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Les fractures du monde

La première fracture du monde est celle entre la vie et la mort. Si dans le monde, l’espérance de vie a progressé de cinq années depuis l’an 2000, on meurt toujours plus tôt dans un village africain, une favela brésilienne, un quartier de migrants autour de Shanghaï, faute de vie saine et d’accès aux soins.
Cette fracture est rendue plus douloureuse par la proximité avec ceux qui ne manquent de rien. À côté de la favela ou du quartier insalubre, de hauts murs gardent des lotissements où l’on vit bien. Une proximité qui tient aussi aux nouveaux moyens de communication : au cœur du Sahel, la mère qui voit mourir son enfant sait, avec les images de son téléphone portable, que s’il avait grandi en Occident, il aurait été sauvé.
Le monde moderne semble transparent : tout peut se savoir, on peut se comparer, comprendre comment vivent les autre et ainsi réaliser combien la fracture est grande entre les vies.
Cette transparence peut entraîner le ressentiment ou la haine, mais aussi l’espoir. Partout sur la planète, du Rwanda au Bangladesh en passant par le Mexique, des standards s’imposent : pouvoir vivre dans des conditions dignes et dans la paix, travailler contre une rétribution équitable, avoir accès à la santé et à l’éducation, ne pas être prisonnier du bon vouloir d’un membre de sa famille ou de son État.
Atteindre ces standards d’ici à 2030, c’est l’objectif fixés par l’ONU. Les résultats des précédents objectifs (2000-2015) prouvent que le monde a progressé malgré tout. Par exemple, le nombre d’enfants déscolarisés a chuté de 100 à 60 millions entre 2000 et 2008.
Mais il existe une seconde fracture dans le monde. Des États, dits fragiles, manquent à leur mission de faire vivre leurs populations, souvent par manque de ressources naturelles ou d’expertises humaines pour les gérer. Mais, certains gouvernements ont la volonté de négliger une partie de leur population. Et cela précipite parfois leurs populations vers des guerres fratricides, comme c’est le cas en Syrie, au Yémen ou encore au Soudan du Sud. D’autres habitants de ces pays fragiles partent. Ils veulent tout de suite un monde en paix et plus juste, mais se heurtent alors à des barrières.
Cette barrière entre le Nord et le Sud, s’appelle « Méditerranée ». Cette mer, célébrée par l’historien Fernand Braudel comme le lien entre de très anciennes cultures, est devenue un mur liquide, un cimetière pour les hommes et les femmes qui tentent d’atteindre l’Europe. Elle s’appelle encore le « Rio Bravo » (en attendant de devenir une muraille ?) pour ceux qui, vivant en Amérique centrale ou du sud, veulent vivre le soi-disant rêve américain.

D’après un article de La Croix.fr

Même planète… Et parfois, même pays !

Ces photographies ont été prises dans le cadre du projet Material World, a global Family portrait, chapeauté par le photographe Peter Menzel dont j’ai déjà étudié les photographies issues du livre Hungry Planet avec les élèves de cinquième.

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Un artiste chinois a eu la même idée et a parcouru la Chine pour montrer les différents types de famille et de niveaux de vie dans son pays.

Cela me semble intéressant à exploiter dans le cadre du chapitre de cinquième « Richesse et pauvreté dans le monde », ou tout simplement pour ouvrir les yeux de mes élèves, trop ignorants du monde qui les entoure.

Les famines dans l’histoire du monde

En cinquième, nous avons beaucoup parlé de sous-nutrition durant le chapitre de géographie sur le thème « nourrir l’humanité ». Voici quelques unes des famines avérées qui ont sévi sans le monde. La liste est évidemment plus longue.

441 avant J.C. Famine dans l’Italie antique

875 – 884. Rébellion de paysans en Chine à cause de la famine. La capitale de l’empire est prise d’assaut par les affamés.

800 – 1000. Sécheresses à répétition provoquant la mort de plusieurs millions de personnes dans l’empire Maya.

1031-1033. Une famine liée à de mauvaises récoltes et à de fortes pluies estivales frappe la France et l’Allemagne. Les historiens évoquent des cas d’anthropophagie et la présence de viande humaine sur les étals des marchés.

XIe siècle. Série de grandes famines en Inde.

1229 – 1232. La famine de Kangi, au Japon, est causée par des éruptions volcaniques.

1314-1318. Après les années de disette de la fin du XIIIe siècle qui débouchent sur une flambée du prix du blé, une grande famine dévaste l’Europe du Nord-Ouest.

1347. Une crise alimentaire touche l’ensemble du continent européen et décime les campagnes. Avec l’épidémie de peste noire déclenchée une décennie plus tôt, elle causera la mort de millions de personnes.

1528. Famine en France, dans le Languedoc.

1586. Famine en Angleterre qui a abouti à la création d’une « loi sur les pauvres ».

1618 – 1648. Série de famines causées en Europe par la guerre de Trente Ans.

1619. 21 grandes famines recensées au Japon

Vers 1690. Famine en Écosse qui a tué probablement 15% de la population.

1693-1694. Une pénurie alimentaire tue plus de 1,5 million de personnes en France, sur une population totale d’environ 22 millions d’habitants à l’époque.

1845-1851. La famine provoquée par la « maladie de la pomme de terre » (mildiou), combinée à la politique foncière du gouvernement britannique, entraîne la mort de plus de 1 million d’Irlandais (sur 8 millions d’habitants).

1876-1879. Entre 5 et 10 millions d’Indiens, en particulier dans le sud du sous-continent, meurent de faim des suites de la grande sécheresse et de l’inaction des autorités coloniales anglaises.

1931. Début d’une série de famines meurtrières dans les régions du Kazakhstan, de la Volga, du Kouban, et surtout en Ukraine. La famine ukrainienne fera près de 5 millions de victimes entre 1932 et 1933.

1943 : Une famine de grande ampleur a eu lieu au Bengale, une région de l’Inde.

1958-1961. La famine qui ravage la Chine après le « Grand Bond en avant », qui  a déstabilisé le système agricole, tue entre 15 et 30 millions de personnes.

Des années 1970 à aujourd’hui. Les continents asiatique et africain connaissent des famines et des crises alimentaires à répétition dues aux aléas climatiques, aux conflits armés et à l’inaction des autorités.
– Biafra (1968-1970),
– Ethiopie (1973-1974 ; 1984-1985 ; 1998-2000),
– Somalie (1991 – 1992 ; 2011 – 2012)
– Soudan (1998 ; 2016)
– Corée du Nord (1997),
– Bangladesh (1974).

Il ne faut pas dire n’importe quoi

321 358 personnes seraient mortes en Syrie depuis le début de la guerre, dont plus de 96 000 civils, parmi lesquels 17 000 enfants, selon l’ONU.
Dans les rangs du régime, 60 900 soldats auraient été tués, 45 000 miliciens syriens et plus de 8 000 combattants étrangers pro-Assad.
Les combats auraient également coûté la vie à 100 000 combattants anti-Assad, dont la moitié seraient des islamistes de Daech ou du Front Fateh al-Cham, ex-Al-Qaïda en Syrie.
Pour le haut-commissaire de l’ONU aux droits de l’Homme, Zeid Ra’ad Al Hussein, le conflit syrien est « la pire catastrophe provoquée par l’homme depuis la Seconde Guerre mondiale ».
Il est évident que ce conflit est atroce et le nombre de morts élevé, mais comment peut-on être un responsable de l’ONU et déclarer quelque chose de visiblement faux ?
Le conflit entre l’Iran et l’Irak de 1980 à 1988 à fait au moins 800 000 victimes, les guerres afghanes (celle menée par l’URSS et la guerre civile) probablement 1 000 000 de victimes chacune. Les heurts lors de la partition entre l’Inde et le Pakistan ont fait environ 800 000 morts. Les Khmers rouges, dans leur stupidité sanguinaire, ont tué entre 1 et 2 millions de leurs concitoyens. La guerre civile chinoise, entre 1946 et 1960, a probablement entrainé la mort de plus de six millions de Chinois. La guerre du Vietnam, entre 1960 et 1975, a fait plus de deux millions de morts. Enfin, pour clore ma liste, la guerre d’indépendance de l’Algérie a occasionné la mort de plusieurs centaines de milliers de soldats et de civils (peut-être même un million).

Loin de moi l’idée de dire que le conflit syrien n’est pas meurtrier, mais je ne peux pas  accepter qu’un représentant des institutions internationales censées garantir la paix annonce froidement un tel mensonge, volontairement ou par méconnaissance.

Un siècle de progrès dans les transports

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C’est ce que montre ces cartes isochrones de 1914 et de 2016. Attention, les couleurs ne donnent pas les mêmes informations sur les deux cartes, regardez bien la légende !

En 1914, il fallait 5 jours pour atteindre les Îles Canaries depuis Londres contre une demi-journée en 2016. 30 à 40 jours étaient nécessaires pour atteindre l’Australie contre un jour à un jour et demi en 2016. On peut donc dire que le monde a rétréci !

Les forces armées françaises et celles des autres pays

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Voici quelques informations pour répondre aux questions des élèves de troisième suite au cours sur la défense.

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Légende : Manpower = main-d’oeuvre disponible / Tanks = Chars de combat / Aircraft = Avions / Nuclear Warheads = Têtes nucléaires / Aircraft Carriers = Porte-Avions / Submarines = Sous-marin / Budget : en dollars.

Le tableau ci-dessous. donne, pour les 11 premiers pays, les effectifs militaires (active personnel).

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