Catégorie : Tolkien

Fermeture définitive d’un pub anglais ouvert depuis 1566

Le pub anglais The Lamb and Flag, propriété de l’Université d’Oxford depuis 1566, qui a eu comme client J.R.R. Tolkien, C.S. Lewis et d’autres grands noms de la littérature, va fermer ses portes en raison des pertes causées par la crise sanitaire. Toutefois, il ne s’agit pas du pub où se réunissait les Inklings, le club littéraire auquel appartenait Tolkien : les membres du « club » se réunissait en effet  l’enseigne The Eagle and Child , un autre pub appartenant à l’université. Les bénéfices du Lamb and Flag servaient à financer une bourse pour les étudiants.

Gracq à propos du Seigneur des anneaux

Un livre de Tolkien dans la bibliothèque de Gracq conservée dans sa maison.

« Le Seigneur des anneaux de Tolkien, est la seule fiction que je connaisse qui semble née non pas en marge, comme il arrive, mais dans l’mission complète des religions en vigueur et en exercice. Ce qui s’y affronte, ce sont des Pouvoirs et non des Valeurs; non pas Bine et Mal, mais Pouvoirs Blancs et Pouvoirs Noirs. C’est par là surtout que se montre subtilement dépaysant cet étrange et inclassable ouvrage, qui tient de la chanson de geste et du conte de fées, avec par instants un clin d’oeil appuyé vers Lewis Carroll, et même une touche de populisme agricole. Il n’est pas marginal par rapport au christianisme, il est avant : les grandes religions n’ont pas encore marqué le monde d’Occident : le monde du livre régi par des puissances magiques hiérarchisées ignore le sacré et connaît à peine le surnaturel, tant celui-ci s’imbrique étroitement au réel – il a des contrepoisons et des contre-envoûtements, mais pas de rites de purification, des répertoires de pratiques, mais pas de cérémonial, et cette régression vers un climat de l’âme immémorial lui donne une cohésion qui triomphe en fin de compte des pires disparates comme des pires invraisemblances.
La lecture d’un tel livre met à nu l’une des composantes les plus rarement rencontrées dans un chef-d’oeuvre : la réalisation soudaine et achevée d’une possibilité jusque-là complètement insoupçonnée. Rien – ou presque rien – ici que des matériaux de rebut, aucun qui satisfasse aux normes littéraires officielles, comme si on construisait une maison avec les ressources d’une décharge, – et on y vit, plus fraîchement, plus sainement, plus joyeusement que dans toutes les résidences romanesques à architectes et permis de construire. Le plaisir que donne Tolkien est d’abord un plaisir d’affranchissement : la terre est neuve, la page est vierge, rien n’a encore été dit, la pure ivresse d’inventer se donne carrière : à bride abattue, en avant !
Quel amusement de penser qu’un surgissement aussi insolent du tout autre en littérature, d’Alice au pays des merveilles au Seigneur des anneaux, ait élu domicile chez de vieux dons britanniques blanchis sous le harnais, au somment d’un tchin universitaire digne du mandarinat chinois! En France, passé trente ans, les écluses ne se rouvrent plus pour laisser passage aux eaux printanières, sinon sous la forme douce-amère du souvenir. »

(Noeuds de vie, Julien Gracq, Editions Corti, 2021, pages 120 à 122)

Christopher Tolkien (1924 – 2020)

pp2276-1986

Christopher Tolkien, troisième fils du célèbre auteur du Seigneur des Anneaux, qui était l’exécuteur littéraire des œuvres de J.R.R. Tolkien depuis 1973, vient de mourir. Directeur général de la Tolkien Estate, société fondée en 1996, il a géré le patrimoine et les cessions de droits. Il avait supervisé toutes les publications posthumes de son père, dont Le Silmarillion et Les Enfants de Hurin. Christopher Tolkien avait vivement critiqué l’adaptation cinématographique du Seigneur des Anneaux ainsi que le film Tolkien, inspiré de la vie de son père. Naturalisé français, il vivant dans le Var depuis de nombreuses années.

Selon une information de Var- matin.

Visite de l’exposition Tolkien

J’ai pu visiter l’exposition Tolkien à la BNF. Il y a énormément de choses à voir, essentiellement des manuscrits de l’auteur et des dessins. On peut aussi voir Tolkien en vidéo et surtout l’entendre parler de son oeuvre et déclamer ses textes.Les documents présentés permettent aussi de comprendre l’importance de l’étude des langues pour Tolkien. La déception majeure est l’interdiction de prendre des photos, ce qui ne m’a été précisé tout de suite, d’où ces quelques photos volées. J’imagine qu’il s’agit d’une directive des héritiers Tolkien, très « protecteurs » de l’oeuvre. Je me suis donc rabattu sur le catalogue de l’exposition, magnifique et complet.

 

Une exposition sur Tolkien à Paris

Dévoilant à la fois l’homme et son œuvre, l’exposition de la Bibliothèque nationale de France, la plus grande jamais réalisée sur le sujet, va réunir quelque 300 pièces exceptionnelles sur plus de 1000 m2. Conçu comme un voyage en Terre du Milieu, cette exposition permettra au public d’appréhender le monde imaginaire forgé par l’auteur du Seigneur des Anneaux, ses paysages, ses peuples et leurs langues, toutes inventées par celui qui fut professeur de langues et littératures médiévales à Oxford.
De nombreux manuscrits et dessins originaux de J.R.R. Tolkien seront présentés pour la première fois en France. Parallèlement, une sélection de pièces d’exception issues pour la plupart des collections de la BnF fournira un contexte pour cette création artistique et littéraire.
Organisée en étroite collaboration avec le Tolkien Estate et la famille Tolkien, et grâce à la participation exceptionnelle de la Bodleian Library d’Oxford, ainsi que des Marquette University Libraries (Milwaukee, Etats-Unis), l’exposition de la BnF est conçue comme une invitation au voyage, au cœur de la géographie imaginaire de Tolkien. La première partie du parcours se déroule en une succession de chapitres qui sont autant d’escales en Terre du Milieu, depuis le Comté jusqu’au Mordor, puis au-delà, en Valinor. Chaque lieu, chaque territoire, donne l’occasion d’aborder les questions littéraires, culturelles ou linguistiques qui sous- tendent son œuvre.
Les manuscrits et dessins originaux de Tolkien – prêtés principalement par la Bodleian Library d’Oxford et les Marquette University Libraries – constituent le cœur même de ce voyage. Associés aux cartes dessinées par l’auteur et son fils, ainsi qu’à ses nombreuses aquarelles, ils permettent de comprendre comment Tolkien a créé l’univers complexe de la Terre du Milieu.
Une sélection de documents fournit un contexte pour cette création littéraire et artistique pour mieux souligner ce qui en fait la singularité et l’originalité. Des contes nordiques ou des manuscrits médiévaux viennent rappeler les récits chers à J.R.R. Tolkien, auxquels il a consacré la plupart de sa vie. D’autres documents, telle une rare édition de Beowulf illustrée par William Morris, permettent de comprendre les « racines » anglaises de l’auteur. Des gravures, peintures, enluminures, objets et armes viennent mettre en contexte la représentation imaginaire que le lecteur peut se faire de l’œuvre.Ces pièces sont toutes issues des collections de la BnF (Réserve des livres rares, département des Manuscrits, département des Monnaies, médailles et antiques…) ou d’institutions tels que le musée de l’Armée, le Musée des Arts Décoratifs, le Petit Palais, la Bibliothèque nordique ou le Musée d’Orsay.
Par ailleurs, quatre des tapisseries récemment tissées d’après des aquarelles de Tolkien par la Cité internationale de la tapisserie d’Aubusson seront présentées pour la première fois à Paris.

Galeries 1 & 2 BnF François-Mitterrand
Du mardi au dimanche 10h > 19h (Nocturne jeudi 10h >21h) Fermeture les lundis et jours fériés.
Plein tarif : 11 € – Tarif réduit : 9 € –
Ouverture de la billetterie en ligne le 16 septembre 2019 sur bnf.fr, sur fnac.com et sur place.

La BnF organisera également une série de six conférences qui se tiendront au petit auditorium du site François Mitterrand. Ces conférences auront lieu chaque jeudi de 18h30 à 20h, à compter du 14 novembre et seront en accès libre dans la mesure des places disponibles :
– Conférence inaugurale avec Vincent Ferré — Jeudi 14 novembre 2019
– « Tolkien, père et fils » de Leo Carruthers — Jeudi 21 novembre 2019
– « Tolkien et l’invention des langues » de Damien Bador — Jeudi 28 novembre 2019