Catégorie : Vie scolaire

Fin des cours

J’ai donné vendredi mon dernier cours de l’année dans le dispositif ULIS ainsi qu’en troisième, où j’ai terminé tout juste les chapitres sur la France entre 1950 et 1989. La semaine prochaine, je suis en effet en stage pour le CAPPEI (certificat d’aptitude professionnelle aux pratiques de l’éducation inclusive), dont j’attends le résultat le 6 juillet. La suivante, je serais correcteur et « harmonisateur » pour l’épreuve d’histoire – géographie – EMC du brevet.
Cette année scolaire sera (encore) passée très vite et m’a paru fatigante, sans doute en raison du changement de fonction. L’an prochain, je rempile avec 21 heures en ULIS (au lieu de 19 cette année) mais seulement une troisième en histoire – géographie – EMC (au lieu de deux cette année). Enfin, 21 heures en ULIS si le principal du collège arrive à obtenir les trois heures supplémentaires nécessaires et non prévues à la dotation horaire de l’établissement par l’institution, puisque mon service dû de professeur certifié est de 18 heures et que celui d’ULIs correspond à un poste de professeur des écoles.

L’avenir paraît sombre

Est-il encore pertinent de vouloir élever les esprits de certains élèves de lycée, s’ils peuvent écrire ceci ? Remarque, ils n’écrivent pas la même chose à Emile Zola ou Victor Hugo, c’est déjà positif, non ? A moins qu’ils n’aient pas trouvé leur compte Twitter.
Sylvie Germain a donné son avis sur ces messages au Figaro :
« Comprenez-vous ce déferlement de haine sur les réseaux sociaux?
Je ne suis qu’un prétexte, je ne me sens pas concernée personnellement. Je suis plutôt inquiète du symptôme que cela révèle. C’est grave que des élèves qui arrivent vers la fin de leur scolarité puissent montrer autant d’immaturité, et de haine de la langue, de l’effort de réflexion autant que d’imagination, et également si peu de curiosité, d’ouverture d’esprit. Le passage à analyser n’était pas délirant, le vocabulaire était accessible, mais certains se contentent d’un vocabulaire si réduit, riche seulement en insultes et en invectives, que tout écrit un peu élaboré leur est un défi, un outrage.
Les plus «vénères» se sont donc défoulés (propos grossiers, goguenards, agrémentés parfois d’intimidations…, et montages photos et vidéos visant à me ridiculiser). Je n’éprouve même pas de colère, seulement de la désolation devant tant d’aveuglement et d’absence de remise en cause (s’ils ratent leur épreuve de français ce sera à cause de mon texte «de m… qui va niqué leur bac» (sic), pas du tout à cause de leur manque de travail et de réflexion), devant aussi leur rejet hargneux de la culture qui leur est dispensée au lycée. Ils veulent des diplômes sans aucun effort, se clament victimes pour un oui pour un non et désignent comme persécuteurs ceux-là mêmes qu’ils injurient et menacent. Quels adultes vont-ils devenir?… J’espère que cette flambée de rage, où comme toujours le mimétisme et le goût de la surenchère électrisent la meute, va retomber aussi vite qu’elle a éclaté. Tout cela est aussi absurde qu’affligeant. « 

EDIT : des collègues correcteurs proposent de recopier des extraits de copies qui font une belle analyse du texte de Sylvie Germain, pour montrer que tous les élèves de première ne sont pas des des incultes haineux. C’est à lire ici.

Mon service pour l’an prochain

Le conseil d’enseignement d’histoire – géographie a eu lieu hier. Je devrais, en plus de mon service de coordonnateur ULIS de 21 heures devant élèves, m’occuper d’une classe de troisième (dont je devrais être l’un de profs principaux) en histoire – géographie et EMC pour 3h30 de cours et une heure d’aide personnalisée. Cela me fera donc une classe de troisième de moins que cette année, qui a été assez fatigante il est vrai.
Le fait de conserver une classe en histoire -géographie me convient bien pour plusieurs raisons. J’aime enseigner ces disciplines, d’abord. D’autre part, la « double casquette » m’a permis de faire connaitre le dispositif ULIS aux élèves ordinaires, dont un bon nombre sont venus dans l’année durant les récréations pour discuter ou jouer avec les élèves du dispositif, mais aussi pendant leur heures de permanence pour participer aux cours, en aidant parfois leurs camarades du dispositif. Cela a créé du lien dans les deux sens, ce qui est très positif. Une collègue de ma femme, qui m’a entendu raconter cela, m’a dit que je faisais de l’inclusion inversée et j’ai trouvé le terme intéressant. Ensuite, cela me permet d’accueillir dans la classe de troisième des élèves d’ULIS et donc de pratiquer l’inclusion, en en mesurant la difficulté. Enfin, cela me donne, je pense, une certaine légitimité auprès de mes collègues puisque je suis « des deux côtés », à la fois : prof du secondaire et prof spécialisé du primaire.

Le premier conseil coopératif en ULIS

J’ai décidé de tester le conseil coopératif au sein du dispositif en cette fin d’année, afin de lancer l’outil et de pouvoir le ritualiser dès la rentrée de septembre prochain. J’ai repris le fonctionnement décrit un peu partout sur Internet, en ajoutant, à la demande d’une élève, une boite « débat » aux traditionnelles boites « problèmes », « proposition » et « félicitations ».

Les élèves ont élu au début de la semaine, à bulletin secret, le premier président du conseil car plusieurs voulaient occuper la fonction. Celui-ci a ouvert les boites puis lu les messages (sans mentionner d’abord le nom de leurs auteurs). Il a ensuite relevé la météo de la classe (chaque élève indiquant par un signe comment s’est passée pour lui la semaine précédent le conseil) puis ouvert le conseil proprement dit. J’ai fait office de secrétaire.

Pour ce premier conseil, nous avions un problème, une félicitation, une proposition de débat et pas de proposition (enfin pour le moment….).
Le débat a été refusé par vote pour cette fois. Concernant le problème, c’est bien tombé, il concernait un élève du dispositif rencontrant des difficultés avec des élèves de sa classe d’inclusion, et non avec un autre élève du dispositif. Il a été alors assez facile aux autres de discuter et de proposer des solutions.

Pour rassurer leur camarade, les élèves ont proposé de se trouver non loin de lui lors des récréations et dans les couloirs, afin de pouvoir empêcher le harcèlement ou bien témoigner de ce qui aura été dit ou fait. Il vont s’organiser entre eux pour faire un roulement de présence. Cette discussion a été l’occasion pour moi d’un rappel des sanctions prévues pour harcèlement et de la procédure à suivre au sein du collège ou auprès de la justice au cas où.
Le président a ensuite lu le message de félicitations et l’élève qui en était l’auteur a bien voulu en parler. J’ai indiqué que j’installerai un tableau de félicitations la semaine prochaine.
Alors que je pensais faire clôturer ce premier conseil par le président, un élève a demandé s’il pouvait faire une proposition (faire plus d’histoire dans le dispositif) qui a été mise au vote. Puis, les propositions se sont enchainées jusqu’à arriver aux inévitables demandes de sorties…

L’une des propositions qui a été retenue (faire une séance d’espagnol et d’allemand) a été rendu possible grâce à l’AESH – Co, présent lors du conseil,  qui a accepté de prendre le petit groupe d’élèves volontaires pour faire cette séance. Pour le travail de groupe, les élèves ont envie que je leur donne une énigme « compliquée » à résoudre. La surprise est venue, pour moi, de la proposition d’une activité sur la naissance des religions, qui a été assez largement soutenue. Il va falloir que je travaille dessus ce week-end.
Concernant les sorties « musée » et/ou ludique », j’ai bien précisé qu’il n’était pas évident qu’elle(s) se fasse(nt) cette années pour des raison de temps et de budget, mais que j’allais les soumettre à l’administration.
Le conseil a finalement été clôturé par le président après deux heures de discussions et d’écoute de bonne qualité.

Le sommeil et les adolescents

Je suis confronté à plusieurs adolescents en réel manque de sommeil, que ce soit dans le cadre du dispositif ou dans les deux classes de troisième dont j’ai la charge en histoire – géographie. Dormir à minuit ou même plus tard pour se lever (enfin, pas toujours) à 6 ou 7h est devenu la norme. Et le week-end ou durant les vacances, c’est bien pire. Le téléphone portable (ou plutôt sa mauvaise utilisation) semble bien le grand responsable de cette dégradation du sommeil.