Catégorie : Architecture

Un petit séjour à Lille et dans ses environs : jour 2 – la villa Cavrois

Pour ce deuxième et dernier jour d’excursion, nous avons d’abord prévu de visiter la villa Cavroix, située à Croix. J’avais entendu parler de la villa en 2015, lors de son ouverture au public et j’avais trouvé de nombreuses similitudes entre le travail de Robert Mallet-Stevens et celui de Frank Lloyd Wright, mon architecte préféré.

Cette villa, édifiée en 1932 pour le compte d’un riche industriel de Roubaix qui avait fait fortune dans le textile, a bien failli disparaître, mais a été finalement inscrite aux monuments historiques en 1990, restaurée sur plus de dix ans, et finalement ouverte au public en 2015.

La visite permet de se promener dans toutes les pièces de la maison (sauf les quartiers des domestiques et une chambre et sa salle de bain à l’étage, laissées comme témoin de l’avant restauration), dont une partie du mobilier a été récupéré ou reconstruit à l’identique (il y a un appel au mécénat pour la reconstitution du mobilier de la chambre jaune actuellement).

(diaporama des pièces du RDC)

(diaporama des pièces du premier étage)

Au deuxième étage se trouvait la salle de jeu des enfants et leur salle d’étude avec une grande terrasse et au troisième, un belvédère vitré permettant d’admirer le parc et les environ (non accessible).

Le sous-sol, courant sous toute la maison, abritait les réserves, la buanderie, la chaufferie et un garage.

Pour finir, on peut faire le tour de la villa dans le parc orné d’un miroir d’eau et d’un bassin de nage (en partie comblé aujourd’hui pour éviter les accidents)

Un documentaire sur Frank Lloyd Wright

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Pour en savoir plus sur cet extraordinaire architecte, vous pouvez regarder quelques jours encore ce documentaire sur le replay d’Arte.

Pour en savoir plus, on peut aussi écouter les cinq émissions de Avoir raison avec :

Penser la ville de l’après Covid

Le Pavillon de l’Arsenal a également ouvert  le forum « Et demain on fait quoi ? » pour inviter les professionnels de la ville (architectes, urbanistes, paysagistes, associations, ingénieurs, bureaux d’études, promoteurs immobiliers) à échanger leurs propositions sur l’après en partant du principe que la crise sanitaire est révélatrice de dysfonctionnements de la ville et dans la façon de la penser.

Evocation utopique du futur de Shanghai

Shanghai-panorama-Jaune

Merci à mon amie Barbara de m’avoir signaler l’existence de ce site de l’architecte Luc Schuiten, dénommé Cité  Végétale. On y trouve cette représentation futuriste et utopique de Shanghai, accompagnée du texte ci-dessous :
« A Shanghai, encore bien plus qu’ailleurs, la mutation de la ville est permanente. Jamais immobile, la mégapole avance inexorablement à grande vitesse vers son avenir. La plupart des créations graphiques, picturales, photographiques que nous connaissons sont des arrêts sur image, elles n’intègrent pas l’essentiel de la vie; le temps qui passe. Pourtant, il existe des possibilités d’induire dans des tableaux la notion d’un passé, d’un présent et d’un futur. En haut et en bas du dessin, un curseur indique le défilement des années dans l’hypothèse d’un développement de la ville sur un modèle biomimétique. Le tableau se lit comme un texte de gauche à droite. Il montre une ville engluée dans la pollution évoluant vers un air propre et lumineux. D’année en année les progrès en biotechnologie modèlet la ville nouvelle. Des immeubles tours à ossature en bio-béton conçu sur le modèle des coquillages, les membranes en bio-verre issues de la technologie des radiolaires et l’omniprésence du végétal intégré à tous les édifices assurent le bon fonctionnement des divers écosystèmes.« 

 

Le chai à vin du port de Rouen

 

Dans le cadre d’un projet interdisciplinaire (maths, physique, SVT et histoire – géo), mes quatrièmes vont travailler sur le chai à vin du port de Rouen.

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Le chai relais, dessiné par l’architecte Pierre Maurice Lefebvre pour la Chambre de Commerce de Rouen, fut inauguré en 1950.

 

A cette époque il s’agissait du plus grand chai à vin d’Europe. À l’intérieur, disposées en croix et sur trois étages, les 250 cuves pouvaient recevoir jusqu’à 100 000 hectolitres de vin. Elles étaient desservies par des passerelles et  raccordées par canalisation en cuivre rouge aux postes de déchargement du quai de la Seine, et du bassin Saint-Gervais.
Construit pour recevoir le « vin en vrac » des pinardiers d’Afrique du Nord et plus particulièrement d’Algérie, le chai  assurait la réception, le stockage et le rechargement des vins sur des transporteurs reliant la région parisienne (navires, wagons-réservoirs,  camions – citerne, chalands…).

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Ce bâtiment, désaffecté depuis les années 80, est aujourd’hui muré, après avoir été pillé et vandalisé, notamment en raison des tuyauteries en cuivre qu’il renfermait.

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Vous trouverez beaucoup d’information sur le lieu sur ce site et notamment la reproduction d’une ancienne brochure du Port autonome.

L’exposition internationale de 1937 et les régimes totalitaires

1937 Affiche pour l'Exposition Internationale cosignée avec Pierre BouissoudExposition internationale de 1937 à paris

(Le montage vidéo ci-dessous a été réalisé à partir des images d’un film 8mm dont l’intégralité peut être visionnée ici.)

Cette exposition est restée surtout célèbre par l’affrontement symbolique qui y eut lieu entre le pavillon de l’Union soviétique (avec sa colossale sculpture de l’Ouvrier et la Kolkhozienne) et celui de l’Allemagne hitlérienne (gigantesque et surmonté de l’aigle nazi) qui se font face de part et d’autre du pont d’Iéna à Paris.

Pavillon_allemand

Pour le pavillon allemand, Hitler avait choisi l’emblème impérialiste et guerrier de l’aigle, un énorme rapace surmontait l’édifice renfermant les stands allemands. Il était conçu pour représenter une défense massive contre les assauts du communisme. L’aspect martial du pavillon allemand, conçu par Albert Speer, ainsi que les sculptures monumentales de Joseph Thorak qui y étaient exposées, manifestaient l’idéologie de l’art nazi.  Le pavillon se composait d’une tour de 54 m de haut et d’un grand hall de 140 m de long.

sap01_v1-42228_t Exposition universelle de paris.

Le pavillon nazi, regorgeant de produits de l’industrie allemande, exhibait des compostions sur le thème des usines et de travaux agricoles ou ouvriers. On y voyait des trains, des voies ferrées, des autoroutes en construction. Partout dominait la figure du travailleur allemand irréprochable et indestructible.

1937 allemagne mercedes

L’Allemagne y exposait ses produits tel l’appareil photo Leica – premier 24x 36 compact – ou l’émetteur à ondes courtes Telefunken, des équipements de TSF, l’oscillographe Siemens. L’industrie chimique était représentée avec l’IG Farben, des tissus synthétiques, des colorants et le nouveau procédé de développement Agfacolor.

Pavillon_sovietique

En face du pavillon allemand, le pavillon soviétique était une oeuvre de l’architecte Boris Iofane. Il était coiffé d’un couple allégorique « l’Ouvrier et la Kolkhozienne » s’élançant vers l’avenir, de l’artiste Wera Ignatjewna Muchina. Ce groupe haut de 25 mètres brandissait de façon théâtrale les symboles de la souveraineté du système soviétique, la faucille et le marteau : c’était un exemple du réalisme socialiste, art de propagande que Staline déclara art officiel en 1932.
L’intérieur ne présentait pas, comme le pavillon allemand, un hall unique mais 5 salles de hauteur décroissante. Le contenu était ostensiblement beaucoup plus politique que celui du pavillon allemand.

La première section était consacré à la présentation de l’URSS. Il y avait une carte de 20 m² de l’URSS où chaque capitale des 11 états était représentée par un rubis étoilé avec son nom écrit en émeraudes. La constitution Stalinienne de 36, « la plus démocratique du monde« , y était commentée et ses principaux articles gravés sur le socle d’un pilastre de marbre couronné par un médaillon représentant les profils de Lénine et de Staline.
La deuxième section était consacrée à la science et à l’éducation avec un exposé des œuvres de Gorki et de Pouchkine.
La troisième section était consacré à la peinture et à la sculpture et la quatrième était celle des transports par terre, eau ou air.

Les deux pavillons illustraient la même conception totalitaire de l’art. Dans les deux cas il s’agissait officiellement d’un « art populaire et national » s’opposant à l’idée de la dégénérescence de l’art due au capitalisme. Hitler et Staline avaient alors imposer un art « directement compréhensible » dans leur pays, un art en réalité au service de la propagande.
En peinture le peuple n’apparaissait que pour montrer son enthousiasme envers l’avenir radieux et la confiance en ses chefs. En architecture, il fallait faire grand pour montrer la supériorité des nouveaux systèmes. Comme là aussi les bâtiments devaient être directement compréhensibles, il fallait éviter toute forme nouvelle et donc être néoclassique : les deux pavillons avaient tous deux une structure métallique mais elle était soigneusement cachée par des parements de pierre par exemple.
Les deux pavillons partagaient un but commun: proclamer la supériorité du système politique de leur pays. Pour les soviétiques il s’agissait purement de propagande mais pour les allemands il y avait à la fois propagande et but commercial.
Le communisme avait vocation à l’universalité et le pavillon était donc consacré uniquement à la propagande. L’intérieur était « pédagogique »: des salles successives devaient convaincre de l’intérêt du socialisme sous tous ces aspects.
L’idéologie nazie reposait sur la prétendue supériorité de la race allemande mais les industriels allemands cherchaient surtout à vendre leurs produits. Le pavillon devait donc présenter les produits industriels : il y avait un grand hall commercial, la propagande se trouvant dans les maquettes (à l’entrée et au fond sur l’estrade) et dans les peintures murales.

Les deux pavillons reçurent la médaille d’or de l’exposition.

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Cette exposition a été aussi célèbre pour avoir montré au public le tableau Guernica de Pablo Picasso dans le pavillon espagnol. « La peinture n’est pas faite pour décorer les appartements, c’est un instrument de guerre, offensif et défensif, contre l’ennemi. » avait déclaré Picasso à propos de ce tableau.

sap53_71l13582_p Guernica victoire
En 1937, le gouvernement républicain alors au pouvoir (juste avant d’être renversé par Franco) commanda à Picasso une grande composition murale, pour le pavillon espagnol de l’Exposition Universelle de Paris.  L’actualité politique, liée aux régimes totalitaires, a été le facteur déclenchant de cette œuvre.
En effet, le 26 avril 1937, l’aviation nazie, appelée à la rescousse par le général Franco dans la guerre civile espagnole, bombarda la ville basque de Guernica faisant près de 2000 morts en ce jour de marché.
Cet immense tableau relatait donc un épisode historique de l’histoire contemporaine espagnole, mais avait aussi une valeur universelle de condamnation de toutes les guerres.
Picasso, qui résidait alors en France, s’était juré de ne plus retourner en Espagne tant que Franco serait au pouvoir. Il voulut faire don au peuple espagnol de ce tableau mais seulement dès que les libertés publiques seraient rétablies en Espagne. Guernica n’a donc rejoint l’Espagne qu’en 1981, après la mort de Franco.

1937.08.07 (1) 1937.08.07 (3)

Vous trouverez ci-dessus deux cartes postales écrites par un visiteur français lors de cette exposition qui vous montre comment ont été perçus ces trois pavillons. Je vous recommande la lecture du site d’où elle proviennent, très intéressant pour son analyse de l’évènement.

Vous trouverez ici un documentaire issu des archives audiovisuelles du parti communiste français, très orienté politiquement et idéologiquement cependant.

Cela ne compte pas pour du beurre !

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La Tribune Tower est une tour de la ville de Chicago aux États-Unis conçu par ses architectes dans le style néogothique. Elle est située au 435 Magnificent Mile et fait partie d’un bâtiment qui abrite les bureaux du journal Chicago Tribune. La radio WGN et les bureaux de CNN à Chicago sont également situés dans la tour.

Sa construction date de 1925 et sa hauteur est de 141 mètres. Avec ses sculptures de gargouilles et ses arcs-boutants qui rappellent le gothique flamboyant, elle est l’un des édifices les plus emblématiques de la ville de Chicago.

copie_colle_1 20070513_tribune_tower 2            (le somment de la tour de Beurre)                      (le sommet de la Tribune Tower)

Et surprise ! Elle est en partie inspirée de la tour de Beurre de la cathédrale Notre-Dame de Rouen.

Tribune-Tower-rock-Chicago-Copie

Avant la construction de la tour, les correspondants du Chicago Tribune ont rapporté diverses pierres provenant de sites historiques important à travers le monde. Elle ont été incorporés à la base de la tour accompagnées d’une légende indiquant leur provenance. On y trouve entre autres des pierres en provenance du Taj Mahal, du Parthénon, du palais de Westminster, de la Tour de Beurre de la Cathédrale Notre-Dame de Rouen, de la Cathédrale Notre-Dame de Paris, de l’Arc de Triomphe, de la Grande Muraille de Chine, du Kremlin, et de la Maison-Blanche. Au total, il y a 136 fragments dans la tour.