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Tsutomu Yamaguchi (1916 – 2010)

Tsutomu Yamaguchi fut la seule personne reconnue comme ayant survécu aux deux bombardements atomiques de Hiroshima et Nagasaki. Le 6 août 1945, il se rendit à Hiroshima pour un voyage d’affaires, le jour du largage de la première bombe. Se trouvant à trois kilomètres de l’épicentre de l’explosion, il eut les bras et une partie du visage brûlés au troisième degré, et perdit temporairement la vue et l’ouïe. Malgré cela Yamaguchi quitta l’hôpital le lendemain retourna auprès de sa famille, dans sa ville de résidence, à Nagasaki. Le 9 août, celle-ci fut à son tour détruite par la seconde bombe atomique alors qu’il se trouvait sur son lieu de travail, à environ trois kilomètre du lieu de l’explosion de la bombe. Tsutomu Yamaguchi réchappa de nouveau à cette attaque.
En quelques jours, le bombardement à Hiroshima fit 140 000 morts et celui de Nagasaki 70 000. Aujourd’hui, le nombre des morts victimes des bombardements s’élève à 250 000 pour Hiroshima et 140 000 pour Nagasaki.
En 2005, il avait commencé à raconter le drame qu’il avait vécu, à la suite de la mort d’un cancer de son deuxième fils, victime des radiations lorsqu’il était âgé de 6 mois. Sa femme et son fils ainé étaient morts de cancers généralisés auparavant. En 2006, il participa à un documentaire, Niju Hibaku (« double irradiation ») et lança un appel aux Nations unies demandant l’abolition des armes nucléaires avant de mourir à son tour d’un cancer de l’estomac. Il est l’auteur d’un livre retraçant sa tragique expérience : Nagasaki-Hiroshima : deux fois atomisé et d’un recueil de poèmes intitulé Le Camphrier Irradié.

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« Pendant cinquante ans
j’ai survécu, atomisé,
à ce monde de rosée –
Je formule sans cesse des vœux
pour une Terre dénucléarisée »

Une nouvelle ère pour le Japon

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« Reiwa » est le nom, annoncé lundi 1er avril, de la nouvelle ère impériale qui commencera le 1er mai lors de l’avènement de l’empereur Naruhito à la suite de l’abdication de son père, Akihito.
Le système de datation fondé sur des ères, d’origine chinoise, existe au Japon depuis le VIIe siècle. Il a été maintenu après que l’Archipel a lancé sa modernisation au milieu du XIXe siècle. Mais alors qu’auparavant les ères pouvaient changer en signe de renouveau à la suite d’un événement faste ou néfaste, et chevaucher un ou deux règnes, il fut décidé qu’une ère correspondrait à un règne. Le système de datation en fonction des ères impériales, qui ne figure pas dans la Constitution de 1947, a été légalisé en 1979. Le Japon vit ainsi dans deux temporalités : le temps mondialisé et le temps japonais. Les actes administratifs sont toujours datés en fonction de l’ère impériale. Les journaux portent les deux dates. Toutefois l’usage de la datation impériale recule : on estime qu’un tiers de la population l’utilise encore dans sa vie courante, alors que c’était le cas de 80 % en 1975.
Les deux idéogrammes composant ce nom impliquent les notions d’« harmonie » et de « paix » et sont tirés d’un poème du Manyoshu (anthologie poétique japonaise du VIIIe siècle) et non de classiques chinois comme c’était le cas pour les ères précédentes.
Le premier ministre Shinzo Abe en personne a expliqué la signification de l’appellation de la nouvelle ère : « Quand les cœurs sont en harmonie, la culture peut fleurir », a-t-il déclaré.

Impression

Les noms des ères privilégiés depuis le XIXe siècle comportaient les idées de paix, justice, sagesse : Meiji (« gouvernement éclairé ») ; Taisho (« grande Justice »), Showa (« paix éclairée »), Heisei (« paix en devenir »). Une nouvelle fois, c’est l’idée de paix qui a été retenue.
Le choix de nom des ères est assez restreint : 72 idéogrammes ont été utilisés pour les 272 ères de l’histoire du Japon depuis le VIIe siècle. Alors qu’autrefois, les empereurs choisissaient le nom de l’ère de leur règne, le monarque n’a pas eu à donner son avis : c’est le gouvernement qui a décidé.

D’après un article du Monde.fr

Le Japon s’ouvre à l’immigration

Ce lundi 1er avril, une loi entre en vigueur au Japon sur un sujet particulièrement sensible : l’accueil en plus grand nombre de main-d’œuvre étrangère. C’est que le pays n’a pas accueilli de vague migratoire importante depuis des Coréens au VIIe siècle !
Mais l’ouverture à des travailleurs venus d’ailleurs est devenue une urgence économique car la population nippone vieillissante a encore diminué de 448 000 personnes l’an dernier. Sur le marché du travail, on compte désormais en moyenne 1,6 offre d’emploi pour une demande. Dans certains secteurs, le ratio grimpe même jusqu’à 3 pour une.
Le texte prévoit l’accueil de 345 150 employés, répartis dans 14 secteurs d’activité. Les autorités s’attendent une immigration venue surtout de Chine, du Vietnam, des Philippines ou d’Indonésie. Au bout de cinq ans, « les travailleurs invités » pourront prétendre faire venir leur famille et obtenir un permis de résidence. Les candidats devront cependant justifier d’un niveau minimum de japonais.

D’après un article du journal Le Figaro du 1er avril.

Histoire économique du Japon

 

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Carte du Japon, par Richard Hildreth (1855)

L’émission Entendez – vous l’éco a consacré deux numéros à l’histoire économique du japon.

L’époque d’Edo (1603-1868) correspond à une période où le Japon se referme, coupant toute les relations commerciales avec l’extérieur. L’origine de cette décision aux conséquences économiques tient surtout au rejet du christianisme. Comment ce mouvement s’est-il opéré, et quelles sont les décisions qui l’ont motivé ?

L’ère Meiji (1868 – 1912) a vu la réouverture forcée du Japon et sa modernisation fulgurante, mais aussi l’accroissement des inégalités. La population japonaise fut en effet loin de profiter de façon homogène des progrès survenus à la fin du XIXe siècle. La refonte de la société entraina la naissance d’un prolétariat au japon et de forts mouvements de contestation.