« L’histoire n’est pas une science éthérée et aphone : elle est maîtresse de vie et vise à nourrir la réflexion et l’action des contemporains« .

71sxw6ZwSDL

« Un livre n’est jamais impartial, parce que l’on traite toujours d’un sujet qui nous plaît ou bien qui correspond à un besoin présent. Tout livre d’histoire est marqué par les combats de son temps. L’histoire n’est pas une science éthérée et aphone : elle est maîtresse de vie et vise à nourrir la réflexion et l’action des contemporains. Elle doit leur parler et les aider à avancer. Mais la partialité n’est pas l’idéologie, à partir du moment où elle s’appuie sur les faits et où elle fait appel à la raison et à la réflexion. » Voici ce que déclare Jean-Baptiste Noé, chercheur en histoire économique à la Sorbonne et auteur de l’essai La parenthèse libérale, dix-huit années qui ont changé la France dans lequel il revient sur la Monarchie de Juillet (1830 – 1848) et vante le libéralisme qui était en vigueur à cette époque.
« Louis-Philippe a réussi une prouesse: celle de concilier les déchirures françaises nées des guerres civiles révolutionnaires, d’unir le meilleur de l’Ancien régime et de la Révolution, et de créer un régime politique qui respecte les libertés fondamentales. Par sa personne, il amalgame l’histoire de France: la tradition monarchique d’une part, les idéaux de la Révolution d’autre part, puisqu’il a combattu auprès de Dumouriez et qu’il a soutenu la première révolution, celle de 1789. Sous son règne, la France retrouve sa place d’équilibre dans le concert de l’Europe et l’économie repart. Comment ne pas aimer une période qui condense tant de brillants esprits: Chopin, Balzac, Tocqueville…? « 

8251f1f9ec3f48a3e3891a9b6e062660
Louis Philippe photographié vers 1850. Photographie conservée au Musée Carnavalet

Louis Philippe, ce héros ? L’entretien accordé au Figaro est à lire ici.

6,7 millards d’urbains en 2050

carte_en_francais

Dans dix ans, New Delhi ravira à Tokyo le titre de ville la plus peuplée du monde, que la métropole japonaise a conservé depuis le milieu des années 1950. La cité indienne devrait compter alors environ 39 millions d’habitants, tandis que la capitale du Japon devrait stagner à 37 millions selon une étude des Nations unies publiée mercredi 16 mai.
33 mégapoles dépassent déjà les 10 millions d’habitants, et il devrait y en avoir 43 d’ici à 2030, dont 15 dépasseront les 20 millions d’habitants. À cette échéance, Dacca (Bangladesh) atteindra 31 millions d’habitants, Le Caire (Égypte) en comptera 29 millions, Bombay (Inde) et Kinshasa (République démocratique du Congo) auront 27 millions d’habitants chacune, Lagos (Nigeria) 24 millions, Karachi (Pakistan) 23 millions…
Le nombre de citadins est déjà passé de 751 millions en 1950 à 4,2 milliards en 2018, le pourcentage de population urbaine étant aujourd’hui de 55 %. Il atteindra cependant 68 % en 2050, selon les projections démographiques de l’ONU. Les villes compteront alors 2,5 milliards d’habitants de plus qu’aujourd’hui. Un accroissement qui concernera presque exclusivement l’Afrique et l’Asie, car le taux de population vivant en ville n’est encore que de 50 % en Asie et de 43 % en Afrique.
Trois pays seulement devraient concentrer sans surprise plus du tiers de cette explosion urbaine : l’Inde, la Chine et le Nigeria. Le premier devra être capable d’absorber 416 millions de citadins supplémentaires, le deuxième 255 millions, et le troisième 189 millions.
L’essentiel de cette urbanisation va se faire dans des villes moyennes (près de la moitié de la population urbaine sur la planète vit dans des villes de moins de 500 000 habitants), peu armées pour l’anticiper. Cela devrait donc entraîner une multiplication des bidonvilles, avec de graves risques sanitaires, sociaux et environnementaux.

D’après un article du Monde.fr

Carto n°47

 

Couv_CARTO47_web

DOSSIER ALIMENTATION : Un commerce mondialisé sous tensions

L’ACTUALITÉ VUE PAR LES CARTES
• Démographie française : vers la fin d’une exception en Europe ?
• Mémoire en Pologne : que reste-t-il du nazisme ?
• Pakistan : entre défis internes et pression internationale
• La Libye post-Kadhafi : terre de tous les trafics
• La Guinée équatoriale : entre tyrannie et pauvreté
• La Ghouta : l’ancien « poumon vert » de Damas dans l’enfer
• Golfe Persique : bataille navale entre l’Arabie saoudite et l’Iran
• Alerte planétaire sur le niveau des eaux océaniques

Enjeux internationaux : Carte détachable
• L’accès (compliqué) aux études supérieures

HISTOIRE
• Retour sur… La guerre froide : un conflit global et multiforme
• Les grandes batailles : La guerre du Rif, de 1911 à 1926

Ce que la France savait de la puissance allemande entre 1933 et 1939

84736100279690L

La France et la menace nazie est une analyse de l’activité des différents services de renseignements français en Allemagne, depuis l’arrivée au pouvoir des nazis en 1933 jusqu’au déclenchement du second conflit mondial en 1939.
Peter Jackson, professeur à l’Université de Glasgow et chercheur associé au centre d’histoire de Sciences Po Paris, y expose ce que savaient réellement les Français sur l’Allemagne d’Hitler, dans les années d’avant-guerre.
Le livre étudie les services de renseignements français durant l’entre-deux-guerres. L’auteur présente les différents services qui constituent la nébuleuse de l’espionnage et du contre-espionnage français: chaque armée – Terre, Air et Marine – possède les siens et espionne prioritairement ce qui l’intéresse chez l’ennemi. Il explique aussi les moyens variés auxquels les services français ont eu recours pour récupérer des informations: analyse de la presse, recueil d’informations par les attachés militaires dans les ambassades et surtout recrutement d’Allemands pour leur servir d’informateurs.
Ce sont ces sources de renseignement humain que cherchaient avant tout les services français : disposer de personnes à l’intérieur des administrations nazies, si possible bien placées, était un atout majeur pour obtenir des informations clefs.  Les services français possédaient ainsi plusieurs sources bien placées à Berlin, en mesure de les renseigner sur le réarmement de l’Allemagne. Les Français bénéficiaient par conséquent d’informations supérieures à celles dont pouvaient avoir connaissance les autorités britanniques ou soviétiques.
L’un des intérêts majeurs de l’ouvrage est également de montrer la fausseté du discours affirmant que l’armée française avait été surprise par la machine de guerre allemande en 1940. L’armée française, tout au long des années 1930, a suivi précisément le réarmement lancé par Hitler et grâce à l’action efficace des services de renseignements, connaissait bien les forces en présence chez les nazis.
Mais l’état-major a exagéré la puissance de l’Allemagne pour obtenir des pouvoirs politiques des moyens supplémentaires au moment où, en pleine crise économique des années 1930, les gouvernements qui se succédaient limitaient les dépenses militaires pour préserver les finances publiques. L’état-major ne commit qu’une erreur d’appréciation, très gênante cependant : celle de surestimer la formation des officiers allemands et surtout les capacités de mobilisation en hommes du pays en cas de conflit.
Cette surestimation a eu pour conséquence de paralyser l’exécutif français, apeuré par ce voisin jugé, à tort, trop puissant. C’est l’une des raisons, avec le fort sentiment pacifiste de la population dans les années 1930, pour lesquelles la France n’intervint pas contre l’Allemagne nazie entre 1935 et 1939. A chaque fois que Hitler a outrepassé les droits définis par le traité de Versailles, la France a reculé et n’a pas montré la fermeté dont elle aurait raisonnablement pu faire preuve, essentiellement poussée en cela par la crainte d’une armée allemande restructurée, dont la puissance avait été exagérée par les militaires.
Avant 1939, l’armée allemande n’était pourtant pas prête à faire face à une éventuelle invasion française, principalement en raison du manque de formation de ses hommes et surtout de ses officiers, trop peu nombreux.

D’après un article de Slate.fr