Catégorie : Tolkien

3 janvier 1892 : naissance de l’écrivain anglais J. R. R. Tolkien, auteur du Seigneur des anneaux.

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la première page du manuscrit du Seigneur des anneaux, datant de 1937.

J’en veux bien pour chez moi !

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La Cité de la Tapisserie Internationale d’Aubusson va réaliser en 4 ans une série de 14 pièces à partir d’illustrations de J.R.R Tolkien. Quatre pièces sont déjà terminées et la cinquième, Rivendell, est en cours de réalisation.

La première tapisserie, dévoilée en avril 2018, est intitulée Bilbo parvient aux huttes des Elfes des Radeaux, d’après une aquarelle originale de J.R.R. Tolkien pour The Hobbit, datant de 1937. Elle mesure 3,2 m sur 2,78 m et est l »oeuvre de l’Atelier A2 et Françoise Vernaudon.

Deux « nouveaux » poèmes de Tolkien

Deux poèmes écrits par Tolkien en 1936, ignorés pendant 80 ans, viennent d’être exuhmés. Ils datent de l’époque où Tolkien était enseignant à la Our Lady’s School de Oxfordshire. C’est un chercheur qui a redécouvert ces deux poèmes, via une note écrite par Tolkien lui même et dans laquelle il affirmait avoir fait paraître deux poèmes dans un magazine : le Abingdon Chronicle. Grâce à d’anciens élèves de l’école, il est arrivé à retrouver les magazines et les intrigants poèmes. Le premier, The Shadow Man, est une première version d’un texte publié en 1962 dans le livre Les Aventures de Tom Bombadil. Le deuxième, vraisemblablement inédit, est un chant de Noël à l’atmosphère très sombre.

Pour habiter l’oeuvre de Tolkien ?

 

Geldrop est une ville située aux Pays-Bas dont l’un des quartiers a toutes ses rues nommées selon les oeuvres de Tolkien. Lorsque le quartier a été construit, on cherchait des noms différents de tout ce qui existe habituellement, et comme la personne en charge de la toponymie était fan de Tolkien… Mais ne vous emballez pas. A voir les photos, on est loin des paysages de la Nouvelle – Zélande !

Le roman comme exploration

Voici ce qu’écrit Jacques Abeille à propos de son oeuvre Les jardins statuaires dans la postface des Mers perdues, écrit en collaboration avec François Schuiten.

« Il y a une quinzaine d’année, passant sur une route de campagne, je vis un paysan qui grattait la terre et je me représentai tout à coup un monde où poussaient non des courges mais des statues. Je garde le souvenir de l’éclatante blancheur du marbre en moi vibrant. En ce moment me fut donné une manière de conte philosophique, une métaphore de la création artistique avec son avers de soins patients à une croissance que tout menace, et son revers, le bourgeonnement fou et la mort du créateur écrasé sous son oeuvre.
Je menais une vie sans loisir et des années passèrent sans me laisser l’occasion de tracer la plus modeste ébauche. Puis j’étais dans une chambre d’hôtel et je voyais ma vie que je rompais en faveur de l’avenir. J’étais seul et des pensées me menaçaient. Je pris un cahier et me mis à écrire ce conte dont l’idée me revenait dans mon désoeuvrement. Je croyais en faire le tour en quelques pages. Ma minutie m’entraîna, et enfin un obscur désir de réalité. Je ne veux pas dire qu’il m’importait de rendre vraisemblables des fantaisies, mais qu’il y avait dans le monde que je découvrais trop de richesse pour qu’il consente à la fade transparence d’une allégorie; je cessai de vouloir ce que j’écrivais et laissai surgir des incongruités. Ainsi ce qui devait n’être que le divertissement d’un moment, fut le rêve de quelques mois. Le plus étrange était que cette chose exigeait son temps propre et retardait sa clôture. Par exemple, si des filles hantent cette narration, c’est que deux enfants, Laurence et Stéphanie, vinrent jouer autour de la maison où j’écrivais, leurs rires montaient jusqu’à ma fenêtre; le roman happa ce reste diurne et s’en nourrit. Je cru avoir écris l’oeuvre d’un fou; l’ayant laissé quelques temps, je m’étonne d’une cohérence inattendue. C’est ainsi. Ecrivant, il arrive que l’on franchisse par mégarde une indécise et insoupçonnée frontière; ce dont on se croyait maître se met à exister de son propre poids et, tandis que l’auteur bascule dans une moindre existence, se dresse un être de parole que son élan porte au dehors. La publication est moins une ambition qu’un geste de bonne foi. Il me semble.« 

Ces propos me semblent parfaitement convenir à son oeuvre, ainsi qu’à celle de Tolkien et de Gracq. L’idée d’un univers découvert et révélé par l’écrivain, l’envahissant pour le dépasser progressivement me paraît juste en ce qui les concerne. Je crois que cela marche moins pour l’oeuvre de Borges, que je trouve plus maîtrisée, canalisée.