour expédier le dernier iPad, alors que l’acheminement par rail prendra deux semaines.
Ce projet répond également à une demande croissante des Chinois pour les produits de luxe européens, qui pourront être expédiés au retour.
«Pour la Chine, il s’agit d’un plan stratégique qui vise à réorienter sa géopolitique vers l’intérieur du continent, notamment vers l’Asie centrale et l’Europe, plutôt que vers l’Est et sa côte Pacifique. C’est aussi un projet pour contrecarrer les influences russe et américaine dans la région. C’est en quelque sorte une nouvelle diplomatie chinoise, qu’on peut qualifier de “réalisme institutionnel”, et qui consiste à bâtir de nouvelles infrastructures à l’étranger pour influencer les politiques mondiales», a expliqué le directeur du Global Studies Program, interrogé à l’université chinoise de Hong Kong.
En effet, plus ou moins avoué, l’un des objectifs de ce tracé est de réintégrer l’Afghanistan, le Pakistan, l’Irak, l’Asie centrale –et à terme l’Iran– dans l’économie marchande globale en y reconstruisant d’innombrables infrastructures, défectueuses depuis des années de tensions. En clair, réussir avec l’économie là où les Américains ont échoué avec le militaire.

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Les routes de la soie historique

Historiquement, La route de la soie devait être imaginée au pluriel, car il y en a eu plusieurs. Il s’agissait des différents chemins empruntés par les commerçants pour faire transiter les marchandises de l’Asie vers l’Europe, et ce depuis l’Antiquité. Avec ses caravanes d’épices, de tapis perses, de pierres précieuses, de tissus – et d’abord de soie –, l’itinéraire a été emprunté par les Romains comme par les Ottomans, par les Arabes et les Indiens.
Avec près de 6 500 kilomètres, la route partait de l’est de la Chine (pays qu’elle traversait sur près de 4000 kilomètres), avant de bifurquer vers des pays qui s’appellent aujourd’hui l’Inde, ou le Pakistan, l’Afghanistan, l’Iran, l’Irak, la Syrie, pour rejoindre la Méditerranée.

Un nouvel attentat en Afghanistan

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Près de 40 % de l’Afghanistan est aux mains de groupes armés insurgés, islamistes radicaux, dont les talibans (qui ont contrôlé le pays entre 1996 et 2001), notamment dans le Sud et les campagnes, et Daech, implanté dans l’Est. Depuis 2014, les Talibans refusent de s’asseoir à la table des négociations tant que les troupes américaines sont présentes sur le territoire afghan.
Les Talibans ont annoncé le mois dernier le lancement de leur offensive de printemps. Chaque année, lors de cette reprise intense des combats, ils se fixent des objectifs. En 2017, ils ont affirmé vouloir viser en priorité les forces étrangères, leurs infrastructures militaires et de renseignement, et l’élimination de leurs mercenaires locaux.
Or, un attentat-suicide dans le quartier diplomatique de Kaboul a causé la mort d’au moins 80 personnes mercredi 31 mai au matin, en blessant plus de 350 autres, à quelques pas de l’ambassade d’Allemagne et de l’ambassade de France.
les Talibans ont démenti toute implication dans l’attaque meurtrière, qu’ils ont condamnée. Daech n’a pour le moment pas revendiqué l’attentat alors que l’organisation terroriste avait revendiqué en mars l’attaque meurtrière contre l’hôpital militaire qui a fait plus d’une centaine de morts, et plus récemment celui contre la radio télévision publique à Jalalabad, dans l’est du pays, où le groupe s’est implanté il y a deux ans.

D’après un article de La Croix.fr

Manoeuvres en mer de Chine méridionale

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Voilà qui peut intéresser à la fois les quatrièmes en géographie, pour le chapitre « Mers et océans, un monde maritimisé » et les troisièmes au sujet de la rivalité actuelle entre la Chine et les États-Unis.
Un navire militaire américain est passé près d’un îlot (à moins de 12 milles nautiques) revendiqué par Pékin en mer de Chine méridionale, dans l’archipel des Spratley, dans une opération destinée à démontrer la liberté de navigation dans ces eaux contestées, a affirmé mercredi 24 mai un responsable américain.
L’initiative a provoqué la colère de Pékin, dont l’administration Trump essaie pourtant actuellement de se rapprocher sur le dossier nord-coréen. Lors d’un point de presse jeudi, le porte-parole du ministère des affaires étrangères chinois a fait part du fort mécontentement et de la forte opposition de la Chine à la suite de cette action de la marine américaine effectuée sans permission.
La Chine revendique l’essentiel de la mer de Chine méridionale, y compris des zones très proches des côtes de nombreux pays d’Asie du Sud-Est. Elle s’est engagée dans des opérations de construction d’îlots artificiels et de potentielles bases militaires sur de minuscules récifs, et considère comme ses eaux territoriales la zone des 12 milles nautiques autour de ces installations.
Les États-Unis contestent ces annexions d’îlots, pratiquées également par d’autres pays de la région, et prônent un règlement diplomatique des différends.

D’après un article du Monde.fr