Catégorie : Vie scolaire

Pour l’an prochain

J’ai décidé de changer l’organisation spatiale de la classe et de modifier un peu mon approche pédagogique l’an prochain.

J’ai repris l’organisation spatiale de la classe de la présentation vidéo ci-dessus.

Capture d_écran 2018-06-17 à 10.32.59

En orange, près du tableau, les tables où s’installeront les élèves les plus en difficultés et/ou peu autonomes, afin de bénéficier de l’aide et de l’attention du professeur.
En vert, les îlots destinés aux élèves collaborant facilement.
En rouge, les tables des élèves autonomes, n’ayant que rarement besoin de l’aide du professeur.
La grande table bleue sera destinée aux élèves atteints de bougeotte. Pour travailler à cette table, il faudra se tenir debout.
Enfin, l’espace isolé, en marron, sera un coin lecture / jeu (?) pour ceux qui auront fini leur travail correctement. Il permettra aussi, si nécessaire, d’isoler un élève problématique.

Le déroulement des cours sera le plus souvent le suivant :
– nous démarrons chaque nouveau thème avec une vidéo introductive permettant de comprendre le sujet et ses enjeux (questionnement, principales notions). Les élèves rempliront systématiquement une fiche de visionnage ramassée et évaluée.
– Dans un second temps, les élèves prendront connaissance de la leçon dans le manuel (pour ceux pour qui la lecture n’est pas un handicap) ou à partir de vidéo sur mes ordinateurs portables.
– Ensuite, ils devront, en autonomie, travailler sur différentes fiches. Une partie sera commune à tous et obligatoire, les autres selon l’envie des élèves.Mais en fonction de son niveau, chaque élève devra obligatoirement avoir complété un certain nombre de fiches. Certaines fiches seront thématiques, d’autres permettront de travailler certaines compétences.
– Enfin, la trace écrite commune sera distribuée et les élèves compléteront une fiche « Qu’ai-je appris ? ».
Selon les chapitres et l’envie du professeur, ce déroulement pourra être boulversé par la mise en place de tâches complexes (sur les objets de la guerre 14-18, l’Encyclopédie de Diderot et D’Alembert…).

 

Chaque semaine, une heure de cours sera consacrée au « travail libre ». Les élèves pourront, seuls ou en groupe, réaliser un travail sur le thème en cours : exposé, diaporama, vidéo, dessin, affiche, textes (chanson, récit, nouvelle…), etc.
De même, nous démarrons chaque semaine par un « Quoi de neuf ? » en visionnant un numéro du magazine Arte Journal Junior et en consultant un numéro du journal L’Actu.

Fin d’année

Je viens d’animer ma dernière séance pour la mission de lutte contre le décrochage scolaire ce matin. Au collège, il reste une semaine entière de « vrais » cours avant la semaine tronquée du brevet (révisions avec les troisièmes lundi et mardi, préparation des salles le mercredi et épreuves les jeudi et vendredi).
Quel bilan dresser de cette année au collège Alain ? Mitigé, c’est le moins qu’on puisse dire. Les élèves ont globalement de grosses difficultés face à l’écrit et soufrent d’un manque important de vocabulaire. Beaucoup n’arrivent pas à travailler chez eux, qu’il s’agisse des devoirs ou des révisions pour les évaluations.
J’ai eu au moins trois élèves très problématiques du point de vue gestion de classe dans cinq de mes six classes, ce qui a parfois rendu les cours pénibles pour les élèves comme pour moi. Et l’arrivée de plusieurs élèves dans les classes au troisième trimestre n’a pas toujours arrangé les choses.
Ce qui m’a frappé pour le niveau cinquième, c’est que si les élèves n’avaient pas grand-chose à faire des chapitres d’histoire (sauf quand je leur racontai des histoires à ce sujet, justement), ils se sont montrés très intéressés et donc plutôt actifs et réceptifs aux chapitres de géographie.
Je ne devrais cependant pas pouvoir en tirer quelque chose pour les cours de l’an prochain puisque, si la répartition élaborée en conseil d’enseignement est respectée, j’aurais à enseigner à trois classes de quatrième et trois classes de troisième.
Du point de vue de l’organisation matérielle, les îlots ne m’ont pas donné toute satisfaction cette année. Aussi vais-je réfléchir à un autre aménagement possible.
Je reste attaché à l’évaluation des compétences sans notation et à l’utilisation de l’application Sacoche pour gérer cela, même si j’ai dû convertir les bilans en note chiffrée à chaque trimestre à la demande de l’administration.

 

Je ne vois pas la nouveauté !

Des députés ont proposé de créer une classe de troisième baptisée « prépa-métiers », dans un amendement adopté en commission mardi 29 mai et qui sera débattu à l’Assemblée à partir du 11 juin. Il fait partie du projet de loi « avenir professionnel », porté par la ministre de Travail, qui entend préparer l’orientation des collégiens, notamment vers l’apprentissage.
Au cours de la dernière année de scolarité au collège, les élèves volontaires pourraient suivre une classe intitulée troisième prépa-métiers. Cette classe, qui doit se substituer au dispositif existant d’initiation aux métiers en alternance pour les élèves, vise à préparer leur orientation vers la voie professionnelle et l’apprentissage, et leur permet de poursuivre l’acquisition du socle commun de connaissances, de compétences et de culture.
En l’état, je ne vois pas ce que ce dispositif apporterait de plus que les troisièmes préparatoires à l’enseignement professionnel, d’autant qu’elle se déroulerait au sein de collège et non plus de lycée professionnel, accueillant des structures pour s’initier aux « disciplines professionnelles ». Quand arrêtera-t-on d’inventer ce qui existe déjà ?

 

Bilan au moment des vacances d’hiver

progressions_2017-2018-5eprogressions_2017-2018-4eprogressions_2017-2018-3e

Évidemment, j’ai pris du retard sur ma progression dans les trois niveaux. Il faut dire que les dernières semaines ont été difficiles, pour les élèves comme pour moi. Rien de catastrophique encore, cependant, car je m’étais laissé une marge de manoeuvre, notamment en troisième.
Du point de vue de la qualité du travail, il s’est dégradé en troisième tout au long du trimestre, la plupart des élèves s’étant endormis sur les lauriers récoltés au premier trimestre malgré mes mises en garde répétées. En cinquième, un déclic s’est produit pour les élèves en grande difficulté dans l’une des deux classes, ce qui est encourageant. Si l’attitude des élèves est plus dynamique, le niveau en rédaction et en compréhension des textes reste préoccupant. Il n’y a pas eu de grand changement en quatrième, la qualité de l’écoute et du travail variant d’un jour à l’autre dans les trois classes. J’ai tout de même trois à quatre élèves en très grande difficulté dans chacune des classes.

 

Une belle histoire

Dans le quartier moderne Mustafa-Kemal d’Ankara, le lycée francophone Tevfik-Fikret accueille les enfants de familles turques attachées à un enseignement qui passe par l’apprentissage du français.
Depuis 16 ans, tous les jours à 13 h 35, au moment où se termine la pause-déjeuner, tout le monde lit en silence dans le lycée. Pas seulement les élèves, mais les professeurs et tout le personnel. Et cette lecture dure 15 minutes.
Au début, il a fallu vaincre la réticence de certains professeurs qui craignaient que les élèves ne se prêtent pas au jeu et ne respectent pas cette interruption quotidienne de leurs activités pour une pratique inhabituelle. Certains redoutaient une résistance forte de la part des élèves. Effectivement, certains élèves refusaient de lire, d’autres oubliaient systématiquement leur livre. Certains élèves de Terminale qui avaient l’examen sanctionnant leur vie scolaire à la fin de l’année voyaient cette pratique comme une perte de temps dans un agenda très chargé.
Mais rapidement, la majorité a pris plaisir à cette pratique et au bout d’un mois c’était devenu un rituel auquel tout le monde sacrifiait avec enthousiasme.
Durant ce quart d’heure, on ne peut lire ni journal, ni revue, ni manuel scolaire, ni tablette, ni écran d’ordinateur ou de téléphone. On doit lire un livre papier, quelle que soit sa langue, son sujet ou sa forme littéraire. Il n’y a pas de programme, de thème, ni de contrôle : juste la liberté et le plaisir.
La bibliothèque du lycée a été enrichie pour permettre à tous de trouver de quoi lire et elle comporte aujourd’hui plus de 20 000 titres.

Voilà un exemple à suivre et à généraliser en France, Monsieur le ministre !

D’après le site de l’association Silence on lit !

L’histoire en chantant

EBM507-johnny-lycéeEBM508-johnny-lycée

(pour lire la suite, c’est ici)

Outre un hommage évident à Johnny Hallyday, ces planches de Fabrice Erre évoquent pour moi, en vrac, la musique de Sabaton, le côté parfois déprimant des programmes d’histoire – géo et l’impression de faire de temps en temps un véritable show pour capter l’attention des élèves…