Étiquette : Science

Ce que cache le tableau des époux Lavoisier

Mon collègue monsieur Fonvieille a signalé sur Twitter cet article du magazine Sciences & Avenir au sujet des modifications apportées par le peintre David à son oeuvre montrant les époux Lavoisier. Cet article en reprend un autre, de la revue Heritage science (en anglais), faisant le compte-rendu d’une série d’analyses effectuées sur le tableau. Le passage du tableau célébrant le noble Fermier Général et sa coquette femme à celui du couple de scientifiques est intéressant et peut servir à expliquer l’état d’esprit précédant la Révolution en quatrième. 

De quoi travailler

Il y a beaucoup de choses à faire dire à des élèves sur ces deux images.

Les voyages d’un mammouth

À partir des défenses et du morceau de crâne de mammouth découverts près de la rivière Kikiakrorak, dans l’extrême nord-ouest de l’Alaska, il y a une dizaine d’années, une équipe internationale de scientifiques a retracé ses pérégrinations dans une étude publiée dans le numéro de Science daté du 13 août 2021.
Les chercheurs ont réalisé des analyses isotopiques du strontium contenu dans les défenses du pachyderme. Celui-ci dépend en effet du type de géologie que l’on trouve dans le sous-sol : chaque région a une géologie différente, des roches différentes et des âges de roches différents. Le strontium contenu dans les roches est transmis au sol, puis aux plantes qui y poussent, puis aux animaux qui les mangent. Il est donc possible de retracer les allées et venues de leur propriétaire tout au long de son existence, à condition de disposer de bonnes cartes des ratios isotopiques.
Pour cela, les chercheurs ont établi une cartographie isotopique à partir du strontium mesuré dans des os et des dents de rongeurs très sédentaires vivant actuellement partout en Alaska. Puis ils ont comparé les résultats avec 340 000 mesures réalisées à partir de l’ivoire des défenses du mammouth. Ce travail a ainsi permis de suivre le mammouth en Alaska, semaine après semaine, de son enfance à sa mort, à l’âge de 28 ans, il y a 17 100 ans.
Pendant sa jeunesse, il s’est cantonné avant tout dans le bassin du fleuve Yukon, vers ce qui est actuellement le détroit de Béring (qui n’existait pas lors de cette époque glaciaire où l’on passait à pied sec de Sibérie en Alaska). En se basant sur les mœurs des éléphants actuels, qui vivent dans des sociétés matriarcales où les femelles d’une même famille se déplacent ensemble avec leur progéniture, il est probable qu’il vivait alors en troupeau.
Mais cela changea lorsqu’il a atteint 16 ans. Ses déplacements prirent alors de l’ampleur et il s’enfonça dans le cœur de l’Alaska, remontant jusqu’à l’océan Arctique, parcourant parfois jusqu’à 700 kilomètres en quelques mois. Lorsque les éléphants mâles atteignent l’âge adulte, ils sont rejetés du troupeau, vivent souvent en solitaires et sont en général bien plus mobiles que les femelles. Les mammouths pourraient donc avoir eu un comportement analogue.
Un été, à l’âge de 28 ans, le mammouth s’est aventuré à l’extrême nord-ouest de l’Alaska, au-delà de la chaîne montagneuse des Brooks, comme il l’avait déjà fait auparavant. Mais, contrairement aux autres fois, il y est resté pendant tout l’hiver, sans doute dans des conditions météorologiques extrêmes. Il survécut un an, en se déplaçant peu, et succomba finalement à la fin de l’hiver suivant après avoir parcouru près de 70 000 kilomètres durant son existence. Le pic d’isotopes d’azote qui a été mesuré dans ses défenses au cours du dernier hiver de sa vie permet de déterminer que ce mammouth laineux est mort de faim.

D’après un article du Monde.fr et d’autres ici et.

Des propos pertinents

Gérald Kierzek, médecin urgentiste et directeur médical de Doctissimo, a répondu aux question du Figaro. J’ai souligné en gras certains passages.

Jean Castex a annoncé 18.000 nouvelles contaminations en 24 heures le 20 juillet. Doit-on craindre les effets sanitaires d’une quatrième vague ?
Le Premier ministre est même allé plus loin en parlant d’ores et déjà de quatrième vague. Il est nécessaire de savoir à quoi correspond ce terme de vague très anxiogène pour le grand public. Les trois premières vagues étaient des vagues correspondant à un système hospitalier en tension. Mais comprenons-nous bien : à aucun moment des patients n’ont pas pu être pris en charge en France. Il n’y a jamais eu de saturation totale des hôpitaux et les vagues successives n’ont pas du tout eu le même impact au même moment partout en France. Si la première a concerné les régions Grand-Est et Île-de-France, les autres régions ont été quasi totalement épargnées. Lors de la deuxième, des régions épargnées jusqu’alors ont connu un phénomène d’augmentation des cas et des hospitalisations chez des patients âgés, fragiles et donc vulnérables au virus. La médiane d’âge des décès est de 85 ans, le taux de mortalité de 0,15% en population générale et 95% des patients hospitalisés pour des formes graves ont plus de 65 ans.
Dès lors, ce sont ces patients qu’il faut protéger pour éviter une quatrième vague dans laquelle nous ne sommes pas. Il y a deux moyens insuffisamment développés : vacciner les plus fragiles et doper l’hôpital. Or, le Premier ministre lui-même a reconnu que trois millions de personnes vulnérables n’étaient encore pas vaccinées ; elles sont à cibler en extrême priorité car ce sont elles qui sont susceptibles d’engorger les réanimations et tout n’a pas été fait pour leur apporter le vaccin (équipes mobiles, ciblage par l’Assurance maladie comme pour la vaccination antigrippale,…). Sur le volet hospitalier, je suis effaré qu’un an et demi après le début de la crise, aucune remise en question structurelle de notre système de santé ne soit faite. On continue de fermer des lits, des hôpitaux de proximité ne sont pas mis en place pour accueillir précocement les patients et éviter la réanimation par un scanner et une prise en charge rapide (oxygène, anticoagulants, corticothérapie, antibiotiques,…), tout cela dans un contexte chronique de pénurie de lits et d’engorgement des urgences par exemple, indépendamment du COVID. Partout en France, les lits manquent comme au centre hospitalier de Saint-Brieuc (Côtes-d’Armor) confronté, en ce mois de juillet 2021, à une grosse activité de son service des urgences avec des lits d’hospitalisation qui ont dû être rajoutés en catastrophe. Ces phénomènes ont lieu chaque été et chaque hiver avec de véritables pertes de chance pour les patients et un épuisement des équipes.

Alors que l’on encourage les Français à se faire vacciner et que le passe sanitaire introduit des mesures strictes, risque-t-on un nouveau confinement à la rentrée ?
Si on suit le nombre de contaminations et non le nombre de malades ou d’hospitalisation, tout est possible ! Sauf que suivre une épidémie de courbes et de tests positifs, et des modèles mathématiques projectifs, n’a pas beaucoup de sens… Y répondre par un confinement, même si les hospitalisations augmentent, n’en a pas non plus. Le confinement a été une mesure d’urgence en mars 2020 devant un phénomène inconnu et une panique médicale et politique. Ce virus n’est plus un mystérieux virus chinois dont on ne connaît rien. Ses cibles sont connues, ce qui permet de les protéger par la vaccination et qui change la donne. Ses modalités d’action le sont aussi, permettant une prise en charge précoce des malades ; et enfin ses modes de propagation se sont éclaircis (transmission en lieux clos essentiellement) offrant la possibilité de mesures préventives adaptées (ventilation des espaces, masque en intérieur,…). Le confinement ne paraît donc plus du tout adapté à l’incertitude du printemps 2020 et aux connaissances actuelles. Son efficacité est par ailleurs douteuse sur le plan scientifique alors que ses effets délétères prouvés y compris sur le plan psychologique. Les Français sont à bout. Les menaces d’un confinement qu’on sait irréalisable et inutile ajoute à la détresse psychologique.

Le président du Conseil scientifique, Jean-François Delfraissy, a déclaré ce matin sur BFM TV qu’un retour à la normale sera « peut-être en 2022 ou 2023 », « nous aurons probablement un autre variant dans le courant de l’hiver »… Partagez-vous ses inquiétudes ?
Ce virus est un virus respiratoire qui évolue finalement de manière assez classique. Par vagues et de manière préférentielle en automne-hiver. Ces vagues d’ampleur successives se succèdent sans que l’Homme ne puisse éradiquer le virus ; la stratégie « Zéro COVID » est donc peu pertinente et d’ailleurs les nombreux pays l’ayant prônée en reviennent. L’air ne peut être supprimé !
Dès lors, il est fort probable que nous vivions avec le virus avec une immunisation progressive de la population, naturelle post-infection ou post-vaccinale. Et là encore, le virus va se comporter comme tous les virus depuis des millénaires dont l’unique objectif est de se reproduire en infectant des êtres vivants : il mute pour survivre. Moins la population rencontrée est naïve, c’est-à-dire qu’elle laisse pénétrer le virus facilement, plus le virus cherche à contourner les défenses, se réplique, fait des erreurs et des mutants.
Ces mutants ou variants n’en sont pas forcément plus virulents ; souvent, c’est même l’inverse par affaiblissement. Le variant Delta n’est ni le premier ni le dernier ! Chaque année, des virus respiratoires produisent des variants. La différence est que leur séquençage et identification ne font pas la Une des médias, créant une véritable psychose. De la même manière, chaque année meurent des patients d’atteintes virales respiratoires directes ou indirectes par décompensation de comorbidités. La différence est que ces morts sont invisibles et donc « acceptées » alors maintenant toute mort est devenue visible (décompte quotidien sur tous les médias) et donc inacceptable même si elle vient dans l’ordre des choses.

Faut-il maintenir les gestes barrières et le port du masque, malgré le passe sanitaire, pour empêcher toute contamination ?
Le passe sanitaire est une obligation vaccinale qui ne dit pas son nom. L’objectif est de rendre la vie des non-vaccinés tellement difficile que cela les pousserait à la vaccination. Hormis le fait que je préférerais convaincre plutôt que contraindre, le passe sanitaire et ses conséquences posent de nombreux problèmes, dont certains pourraient aggraver l’épidémie. D’abord sur le plan éthique et sociétal, il s’agit d’une rupture du secret médical et d’une discrimination sur des données médicales extrêmement graves. Imaginez qu’il faille montrer une sérologie VIH avant d’accéder à la piscine par exemple ? Que penser de l’obligation d’un passe pour se faire soigner à l’hôpital ou rendre visite à un proche ? Comme le rappelle le Syndicat National des Jeunes Médecins Généralistes (SNJMG), « fermer les portes du soin aura des conséquences dramatiques ». Le contrôle de ce passe réalisé par d’autres citoyens, le flicage systématique pour des activités quotidiennes ou encore les volte-faces politiques sur le sujet ou l’excès d’autoritarisme médical n’inspirent pas une société d’apaisement et de confiance…
Plus grave encore, conditionner le relâchement des gestes barrières par le passe sanitaire et la vaccination est dangereux. Le vaccin ne protège pas à 100 % ni à titre individuel (formes graves) ni collectif (transmission). Dès lors, supprimer le port du masque en intérieur ou relâcher les gestes simples et faciles à mettre en œuvre comme le lavage des mains va conduire inévitablement à des clusters et potentiellement à un redémarrage épidémique régulier, notamment parce que le passe n’incite pas les bonnes personnes à se faire vacciner :ce sont les jeunes pour lesquels la balance bénéfice-risque est la moins favorable qui le font et ceux à risque (plus de 50 ans avec comorbidités, plus de 65 ans et obèses quel que soit l’âge) ne sont toujours pas vaccinés exhaustivement.
Il n’y a pas d’un côté les bons citoyens immunisés (les vaccinés) qui peuvent vivre normalement et les mauvais citoyens, non vaccinés, de l’autre. Chacun doit continuer des gestes barrière : port du masque en intérieur si densité de population et peu de ventilation, lavage des mains, aération… En revanche, finissons-en définitivement avec le masque en extérieur ou la désinfection de toutes les surfaces ou encore les pseudo-distances de sécurité dans les lieux publics ou sens de circulation !

Les laboratoires de type P4 dans le monde

Cette carte des laboratoires de haute sé­curité dans le monde a été dressé par la sociologue norvé­gienne Filippa Lentzos. Ces laboratoires « P4 » (pathogène de classe 4) ou « BSL­4 » (biosafety level), abritent les recherches sur les pathogènes les plus dangereux, à l’origine de maladies pour lesquelles il n’existe aucun traitement, comme Ebola, la fièvre de Lassa, la fièvre hémorragique de Marburg, ou la variole.
Elle a dénombré 60 laboratoires, répartis dans 23 pays, dont 25 en Europe et 3 en France, 14 en Amérique du Nord et 13 en Asie, dont celui du Wuhan Institute of Virology, en Chine, soupçonné d’être à l’origine de l’épidémie actuelle de Covid. Elle révèle malheureusement également que les trois quarts de ces laboratoires ne respectent pas les normes les plus strictes en matière de biosécurité.