Étiquette : Le Moyen – Orient et le pétrole

Un référendum pour la création du Kurdistan

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Lundi prochain, les Kurdes d’Irak et de Syrie doivent se rendre aux urnes pour voter sur leur indépendance. Ce scrutin provoque évidemment la colère du gouvernement de Bagdad. «Nous ne permettrons pas la création d’un deuxième Israël au nord de l’Irak», a déclaré le Premier ministre irakien Nouri al-Maliki.

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De son côté, Massoud Barzani, le président du gouvernement régional kurde a toutefois annoncé que la victoire du «oui» ne mènerait pas à une déclaration d’indépendance immédiate, mais plutôt au début de discussions sérieuses avec Bagdad.
Mais certains doutent de l’opportunité de ce vote. Le Kurdistan traverse en effet une grave crise économique. La lutte contre l’État islamique, la chute du prix du pétrole qui représente la quasi-totalité de ses revenus, et la rupture avec Bagdad qui ne contribue plus au budget de la région, prive Erbil de 80% de ses recettes. Le Kurdistan ne dispose par ailleurs d’aucune ouverture sur la mer. Il est enclavé entre l’Irak, l’Iran et la Turquie dont il dépend totalement pour ses exportations d’hydrocarbures. Or, la Turquie est totalement opposée à l’idée d’un référendum. Les opposants kurdes au référendum estiment que le président Massoud Barzani devrait d’abord remettre son mandat en jeu par un scrutin en bonne et due forme. Sans cela, ils voient le vote d’indépendance comme un coup de force de Massoud Barzani pour se maintenir au pouvoir. L’opposition à l’initiative de Barzani se concentre dans les rangs de l’UPK – parti de son rival historique Jalal Talabani – et du Goran, qui mènent leur campagne «Non au référendum».

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Les tensions entre les Kurdes et les Irakiens se cristallisent surtout autour Kirkouk, grande ville de 1,2 million d’habitants qui contrôle l’une des plus grandes réserves de pétrole d’Irak. Majoritairement kurde avant les années 1990, elle a subi de plein fouet la politique d’arabisation de Saddam Hussein. Aujourd’hui, les Kurdes y sont à nouveau majoritaires. Désormais, Kirkouk doit-elle relever de l’autorité kurde ou du gouvernement central de Bagdad?
Le référendum intervient enfin dans un contexte où la victoire militaire contre l’État islamique n’est toujours pas acquise en Irak. L’organisation terroriste contrôle toujours deux fiefs en Irak dont Hawija, une ville sunnite située dans la province de Kirkouk. Les forces irakiennes ont lancé leur offensive jeudi pour libérer cette ville, mais le fait qu’elle se situe dans les territoires disputés risque de compliquer l’opération de conquête, d’autant que l’offensive ne sera certainement pas terminée d’ici au 25 septembre.

D’après un article du Figaro.fr

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L’Arabie saoudite prépare la fin du pétrole

Première compagnie pétrolière dans le monde, Aramco assure un neuvième de la production de brut mondial et représente la source quasi unique des revenus de l’Etat saoudien (90% des recettes).
L’entreprise pétrolière regroupe 62 000 employés. Créé par les Américains dans les années 1930, elle a été racheté à 100% par les Saoudiens en 1980. Mais depuis quelques temps,l’entreprise est aussi chargée de préparer l’après-pétrole.
La compagnie va être introduite en bourse l’année prochaine à hauteur de 5%, soit l’équivalent de 100 milliards de dollars. Elle s’est lancée dans les énergies alternatives, notamment solaires et éoliennes, avec l’ambition de générer 9,5 gigawatts d’énergie propre à l’horizon de 2030. Elle a aussi inauguré un programme entrepreneurial avec un incubateur nommé Wa’ed, pour créer un tissus de petites et moyennes entreprises quasi inexistant dans le royaume. L’objectif est de créer des emplois et de remplacer les produits que les Saoudiens importent de l’extérieur par des produits de leur création.

D’après un article du Journal du Dimanche.

Les dangers d’un développement centré sur le pétrole

Le ministère saoudien des Finances a annoncé lundi, en présentant les grandes lignes de son projet de budget 2016, que le solde sera négatif, pour la troisième année consécutive.Pour la troisième année consécutive, l’Arabie Saoudite est en déficit budgétaire (il est annoncé à 87 milliards de dollars, soit environ 11 % du PIB). L’État saoudien est donc bien au-delà des fameux 3 % des critères de Maastricht visés par les pays de la zone euro.
Les caisses de l’État saoudien sont les victimes directes de la chute des prix du pétrole. Depuis le pic à 115 dollars de la mi-2014, le baril de brent, principale référence du marché mondial, a en effet perdu 68 % de sa valeur. Or les exportations de pétrole représentent plus de 90 % des recettes du pays.
Cette situation est aggravée par le fait que le royaume a fondé son modèle économique sur un État-providence extrêmement généreux, garantissant la stabilité et la paix sociale par un service public pléthorique offrant du travail à une population en expansion.
Avec un niveau de dépenses aussi élevé,il fallait un baril à 90 dollars pour équilibrer le budget.
Si de 2011 à 2013 le prix moyen annuel du baril s’est maintenu autour de 110 dollars, permettant à l’Arabie Saoudite de maintenir son train de vie tout en affichant d’importants excédents budgétaires, le retournement de 2015 n’avait semble-t-il pas été anticipé.
Les confortables réserves de devises ont donc fondu pour pallier la baisse de recettes et faire face aux dépenses sociales en hausse. Les réserves gouvernementales qui atteignaient environ 400 milliards de dollars en 2013 sont descendues à 286 milliards de dollars en novembre 2015.
Au rythme actuel des dépenses, ces réserves pourraient disparaître en cinq ans selon le FMI,qui enjoint le gouvernement de faire des économies.
À en croire les annonces du jour du Conseil des affaires économiques et du développement, le ministère des Finances envisage que, dans les cinq prochaines années, les subventions sur l’eau, l’électricité ou l’essence qui permettaient aux ménages de payer des prix dérisoires vont être réduites. Mesure emblématique, le litre d’essence, bradé à 15 centimes d’euro, va augmenter de 40 %.
L’État, qui contrôle à peu près toute l’économie, évoque également des privatisations.
Dans cette monarchie absolue où les libertés et les droits de l’homme sont régulièrement bafoués,la crise économique et les mesures d’austérité auront-elles pour conséquence l’apparition de la contestation d’un modèle politique archaïque ? Et dans ce cas, quel serait l’attitude des pays occidentaux ?

D’après un article du Figaro.fr