Étiquette : Géopolitique du monde actuel

L’armée birmane accusée de pratiquer le viol contre les femmes Rohingyas

Depuis août 2017, l’armée birmane a obligé plus de 600 000 Rohingyas à fuir l’État de Rakhine vers le Bangladesh voisin. Le viol semble avoir été un outil important dans la campagne de nettoyage ethnique de l’armée birmane contre cette minorité musulmane.
Les forces de sécurité birmanes auraient ainsi violé des centaines de femmes et filles rohingyas, selon un rapport de l’association Human Rights Watch publié ce jeudi. Pour l’établir, les auteurs du rapport se sont entretenus avec plus de 200 personnes (survivants, témoins ou personnels humanitaires). Ils ont documenté deux vagues d’attaques des forces birmanes contre des Rohingyas entre le 9 octobre et le mois de décembre 2016, et à partir du 25 août 2017. Les organisations humanitaires qui travaillent sur place ont fait état de centaines de victimes de viol par des soldats et policiers birmans. À une seule exception près, tous les viols qui ont été signalés à Human Rights Watch étaient collectifs. Les victimes affirment qu’elles ont été réparties en plusieurs groupes, puis violées. Certaines ont même décrit avoir assisté aux meurtres de leurs enfants, époux ou parents par des militaires, avant de subir un viol.

La situation complexe au Zimbabwe

Le Zimbabwe est un pays de 16 millions d’habitants, dont 72% vivent en dessous du seuil de pauvreté. Le revenu national brut est de 940$ par habitant et par an et l’espérance de vie de 60 ans.
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Mardi 14 novembre, un coup de force de l’armée a placé le dictateur Robert Mugabe en résidence surveillée au Zimbabwe. L’intervention des militaires, qui ont pris le contrôle des sites stratégiques de la capitale Harare, pourrait sonner le glas du dernier régime africain conduit par un « Père de la libération », cette génération de chefs nés de la lutte pour l’indépendance. Robert Mugabe est l’incarnation du despote prêt à tout pour perpétuer son règne. Accueilli en 1980 en héros de l’indépendance de son pays,autrefois une colonie britannique, le plus vieux chef d’État en exercice de la planète (il a 93 ans) avait prévu de se présenter à la présidentielle de 2018 et assuré qu’il comptait régner jusqu’à ses 100 ans.
Toutefois, sa seconde épouse ne fait plus mystère depuis des mois de sa volonté de lui succéder. Elle dirige actuellement la branche féminine du parti présidentiel, la Zanu-PF et oeuvrait pour que le parti au pouvoir change ses statuts pour qu’une femme puisse être vice-présidente.
Cette ambition ne plaît pas à Emmerson Mnangagwa, ex-patron des services secrets du pays, qui faisait figure de dauphin naturel depuis son accession à la vice-présidence du Zimbabwe en 2014. Il a été démis de ses fonctions le lundi 6 novembre après des semaines de tensions au sommet de l’État entre Grace Mugabe et lui.  Le 8 novembre, il a annoncé avoir quitté son pays en raison de menaces sur sa vie, mais il a promis de défier Robert Mugabe et son épouse. « Le temps est venu de dire non aux demi-dieux et personnes qui sont autocentrées et ne pensent qu’à elles-mêmes et leur famille« , a-t-il déclaré. Or, il dispose de nombreux soutiens chez les militaires.
Et ce mercredi, l’armée zimbabwéenne a placé Robert Mugabe en résidence surveillée. Les généraux ont toutefois affirmé ne pas avoir l’intention de renverser le gouvernement. « Nous ne faisons que viser les criminels qui entourent » le président, a affirmé leur porte-parole, le général Sibusiso Moyo, dans son allocution à la télévision nationale, dans la nuit de mardi à mercredi. Les criminels en question sont des soutiens de Grace Mugabe, une frange du parti au pouvoir, la Zanu-PF, regroupée sous le nom de G40 en référence à leur âge. Pour les militaires, l’épouse du président n’a aucune légitimité, d’autant qu’elle est née en Afrique du Sud et non au Zimbabwe.
Suite à l’intervention de l’armée, le chef de l’opposition à Robert Mugabe, Morgan Tsvangirai, à la tête du Mouvement pour le changement démocratique, est revenu mercredi soir dans le pays. Le même jour, son parti a appelé à un retour à la normale après l’action des militaires, espérant que leur intervention permette l’établissement d’un État-nation stable, démocratique et progressiste. En 2008, Morgan Tsvangirai avait devancé Robert Mugabe au premier tour de la présidentielle. Mais il avait dû renoncer à sa candidature après des violences contre ses partisans.

D’après un article de Franceinfo.

La situation de la démocratie dans le monde en 2017

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Cette carte, réalisée à partir du rapport 2017 de l’ONG américaine Freedom House, donne une indication de l’état de la démocratie dans le monde actuel. Pour réaliser son rapport annuel, Freedom House agrège des données sur les droits politiques, les libertés civiles, le pluralisme politique, le fonctionnement du gouvernement, les libertés d’expression et de culte, les droits d’association, l’indépendance de la justice, etc.

Elle est extraite du dossier “Dix voix pour la démocratie”,paru dans le numéro 1406 de Courrier international.

Un jeu sur portable pour comprendre le quotidien des migrants

Après un énième bombardement de Homs en septembre 2015, Nour décide à son tour de tenter l’aventure en Europe. Cette jeune Syrienne est l’héroïne fictive d’ »Enterre-moi mon amour », un jeu vidéo interactif sur smartphone développé par le studio français The Pixel Hunt en co-production avec Figs et Arte.
Le jeu s’inspire d’un reportage du Monde.fr qui racontait le voyage d’une migrante syrienne à travers son fil WhatsApp en 2015. Le récit commençait par les mots d’une mère à sa fille : « Enterre-moi, mon amour ». Cette expression, qui en arabe signifie : « Je t’aime, donc je veux mourir avant toi », est employée au moment de quitter des gens auxquels on tient.
Le studio a voulu proposer une manière ludique et intelligente de s’intéresser au sort des réfugiés, trop souvent déshumanisés et réduits à de simples chiffres.
« Enterre-moi, mon amour » est une fiction interactive qui se joue via une messagerie instantanée de type WhatsApp. Une interface simplissime qui vous place dans la peau de l’interlocuteur privilégié du personnage. Votre mission : la rassurer, la conseiller, l’informer et l’aiguiller au mieux dans son voyage, avec des réponses qui vous sont suggérées.
La première étape de ce voyage qui doit mener Nour en Allemagne est Beyrouth, la capitale libanaise qu’elle doit rejoindre en taxi afin d’embarquer pour la Turquie. Mais évidemment, les choses ne se déroulent pas comme prévu. Entre passeurs malveillants, polices locales zélées, bombardement et champs de mines, Nour va devoir éviter tous les écueils qui vont se présenter sur sa route. Pour mesurer l’avancement de son voyage, vous pouvez à tout moment consulter une carte vous indiquant où elle se trouve et le chemin qu’elle a parcouru. Conseiller téléphonique, vous êtes aussi son Google, qui l’informe des situations plus ou moins tendues dans les pays qu’elle traverse ou de la meilleure façon de réaliser une amputation.
À moins de vouloir accélérer les choses (les préférences de réception des messages sont paramètrables), vos conversations avec Nour se dérouleront en temps réel. Ainsi, il pourra s’écouler près d’une journée avant que vous ne receviez de ses nouvelles, faute de réseau, de batterie sur son téléphone portable… ou simplement parce que Nour est occupée. Ainsi, pour un périple d’une quinzaine de jours, il faudra compter en tout autant pour boucler le jeu, avec plusieurs sessions de quelques minutes par jour. Le jeu est volontairement non chronophage afin de laisser au joueur le temps de réfléchir.
Le jeu est disponible au téléchargement sur IOS et Android depuis le 26 octobre pour 3,49 euros. Une introduction de 20 minutes racontant le quotidien de Nour avant son départ est accessible sur le site d’Arte.

D’après un article du blog Pop Up Culture.

Le génocide des Rohingya se poursuit sous nos yeux

Les preuves de crimes contre l’humanité et de génocide perpétrés par l’armée birmane contre les musulmans Rohingya s’accumulent, tandis qu’environ 600 000 personnes ont été déportées depuis le 25 août vers le Bangladesh.
L’organisation internationale de défense des droits de l’homme Amnesty International dénonce, dans un rapport publié mercredi 18 octobre, une campagne systématique, planifiée et impitoyable de violences contre les Rohingya, menée par « le meurtre, la déportation, la torture, le viol, la persécution, et d’autres actes inhumains tels que la privation de nourriture ».
Amnesty International a recoupé les témoignages de réfugiés avec des documents obtenus de Birmanie et des images satellitaires, afin de retracer le parcours des unités militaires birmanes et de documenter les tueries.
L’organisation raconte précisément dans son rapport les massacres dans cinq villages. A Min Gyi (appelé Tula Toli par les Rohingya), les hommes et les adolescents ont été emmenés sur la berge de la rivière et exécutés. Les femmes et les jeunes enfants ont ensuite été ramenés vers les maisons où ils ont été torturés, et les femmes violées.
« Mes enfants étaient avec moi. Shafi, 2 ans, a été frappé fort avec un bâton. Un coup, et il était mort. Trois de mes enfants ont été tués. Puis toutes les femmes ont été déshabillées. Ils avaient des baguettes très durs. Ils nous ont d’abord frappées à la tête, pour nous affaiblir. Puis ils nous ont frappé le vagin. Puis ils nous ont violées. Un soldat par femme. », raconte une femme de 30 ans.
Les survivants des tueries ont reconnu les insignes d’unités des forces de sécurité : le Commandement Ouest de l’armée, la 33e Division d’infanterie légère, la police des frontières. A chaque fois, des miliciens bouddhistes les accompagnaient dans les attaques.
Le chef de l’armée birmane, le général Min Aung Hlaing, a assuré le 12 octobre, dans un message publié sur Facebook, qu’il trouvait que la communauté internationale exagèrait l’ampleur de la déportation des Rohingya. Il a également fermé la porte à un éventuel retour des réfugiés, estimant que le lieu d’origine des Bengalis [nom donné aux Rohingya par le pouvoir birman] est vraiment le Bengale. Et comme l’avait fait auparavant la chef du gouvernement, Aung San Suu Kyi, il a mis les accusations de crimes sur le compte de la propagande des médias étrangers.
Amnesty International estime, à l’instar d’autres organisations de défense des droits de l’homme, que la communauté internationale doit passer de la protestation à l’action. L’organisation recommande d’interrompre la coopération militaire, d’imposer un embargo sur les armes et des sanctions ciblées contre les responsables d’atteintes aux droits humains.

D’après un article du Monde.fr