Israël revendique la colonisation des territoires palestiniens comme l’intérêt national

Le Parlement israélien a adopté, jeudi 19 juillet, un projet de loi définissant Israël comme « l’État-nation du peuple juif ». Le texte, adopté par 62 voix contre 55, entre dans la catégorie des lois fondamentales qui font office de Constitution.
Le texte affirme en outre que « l’Etat considère que le développement des implantations juives relève de l’intérêt national et que l’Etat prendra les mesures pour encourager, faire avancer et servir cet intérêt« .
La loi prévoit aussi que l’hébreu devient la seule langue officielle d’Israël. L’hébreu et l’arabe étaient jusqu’à présent tous les deux considérés comme des langues officielles, puisqu’utilisées dans tous les documents étatiques, les citoyens arabes constituant 17,5% de la population totale israélienne.

L’Histoire n’est pas une science

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Du moins, dans le classement de Shanghai pour les disciplines universitaires ! Après la perte des 50 points au brevet des collèges, voici u nouveau coup porté à cette discipline…
Sinon, pour ceux que cela intéresse malgré tout, vous trouverez ici le classement des meilleures universités du monde pour chaque « science ».

EDIT : mon ami Pierrick m’a signalé cet article « résumant » un travail de recherche de deux étudiants du Master Sciences des Données de l’Université de Rouen-Normandie qui avait pour but de pondérer le classement britannique des Universités mondiales, concurrent du classement de Shanghai.

Un poème de l’abbé Guiot

Après avoir retranscrit les lettres de l’abbé Guiot que j’ai pu retrouver (46 lettres représentant 77 pages de texte), je m’attaque aux poésies que je cite dans mon essai. En voici une, écrite pour accompagner un crayon à papier oublié par le docteur Lorraine, un ami de l’abbé, alors qu’il était venu lui rendre visite à Baule.

LE CRAYON DU DOCTEUR

Vous avez, cher docteur, par mégarde ce soir,
Laissé sur le tapis, ce petit crayon noir.
Je le rends au carnet, ou sur bien d’autres tables,
Vous tracez du Codex les arrêts redoutables…

De ces stylets savants, c’est le rôle ordinaire !
Peintres, littérateurs, votre crayon vulgaire
Embellit l’existence et l’amuse ici-bas ;
Mais, en nous récréant, vous ne guérissez pas.
Du vôtre, cher docteur, la magique puissance
Du corps endolori sait chasser la souffrance ;
Par lui plus d’un Lazare, aux portes du tombeau,
A senti dans son cœur courir un sang nouveau.
Cher petit crayon noir, voilà de tes miracles !
Que Dieu longtemps encor te dicte tes oracles !
Et que le dévoûment, fils de la Charité,
Te tienne entre ses mains d’où jaillit la santé !

On montre, en un palais, à la foule empressée,
Une plume célèbre et qu’un aigle a laissée ;
En sa puissante main, lorsque César la prit,
A ses plans, à ses lois la fortune sourit.
Ses bulletins fameux, dictés par la victoire,
Chez ses ennemis même éternisaient sa gloire ;
Mais, de la France en deuil, ce médecin puissant,
Mères, avec vos pleurs, fils, avec votre sang,
Aux pages de l’histoire inscrivait ses conquêtes ;
C’était des chants de mort que des chants de fêtes.

Cher petit crayon noir, oh ! je t’aime bien mieux !
Toi, qui signes des bons de pain et de vin vieux
Au vétéran, dont l’aigle avait tari les veines ;
Toi qui sais consoler la veuve dans ses peines,
Et qui, tout à la fois, apôtre et médecin,
Donnes au cœur qui souffre et l’espoir et du pain.
Tu ne réussis pas toujours : notre nature
A ses lois, ses rigueurs ; mais quand une âme est mûre,
Quand Dieu la redemande au sortir de ces lieux,
Tout en soignant son corps, tu lui parles des cieux.

Va donc, petit crayon, retourne vers ton maître,
Retourne, et dis-lui bien qu’heureux de le connaître,
J’ai peur, en te traînant ainsi sur ce papier,
En te parlant de lui, de t’user tout entier.

9 décembre 1865

Géographie de la classe

Le collègue du blog Géographies buissonnières a rédigé un article sur l’organisation de la salle dans laquelle il fait cours, à l’université. En voici un large extrait :
« Sauf que l’on est en 2018 et que cette salle vient d’être refaite. Elle l’a été sur un modèle très ancien, celui que l’on trouve encore peut-être à l’état de relique dans d’autres salles du même bâtiment. J’y enseignais parfois, peut-être même y ai-je étudié en d’autres temps. Il y avait déjà ces alignements de tables fixées au sol, ces rangées de bancs qui dataient très probablement de la construction initiale, à la fin du XIXe siècle. Hors les matériaux, dans cette salle qui sentait le neuf, rien n’a changé. Personne n’a songé à changer, à trouver une alternative à cette mise en ordre géométrique, à imaginer d’autres possibles spatiaux. La seule concession à la modernité ce sont les prises pour les ordinateurs sous les tables. Les étudiant(e)s sont rivé(e)s à leurs bancs comme les bancs et les tables sont rivés au sol, indifférents aux corps et aux postures.

J’ai pourtant dû faire cours. Mais j’étais piégé, sans rien pouvoir modifier : difficile de subvertir le dispositif pour favoriser la coopération et les échanges. Faire travailler les étudiant(e)s en groupe, pouvoir atteindre chacun(e) pour un conseil ou un échange particulier était simplement impossible. La seule issue était une forme atténuée de transmission magistrale appuyée sur des documents et en tentant de favoriser les interactions ; pas facile quand même. Le dispositif incite chacun à jouer son rôle : l’enseignant qui transmet, les étudiant(e)s qui écoutent et prennent des notes. Faire bouger les choses, c’est un combat continu. Ils/elles n’ont pas l’habitude de prendre la parole de manière longue et structurée, d’entrer dans la discussion, de contester la parole enseignante. Et le dispositif spatial légitime cette posture de retrait et d’attente.

Je n’ai même pas songé à aller râler. J’aurai dû sans doute, pour engager un débat, pour faire circuler des idées. Mais je voyais cette entreprise comme vaine. « Ce n’est pas bien important » (le savoir, toujours le savoir) ; « Vous comprenez, toutes ces chaises et toutes ces tables qui circulent de salle en salle… », « Ce n’est qu’une salle de cours », « Comme vous y allez avec vos grands mots : formatage, uniformisation, standardisation… », « Et vous pensez aux gens qui nettoient ? » (L’argument ultime, celui qui fait passer le gêneur pour un ennemi du peuple). On a tellement pris l’habitude de ces dispositifs fixes et contraignants que personne sans doute n’a fait de remarques ; on peut trouver « normal » qu’en 2018 on aménage une salle en fixant au sol des sièges et des tables. Personne ou presque n’y verra du politique.« 

J’aime beaucoup son titre :  » Enseigner, c’est dé-ranger ».

C’est quoi, être un prof d’histoire -géo ?

Alain Daziron était professeur d’histoire-géographie en collège jusqu’en 2016 – 2017. Il a publié sur le Café pédagogique un texte où il parle de sa façon de pratiquer le métier d’enseignant et dont je retiendrai ceci :

« Quoiqu’il en soit, il me semble primordial, qu’en toutes circonstances, lorsqu’on doit passer toute sa vie professionnelle au contact des adolescents, d’être d’abord et pleinement soi-même. Si l’on met un masque ou si l’on s’emmure dans une posture artificielle, cela sonne faux et les élèves ne s’y trompent pas.

Si j’avais à situer ma façon d’habiter la classe – au-delà de la difficulté à s’auto-évaluer, à se voir dans un miroir je dirais à peu près ceci.

J’ai enseigné à l’enthousiasme, en empathie avec les élèves, et une vraie passion pour l’histoire ( plus que la géographie). J’ai toujours eu la conviction que le professeur était le moteur de la classe. Avec l’intuition que l’un des ressorts profonds pour stimuler les élèves est qu’ils perçoivent que l’enseignant est lui-même en recherche permanente. Qu’il est porté par une soif de découverte, de curiosité, et d’une grande capacité d’émerveillement comme l’enfant qu’il n’est plus. J’ai toujours veillé à rester moi-même dans une fermeté bienveillante pour ne pas verrouiller la relation vivante et sensible avec la classe.« 

Il a aussi rédigé un texte plus long, intitulé  » le collège n’est pas à refonder, mais à habiter », qu’on lira avec profit également.

C’est donc ça, « être Français  » ?

Comme il fallait s’y attendre, la liesse insupportable a donné lieu à des excès, sans doute liés à une consommation d’alcool et d’autres euphorisants. Hier soir, j’entendais de jeunes gens, peut-être certains de mes élèves, chanter la Marseillaise dans les rues, et je n’en étais pas fier du tout.
Alors, Messieurs et Mesdames les journalistes, vous allez nous parler de quoi maintenant, le tour de France, cela semble patriote ça, le tour de France !