Ecroulement d’une falaise près de Fécamp

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Un éboulement, sur une longueur d’une centaine de mètres de falaise, s’est produit jeudi 25 août, vers 14h00, sur une plage de la commune de Saint-Martin-aux-Buneaux, entre Fécamp et Saint-Valéry-en-Caux, au lieu-dit «Petites dalles».
Près de 50 000 m3 de roches se sont écroulées. Comme il existait des suspicions sur la présence de personnes sous l’amas de roches crayeuses, provenant de témoignages de passants, 45 sapeurs-pompiers de Seine-maritime, aidés d’une équipe cynophile venue du Calvados voisin, ont entrepris des recherches dans l’amas de rochers, sans résultat.
Sur cette partie de la côte de la Manche, la falaise subit l’érosion par le bas avec des éboulements en bord de mer et,sur le dessus, des poches souterraines de sable et d’argile gorgées d’eau de pluie gonflent au fil du temps et font éclater la falaise de craie.

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Pour réfléchir encore

Voici une déclaration universelle sur la laïcité datant de 2005 qui a été signée par des universitaires d’une trentaine de pays et qui selon ses créateurs (une Canadienne Micheline Milot, un français Jean Baubérot et un Mexicain Roberto Blancarte), peut être comprise (et admise ?) dans la plupart des pays du monde. Elle a suscité toutefois de nombreux débats résumés ici.
Une première ébauche, rédigée par les trois responsables du projet, a été envoyée par mel en février 2005 à quelques dizaines universitaires, concernés par la laïcité dans leur recherche, leur enseignement, leur vie citoyenne. Il leur a été proposé de s’associer au projet, d’effectuer des remarques critiques et, éventuellement, de transmettre cette première version à d’autres collègues intéressés. Différents allers et retours ont eu lieu. Le texte s’est trouvé modifié une demi-douzaine de fois.

J’ai souligné des éléments qui m’ont semblé particulièrement intéressants dans ce texte.

Préambule

Considérant les diversités religieuse et morale croissantes, au sein des sociétés actuelles, et les défis que rencontrent les Etats modernes pour favoriser le vivre-ensemble harmonieux ; considérant également la nécessité de respecter la pluralité des convictions religieuses, athées, agnostiques, philosophiques, et l’obligation de favoriser, par divers moyens, la délibération démocratique pacifique ; considérant enfin que la sensibilité croissante des individus et des peuples aux libertés et aux droits fondamentaux invite les Etats à veiller à l’équilibre entre les principes essentiels qui favorisent le respect de la diversité et l’intégration de tous les citoyens à la sphère publique, nous, universitaires et citoyens de différents pays, proposons à la réflexion de chacun et au débat public, la déclaration suivante :

Principes fondamentaux

Article 1. Tous les êtres humains ont droit au respect de leur liberté de conscience et de sa pratique individuelle et collective. Ce respect implique la liberté d’adhérer à une religion ou à des convictions philosophiques (notamment l’athéisme et l’agnosticisme), la reconnaissance de l’autonomie de la conscience individuelle, de la liberté personnelle des êtres humains des deux sexes et leur libre choix en matière de religion et de conviction. Il implique également le respect par l’Etat, dans les limites d’un ordre public démocratique et du respect des droits fondamentaux, de l’autonomie des religions et des convictions philosophiques.
Article 2. Pour que les Etats soient en mesure d’assurer un traitement égal des êtres humains et des différentes religions et convictions (dans les limites indiquées), l’ordre politique doit être libre d’élaborer des normes collectives sans qu’une religion ou conviction particulière domine le pouvoir et les institutions publiques. L’autonomie de l’Etat implique donc la dissociation de la loi civile et des normes religieuses ou philosophiques particulières. Les religions et les groupes de convictions peuvent librement participer aux débats de la société civile. En revanche, ils ne doivent en aucune façon, surplomber cette société et lui imposer a priori des doctrines ou des comportements.
Article 3. L’égalité n’est pas seulement formelle, elle doit se traduire dans la pratique politique par une vigilance constante pour qu’aucune discrimination ne soit exercée contre des êtres humains, dans l’exercice de leurs droits, en particulier de leurs droits de citoyens, quelle que soit leur appartenance ou leur non-appartenance à une religion ou à une philosophie. Pour que soit respectée la liberté d’appartenance (ou de non-appartenance) de chacun, des accommodements raisonnables peuvent s’avérer nécessaires entre les traditions nationales issues de groupes majoritaires et des groupes minoritaires.

La laïcité comme principe fondamental des Etats de droit

Article 4. Nous définissons la laïcité comme l’harmonisation, dans diverses conjonctures socio-historiques et géopolitiques, des trois principes déjà indiqués : respect de la liberté de conscience et de sa pratique individuelle et collective ; autonomie du politique et de la société civile à l’égard des normes religieuses et philosophiques particulières ; non-discrimination directe ou indirecte envers des êtres humains.
Article 5. En effet, un processus de laïcisation émerge quand l’Etat ne se trouve plus légitimé par une religion ou une famille de pensée particulière et quand l’ensemble des citoyens peuvent délibérer pacifiquement, en égalité de droits et de dignité, pour exercer leur souveraineté dans l’exercice du pouvoir politique. En respectant les principes indiqués, ce processus s’effectue en lien étroit avec la formation de tout Etat moderne qui entend assurer les droits fondamentaux de chaque citoyen. Des éléments de laïcité apparaissent donc nécessairement dans toute société qui veut harmoniser des rapports sociaux marqués par des intérêts et des conceptions morales ou religieuses plurielles.
Article 6. La laïcité, ainsi conçue, constitue un élément clef de la vie démocratique. Elle imprègne inéluctablement le politique et le juridique, accompagnant en cela l’avancée de la démocratie, la reconnaissance des droits fondamentaux et l’acceptation sociale et politique du pluralisme.
Article 7. La laïcité n’est donc l’apanage d’aucune culture, d’aucune nation, d’aucun continent. Elle peut exister dans des conjonctures où le terme n’a pas été traditionnellement utilisé. Des processus de laïcisation ont eu lieu, ou peuvent avoir lieu, dans diverses cultures et civilisation, sans être forcément dénommés comme tels.

Des débats de la laïcité

Article 8. L’organisation publique du calendrier, les cérémonies officielles d’enterrement, l’existence de sanctuaires civiques liés à des formes de religion civile et, d’une manière générale, l’équilibre entre ce qui est issu de l’héritage historique et ce qui est accordé au pluralisme actuel en matière de religion et de conviction dans une société donnée, ne peuvent être considérés comme réglés de façon immuable et rejetés dans l’impensé. Cela constitue, au contraire, l’enjeu d’un débat laïque, pacifique et démocratique.
Article 9. Le respect concret de la liberté de conscience, l’autonomie du politique et de la société à l’égard de normes particulières, la non-discrimination, doivent s’appliquer aux nécessaires débats concernant les rapports du corps à la sexualité, à la maladie et à la mort, à l’émancipation des femmes, aux questions de l’éducation des enfants, aux mariages mixtes, à la condition des adeptes de minorités religieuses ou non religieuses, des incroyants et de ceux qui critiquent la religion.
Article 10. L’équilibre entre les trois principes constitutifs de la laïcité constitue également un fil directeur pour les débats démocratiques sur le libre exercice du culte, la liberté d’expression, de manifestation des convictions religieuses et philosophiques, le prosélytisme et ses limites par respect de l’autre, les interférences et les distinctions nécessaires entre les divers domaines de la vie sociale, les obligations et les accommodements raisonnables dans la vie scolaire ou professionnelle.
Article 11. Les débats sur ces différentes questions mettent en jeu la représentation de l’identité nationale, les règles de santé publique, les conflits possibles entre la loi civile, les représentations morales particulières et la liberté de choix individuel, le principe de compatibilité des libertés. Dans aucun pays ni aucune société il n’existe de laïcité absolue ; pour autant les diverses réponses apportées ne sont nullement équivalentes en matière de laïcité.

La laïcité et les défis du XXIe siècle

Article 12. En effet, la représentation des droits fondamentaux a beaucoup évolué depuis les premières proclamations des droits (à la fin du XVIIIe siècle). La signification concrète de l’égale dignité des êtres humains et de l’égalité des droits est en jeu dans les réponses données. Or le cadre étatique de la laïcité fait face aujourd’hui aux problèmes des statuts spécifiques et du droit commun, des divergences entre la loi civile et certaines normes religieuses et de conviction, de la compatibilité entre les droits des parents et ce que les conventions internationales considèrent comme les droits de l’enfant, ainsi que du droit au blasphème.
Article 13. Par ailleurs, dans différents pays démocratiques, le processus historique de laïcisation semble être arrivé, pour de nombreux citoyens, à une spécificité nationale dont la remise en cause suscite des craintes. Et plus le processus de laïcisation a été long et conflictuel, plus la peur du changement peut se manifester. Mais de profondes mutations sociales s’effectuent et la laïcité ne saurait être rigide ou immobile. Il faut donc éviter crispations et phobies, pour savoir trouver des réponses nouvelles aux défis nouveaux.
Article 14. Là où ils ont eu lieu, les processus de laïcisation ont correspondu historiquement à un temps où les grandes traditions religieuses constituaient des systèmes d’emprise sociale. La réussite de ces processus a engendré une certaine individualisation du religieux et du convictionnel, qui devient alors une dimension de la liberté de choix personnel. Contrairement à ce qui est craint dans certaines sociétés, la laïcité ne signifie pas l’abolition de la religion mais la liberté de choix en matière de religion. Cela implique aujourd’hui encore, là où cela est nécessaire, de déconnecter le religieux des évidences sociales et de toute imposition politique. Mais qui dit liberté de choix dit également libre possibilité d’une authenticité religieuse ou convictionnelle.
Article 15. Religions et convictions philosophiques constituent alors socialement des lieux de ressources culturelles. La laïcité du XXIe siècle doit permettre d’articuler diversité culturelle et unité du lien politique et social, tout comme les laïcités historiques ont dû apprendre à concilier les diversités religieuses avec l’unité de ce lien. C’est à partir de ce contexte global qu’il faut analyser l’émergence de nouvelles formes de religiosités, qu’il s’agisse de bricolages entre traditions religieuses, de mélanges de religieux et de non-religieux, de nouvelles expressions religieuses, mais aussi de formes diverses de radicalismes religieux. C’est également dans le contexte de l’individualisation qu’il faut comprendre pourquoi il est difficile de réduire le religieux au seul exercice du culte et pourquoi la laïcité comme cadre général d’un vivre-ensemble harmonieux est plus que jamais souhaitable.
Article 16. La croyance que le progrès scientifique et technique pouvait engendrer du progrès moral et social se trouve, aujourd’hui, en déclin ; cela contribue à rendre l’avenir incertain, la projection dans cet avenir plus difficile, les débats politiques et sociaux moins lisibles. Après les illusions du progrès, on risque de privilégier unilatéralement les racines. Cette situation nous incite à faire preuve de créativité, dans le cadre de la laïcité, pour inventer de nouvelles formes du lien politique et social capables d’assumer cette nouvelle conjoncture, de trouver de nouveaux rapports à l’histoire que nous construisons ensemble.
Article 17. Les différents processus de laïcisation ont correspondu aux différents développements des Etats. Les laïcités ont pris, d’ailleurs, des formes diverses suivant que l’Etat se montrait centralisateur ou fédéral. La construction de grands ensembles supra-étatiques et le relatif mais réel détachement du juridique par rapport à l’étatique créent une nouvelle donne. L’Etat, cependant, se trouve peut-être plus dans une phase de mutation que de véritable déclin. Tendanciellement, il agit moins dans la sphère du marché et perd, au moins partiellement, le rôle d’Etat-providence qu’il a plus ou moins revêtu dans beaucoup de pays. En revanche, il intervient dans des sphères jusqu’alors considérées comme privées, voire intimes, et répond peut-être encore plus que par le passé à des demandes sécuritaires, dont certaines peuvent menacer les libertés. Il nous faut donc inventer de nouveaux liens entre la laïcité et la justice sociale, la garantie et l’amplification des libertés individuelles et collectives.
Article 18. Tout en veillant à ce que la laïcité ne prenne elle-même, dans ce nouveau contexte, des aspects de religion civile où elle se sacraliserait plus ou moins, l’apprentissage des principes inhérents à la laïcité peut contribuer à une culture de paix civile. Ceci exige que la laïcité ne soit pas conçue comme une idéologie anticléricale ou intangible. C’est une conception laïque, dynamique et inventive qui donnera une réponse démocratique aux principaux défis du XXIe siècle. Cela lui permettra d’apparaître réellement comme un principe fondamental du vivre-ensemble dans des contextes où la pluralité des conceptions du monde ne doit pas apparaître comme une menace mais plutôt comme une véritable richesse.

On trouvera ci-dessous un pdf de la présentation de la déclaration par l’un de ses auteurs.

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Conclusion ?

Dans son ordonnance au sujet de l’arrêté « anti-burkini » de Villeneuve-Loubet, le Conseil d’Etat (en fait un collège de trois juges) précise que « l’arrêté litigieux a ainsi porté une atteinte grave et manifestement illégale aux libertés fondamentales que sont la liberté d’aller et venir, la liberté de conscience et la liberté personnelle. »
Dans les 30 autres communes ayant pris des arrêtés similaires, les arrêtés municipaux sont toujours en vigueur jusqu’à ce qu’ils soient contestés en justice. Mais la décision du Conseil d’Etat concernant l’arrêté de Villeneuve-Loubet se veut un arrêt de principe : en cas de recours, les autres arrêtés seront eux aussi cassés par la plus haute juridiction administrative française.
Il me semble parfaitement juste que ces arrêtés municipaux, mal rédigés, soit annulés.
Pour rappel, dans l’espace public, que ce soit dans la rue, les transports en commun, les commerces ou encore les centres commerciaux et donc les plages, chacun a le droit de porter un signe religieux ou le voile.
La loi de 2010 interdit cependant la dissimulation du visage dans l’espace public. Selon ce texte, « nul ne peut, dans l’espace public, porter une tenue destinée à dissimuler son visage ». Les voiles intégraux, Burqa et Niqab, sont par conséquent interdits. Toutefois, la loi prévoit des exceptions dans certains cas spécifiques. La dissimulation du visage est ainsi tolérée lors de pratiques sportives, manifestations festives et artistiques ou encore processions religieuses traditionnelles. La Cour européenne des droits de l’homme a estimé, en juillet 2014, que la loi votée en 2010 poursuivait un objectif légitime et était proportionnée au but poursuivi. Le gouvernement français avait en effet souligné que cette loi était motivée par des questions de sécurité, au motif que la dissimulation du visage rend impossible l’identification de la personne concernée.

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On distingue quatre grands types de voiles islamiques. Le Hidjab, souvent appelé « foulard », est la forme la plus courante de voile portée par les femmes musulmanes. Il couvre les cheveux, le cou et parfois les épaules. Le Tchador, lui, est une grande pièce de tissu, souvent noir, qui laisse le visage à découvert. Ces deux voiles ne sont donc pas en contradiction avec la loi de 2010.
Le Niqab est un voile intégral qui cache tout, sauf les yeux. La Burqa est un vêtement qui recouvre tout le corps et dissimule les yeux derrière une grille tissée. Ces deux voiles musulmans sont donc en infraction par rapport à la loi de 2010.

Ci-dessous, l’arrêté du Conseil d’Etat :

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Une réponse peut – être utile

Je réponds ici à un message que j’ai reçu suite à mon article expliquant pourquoi j’avais changé d’avis à propos du port du burkini. Les passages en italique sont ceux de mon correspondant. J’ai intercalé mes réponses au sein de son texte pour plus de facilité de lecture. J’en profite pour préciser que mes propos n’engagent que moi et ne correspondent pas à ce que je professe. Mon rôle de professeur d’histoire -géographie n’a donc rien à voir ici.

Bonjour,
Que vous ayez changé d’avis est je pense une bonne chose toutefois vos arguments me laissent perplexe.
Je suis surpris venant d’un prof histoire géo de l’utilisation du terme civilisation occidentale. Qu’est-ce donc pour vous? Vous en faites un ensemble homogène. Or sur cette simple question les pratiques sont très différentes dans les pays que je suppose faire partie de « l’Occident ». Renseignez-vous la France fait partie maintenant des plus intolérants en la matière.

Nous ne devons pas parler de la même chose. Je considère ici les principes fondamentaux qui sous-tendent ce que j’appelle la civilisation occidentale (peut-être serait-il préférable d’employer le terme culture, d’ailleurs) : l’existence des libertés individuelles, l’égalité (au moins en droit) entre les hommes et les femmes, la tolérance (toujours en droit). Permettez-moi cependant d’affirmer que mon statut de professeur d’histoire -géographie m’autorise au contraire à utiliser ce terme. L’un de mes livres favoris est encore La civilisation de l’occident médiéval de Jacques Le Goff… Vous semblez assimiler pays et civilisation ou culture (je préfère définitivement ce terme, d’ailleurs).

Et le « Burkini » ne voile pas le visage des femmes (donc pas d’effacement identitaire) alors pourquoi l’interdire sinon pour stigmatiser certaines personnes? Donc c’est la question du vêtement qui montre une appartenance religieuse qui pose problème. Mais quid des curés en soutane dans les rues de Paris ou des juifs en Rekel que j’ai croisé hier à Roissy ?

C’est en effet le port du vêtement comme revendication religieuse qui pose problème. Je vous rejoins sur la tenue des juifs fondamentalistes mais pas sur le vêtement porté par les religieux eux-même (prêtre, iman, moine, nonne, rabbin, pasteur…) qui me semble tolérable sauf à être prosélyte. De même, sur les plages et à la piscine, il faudrait interdire le burkini comme le monokini ou le string comme des tenues inadaptées si les pouvoirs publics voulaient réellement suivre les arrêtés publiés qui mentionnent pêle-mêle respect de l’hygiène, des moeurs, de la laïcité et menace contre l’ordre public.
Mais je reconnais que la question est complexe. Ma femme me faisait remarquer qu’on autorisait les hommes à être torse nu à la piscine et à la plage, sans crier à l’indécence pour autant…

L’espace public n’est pas un espace d’où les religions doivent être bannies sinon démontez tous les calvaires. Chacun doit pouvoir s’y déplacer comme il le veut sauf à troubler l’ordre et/ou les moeurs (nudité par exemple).

Je suis d’accord avec cela, y compris le démontage des calvaires. Mais certains sont classés monuments historiques, comme d’ailleurs l’une des mosquées de Mayotte, datant de 1538 je crois. En tant que professeur d’histoire, je ne peux donc pas les démolir.

Et vous parlez d’intégration cela me semble traduire des préjugés pour le moins gênants. Ces femmes sont françaises elles sont chez elles, elles n’ont pas à s’intégrer à l »Occident », elles ne sont pas accueillies. Alors musulmans donc étrangers? Et si certains contestent la société et son organisation, ses valeurs c’est leur droit non? Vous allez dire aux punks qui rejettent la société de « consommation et les valeurs bourgeoises » de s’habiller autrement pourtant leur tenue traduit clairement ce rejet et nous les identifions bien comme cela. On n’a pas choisi la société dans laquelle on est né, on peut être en profond désaccord avec elle sur un plan politique, religieux économique et vouloir le montrer, le dire et le manifester non ?

Je ne crois pas avoir de préjugés, sinon une méfiance absolue pour toutes les religions que je considère comme néfastes. Je dissocie appartenance à un état (qui ne signifie pas grand chose) et appartenance à une culture, choisie ou non. Il existe de nombreux musulmans qui arrivent à concilier les éléments de la culture occidentale (comme la place des femmes) et la pratique de leur religion. Pour reprendre l’exemple du burkini, je crois que de nombreuses  musulmanes fréquentent plage et piscine sans que l’on puisse identifier leur religion. Il en va de même pour des chrétiennes et des juives.
Je connais mal la culture punk que vous évoquez. Mais ce qui me parait clair, c’est que leur accoutrement traduit une volonté d’être remarqué. Comme pour les modes, d’ailleurs, au moins au début.
Selon moi, la contestation d’une société doit amener à vouloir la changer. Mais si volonté de changement il y a, cela ne doit plus être le fait de la religion. La religion, si elle doit être, doit appartenir à la sphère privée exclusivement.

Enfin il vous semble « nécessaire de pousser l’islam à s’adapter à « l’Occident » les bras m’en tombent. C’est quoi s’adapter? L’islam quel islam?

C’est toute la question, en effet.

Vous demandez au judaïsme ou au christianisme de le faire? Vous leur demandez de reconnaître l’avortement, d’arrêter de maudire les homosexuels et j’en passe.

Oui, tout à fait. Comme je l’ai dit plus haut, je préfèrerais un monde sans religion. Mais je ne décide pas. Il me semble que toute religion devrait reconnaitre le droit à l’avortement et  laisser la sexualité entre adultes consentants être une affaire privée.

Alors s’adapter c’est renoncer aux tenues confessionnelles, aux interdits alimentaires? Quand serez-vous satisfait, quand l’Islam sera-t-il adapté? Sans le voile intégral, le voile sur la tête, sans les barbes de ceux qui la portent? Elle est où votre limite? Le doigt est dans l’engrenage…

Je ne prétends pas avoir toutes les réponses. Lorsque la Révolution française ou le stalinisme ont voulu détruire les religions, ils ont échoué. Cela doit vouloir dire qu’un monde sans religion est impossible. Dommage. Toutefois, il me semble nécessaire que les religions se plient à la règle du vivre ensemble, et donc fassent des compromis ou bien qu’on les oblige à le faire en légiférant. Une religion ne doit de toute façon pas interférer avec le fonctionnement de la société.

Et le pousser comment, par quelles contraintes? Par pousser l’Islam malheureusement il s’agit surtout de contraindre les musulmans français par la stigmatisation, le rejet (eux/nous), par des amendes financières, par l’exclusion des plages aujourd’hui, des squares demain, en leur demandant en plus de se « faire discret ».

Les arrêtés anti – burkini sont une erreur, voire une faute tels qu’ils ont été rédigés. Mais la loi est le moyen de contraindre, comme cela a été fait pour le port du voile à l’école.

Je suis contre tous les clergés, et toutes formes d’autorités religieuses. Je suis agnostique. Tout homme qui dit ce que Dieu veut est pour moi, un menteur qui cherche du pouvoir sur les autres. Ce que font les hommes des textes religieux crée plus de souffrances et d’exclusion que de libération et d’ouverture aux autres.

Je vous rejoins, mais je suis athée. Les religions sont pour moi une invention humaine préjudiciable.

Et pourtant je pense que toutes les idées doivent pouvoir s’exprimer et que c’est par la confrontation des idées et l’éducation que l’on combat l’isolement et le repli sur soi, pas par l’interdiction.

Non, je ne suis pas d’accord. Certains idées sont condamnables et doivent être condamnées. Mais il est évident qu’il faudrait mieux parvenir à ce qu’elles ne (re)naissent pas, ce qui est complexe, sauf à user de propagande et de manipulation, ce qui n’est pas souhaitable. Je ne crois que modérément à la confrontation des idées, surtout dans la société actuelle qui ne prend plus beaucoup le temps.

Le vrai problème ici c’est que nos politiques ont trouvé et désigné un bouc émissaire pour tous les problèmes qui la traversent. La classe politique agite un chiffon rouge et tout le monde hurle à la protection de l’Occident. Les musulmans d’aujourd’hui sont les juifs des années 30. C’est cela qu’il faut dénoncer et qu’il faut empêcher et ne pas réclamer une adaptation de l’Islam qui n’a aucun sens tant l’Islam est divers dans le temps, dans l’espace, dans les pratiques de ses fidèles.

Le parallèle juifs des années 30 / musulmans est audacieux. Je vous en laisse la responsabilité. Je partage votre opinion sur la classe politique mais ce n’est pas une raison pour rejeter le débat qu’elle a ouvert pour de mauvaises raisons et n’importe comment. Comme vous le dites, il faut pouvoir s’exprimer sur le sujet et, pourquoi pas, confronter les idées.

 

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Pour que les élèves (se) posent des questions

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Mon collègue monsieur Didier va proposer une activité à ses cinquièmes que je vais reprendre partiellement à mon compte. Je vais demander à des élèves de préparer une question sur le modèle du document ci-dessus. Ils pourront ensuite la poser aux autres pour gagner et faire gagner des points d’expériences et valider certaines compétences comme « Comprendre et respecter une consigne » ou « Poser des questions utiles à propos de situations historiques ou/et géographiques ».
J’envisage également de reprendre certaines des questions dans les évaluations de fin de thème.

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Un ouvrage de guerre qui devient une oeuvre d’art ?

Un artiste originaire de Dunkerque a recouvert les 350 m2 de surface d’un blockhaus de la plage de Leffrinckoucke d’éclats de miroir provenant essentiellement de déchetteries.
« Je cherchais vraiment à donner de la mobilité à ces monuments qui n’ont pas bougé depuis 70 ans. Je voulais réussir à les transformer, leur donner quelque chose d’aérien » a expliqué l’artiste.

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Pourquoi j’ai changé d’avis

La polémique du Burkini va peut-être trouver son terme aujourd’hui, avec la décision du Conseil d’Etat concernant les arrêtés pris par une vingtaine de maires en France.
Après avoir réfléchi longuement et lu les arguments des uns et des autres, j’en suis arrivé à changer de position. Interdire le burkini est toujours une limitation de la liberté individuelle et invoquer les bonnes moeurs ou l’hygiène pour le faire me parait hypocrite et le trouble à l’ordre public exagéré. Cependant, tout comme le voile intégrale ou la burqa, ce vêtement communautaire n’a pas sa place dans l’espace public occidental.
La querelle du burkini ne porte pas sur un morceau de vêtement, mais sur ce qui est identifié par beaucoup comme un des signes visibles d’une forme d’affirmation identitaire sans doute agressive à l’endroit des sociétés occidentales. La question du burkini pose moins un problème de laïcité qu’un problème de civilisation.
Un des éléments constitutif des civilisations est la définition du rapport entre les hommes et les femmes. La civilisation occidentale, même si cela a pris du temps, a enfin permis aux femmes de vivre pleinement dans la cité (il reste toutefois des choses à conquérir). Le burkini témoigne d’un autre rapport au monde : la femme, dans l’espace public, doit être voilée, masquée et même dissimulée. Elle est ainsi en partie niée dans son identité et condamnée à l’effacement culturel.
Ce qui heurte autant dans le burkini, c’est qu’il représente un symbole militant du refus de l’intégration au monde occidental par une frange de l’islam. Il est devenu emblématique d’un communautarisme qui se définit contre la société d’accueil et qui entend contester de la manière la plus visible possible sa manière de vivre et ses représentations sociales les plus profondes.
Sous peine de devoir l’interdire, ce qui est difficilement concevable dans une démocratie, il semble nécessaire de pousser l’islam à s’adapter au monde occidental.

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