Catégorie : Archéologie

Les vêtements d’Ötzi

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J’ai été intéressé dès le départ par la découverte de la momie de cet homme préhistorique dans un glacier et j’ai souvent parlé des découvertes faites à son sujet sur ce blog. Les dernières en date concerne ses vêtements. De toute évidence ils étaient faits d’une sorte de cuir, mais ils sont un patchwork de différentes peaux cousues ensemble et à différents moments. Cela suggère qu’il y a eu de réguliers réassemblages au fur et à mesure que des morceaux s’usaient.

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Il y a de nombreuses choses qui rendent ardue l’étude des anciens cuirs. Tout d’abord, même les échantillons les mieux préservés sont fortement dégradés, rendant méconnaissable la texture de la peau qui pourrait permettre d’identifier l’animal. Et, alors que l’ADN peut survivre des millénaires dans un profond gel glaciaire, le processus même de fabrication du cuir (raclage, chauffage, traitement de la peau avec des acides), détruit souvent le matériel génétique. Mais, alors que l’ADN nucléaire (celui qui se trouve dans le noyau de la cellule) est détruit, l’ADN trouvé dans les mitochondries de production d’énergie de la cellule peut survivre.
Une équipe de scientifiques a utilisé la technique de l’enrichissement mitochondrial sur l’ADN des peaux d’Ötzi. Comme le suggère le nom, cette méthode implique la récolte de l’ADN mitochondrial qui est disponible et utilise des réactifs et des enzymes afin de le concentrer et de l’amplifier.
Ce travail a révélé qu’Ötzi s’était vêtu à partir d’une grande variété d’animaux : ses jambières provenaient de chèvres, son pagne était en peau de mouton et son manteau en peau de ces deux espèces. il y a eu au moins quatre moutons et deux chèvres utilisés dans la production.
Les lacets provenaient de bovins (ils sont semblables aux lacets en cuir des bottes de randonnée modernes) et le carquois était fait avec du chevreuil.
Enfin le chapeau était l’objet qui avait dû demander le plus de temps de travail: il provenait d’un ours brun.
Les génomes retrouvés des bovins, des moutons et des chèvres sont compatibles avec les animaux d’aujourd’hui à travers la plupart de l’Europe. De même, le chevreuil et l’ours brun ont des descendants contemporains dans la région alpine.

D’après un article du blog Les découvertes archéologiques.

Ce que mangeait un seigneur au Moyen – Age

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Ce graphique montre la quantité et la variété des aliments consommés par Guillaume de Murol, un petit seigneur d’Auvergne du XVe siècle. Cette précision a été rendue possible par le journal et le testament rédigés par ce personnage entre 1400 et 1420. Ces documents ont été étudiés par l’historien Pierre charbonnier en 1973.

On voit que le pain est l’aliment de base, consommé avec tout (ce qui l’accompagne est le companage : viandes, fromages, poissons…). Il consommait beaucoup de viande également, signe de son aristocratie : les 126 kilos répartis hors jours maigres (réservés au poisson) représente une moyenne d’environ 600 grammes par jour.
Pour accompagner ses repas, le seigneur de Murol prenait du vin, environ 730 litres par an.

La vidéo ci-dessous est un extrait de la série de documentaires archéologiques Sur nos traces.

Détail amusant, j’ai déniché des dessins de châteaux – forts lors d’un quai des livres il y a deux ou trois ans, dont l’un représente le château de Murol à la fin du XIVe siècle.

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20 ans d’archéologie au jour le jour !

Entre 1942 et 1962, alors à la tête de la section « archéologie et préhistoire » de l’Institut français d’Afrique Noire (aujourd’hui Institut Fondamental d’Afrique Noire) à Dakar, l’archéologue et historien Raymond Mauny effectua tous les ans de nombreuses missions de 3-4 mois dans les pays du Sahel. Au cours de ces missions il a pris de nombreuses notes comme en témoignent les 24 cahiers de terrain dont a hérité la bibliothèque des recherches africaines  après la mort de Raymond Mauny en 1994. Notes mais aussi photographies, croquis, cartes : ces cahiers fourmillent d’informations écrites au jour le jour qui lui fournissaient de la matière pour ses articles et sa thèse d’Etat.
L’équipe de la Bibliothèque de recherches africaines a décidé de publier virtuellement tout ces documents en ouvrant un carnet de recherche Hypotheses sur lequel les publications arrivent peu à peu. Un billet correspond à une journée d’un cahier.

Une boîte à outil du Xe siècle


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Un couple d’archéologues amateur, équipés de détecteurs de métaux, a trouvé un signal près de la porte est de la forteresse viking de Borgring au Danemark . Prévenus, les archéologues ont prélevé la zone où se trouvait les objets métalliques et ont demandé la permission à l’hôpital local d’utiliser leur tomodensitomètre.

Ils ont alors découvert une grande collection de pièces en fer ressemblant à des outils (des forets à cuillère et une filière que les vikings utilisaient pour créer de délicats bracelets), rangés dans une boîte même si la boîte à outils elle-même a disparu depuis longtemps, le bois s’étant désintégré avec le temps.
Les fouilles du sol ont duré deux jours pour finalement révéler les restes de 14 objets. Certains d’entre eux étaient clairement visible au CT-scan, comme les forets à cuillère et la filière, mais d’autres étaient dans un état trop délabrés ou contenaient trop peu de fer pour apparaitre sur l’écran.

L’endroit où a été trouvé la boîte à outils, près de la porte est de la forteresse, intéresse aussi les archéologues. Un grand feu semble avoir touché les portes nord et est au cours de la seconde moitié du Xème siècle. Par la suite, un plancher aurait été posé à l’intérieur de la porte, comme si l’endroit avait été habité après l’incendie. Le feu semble avoir été maitrisé avant de se propager, et par la suite, les habitants ont mis deux couches d’argile dans l’emplacement de la porte. Dans chaque couche les archéologues ont trouvé un foyer, et la boite à outils a été découverte dans la couche la plus récente.
L’artisan qui utilisait les outils utilisait la porte est comme maison ou atelier. Il y avait 30 à 40m² d’espace et il avait son propre foyer, et bien sûr, la boite à outils avec les précieux outils en fer.
Mais pourquoi a-t-il quitté les lieux sans sa boîte à outils ?
Les archéologues envisagent qu’à un certain moment, la porte s’est tout simplement effondrée car l’ensemble était pourri, vieux et instable. Les outils ont donc été enterrés jusqu’à ce qu’ils soient découverts.
La forteresse circulaire avait déjà fait les gros titres en 2014, quand elle avait été découverte. Les premiers examens avaient débuté peu de temps après, avec des fouilles-test sur les sites sélectionnés, et des archéologues amateurs qui sillonnaient le site avec des détecteurs de métaux.
Aucune découverte liée aux Vikings n’avait été faite jusqu’ici, à part une petite perle de verre. Il n’y a aucun signe de maisons dans l’enceinte de la forteresse.

D’après un article du blog Les découvertes archéologiques.

Une nécropole antique découverte ne plein coeur de Bordeaux

Des archéologues ont découvert une nécropole datant de la fin de l’Antiquité en plein centre de Bordeaux, au niveau de l’ancien commissariat Castéja, rue de l’Abbé de l’épée.
Le site, regroupant une quarantaine de fosses et des centaines de squelettes (300 déjà répertoriés, peut-être le double) est une extension de la nécropole de Saint-Seurin, bâtie avant l’église. Cette nécropole comprend une grande diversité de sépultures typiques de l’époque antique, avec des tombes en tuile et des sépultures en amphore pour inhumer les bébés.
Selon les premières hypothèses, ces sépultures dateraient de la peste de Justinien, une pandémie qui a sévi en Europe et sur le bassin méditerranéen du VIe au VIIIe siècle.
Sur le site des fouilles ont aussi été retrouvés deux sarcophages mérovingiens ainsi que des objets, comme des pièces de monnaie.

D’après un article France 3 Aquitaine.

Une tombe pour un bateau égyptien ?

Pour les égyptologues, Sésostris III est connu comme le premier à avoir opté pour une autre forme de tombeau que les pyramides,qui disparaîtront définitivement environ un siècle plus tard. Situé dans le centre du pays, à Abydos, sa tombe est pour la première fois entièrement souterraine, et semble annoncer celles de la Vallée des Rois, construite sur ce modèle.

C’est à une soixantaine de mètres de l’enceinte de ce tombeau qu’au début du XXe siècle, un archéologue britannique avait découvert un édifice enterré. Mais l’effondrement de la voûte de celui-ci avait stoppé ses recherches, lui laissant tout de même le loisir d’apercevoir quelques graffitis de bateaux sur ses murs. Il ne revint pas sur les lieux, et la découverte disparut pendant plus d’un siècle sous le sable.
Ce n’est qu’en 2014 que les fouilles reprirent. Une équipe d’archéologues menée par Josef Wegner, de l’université de Pennsylvanie, finit par retrouver l’endroit. Ils mirent alors au jour une grande salle souterraine voûtée, large d’environ quatre mètres et longue de vingt. La construction, en briques crues enduites, est très soignée. Les briques ont la même taille et la même composition que celle de l’enceinte du tombeau de Sésostris III. Ses constructeurs l’avaient visiblement conçu pour qu’il soit totalement dissimulé sous le sable.
En mettant au jour la salle, ils constatent qu’elle est littéralement constellée de graffitis de bateaux. Il y en a 120, et encore, de grands pans de l’enduit des murs sur lequel les dessins sont gravés ont disparu. À première vue, il ne semble pas s’agir pas d’une décoration planifiée à l’avance, mais de dessins sans ordre immédiatement apparent. Et sans doute l’œuvre de plusieurs mains. Plusieurs types d’embarcations sont dessinés, qui vont de simples barques à des bateaux plus équipés avec mâts, voiles, gréements, cabines, roufs, gouvernails, ou encore rames et rameurs. Certains dessinateurs ont visiblement le souci du détail, alors que d’autres se bornent à esquisser coque et cabine en quelques traits.
Que contenait cette salle ? Probablement un bateau. Pas seulement à cause des dessins. Mais aussi parce que les Égyptiens en ont creusé le sol, façonnant un réceptacle parfait pour accueillir la coque d’un bateau d’une vingtaine de mètres de long. Devant l’entrée, ils ont aussi aménagé une rampe en pente douce, sans doute pour l’installer plus facilement. Sur cette rampe, les Égyptiens ont déposé et aligné soigneusement des dizaines de jarres, à l’envers. Les archéologues les ont découvertes pratiquement toutes intactes. Ce qui implique probablement que les Égyptiens les ont ensevelies tout de suite après les avoir déposées. En d’autres termes, elles faisaient peut-être partie du rituel d’enfouissement du bateau. La plupart ne semblaient pas fermées, à part quelques-unes qui portent les traces d’un bouchon en terre crue. Elles ne contenaient sans doute que de l’eau.
La tombe à bateau n’est pas seule. À une dizaine de mètres et alignés avec elle, se trouvent quatre autres édifices un peu plus petits. Ils sont également en briques crues recouvertes d’un enduit blanc. Tous ressemblent à des puits rectangulaires de quelques mètres de profondeur, l’un assez long (cinq mètres environ). Quant au quatrième édifice, son puits permet d’accéder à une petite salle voûtée. Il ne s’agit sans doute pas d’une tombe, elle n’en a pas les proportions. Josef Wegner pense que ces cavités contenaient peut-être d’autres objets provenant du bateau : gréement, voiles, rames, etc.

Cet édifice ressemble beaucoup à un autre fouillé par une équipe française à la fin du XIXe siècle : même cavité souterraine, même voûte, même largeur et presque même longueur. Pas de dessins sur les murs, mais cinq barques d’une dizaine de mètres de long, ainsi qu’une sorte de traîneau ayant visiblement servi à les amener jusque-là, à travers le désert. Elles pourraient avoir servi pour des cérémonies funéraires. Elles étaient peintes en blanc et rouge, d’un revêtement qui n’aurait pas persisté longtemps au contact de l’eau. Ce qui implique qu’elles n’ont guère navigué.

Ci-dessous, les pages relatant la découverte en 1895 :

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Article rédigé d’après celui du blog Dans les pas des archéologues.

Une bande dessinée archéologique

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Médiolanum Santonum (Saintes), 1er siècle ap J-C : sur les berges de la Carantanò, Marcus et ses parents mènent une vie prospère, grâce à l’entreprise familiale de transport fluvial ; hélas , le jeune garçon va s’aperçevoir que le nouvel associé romain de son père est impliqué dans une série de cambriolages, et qu’il compte sur les chalands de la famille pour transporter son butin en cachette…
Cette bande dessinée, accompagnée d’un carnet de fouilles archéologiques, est l’occasion de découvrir les habitudes alimentaires, vestimentaires, les croyance, les activités et les moyens techniques des gallo-romains en une soixantaine de pages.