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Un travail autour de la photographie en Ulis

Comme nous sommes en train de récolter les dons pour le Liban dans le cadre de l’opération Rentrée Solidaire, j’ai expliqué aux élèves du dispositif le nouveau projet du vendredi matin : réaliser une campagne de sensibilisation au travail des agents du collège par voie d’affichage. Pour cela, ils vont devoir prendre des portraits des agents et élaborer un ou des messages pour les accompagner.
Je vais en profiter pour les initier aux techniques de la photographie, pour leur expliquer le fonctionnement d’un appareil photo et de l’oeil humain, pour faire l’histoire de la photographie et, enfin, par leur faire fabriquer une camera obscure ou sténopé.
Un vaste programme qui devrait nous occuper un moment.
Ci-dessous, différents documents trouvés sur Internet que je vais utiliser en les modifiant :

Ce que cache le tableau des époux Lavoisier

Mon collègue monsieur Fonvieille a signalé sur Twitter cet article du magazine Sciences & Avenir au sujet des modifications apportées par le peintre David à son oeuvre montrant les époux Lavoisier. Cet article en reprend un autre, de la revue Heritage science (en anglais), faisant le compte-rendu d’une série d’analyses effectuées sur le tableau. Le passage du tableau célébrant le noble Fermier Général et sa coquette femme à celui du couple de scientifiques est intéressant et peut servir à expliquer l’état d’esprit précédant la Révolution en quatrième. 

De quoi travailler

Il y a beaucoup de choses à faire dire à des élèves sur ces deux images.

Les voyages d’un mammouth

À partir des défenses et du morceau de crâne de mammouth découverts près de la rivière Kikiakrorak, dans l’extrême nord-ouest de l’Alaska, il y a une dizaine d’années, une équipe internationale de scientifiques a retracé ses pérégrinations dans une étude publiée dans le numéro de Science daté du 13 août 2021.
Les chercheurs ont réalisé des analyses isotopiques du strontium contenu dans les défenses du pachyderme. Celui-ci dépend en effet du type de géologie que l’on trouve dans le sous-sol : chaque région a une géologie différente, des roches différentes et des âges de roches différents. Le strontium contenu dans les roches est transmis au sol, puis aux plantes qui y poussent, puis aux animaux qui les mangent. Il est donc possible de retracer les allées et venues de leur propriétaire tout au long de son existence, à condition de disposer de bonnes cartes des ratios isotopiques.
Pour cela, les chercheurs ont établi une cartographie isotopique à partir du strontium mesuré dans des os et des dents de rongeurs très sédentaires vivant actuellement partout en Alaska. Puis ils ont comparé les résultats avec 340 000 mesures réalisées à partir de l’ivoire des défenses du mammouth. Ce travail a ainsi permis de suivre le mammouth en Alaska, semaine après semaine, de son enfance à sa mort, à l’âge de 28 ans, il y a 17 100 ans.
Pendant sa jeunesse, il s’est cantonné avant tout dans le bassin du fleuve Yukon, vers ce qui est actuellement le détroit de Béring (qui n’existait pas lors de cette époque glaciaire où l’on passait à pied sec de Sibérie en Alaska). En se basant sur les mœurs des éléphants actuels, qui vivent dans des sociétés matriarcales où les femelles d’une même famille se déplacent ensemble avec leur progéniture, il est probable qu’il vivait alors en troupeau.
Mais cela changea lorsqu’il a atteint 16 ans. Ses déplacements prirent alors de l’ampleur et il s’enfonça dans le cœur de l’Alaska, remontant jusqu’à l’océan Arctique, parcourant parfois jusqu’à 700 kilomètres en quelques mois. Lorsque les éléphants mâles atteignent l’âge adulte, ils sont rejetés du troupeau, vivent souvent en solitaires et sont en général bien plus mobiles que les femelles. Les mammouths pourraient donc avoir eu un comportement analogue.
Un été, à l’âge de 28 ans, le mammouth s’est aventuré à l’extrême nord-ouest de l’Alaska, au-delà de la chaîne montagneuse des Brooks, comme il l’avait déjà fait auparavant. Mais, contrairement aux autres fois, il y est resté pendant tout l’hiver, sans doute dans des conditions météorologiques extrêmes. Il survécut un an, en se déplaçant peu, et succomba finalement à la fin de l’hiver suivant après avoir parcouru près de 70 000 kilomètres durant son existence. Le pic d’isotopes d’azote qui a été mesuré dans ses défenses au cours du dernier hiver de sa vie permet de déterminer que ce mammouth laineux est mort de faim.

D’après un article du Monde.fr et d’autres ici et.