Catégorie : Histoire des arts

De l’art engagé ou une dégradation ?

L’artiste performeur russe Piotr Pavlenski a été arrêté par la police, lundi 16 octobre à l’aube, pour avoir mis le feu à une antenne de la Banque de France place de la Bastille à Paris. Peu après 4 heures du matin, l’artiste a aspergé d’essence deux fenêtres encadrant l’entrée du bâtiment, puis y a mis le feu.
Pavlenski, réfugié en France depuis le mois de janvier, a utilisé la même méthode que pour les actions qui l’ont rendu célèbre en Russie : convoquer, au dernier moment, des photographes et des caméras pour leur distribuer un communiqué avant d’agir devant eux.
Voici le communiqué de quelques lignes, censé expliquer cette action baptisée Éclairage :
« La Bastille a été détruite par le peuple révolté ; le peuple l’a détruite comme symbole du despotisme et du pouvoir. Sur ce même lieu, un nouveau foyer d’esclavage a été bâti. (…) La Banque de France a pris la place de la Bastille, les banquiers ont pris la place des monarques. (…) La renaissance de la France révolutionnaire déclenchera l’incendie mondial des révolutions. »
Les photos prises sur les lieux rappellent fortement la dernière action d’envergure menée en Russie par l’artiste : l’incendie, en novembre 2015, de la porte principale de la Loubianka, le siège historique des services de sécurité russes. Cette action lui avait valu de passer sept mois en détention préventive, avant d’être finalement condamné à une simple amende. L’artiste, qui se revendique de « l’art politique », avait transformé son procès en performance en invitant des prostituées à y témoigner, pour moquer la soumission de la justice russe au pouvoir politique.
L’artiste et sa femme avaient obtenu au début du mois de mai le statut de réfugiés politiques en France.

D’après un article du Monde.fr

Un tableau de Léonard de Vinci à vendre

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Le dernier tableau du peintre italien Léonard de Vinci dans les mains d’un collectionneur privé va être vendu aux enchères à New York le 15 novembre. Les experts estiment son prix à 100 millions de dollars environ.
Salvator Mundi (Le sauveur du monde) est un tableau de petite dimension (65cm par 45) qui représente le Christ dans une tenue bleue, tenant un globe de verre à la main. Il a été peint à la même époque que la Joconde. Certains experts estiment qu’il pourrait s’agir d’une demande de la cour de France, plus précisément de Louis XII. Le tableau a été longtemps propriété des rois d’Angleterre, avant de quitter la famille royale à la faveur de diverses successions et ventes. Elle a disparu pendant plus de 100 ans, avant de réapparaître à la fin du XIXe siècle.
Recouverte de plusieurs couches de peintures qui obscurcissaient complètement sa surface, le tableau était quasiment méconnaissable avant que la restauration soit entreprise en 2005.

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Le Sixty Last Suppers du peintre américain Andy Warhol, qui représente 60 fois La Cène de Léonard de Vinci, sera vendu lors de la même soirée, le 15 novembre. Son prix est estimé à 50 millions de dollars.
Avant la vente, Salvator Mundi va être exposé à Hong Kong, San Francisco, Londres et enfin New York, durant les jours précédents l’enchère.

Un magnifique travail

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«Eyes as Big as Plates» est une exposition et un livre d’art, fruits de la rencontre entre Riita Ikonen et de Karoline Hjorth. Respectivement finlandaise et norvégienne, ces deux photographes y présentent une série poétique sur les personnes âgées, leur relation au corps, à la nature. Bardés de brindilles, coiffés de feuilles de rhubarbes ou nus dans un étang, des retraités venus des quatre coins du monde se sont ainsi dévoilés devant l’objectif des deux femmes.

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Le tableau qui revient sur son lieu de création

POLICE-ART-CULTURE

Impression, soleil levant, toile qui a donné son nom à l’impressionnisme, a été peinte par Monet au Havre, entre 1872 et 1873. À l’occasion de la célébration des 500 ans du port français, le Musée d’art moderne André Malraux du Havre accueille ce tableau du 10 septembre au 8 octobre 2017.
Deux historiens d’art ont reconstitué en 2014 la configuration du Havre à l’époque et ont ainsi retrouvé que Monet avait peint ce tableau depuis sa chambre à l’Hôtel de l’Amirauté, détruit lors des bombardements de 1945, à moins de 300 mètres de l’actuel musée.

Il y a 80 ans, Guernica

Le 80e anniversaire du bombardement de la ville de Guernica par les Allemands a eu lieu le 26 avril dernier sans que je ne m’en rende compte.
Un lundi de 1937, jour de marché en pleine guerre civile espagnole, 44 avions allemands de la légion Condor et 11 italiens – Mussolini et Hitler étaient alliés de Franco – bombardèrent une cité sans défense. Les militaires allemands inauguraient ce jour-là la technique du « tapis de bombes », un bombardement massif en plusieurs vagues (il a duré trois heures et quinze minutes) avec pour objectif la a destruction totale d’une ville ou de quelques-uns de ses quartiers les plus peuplés. À 19 heures, la ville était en ruines et plus de 1654 habitants avaient été tué.
Cet événement a inspiré à Pablo Picasso l’une de ses œuvres majeures, présentée au public pour la première fois lors de l’Exposition internationale des arts et des sciences de Paris. Pourtant Picasso ne s’était pas engagé jusque là dans le conflit espagnol. Les intellectuels de gauche français et espagnols avaient bien tenté à diverses reprises de l’associer à la mobilisation politique contre le général Franco, mais Picasso restait en retrait.
En février 1937, Max Aub, l’attaché culturel de l’ambassade d’Espagne à Paris, lui commanda, pour le compte du gouvernement républicain, un « mural » pour le futur pavillon espagnol de l’Exposition universelle qui doit ouvrir à Paris, de mai à novembre. Picasso accepte et reçoit la somme de 150 000 francs français en paiement de l’œuvre à venir.
Le 30 avril, trois jours après l’assaut sur Guernica, Picasso prit connaissance du récit et des photos parus dans le quotidien Ce soir de son ami Louis Aragon. Ces visions, cette lecture du récit des premiers correspondants qui ont pu pénétrer dans la ville ont produit un électrochoc chez Picasso qui peinait jusque – là à trouver l’inspiration.
Cette fois, le peintre tenait son sujet : la guerre. Il travailla nuit et jour pendant un mois, sous le regard de la photographe Dora Maar, sa compagne d’alors. Sur cette toile de plus de 7 mètres de long – en noir, blanc et gris –, sa guerre prit une forme surréaliste.
Alors que le tableau s’apprêtait à rejoindre le pavillon espagnol, Picasso ne lui avait toujours pas donné de nom. Picasso convia quelques personnes pour voir l’oeuvre. Peut-être fut-ce Paul Éluard qui composait alors son poème Victoire de Guernica qui prononça le nom de la ville martyre voyant le tableau qui allait porter ensuite ce nom.

I

Beau monde des masures
De la nuit et des champs

II

Visages bons au feu visages bons au fond
Aux refus à la nuit aux injures aux coups

III

Visages bons à tout
Voici le vide qui vous fixe
Votre mort va servir d’exemple

IV

La mort coeur renversé

V

Ils vous ont fait payer la pain
Le ciel la terre l’eau le sommeil
Et la misère
De votre vie

VI

Ils disaient désirer la bonne intelligence
Ils rationnaient les forts jugeaient les fous
Faisaient l’aumône partageaient un sou en deux
Ils saluaient les cadavres
Ils s’accablaient de politesses

VII

Ils persévèrent ils exagèrent ils ne sont pas de notre monde

VIII

Les femmes les enfants ont le même trésor
De feuilles vertes de printemps et de lait pur
Et de durée
Dans leurs yeux purs

IX

Les femmes les enfants ont le même trésor
Dans les yeux
Les hommes le défendent comme ils peuvent

X

Les femmes les enfants ont les mêmes roses rouges
Dans les yeux
Chacun montre son sang

XI

La peur et le courage de vivre et de mourir
La mort si difficile et si facile

XII

Hommes pour qui ce trésor fut chanté
Hommes pour qui ce trésor fut gâché

XIII

Hommes réels pour qui le désespoir
Alimente le feu dévorant de l’espoir
Ouvrons ensemble le dernier bourgeon de l’avenir

XIV

Parias la mort la terre et la hideur
De nos ennemis ont la couleur
Monotone de notre nuit
Nous en aurons raison.

Paul Eluard, Cours naturel, 1938.

D’après un article de La Croix.fr

Visite des expositions Picasso

Cet après-midi, nous avons visité les expositions consacrées à Picasso dans les différents musées rouennais.

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La période exposée concerne principalement les années 1930 à 1936. A cette époque, Picasso était marié à la ballerine russe Olga Khokhlova, mais éperdument amoureux d’une toute jeune femme, Marie-Thérèse Walter, rencontrée devant les Galeries Lafayette à Paris.
Picasso se sentait à l’étroit à Paris, surtout pour ses travaux de sculpture. Il fit donc l’acquisition d’un domaine datant des XVIIe et XVIIIe siècles, dans le hameau de Boisgeloup, près de Gisors, dont une pièce et d’anciennes écuries vont lui servir d’atelier.
Il avait 50 ans, c’était déjà un peintre reconnu vivant selon un certain standing (un chauffeur, un cuisinier).

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Ce sont trois expositions, dans trois musées différents de Rouen (le musée des Beaux Arts, le musée de la céramique et le musée de la ferronnerie), mettant en scène un total de 350 oeuvres, grâce à des prêts, qui permettent de visualiser cette « période normande » de Picasso.

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Le musée des Beaux  Arts propose la plus grande exposition, dont la première partie présente le domaine de Boisgeloup à partir de photographies et de lettres.

Certaines oeuvres exposées m’ont aidé à comprendre le travail de Picasso, notamment à partir du portrait de sa jeune maîtresse.

Le musée de la céramique expose un assez grand nombre d’oeuvres de Picasso, de styles très différents, allant du réemploi jusqu’aux assiettes kitsch…

Le musée de la ferronnerie expose en fait surtout des oeuvres de l’artiste catalan Julio Gonzàlez, considéré comme le fondateur de la sculpture en fer moderne, dont l’oeuvre fut nourrie par sa collaboration et son amitié avec Picasso dont deux oeuvres sont également présentées.

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Je reste peu sensible aux oeuvres de Picasso, mais ces trois expositions sont intéressantes à voir et bénéficient d’un billet groupé à 12€.