Un travail sur des objets de la Première Guerre mondiale

Aujourd’hui, j’ai proposé aux élèves de deux troisièmes d’étudier des objets à la manière des historiens. Il s’agissait de déterminer de quoi il s’agissait, à quoi cela pouvait servir, qui l’avait « fabriqué », pour qui et à quelle date. Ils ont dû en premier lieu observer les objets eux-mêmes pour essayer de les faire parler. Durant la séance suivante, ils pourront consulter des livres et Internet pour compléter. Il s’agira ensuite pour chaque groupe de présenter les objets aux autres afin de s’entraîner à l’oral du brevet.

De petites choses qui marchent

J’ai retrouvé aujourd’hui les deux jeunes Syriens dans ma classe de troisième. Nous étions en salle informatique, ce qui a facilité ma préparation : j’avais mis en ligne le site Goethe Verlag sur deux ordinateurs équipés de casque audio. Après avoir expliqué le fonctionnement du site à l’aide de l’application iTranslate que nous avons maintenant bien en main, j’ai laissé les élèves naviguer dans les différentes catégories. Ils ont eu ‘air content et on pris des notes sur des carnets. Leurs remerciement à la fin de l’heure m’ont touché. Je vais amener deux ordinateurs portables pour les cours avec eux, afin qu’ils puissent continuer à travailler le français en plus des cours de langue seconde qu’ils auront le matin dans un autre collège.
J’ai beaucoup aimé cette impression d’être vraiment utile à quelque chose.

Le Moyen – Age islamique

C’est le sujet de cette émission du Cours de l’histoire, avec mon ancien professeur d’histoire médiévale à la faculté de Rouen, Gabriel Martinez-Gros sous la direction de qui j’avais hésité à faire une maîtrise sur la Sicile normande.

Une identité européenne ?

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L’intitulé du portefeuille du futur commissaire européen Margaritis Schinas a suscité la polémique suite à la décision de lier la question migratoire et la protection du mode de vie européen. Dans la tribune ci-dessus, Mme von der Leyen justifie sa décision par la nécessité de défendre les valeurs de l’UE, qui seraient menacées par les adversaires de l’Europe. Elle y rappelle les fondements de l’Union européenne : le respect de la dignité humaine, la liberté, la démocratie, l’égalité, l’Etat de droit et le respect des droits de l’homme.

Paroles d’historien

Voici ce que pense Carlo Ginzburg de l’identité européenne et de l’histoire nationale (par opposition à l’histoire mondiale) :

« Puisqu’il est selon vous possible de parler de l’Europe comme d’une échelle historique pertinente, quels seraient les éléments historiques, culturels et géographiques composant cette réalité actuelle ?

C’est une bonne question, mais nous revenons ici au problème de l’anachronisme, dont je parlais tout à l’heure. Par exemple, s’il ne fait aucun doute, à mon avis, que l’Europe a été construite contre les Turcs, cela ne peut servir en aucun cas servir d’argument aujourd’hui pour dire que la Turquie ne peut faire partie de l’Europe. C’est un cas, assez extrême si vous voulez, de la relation complexe qui existe entre une réalité historique passée et une réalité historique en construction. À mon avis, il serait illégitime d’utiliser l’histoire de l’Europe telle qu’elle a été construite pour lui fixer des limites aujourd’hui, car il me semble que le terme d’identité est un terme politique qui n’a aucune valeur analytique. L’identité européenne n’existe pas, tout comme il n’y a pas d’identité française, italienne, juive, etc. Ce sont des termes fictifs qui sont utilisés comme armes politiques. Je sais que Ratzinger a parlé de l’identité chrétienne européenne, mais c’est une construction politique. Que faire des communautés non chrétiennes qui vivaient en Europe ? Cette idée du Turc – et la majuscule souligne à quel point je parle ici d’une construction culturelle et politique des Européens – est une idée contre laquelle s’est construite l’idée de l’Europe ; ce n’en est pas moins un élément de cette construction puisque ce concept du Turc a participé à la prise de conscience de l’Europe par les Européens.

(…)

En France, les intellectuels néonationalistes attaquent l’histoire dite mondiale. Comment répondriez-vous à ces attaques ?

Très simplement. Si l’on considère l’histoire de l’historiographie dans une perspective à long terme, l’histoire d’un point de vue national est une des nombreuses possibilités, un des nombreux moments de l’écriture de l’histoire. C’est justement pour cela qu’il est absurde de l’identifier à l’Histoire. Ajoutons qu’aucun de ces labels – de ces moments historiographiques – ne sont des gages de qualité : une mauvaise microhistoire est une mauvaise microhistoire, de même qu’une mauvaise histoire nationale est une mauvaise histoire nationale. L’une des richesses de la science historique vient de sa diversité et, inversement, le risque est de voir un courant historiographique s’identifier à l’Histoire.

Et ne pensez-vous pas que l’histoire structurellement nationale peut éviter de se présenter comme une Histoire ?

L’histoire nationale qui essentialise les identités – française ou italienne – ne peut que se confondre avec l’Histoire parce qu’elle pèche doublement, par ethnocentrisme et par anachronisme. Les identités ne sont pas fixes ou éternelles, ce sont des constructions. C’est cela qu’il est intéressant d’analyser et, en ce sens, il est possible de faire une histoire de qualité qui pose la question des nations. Ce n’est pas toujours facile. Prenez l’exemple de l’Italie, la construction de l’État italien unifié a été plus tardive. Face au polycentrisme de la réalité italienne, la construction d’une perspective unitaire a été difficile et, en conséquence, ce processus est historiquement beaucoup plus difficile à interpréter.
Dans le cas de la France, on identifie tout de suite certains éléments de la constructions : « Nos ancêtres les Gaulois… » par exemple. La mauvaise histoire nationale veut faire de cette affirmation une catégorie analytique. C’est absurde. Je crois au contraire qu’il faut la mettre à distance pour l’étudier et comprendre ce qu’elle dit du processus de construction de l’identité nationale. »

Ces propos sont extraits d’un entretien au site Le Grand Continent du Groupe d’Études Géopolitiques de l’ENS.

Pour aider une élève syrienne

Voici la transcription de la conversation que j’ai eue avec elle ce matin, à l’aide de l’application iTtranslate Voice (qui a une fonction pratique d’exportation des conversations en pdf ou en texte). Nous étions en salle informatique et les élèves devaient chercher des informations sur les symboles de la République en autonomie.

Français: Bonjour est-ce que tu me comprends
Arabe (Arabie Saoudite): مرحبا ً ، أنت تفهمني

Elle a hoché la tête

Français: Comment t’appelles-tu
Arabe (Arabie Saoudite): ماذا تسمي نفسك ؟

Elle m’a répété son nom

Français: D’où viens-tu
Arabe (Arabie Saoudite): من أين أتيت ؟

elle m’a répondu « Syrie »

Français: Je suis professeur d’histoire géographie
Arabe (Arabie Saoudite): أنا أستاذ تاريخ

Français: On va utiliser l’ordinateur pour que tu puisses me dire des choses
Arabe (Arabie Saoudite): سنستخدم الكمبيوتر لكي تخبرني بأشياء

Arabe (Arabie Saoudite): ‏أنا لا أعرف استخدم الكمبيوتر
Français: Je ne connais pas l’ordinateur

Français: J’ai compris que tu n’es pas allé à l’école depuis quatre ans
Arabe (Arabie Saoudite): أفهم أنك لم تذهب للمدرسة منذ أربع سنوات

Elle a confirmé en hochant la tête

Français: Peux-tu me dire dans le téléphone
Arabe (Arabie Saoudite): هل يمكنك أن تخبرني على الهاتف ؟

Français: Ce que tu connais de la France
Arabe (Arabie Saoudite): ما تعرفه عن فرنسا

Arabe (Arabie Saoudite): ‏أنا هنا من فوق ست شهور فقط
Français: Je suis ici depuis plus de six mois

Arabe (Arabie Saoudite): ‏كل ما اعرفه هو انه فرنسا بلد ألمانيا أبغى
Français: Tout ce que je sais c’est que la france est un pays allemand d allemagne

Ne comprenant pas ce qu’elle voulait dire, j’ai rectifié

Français: La France est un pays d’Europe
Arabe (Arabie Saoudite): فرنسا بلد في أوروبا

Français: L’Allemagne est un autre pays
Arabe (Arabie Saoudite): ألمانيا بلد آخر

Arabe (Arabie Saoudite): ‏كنت أعرف ولكن نسيت هل يمكننا أسألك أين تقع فرنسا في الخريطة
Français: Je savais mais j’avais oublié que nous devions demander où la France se trouve sur la carte

A ce moment, à l’aide de Google Maps, j’ai pu lui montrer la France puis zoomer sur Paris, Rouen et enfin Maromme. Puis je lui ai montré la Syrie et elle m’a indiqué la ville d’Alep, d’où elle vient.

Français: Puis-je te demander comment tu es arrivé en France
Arabe (Arabie Saoudite): هل لي أن أسأل كيف وصلت إلى فرنسا

Arabe (Arabie Saoudite): ‏كنت في لبنان ومن هناك أخذتني الدولة من ايش قاعدة تطقطق
Français: J’étais au liban et il y avait un état qui prenait la ville d une base qui était en train de réagir

Français: Du Liban tu es venu en France directement
Arabe (Arabie Saoudite): جاء لبنان إلى فرنسا مباشرة

Arabe (Arabie Saoudite): ‏هل تقصد من لبنان إلى فرنسا مباشرة اجل اجل
Français: Vous voulez dire du liban en france tout de suite

Elle a confirmé en hochant la tête

Français: Comment veux-tu que je t’aide
Arabe (Arabie Saoudite): كيف تتوقع مني مساعدتك ؟

Arabe (Arabie Saoudite): ‏أنا لا أعرف كيف اشرح لي المدير متى سأذهب الى المدرسة انت يمكن أن تسألهم متى سأذهب
Français: Je ne sais pas comment expliquer le principal quand je vais à l’école, tu peux leur demander quand je vais

Elle s’inquiète de savoir quand commenceront les cours de français langue seconde dans un autre collège.

Français: Je vais le faire et je te dirai
Arabe (Arabie Saoudite): سأفعل ذلك وسأخبرك

Français: Quand tu seras en classe avec moi
Arabe (Arabie Saoudite): عندما تكون في الصف معي

Français: On utilisera le téléphone
Arabe (Arabie Saoudite): سنستخدم الهاتف

Français: Je te laisse je vais voir un peu les autres élèves
Arabe (Arabie Saoudite): سأدعك ترى بعض الطلاب الآخرين

Français: Est-ce que pour les prochains cours tu veux des exercices de français ?
Arabe (Arabie Saoudite): هل تريد الدورات التالية للتمارين الفرنسية ؟

Elle hoche la tête

Français: Je vais essayer de trouver des exercices pour t’aider à apprendre le français
Arabe (Arabie Saoudite): سأحاول الحصول على بعض التدريبات لمساعدتك على تعلم الفرنسية

Arabe (Arabie Saoudite): ‏شكرا لك لم اجد احد يساعدني الان ايش قلت لك أنا أود حقا أن اتعلم الفرنسية لي مشاركتكم وتفاعل منكم
Français: Merci, je n’ai trouvé personne qui m aidait maintenant, et je vous ai dit que je voudrais apprendre à participer et interagir avec vous

Français: On va essayer de t’aider le mieux possible
Arabe (Arabie Saoudite): سنحاول مساعدتك ِ

Français: Mais c’est un peu compliqué pour nous aussi
Arabe (Arabie Saoudite): لكن الأمر معقد بالنسبة لنا أيضا ً

Français: Les autres élèves cherche pourquoi en France
Arabe (Arabie Saoudite): الطلاب الآخرين يبحثون عن السبب في فرنسا

Français: La devise s’appelle liberté égalité fraternité
Arabe (Arabie Saoudite): ويسمى الشعار حرية الفرص

Français: Et pourquoi le drapeau français est bleu blanc et rouge
Arabe (Arabie Saoudite): ولماذا العلم الفرنسي أزرق و أزرق أحمر

Français: Connais-tu la signification du drapeau de la série
Arabe (Arabie Saoudite): تعرف معنى العلم من المسلسل

Français: De la Syrie
Arabe (Arabie Saoudite): سوريا

Arabe (Arabie Saoudite): ‏قبل الحرب كان أحمر وأبيض وأسود ولكن الان لا أعرف
Français: Avant la guerre était rouge et blanc et noir, mais maintenant je ne sais pas

Français: D’accord ce n’est pas grave
Arabe (Arabie Saoudite): حسنا ً ، لا بأس

Français: C’est la fin du cours je te souhaite une bonne journée
Arabe (Arabie Saoudite): هذه نهاية الفصل أتمنى لك يوما ً سعيدا ً

Je trouve cette application bien faite et la traduction à la fois vocale et textuelle semble correcte dans l’ensemble. C’est simple d’utilisation et la traduction est rapide. Je vais donc continuer à l’utiliser avec elle. Pour la suite des cours, je vais lui proposer de travailler sur ordinateur à l’aide de divers liens :

https://www.goethe-verlag.com/book2/AR/ARFR/ARFR002.HTM

https://www.youtube.com/channel/UCFd8TgwL04estDjRa9M4g_Q

Si vous avez des ressources pour que je puisse l’aider en français tout en continuant à faire cours aux vingt et un autres élèves, je suis preneur !